jeudi 19 août 2021

Afghanistan : un chaos dont l’impérialisme est responsable. L’éditorial du numéro 2768 de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître

 Afghanistan: un chaos dont limpérialisme est responsable

18 Août 2021

 


La télévision a montré l’image bouleversante de l’aéroport de Kaboul où des milliers de personnes tentent désespérément de prendre place dans des avions pour fuir l’Afghanistan, alors que l’armée américaine plie bagage et que les talibans ont déjà pris la ville. Les médias parlent de dizaines de milliers d’autres qui, ayant travaillé pour les Occidentaux, vivent désormais sous la menace. Les femmes vont être soumises à la loi des talibans, ne plus pouvoir étudier ou travailler, ne plus pouvoir sortir dans la rue sans être accompagnées. Le pays est de nouveau sous le joug des talibans.

Contrairement à ce qu’ont continuellement affirmé les dirigeants des grandes puissances, les vingt ans de guerre et d’occupation militaire n’ont pas fait reculer le terrorisme et la barbarie. Au contraire, les talibans semblent plus forts que jamais. Quant au terrorisme, en vingt ans il s’est répandu sur la planète. Et on compte aujourd’hui des dizaines de régions frappées par le terrorisme, tant ce sont les grandes puissances, la misère qu’elles imposent à la population mondiale, les guerres qu’elles font partout, qui l’alimentent.

Du président américain Biden au président français Macron, des commentateurs aux représentants des organismes internationaux, tous, d’une façon ou d’une autre, font porter la responsabilité de la catastrophe sur le peuple afghan lui-même. Et pourtant, ces puissances impérialistes sont les véritables responsables de la situation. Ce sont elles qui ont fabriqué aussi bien les talibans que la situation qui leur permet aujourd’hui de ramasser le pouvoir sans combat.

Ces milices islamistes ont été financées et armées par les Américains et leurs alliés à la fin des années 1970, pour affaiblir le régime afghan alors soutenu par l’Union soviétique. Tenue en échec, l’armée de Moscou dut quitter le pays. Dix ans plus tard, les milices ont fini par prendre Kaboul. Leur pouvoir, qualifié de démocratique par les puissances occidentales, s’intitulait crûment «gouvernement islamiste». Une guerre civile entre factions islamistes rivales vit la victoire des talibans, les mieux armés par les Américains et leurs alliés! Les femmes furent aussitôt chassées de leurs emplois et enfermées sous leur burqa. Le pays tout entier fut soumis aux lois rétrogrades des intégristes. Il y eut bien quelques commentaires désolés des journalistes occidentaux, mais aucun État ne leva le petit doigt.

Tout changea après l’attentat du 11 septembre 2001, ses plus de 3000 victimes et sa revendication par Al Qaïda, lorganisation terroriste de Ben Laden. Le gouvernement américain chercha une riposte à la hauteur de l’émotion légitime de la population et surtout pour rappeler que les États-Unis sont le gendarme du monde. Les talibans et leur régime furent accusés d’abriter les terroristes et Ben Laden lui-même, l’Afghanistan fut envahi par les armées des États-Unis et de leurs alliés, dont la France. La propagande des États impérialistes coula à flot pour convaincre que cette guerre allait donner des droits aux femmes afghanes, allait apporter la civilisation dans ce pays, les hôpitaux et les routes à venir, la sécurité pour tous, etc.

En fait, le peuple afghan connut vingt années supplémentaires de guerre, les bombardements de terreur, les déplacements de population, les internements, la torture. La population n’a pas vu la couleur des centaines de milliards de dollars censés tirer le pays du sous-développement. Les puissances d’occupation ont dépensé bien plus pour leurs besoins militaires sur place que pour la santé ou l’éducation dans le pays. En guise de développement, ce fut surtout celui de la corruption. Et elle n’a pas profité qu’aux margoulins locaux, mais plus encore aux capitalistes américains. Le régime mis en place par les Américains, sur la base de la misère persistante et de la corruption, ne pouvait qu’être rejeté par la population. La rapidité avec laquelle les talibans sont revenus au pouvoir, avant même que l’armée américaine ait quitté le pays, le montre.

Si les talibans parviennent à établir un régime centralisé, il ne pourra s’agir que d’une dictature islamiste des plus rétrogrades. S’ils n’y parviennent pas, le pays sera livré à la guerre entre bandes armées. Dans tous les cas, les femmes, les enfants et les pauvres continueront à subir. Cela n’empêchera pas les grandes puissances, si elles y trouvent leur compte, de faire avec la dictature des talibans. Voilà dans toute sa nudité, le résultat de vingt années de guerre et deux siècles d’intervention de l’impérialisme dans la région.

Le sort que les États impérialistes font subir à l’Afghanistan donne l’image du monde qu’ils nous imposent. De telles tragédies ne pourront cesser qu’avec le renversement du capitalisme sur la planète entière, aussi lointaine que puisse paraître cette perspective.

La première condition pour que cet espoir devienne réalité est que nous, travailleurs des métropoles impérialistes, refusions toute forme de solidarité avec le capital, son armée, ses expéditions militaires et ses mensonges à prétention humanitaire.

 

 

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Nos prochains rendez-vous :

Le 11, lors du Forum des associations, nous nous retrouverons sur les stands. (Toujours pas d’information officielle)

Le samedi 18 septembre, rassemblement pour la défense de l’espace Jean Vilar et contre le projet Cap Héloïse

Le jeudi 23 septembre, à 20 heures, grande salle de l’espace Nelson Mandela, une réunion publique-débat de Lutte ouvrière : crise de la société et perspectives pour le « camp des travailleurs »

 

Attention : mes 5 articles du jour apparaissent parfois sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM

Macron et l’Afghanistan : mensonges et ignominie. Un article de notre hebdomadaire de cette semaine à paraître

 Macron et l’Afghanistan : mensonges et ignominie

18 Août 2021

Le 16 août à 20 heures, alors que le chaos régnait à Kaboul, que l’effroi saisissait quiconque regardait les images télévisées, Macron a servi une soupe faite de mystifications et d’ignominie.

Il y a d’abord eu les mensonges coutumiers concernant les raisons de l’intervention de l’armée française aux côtés de celle des États-Unis, la reprise du prétexte invoqué depuis vingt ans pour justifier cette intervention. C’est, a-t-il dit, qu’il fallait alors « combattre une menace terroriste qui visait directement notre territoire et celui de nos alliés depuis l’Afghanistan » avant d’ajouter en forme d’autojustification a posteriori : « Notre combat était juste et c’est l’honneur de la France de s’y être engagé. » Les dirigeants politiques du monde ne connaissent vraiment pas la honte.

Puis est venu le couplet sur les moyens mis en œuvre pour le rapatriement des Français, pour l’accueil des personnels afghans ayant travaillé pour l’armée et les entreprises françaises, pour l’aide nécessaire aux Afghans aujourd’hui menacés en raison de leurs idées et de leur engagement. Mais ce couplet tout en glorification de « l’honneur de la France » et de ses vertus protectrices a vite été rattrapé par la réalité de l’actualité politique française et la prochaine élection présidentielle : « Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires importants. »

Et Macron d’en appeler à une collaboration des pays européens pour « construire une réponse robuste » contre les migrants et d’ajouter qu’il faut coopérer avec la Turquie, le Pakistan ou l’Iran, tous les pays par où transitent les migrants afghans pour les empêcher de venir frapper aux portes de l’Europe. Le Pen mène la danse, son concurrent bat la mesure.

« Honneur, principes, valeurs, droit de vivre… » Macron et les siens en ont plein la bouche de ces mots. Mais aux migrants qui espèrent simplement sauver leur peau, ils montrent le chemin des camps de transit, celui de la misère et des cimetières… loin de l’Europe !

                                                Sophie GARGAN (Lutte ouvrière n°2768)

Argenteuil, 18 septembre, 15 heures, rassemblement pour la défense du complexe Jean Vilar

 

La municipalité mise sur le silence

Avec  nos petits moyens, dérisoires par rapport à ceux de la municipalité, nous tenons la route de l’information locale intéressante. Nous le savons, ce n’est pas une question de moyens, mais de volonté politique. Et la municipalité comme ses semblables n’a pas la volonté d’informer. C’est dans sa nature, celle de la « représentation » électorale. Une fois élus, ces gens-là considèrent que fondamentalement, sur l’essentiel, ils n’ont plus de compte à rendre. Que la population utilise les élections suivantes pour sanctionner ou pas. Chacun sait alors ce qu’il en est. Abstention, désintérêt, désinformation…

 

Le 18 septembre, à 15 heures, rassemblons-nous devant la salle Jean Vilar !

 

Cette longue introduction pour évoquer une date notable sur le plan de l’avenir de l’espace Jean Vilar.  La fin septembre est la limite de la suspension pour deux ans de la décision municipale concernant l’avenir du projet Héloïse contesté par une grande majorité de la population.

         Pour le 18 septembre, 15 heures, ces opposants dont nous sommes appellent à un grand rassemblement de protestation devant la salle Jean Vilar qui est toujours debout.

         Il doit être un succès. Le compte à rebours a commencé. Mobilisons-nous ! DM

Bolloré, C8, CNews : sa religion : le pognon

 

Prêt à tout pour ce pognon

Bolloré avec Alpha Condé, dictateur de la Guinée

Après avoir diffusé 10 heures de programme religieux le 15 août, la chaîne C8 a passé le lendemain un film anti-IVG produit par le courant évangéliste. Bolloré, propriétaire de C8 et de Cnews, entre autres, mène une propagande contre les femmes qui avortent. En affaires, ce milliardaire se comporte comme un parrain de la mafia sans foi ni loi. Par ses idées il propage, avec le poids que lui confère sa fortune, les préjugés rétrogrades qui tiennent lieu de valeur morale à la bourgeoisie bien-pensante.

Une preuve de plus que cette classe sociale ne représente pas l’avenir de l’humanité.

Bonnes lectures de l’été 2021 (52), Le corps noir, de Dominique Manotti, au Points-Seuil, 288 pages

Chaque jour jusque fin août, je vous propose une référence de mes bonnes lectures d’un an, depuis les grands vacances 2020, et celles que je découvrirai lors de mes lectures du présent été. Bonnes lectures donc, et à demain.DM

Quelles que soient les circonstances, l’État doit rester debout

De la détente, si l’on peut dire, voilà donc un roman policier. Avec Dominique Manotti, le fonds est toujours social et historique. En l’occurrence, nous voilà dans les deux derniers mois de l’occupation allemande. Le Débarquement vient de se produire sur les côtes normandes, mais les SS allemands et la Gestapo française sont toujours là. Liés à eux, les industriels et les banquiers, bref la bourgeoisie. La pègre les accompagne…

         Pas joli joli, d’autant plus que la fin approche, et que les retournements de veste vont bon train. Il en va de même pour la police parisienne…