lundi 20 septembre 2021

Le 5 octobre et après : quelles perspectives pour les travailleurs ? Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

 

Le 5 octobre et après : quelles perspectives pour les travailleurs ?

15 Septembre 2021

Les directions de différentes centrales syndicales, CGT, FO, FSU…, ont appelé à une journée interprofessionnelle de mobilisation et de grève le 5 octobre. Les travailleurs qui veulent se saisir de cette journée pour en faire une réussite et exprimer leur colère ont raison. Comme ils ont raison de vouloir répondre aux reculs imposés au monde du travail et aller dans le sens d’une réaction d’ensemble.

 


Cela nécessite aussi de poser le problème de l’attitude des directions syndicales. Force est de constater que cet appel ne compense pas, loin s’en faut, leur manque de réactions depuis des mois, alors que les attaques pleuvent sur les travailleurs. Les capitalistes ont profité de la pandémie pour licencier, imposer des reculs de salaires, des horaires à rallonge ou changeants, des jours fériés travaillés, des augmentations de cadences inouïes. Tous ces coups se sont traduits par des profits en hausse pour toutes les grandes entreprises du pays.

Les plus précaires, les intérimaires, les jeunes, les femmes en temps partiel ont subi encore plus cette offensive patronale. Et, de surcroît, l’application de la réforme de l’assurance chômage va jeter dans la pauvreté bien des chômeurs et peser sur tous les travailleurs pour les forcer à accepter des salaires encore plus bas.

Face à cela, les directions syndicales n’ont guère réagi. Elles n’ont pas cherché à faire entendre les intérêts des travailleurs, à organiser une protestation ouvrière. Bien sûr, elles se défendent en évoquant la faible mobilisation. Mais cet argument est choquant. Même sans mobilisation, ceux qui se posent en direction de la classe ouvrière peuvent et doivent dénoncer les attaques actuelles, la volonté délibérée des ennemis des travailleurs, ainsi que les mauvais coups en préparation.

Réagir à cette politique aurait permis que ceux des militants et des travailleurs qui ne baissent pas les bras se fassent entendre, au lieu de les laisser isolés. Ainsi, ils auraient au moins pu se faire les propagandistes de la nécessaire réaction collective de la classe ouvrière.

Les manifestations de cet été contre le passe sanitaire obligatoire ont bien montré que certains travailleurs voulaient exprimer leur colère, même sans perspective. Dénoncer la présence de l’extrême droite dans ces manifestations pour ne pas y participer est trop facile, pour des directions syndicales qui n’ont même pas essayé de donner la possibilité aux travailleurs de s’exprimer autrement.

Même aujourd’hui où elles appellent enfin à une mobilisation interprofessionnelle, bien tardivement et bien faiblement, les directions syndicales affaiblissent le mouvement en multipliant les appels catégoriels, le 14 septembre pour les soignants, le 23 septembre pour les enseignants et le 1er octobre pour les retraités. Quel sens y a-t-il à présenter les problèmes comme séparés ? Et quel sens y a-t-il à faire croire que les travailleurs seront plus forts en étant plus divisés ? N’est-ce pas une façon de disperser le mouvement avant même qu’il n’existe ?

Bien sûr, cela n’empêchera pas les plus conscients des travailleurs de vouloir faire de cette journée une réussite qui puisse remonter le moral du plus grand nombre possible. Mais il est aussi nécessaire de discuter des perspectives indispensables pour que les travailleurs se défendent. Il ne suffit pas de déplorer le manque de combativité actuel, il faut militer dans le sens d’un regain des luttes et les préparer. Une journée de mobilisation, même réussie, si elle reste sans suite et sans perspective ne mènera pas à une plus grande conscience, à une plus grande combativité. Les travailleurs devront se donner les moyens de définir eux-mêmes cette perspective.

                                                Marion AJAR (Lutte ouvrière n°2772)

 

Nos prochaines permanences Lutte ouvrière sur la Ville :

Mercredi 22 septembre, de 11 h à 11h.30 au marché des Champioux

 

 

Nathalie Arthaud dans les médias

 

Nos prochains rendez-vous :

Ce jeudi 23 septembre, à 20 heures, grande salle de l’espace Nelson Mandela, une réunion publique-débat de Lutte ouvrière : crise de la société et perspectives pour le « camp des travailleurs ».

Le samedi 9 octobre à 15 heures, grand meeting avec Nathalie ARTHAUD, à Paris, salle de la Mutualité.

 

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Attention : mes 5 articles du jour apparaissent parfois sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM

Argenteuil, Val d’Oise, éducation, collèges, lycées, les effectifs explosent

 

La jeunesse victime de notables qui ont la tête totalement ailleurs

 


 

En cette rentrée 2021, les classes sont surchargées dans les collèges et les lycées du Val d'Oise. Ce qui était auparavant exceptionnel devient la norme : 26 ou 27 en collège "prioritaire", 30 en collège "classique", 35 en lycée général ou technologique, 30 en lycée professionnel. Bien sûr, il y a la responsabilité de l'Education Nationale qui "paramètre" ces effectifs dans ses programmes informatiques pour définir le nombre de classes, ou de professeurs : il s'agit pour elle de faire des économies, pas de donner les meilleures conditions d'apprentissage ! Après tout le ministre lui-même s'est vanté l'an dernier d'avoir dépensé moins que prévu (l'an dernier ! En plein pic de covid et alors que les élèves décrochaient ou saturaient les uns après les autres).

Dans le Val d'Oise il y a aussi la responsabilité de ceux censés construire collèges et lycées, et qui sont en retard (le Département pour les collèges), voire très très en retard (la Région pour les lycées). Le résultat est que, comme chaque année, le jour de la rentrée, des dizaines d'élèves n'ont même pas de place dans leur établissement de secteur, et doivent attendre que des commissions prennent en charge leur dossier. Par exemple mercredi dernier une commission a dû traiter plus d'une centaine de cas. Et certains sont toujours sur le carreau.

Il y a aussi cette année les demandes de dérogation qui ont été très majoritairement refusées dans le Val d'Oise, même en cas de fratrie, c'est à dire que le grand frère peut être en 3è dans un collège archi-plein, et la petite soeur en 6è dans un autre parce qu'il y restait une place !

Le constat du manque de place dans notre département est fait chaque rentrée depuis des années. Logiquement les autorités auraient dû mettre en place les moyens, humains et matériels, pour résoudre ce problème. Eh bien non, le problème s'aggrave même. Et les conséquences négatives qui vont avec : décrochage, violence, bousculades, cantine à la va-vite, etc.

Allocation Adulte Handicapé : une forte mobilisation

 

L’indépendance économique, une nécessité

 


 

Les personnes en situation de handicap se sont mobilisées avec leurs associations le 15 septembre dans les grandes villes du pays pour réclamer l'individualisation du calcul du montant de l'Allocation Adulte Handicapé.

Actuellement, il est calculé en fonction des ressources du conjoint, ce qui place ses bénéficiaires en situation de dépendance économique. Une proposition de loi en ce sens, rejetée par l'Assemblée Nationale en juin, doit être examinée au Sénat.

À croire que le montant de 903,60 euros mensuels, pourtant bien insuffisant, c'est encore trop pour ce gouvernement qui distribue des milliards d'aides aux capitalistes et ose parler d'inclusion !