Aux
Législatives, votez pour votre camp, votez Lutte ouvrière !
6 juin 2022
Le premier tour des législatives
a lieu dimanche prochain. Même si le cirque des promesses électorales ne fait
plus rêver grand monde, le petit monde politicien continue de s’activer.
En s’engageant à convoquer un Conseil
national de la refondation, Macron a ressorti sa poudre de perlimpinpin. Il
veut, dit-il, changer de méthode, pour nous faire avaler la même politique
antiouvrière, dont l’attaque sur les retraites.
La gauche chaperonnée par
Mélenchon est en compétition avec le Rassemblement national pour le titre de
premier opposant. En s’alliant, La France insoumise, le PS, EELV et le PCF ont
toutes les chances de se renforcer à l’Assemblée nationale. Cela promet de
faire tourner le moulin à paroles, mais ce n’est pas là-dessus que les
travailleurs doivent compter.
À cause de la flambée des prix,
les travailleurs s’appauvrissent de mois en mois. La seule mesure qui peut
l’empêcher est l’indexation des salaires, des retraites et des allocations sur
les prix. Eh bien, il n’y a pas un politicien pour la défendre !
Macron ne veut pas contraindre le
grand patronat, mais Mélenchon ou Le Pen s’y refusent aussi. Tous les deux ont
le verbe haut pour dénoncer le Président des riches, mais pas pour s’affronter
au grand patronat, même en paroles.
Oh, il est de tradition, à gauche,
de s’offusquer des fortunes ahurissantes accumulées dans les coffres forts de
la bourgeoisie et de promettre de plus taxer les riches ! Mais s’opposer à
la classe capitaliste, contester son pouvoir sur les travailleurs et sa liberté
de spéculer, ils ne le veulent pas !
Quant à Le Pen, elle n’a jamais
un mot contre les capitalistes. Ce sont les immigrés, c’est-à-dire les
travailleurs exploités dans le bâtiment, le nettoyage ou le gardiennage,
qu’elle accable en permanence.
Qu’ils soient d’extrême droite,
de droite ou de gauche, les principaux politiciens rivalisent pour gérer le
capitalisme alors que ce système nous condamne, nous travailleurs, à
l’exploitation, au diktat patronal, à la précarité permanente. Alors qu’il
condamne les travailleurs indépendants, les artisans et les paysans à la loi du
plus fort.
Alors que ce système condamne en
réalité toute la société, parce qu’il fabrique les inégalités, les injustices
et les guerres. Parce qu’il engendre crise sur crise et met en péril l’avenir
de la planète et la survie de l’humanité.
Le changement ne viendra pas de
l’intérieur des institutions ni des notables qui font tourner le système et en
retirent nombre de privilèges. Il viendra des travailleurs, conscients de leurs
intérêts et de leur force collective.
Quand les travailleurs se
battront pour défendre leurs conditions d’existence et que, conscients de leur
force, ils contesteront à ceux qui ne font rien de leurs dix doigts le pouvoir
de diriger la société, là, oui, nous pourrons parler d’un tournant
historique ! Et celui-ci dépend de chacun d’entre nous, de notre volonté
de nous organiser avec cette perspective.
C’est un combat difficile ?
Sans doute, car la grande bourgeoisie domine le monde. Elle s’appuie sur des États
et sur des institutions internationales, sur des armées et des médias qui
propagent ses valeurs et son idéologie, le culte de l’argent et la réussite
individuelle. Mais les travailleurs ont la force du nombre et celle que leur
donne leur place dans l’économie. Il n’y a pas un euro de profit qui ne dépende
de l’existence d’ouvriers, d’employés, mais aussi de soignants pour assurer la
santé des travailleurs, d’enseignants pour les éduquer, de conducteurs de bus
ou de métro pour les transporter. C’est un combat que les travailleurs peuvent
gagner s’ils ont conscience, comme disait Marx, qu’ils n’ont rien à perdre que
leurs chaînes.
Dans le passé, les travailleurs
ont su exercer une pression sur la vie politique. Ils l’ont fait au travers des
luttes collectives, des grèves, des occupations d’usines. Et en l’absence de
lutte, ils puisaient leur force et leur fierté dans l’idéal d’une société sans
exploitation, sans la loi du profit et la concurrence. Une société égalitaire
et organisée collectivement, une société communiste.
Pour peser à nouveau sur la vie
politique, il faut construire un parti totalement indépendant des partis
bourgeois. Un parti composé et dirigé par des travailleurs et présent dans les
entreprises et les quartiers populaires pour aider aux luttes nécessaires. Un
parti qui propage la conscience que les travailleurs sont capables de diriger
la société bien mieux que la grande bourgeoisie.