Mardi 16 novembre, l’ensemble des
salariés de la sûreté aéroportuaire du pays étaient appelés à un mouvement de
grève pour défendre leur 13e mois (appelée « prime Pasa »).
Depuis le début de la pandémie,
ils ont fait partie des travailleurs en première ligne, ceux qui ont continué à
travailler malgré tout. Ce sont ceux qui filtrent les passagers, contrôlent
leurs bagages ou les accès. Ils sont donc au contact de voyageurs du monde
entier, y compris des régions à risque et en ont payé le prix, avec plusieurs
décès.
Leurs conditions de travail sont
difficiles : il faut être là tous les jours, dimanche et fêtes, avec des
journées qui commencent dès 5 h. Et même après des heures devant écran, ou
après s’être baissé 10 fois, 100 fois par jour pour fouiller les passagers, il
faut être vigilant, ne rien laisser passer. Le tout en gardant le sourire bien
sûr, même devant des passagers énervés à cause des queues et des retards.
Sourire obligé, on est sous l’œil constant des caméras, de chefs ou de
contrôleurs divers qui cherchent à vous prendre en faute. Et tout cela pour des
payes à peine supérieures au smic, dans des entreprises sous-traitantes, sans
salle de repos ni vestiaires corrects dans un aéroport qui brille de partout,
mangeant des McDo ou apportant son tupperware faute de cantine.
Le ralentissement des voyages a
entraîné le licenciement des intérimaires ou CDD. Des périodes de chômage
partiel ont fait baisser les payes sans rien coûter aux employeurs, puisque
c’était l’État qui payait. Et aujourd’hui que l’activité repart, les patrons du
secteur voudraient baisser ou supprimer leur 13e mois ? Pas
question ! La colère est grande et la grève a été très suivie, avec des
manifestations nombreuses, plus de 500 à Roissy, moins de 100 à Toulouse, etc.
Le mouvement doit se poursuivre.
C’est la seule voie.