vendredi 27 août 2021

Argenteuil comme ailleurs, la difficulté de reconstruire un parti communiste révolutionnaire des travailleurs (3)

 

Le stalinisme, le grand fossoyeur du mouvement ouvrier

 

Léon Trotsky et sa compagne Natalia Sedova

Alors que la dégénérescence de l’Union soviétique s’activait, une large partie des cadres les plus anciens du parti communiste, mais aussi des jeunes, gardèrent leurs idéaux, et il faudra des années pour que l’État dictatorial développé dès la fin des années 1920 brise nombre d’entre eux. Mais une fraction notable de militants survécut dans ce qui allait être appelé le « Goulag » et y garda s convictions jusqu’au bout. Trotsky n’allait pas connaître ni leur sort ni les Procès des années 1936-1937. S’il fut expulsé d’Union soviétique en 1929, il allait être assassiné par les sbires de Staline en août 1940, au Mexique, le seul pays qui ait accepté de lui donner refuge.

         Staline transforma la Troisième internationale créée en 1919 pour aider à la construction de partis communistes révolutionnaires partout dans le monde en agence au service de la bureaucratie soviétique. Les dirigeants furent sélectionnés sur cette base. La masse des militants qui avaient rejoints ces jeunes PC furent ébranlés, et pour nombre d’entre eux abandonnèrent le combat. Staline joua sur le prestige de la Révolution d’Octobre parmi les militants qui restèrent, et sur les moyens matériels pour sélectionner et asservir les nouveaux cadres de ces partis.

         Le stalinisme fut une gigantesque catastrophe pour le mouvement ouvrier, la seconde après le ralliement d’une part importante de la Social-démocratie à la guerre impérialiste en juillet-août 1914.

         L’Union soviétique bureaucratisée et les partis communistes stalinisés ont conduit à l’éclatement de la première en 1990, et à la liquéfaction progressive sinon la disparition totale de nombre de partis communistes. Le PCF n’échappe pas à cette trajectoire.

         Léon Trotsky se retrouva isolé physiquement de ses camarades de l’Opposition de Gauche d’URSS. Certains cadres, peu nombreux, des jeunes partis communistes le rejoignirent. D’autres, d’accord avec lui, abandonnèrent l’activité militante. Dans la difficulté, surtout avec des jeunes sans expérience politique, ces idées tentèrent d’exister dans un certain nombre de pays. Elles poursuivaient celle d’un mouvement ouvrier que le réformisme et le stalinisme avaient en quinze ans largement décapité.

         Nous avons aujourd’hui le legs d’un nombre important d’écrits de Trotsky portant en particulier sur la dégénérescence de l’Union soviétique, du fascisme, des évènements révolutionnaires de France et d’Espagne, et de la marche à la guerre.

Car le retard de la révolution mondiale et la survie du capitalisme conduisirent à la barbarie de la Seconde guerre impérialiste mondiale.

Mais ceux qui se gaussent aujourd’hui sur notre faiblesse, connaissent-ils cette histoire ?… (Demain les militants trotskystes d’hier à aujourd’hui) DM

Bonnes lectures de l’été 2021 (55), Zouleikha ouvre les yeux, de Gouzel Iakhina, Éditions Noir et blanc, ou Libretto

 

Un roman russe sur les années 1930 tout en finesse

 


 

C’est un très bon livre. Il est extrêmement crédible, même s’il se rapporte à une  période folle de l’histoire de l’Union soviétique, celle de la « dékoulakisation » des années 1930, au moment de la collectivisation forcée. Les koulaks étaient alors pour la plupart des paysans un peu plus aisés que la masse misérable des paysans. Le couple de Zouleikha possède un cheval et une vache…

         Rien de simplifié dans ce roman, non une voie nette et droite sur laquelle Zouleikha se dirigerait vers l’émancipation et la conscience. Des petits pas, mais des reculs également, bref, un chemin tortueux, humain, qui la fait ouvrir les yeux sur un certain nombre de plans, et entendre, même si c’est très dur, ce qu’elle est et ses désirs, à travers des expériences de la vie, nouvelles pour elle.

         On est donc loin des romans du réalisme soviétique, avec ses héros taillés d’un seul bloc, qui ne sont pas humains, car ils n’existent pas dans la réalité. Ils furent seulement bons pour la propagande, et « l’édification » de la population.

         Zouleikha se retrouve sur le chemin de la relégation, au milieu d’un groupe hétérogène de condamnés à l’exil sibérien, composé de paysans certes mais aussi d’intellectuels et d’artistes.

         Ce groupe est dirigé par un « commandant », un militant communiste, mais qui conserve un certain nombre d’interrogations, et surtout un aspect humain, c’est-à-dire, là encore, réel. Ce convoi, ses membres  et son commandant se retrouvent oubliés au bord d’un fleuve sibérien. Le groupe va devoir, dans les circonstances d’une  nature très rude établir les moyens de sa survie. La petite colonie va « robinsonner » et survivre.    Et puis, il y a la taïga, un univers où l’on irait personnellement bien s’y perdre, de loin sans doute. Le temps d’une lecture au moins on y est.

         Et l’amour est bien présent, et là encore, tout en finesse.

         Une petite remarque personnelle. Je n’aime pas trop les quelques passages oniriques, mais ils sont rares et se lisent néanmoins très bien.

         Un beau roman russe, et surtout, un grand roman.

jeudi 26 août 2021

Rentrée scolaire : face au Covid, rien de prévu. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2769 à paraître

Rentrée scolaire : face au Covid, rien de prévu

25 Août 2021

Blanquer, le ministre de l’Éducation, a annoncé par voie de presse les dispositions prévues pour la rentrée.

 


La seule certitude est qu’elles ne coûteront rien à l’État, puisque aucun des moyens supplémentaires qu’aurait exigé la crise sanitaire n’est annoncé, pas plus en moyens matériels qu’en personnel.

Tout en prétendant, comme c’est son habitude, que l’école n’est pas un lieu majeur de contamination, Blanquer se voit contraint d’appliquer le niveau 2 d’alerte en métropole, prévoyant la fermeture des classes dans les écoles dès le premier cas, et dans les collèges et lycées l’éviction des élèves contacts à risque sans vaccination complète. Les élèves évincés seront renvoyés chez eux sept jours, mais sans aucune prise en charge pour les parents salariés contraints de garder leurs enfants. Ces jeunes seront censés suivre un enseignement à distance, totalement illusoire, car les enseignants ne pourront assurer en même temps leurs cours et l’enseignement virtuel. Sans parler de la question de l’équipement informatique, inexistant ou rudimentaire dans les familles les plus modestes.

Il est aussi question d’une campagne de détection par test salivaire. On parle de « cibler », c’est-à-dire, en clair, de tester le moins possible.

Le protocole prévoit aussi une aération renforcée des salles de classe. Là où l’ouverture des fenêtres est insuffisante ou impossible, les collectivités sont sommées de fournir des détecteurs de dioxyde de carbone et des purificateurs d’air à chaque salle de classe. Sur ce point, la responsable des questions scolaires de l’Association des maires de France confirme que les communes ne peuvent pas financer ces appareillages coûteux.

Pour participer aux sorties scolaires là où le passe sanitaire est obligatoire, comme dans les musées et les cinémas, les élèves non vaccinés devront faire un test, qui va devenir payant. Cela n’empêche pas Blanquer de prétendre que le principe de gratuité reste assuré. Il ne reste plus qu’à le croire sur parole.

Selon les projections de l’Institut Pasteur, les enfants et les adolescents pourraient représenter la moitié des cas de contamination en septembre. Face à un tel risque, le prétendu plan de Blanquer va laisser les élèves et leurs familles, ainsi que le personnel de l’éducation, livrés à eux-mêmes. Élèves, familles et personnels éducatifs auront donc tout intérêt à prendre les choses en main.

                                                   Alain CHEVARD (Lutte ouvrière n°2769)

 

Nos prochaines permanences :

-ce vendredi de 17 h15 à 18h15, carrefour Babou ;

-samedi 28 août, de 10 h. à 10 h30, marché des Côteaux ;

Puis, de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

Dimanche 29 août, de 11 h à midi, marché Héloïse

Mardi 31 août, de 11 h à midi, centre commercial Joliot-Curie ;

Mercredi 1er septembre, de 11 h à 11h. 30 au marché des Champioux

 

Nos prochains rendez-vous :

Le samedi 11 septembre, lors du Forum des associations, nous nous retrouverons sur les stands.

Le samedi 18 septembre, rassemblement pour la défense de l’espace Jean Vilar et contre le projet Cap Héloïse

Le jeudi 23 septembre, à 20 heures, grande salle de l’espace Nelson Mandela, une réunion publique-débat de Lutte ouvrière : crise de la société et perspectives pour le « camp des travailleurs »

 

Achetez notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,2 euro) numéro 2768 et 2769, et Lutte de classe (2,5 euros) n°217, lors des permanences et :

         Chez les marchands de la presse :

                   -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac de la « dalle » ;

                   -librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri.

 

Attention : mes 5 articles du jour apparaissent parfois sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM