Comme
vous le savez, nous n’avons pas pu tenir le Cercle Léon Trotsky qui devait
aborder le 150ème anniversaire de la Commune de Paris. Le texte de
cet exposé intitulé « 150 ans
après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871 »
est néanmoins disponible sur notre site lutte-ouvrière.org. Nous vous le
proposerons jour après jour en « feuilleton » le présent blog
« lo argenteuil »
La
Commune : première ébauche d’un État ouvrier
Fallait-il
marcher sur Versailles ?
La question a souvent été posée
par la suite, à cause de la fin tragique de la Commune.
Trotsky écrira à ce sujet : « On aurait pu alors écraser
la bande gouvernementale presque sans effusion de sang. À Paris, on aurait pu
faire prisonniers tous les ministres, avec Thiers en tête. Personne n’aurait
levé la main pour les défendre. On ne l’a pas fait. Il n’y avait pas
d’organisation de parti centralisée, ayant une vue d’ensemble sur les choses,
ni d’organes spéciaux pour réaliser ses décisions. » Il
aurait fallu, dit-il, envoyer des agitateurs parmi les troupes rejoignant
Versailles pour rallier les soldats à la première occasion. La question n’est
pas tant de savoir quel aurait été alors le cours des événements, que de
réfléchir à ce que doit être une politique révolutionnaire.
En arrivant au pouvoir, sentant
la force du prolétariat, les communards espèrent de toute évidence éviter la
guerre civile. Les socialistes, influencés par les idées et les illusions de la
petite bourgeoisie démocrate, ne croient pas, pour la plupart, devoir imposer
la dictature du prolétariat à la bourgeoisie. Ils affirment que Paris n’a pas
l’intention d’exporter le modèle de la Commune au reste du pays autrement que
par la force de l’exemple. Leur perspective, c’est l’autonomie de Communes
démocratiquement élues dans tout le pays, et une fédération libre de ces
Communes pour asseoir la République sociale.
Le Comité central pourrait
pourtant, à bon droit, considérer que le prolétariat, sous l’uniforme de la
Garde nationale, lui a déjà donné assez de légitimité pour agir de manière
révolutionnaire. Selon Trotsky : « La vraie
tâche révolutionnaire consistait à assurer au prolétariat le pouvoir dans tout
le pays. Paris devait en servir de base, de place d’armes. Et, pour atteindre
ce but, il fallait, sans perdre de temps, vaincre Versailles et envoyer par
toute la France des agitateurs, des organisateurs, de la force armée. Il
fallait entrer en contact avec les sympathisants, raffermir les hésitants et
briser l’opposition des adversaires. »
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(Demain, La Commune : première ébauche d’un État ouvrier Les élus de la
Commune)
Le texte de cet exposé du
Cercle Léon Trotsky « 150 ans après,
l’actualité de la Commune de Paris de 1871 » vient de paraître en
brochure. 2 euros. Nous pouvons vous la transmettre. DM