Comme
vous le savez, nous n’avons pas pu tenir le Cercle Léon Trotsky qui devait
aborder le 150ème anniversaire de la Commune de Paris. Le texte de
cet exposé intitulé « 150 ans
après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871 »
est néanmoins disponible sur notre site lutte-ouvrière.org. Nous vous le
proposerons jour après jour en « feuilleton » le présent blog
« lo argenteuil »
Aux
origines de la Commune
Les
transformations du second Empire
Louis-Napoléon Bonaparte fut élu
président de la République dans la foulée de la contre-révolution de juin 1848.
Il se fit plébisciter en se présentant comme un arbitre au-dessus des classes.
Puis il confisqua tout le pouvoir par un coup d’État, le 2 décembre 1851.
S’étant proclamé empereur sous le nom de Napoléon III – Victor Hugo le surnomma
Napoléon le petit ! – il promit à tous, paysans,
ouvriers, petits bourgeois, qu’il régnerait pour eux. Mais son règne fut en
fait celui de la collaboration achevée de l’État avec la grande bourgeoisie.
En 1864, la concentration du
capital et le poids acquis par le grand patronat furent symbolisés par la
création du Comité des forges, dont le dirigeant, Eugène Schneider, patron des
usines du Creusot, régent de la Banque de France et président de la Société
générale, était aussi le chef de la Chambre des députés. L’empereur, tout en se
réservant la nomination de l’exécutif, en exerçant sa dictature, avait mis en
place une Assemblée législative et tolérait des élections municipales largement
truquées. Des capitalistes comme Schneider, des banquiers, étaient nommés
ministres, élus députés et maires. Le monde politique se mêlait de plus en plus
à celui des affaires. La politique d’ailleurs, pour certains avocats,
journalistes, notables, devint un bon moyen de se lier à la grande bourgeoisie
et de s’enrichir. Sous l’Empire, la corruption fut monnaie courante et souvent
objet de scandales, une pratique qui n’a jamais cessé par la suite, sous toutes
les Constitutions jusqu’à aujourd’hui.
Adolphe Thiers, futur chef du
gouvernement qui allait réprimer la Commune, était le parfait modèle de ces
politiciens. Petit bourgeois entré en politique dès 1830, opportuniste et
ambitieux, il fit carrière du côté tantôt de l’opposition, tantôt du pouvoir,
selon l’air du temps, plus souvent monarchiste que républicain. Sa seule
fidélité allait aux classes dominantes, à la propriété, à l’Église, en un mot à
l’ordre établi. Il n’oublia pas de s’enrichir au passage et fut accusé de
malversation. En 1848, il se réclama du « parti de
l’ordre », il en
appela déjà à l’intervention de l’armée contre les travailleurs.
Le capitalisme transformait la
société. Sous l’Empire, les banques se développèrent, avec la création du
Crédit foncier, du Crédit Lyonnais, de la Société Générale. L’essor industriel
et celui du commerce furent sans précédent. Toutefois, l’industrialisation se
limitait encore à certaines régions : au nord
de la France, à l’Alsace, au couloir rhodanien entre Lyon et Marseille et à la
région parisienne. Les villes ouvrières grandissaient, Roubaix atteignait 75 000
habitants en 1870, Lille 160 000, Marseille et Lyon autour de
300 000. En
1860, Paris était passé de douze à vingt arrondissements, absorbant d’un coup
ses faubourgs, pour atteindre presque deux millions d’habitants.
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(Demain, Aux origines de la Commune, Le
prolétariat se développe et s’organise)
1860 :
Paris s’agrandit
Le texte
de cet exposé du Cercle Léon Trotsky « 150
ans après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871 » vient de
paraître en brochure. 2 euros. Nous pouvons vous la transmettre. DM