vendredi 3 décembre 2021

Guadeloupe : la lutte continue. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière qui vient de paraître

 

Guadeloupe : la lutte continue.

02 Décembre 2021

La révolte populaire qui se poursuit en Martinique et en Guadeloupe commence à tinter très fort aux oreilles du gouvernement.

 

Sebastien Lecornu, ministre des Outre-Mer, est venu aux Antilles. Il est resté dimanche 28 novembre après midi et lundi 29 en Guadeloupe, et le 30 en Martinique. Samedi 27, près de 15 000 manifestants à Pointe-à-Pitre et Basse-Terre avaient défilé avec les groupes de carnaval des quartiers aux côtés des militants du mouvement de contestation. Une vraie marée humaine. La voilà donc, cette minorité dont parle Macron ! Les deux défilés étaient extrêmement impressionnants.

Pour ce qui est de la Guadeloupe, la première visite de Lecornu est allée aux forces de répression à la caserne de la Jaille. Il a d’ailleurs annoncé 70 gendarmes supplémentaires, ainsi qu’un supplément de 10 gendarmes du GIGN. Voilà pour l’arrogance.

Lundi 29 donc, la rencontre était prévue à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre à 9 heures. Trois cents manifestants s’étaient rendus en face sur la place de la Victoire quadrillée par les forces de police. Lecornu exigeait de la trentaine d’organisations syndicales et politiques à l’origine de la révolte populaire une délégation de seulement six personnes, puis de dix, à des négociations. C’était une insulte : évidemment, la trentaine d’organisations ont exigé la présence d’au moins un membre pour chacune.

Lecornu a ensuite voulu imposer comme préalable que les organisations en lutte condamnent « les violences. » Incroyable mais vrai ! Il n’était pas venu pour tenter d’apaiser la révolte mais seulement pour faire une démonstration politique, rencontrer certains élus et pérorer sur l’autonomie.

La manifestation du lundi 29 novembre de plusieurs centaines de personnes sur la place de la Victoire au son du tambour a duré longtemps après le départ des délégations. Le voyage de Lecornu était un voyage pour la forme et pour démontrer la fermeté de la République et de la « loi républicaine », il n’a eu que ces mots à la bouche. La loi du 5 août, la loi de la République, sera maintenue. Mais les manifestants réclament le retour des travailleurs suspendus et le paiement intégral de leurs salaires. Lecornu a reculé juste un peu pour dire que l’échéance de la mise en règle du personnel de santé non vacciné serait maintenant comme en Martinique reportée au 31 décembre. Ce petit recul apparaît comme bien insignifiant à tous.

Mais la démonstration contraire est venue de la rue car les barrages se sont multipliés, la colère s’est amplifiée. L’île a été bloquée. Le soir du départ de Lecornu, des barrages se sont enflammés un peu partout démontrant la colère des militants et des jeunes. Mardi 30 novembre allait être encore une période de blocage car beaucoup pensent que le niveau de la lutte doit encore monter.

                                   Pierre JEAN-CHRISTOPHE (Lutte ouvrière n°2782)

Hôpitaux en perdition

 

N’en déplaise à Macron et Véron, tout craque

 


Le Plan blanc a été déclenché pour les hôpitaux de Colmar et Mulhouse à cause de la progression des contaminations au Covid-19. Les congés ou les repos du personnel peuvent être suspendus, tandis que des opérations présentées comme non urgentes vont être décommandées.

Deux ans après la première vague, le scénario se répète encore et encore : faute de moyens et de personnel, l'hôpital craque. Mais selon Macron et Véran, qui ont suspendu les hospitaliers non-vaccinés, tout roule.

Poisons phytosanitaires de l’agriculture dire « raisonnée » : ils sont responsables de la mort de notre ami Jean-Marie, arboriculteur de la vallée du Tarn

 

Le dernier message de Jean-
Marie à ses collègues paysans

 

 

Notre ami Jean-Marie du "Temps des cerises"

Dans une lettre qu’il avait écrite sur son lit de souffrances, il regrettait avoir trop fait confiance tant aux garanties gouvernementales qu’aux techniciens agricoles qui l’avaient (bien mal!) conseillé. Jean-Marie Albaret était arboriculteur à Peyrelade, ce magnifique village situé à la sortie des Gorges du Tarn. Il avait cru aux vertus de cette agriculture dite « raisonnée » que les lobbies de la chimie ont inventée pour pouvoir continuer à écouler leurs poisons phytosanitaires. Mais un poison reste un poison, même si on en réduit la dose. Celui qu’il avait cru pouvoir épandre sur ses arbres en quantité prétendument « raisonnée » a provoqué chez le colosse, véritable force de la nature, qu’était Jean-Marie une AMS (atrophie multi-systématisée) qui, s’attaquant à son cervelet, a entraîné la perte progressive de ses fonctions motrices. Il est resté cloué au lit durant cinq années avant de s’éteindre dans sa soixante-cinquième année.

Jean-Marie Albaret était un familier des paysans du Larzac qui lui rendent hommage dans la dernière livraison de leur journal « Gardarem lo Larzac » sous la plume de Christian Roqueirol. Ce dernier ajoute : « L’association Phyto-Victimes qui défend le dossier de Jean-Marie ne lâche pas l’affaire ».