dimanche 7 mars 2021

Arlette LAGUILLER : Toujours militante

 

Lisez « Toujours militante » d’Arlette LAGUILLER

 

Aux éditions Les Bons Caractères - collection « souvenirs de militants ouvriers », une nouvelle édition de « Moi une militante », rédigée par Arlette LAGUILLER va bientôt paraître et être proposée à la vente dans toutes les bonnes librairies. La réédition est complétée d’une préface et d’une postface.

         En 1974, notre camarade Arlette Laguiller, employée au Crédit Lyonnais, était, à quelques semaines d’intervalle, l’une des animatrices de la grande grève du Crédit Lyonnais et de son comité de grève, et la première candidate à l’élection présidentielle dans « cette république d’hommes ». Militante communiste et révolutionnaire, Arlette a continué à défendre ses idées en tout lieu et à chaque occasion, des manifestations de rue au Parlement européen.

         C’est le récit des engagements d’une vie.

Environ 180 pages, enrichies de nombreuses photos.

À partir d’avril 2021, trouvez-le dans toutes les bonnes librairies au prix public (13,50 euros), ou commandez-le auprès des militants. À Argenteuil, avec les coordonnés figurant sur le présent blog, ou en passant à nos permanences.

« Le jeune parti communiste : du combat pour créer un parti révolutionnaire au stalinisme » (12) : 1921-1924 : la lutte pour transformer le parti : aujourd’hui : La crise dans le parti et le départ de Frossard

Comme vous le savez, nous n’avons pas pu tenir le Cercle Léon Trotsky qui devait aborder, un siècle après le Congrès de Tours de décembre 1920, la naissance du parti communiste en France. Le texte de cet exposé est néanmoins disponible sur notre site lutte-ouvrière.org. Nous vous le proposons à partir d’aujourd’hui en feuilleton sur notre blog « lo argenteuil »

 

Le jeune parti communiste : du combat pour créer un parti révolutionnaire au stalinisme

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1921-1924: la lutte pour transformer le parti

La crise dans le parti et le départ de Frossard

La discussion sur le Front unique s’ajoutait à celles sur le travail syndical, sur le ton de l’Humanité, sur l’indépendance de tel ou tel journal par rapport au parti. Elle cristallisa les divergences continuelles qui s’exprimaient entre les centristes et la gauche du parti. Depuis le congrès de Tours, les tergiversations de Frossard et ses amis, leurs campagnes sournoises ou ouvertes contre la politique de l’Internationale, sa direction et ses représentants à Paris ou à Moscou, avaient paralysé le parti. Ou, plus exactement, elles l’avaient empêché de mener une politique claire, de sélectionner une direction soudée sur des bases communistes, de former et d’éduquer les nouvelles générations sur la base du capital politique des bolcheviks. Depuis, presque deux ans, les dirigeants de la gauche, Rosmer, Loriot, Souvarine, Dunois, se heurtaient aux manœuvres et aux réseaux des réformistes. À plusieurs reprises, mis en minorité, ils avaient préféré démissionner de leurs responsabilités, au comité directeur, à la rédaction de l’Humanité, ou encore, découragés, s’éloigner temporairement…

Toutes ces divergences débouchèrent sur une nouvelle crise lors du congrès de Paris en octobre 1922. Alors que l’influence de la gauche avait progressé, qu’elle était soutenue par la Jeunesse communiste et la fédération de la Seine (qui regroupait alors toute la région parisienne), qu’elle avait 1516 mandats contre 1698 pour les réformistes, ces derniers refusèrent une direction paritaire. Après une nouvelle démission collective, les représentants de la gauche en appelèrent à l’arbitrage du quatrième congrès de l’Internationale communiste, en novembre 1922. Trotsky, au nom de l’IC, condamna sur le fond la politique des réformistes et en particulier leurs liens maintenus avec les notables de la bourgeoisie. Mais l’IC ne voulait pas trancher par des mesures administratives non comprises par les militants du rang. Elle proposa une direction réduite, mais strictement paritaire. En même temps elle imposa aux dirigeants du parti français qu’ils choisissent entre leur responsabilité à la tête du parti et leur appartenance à la franc-maçonnerie… ce que, deux ans après la fondation du parti, Frossard et bien d’autres n’avaient toujours pas fait!

En janvier 1923, de retour de Moscou, Frossard démissionna, suivi par plusieurs membres de sa tendance. Cachin, lui, restait. Le combat pour la transformation du parti venait de faire un bond en avant. Symbole de ce tournant, Pierre Monatte décida enfin d’adhérer: «Les politiciens partaient, il fallait entrer», dira-t-il plus tard[6]. Mais il arrivait après deux années cruciales, sans avoir mené de l’intérieur du parti le combat pour forger une direction communiste. Il arrivait dans une période de reflux politique où les travailleurs menaient des luttes défensives plus souvent défaites que victorieuses. Il arrivait aussi dans une période où l’isolement et les difficultés économiques majeures pesaient de plus en plus fort sur la jeune Union soviétique, ce qui allait bientôt favoriser l’émergence d’une couche bureaucratique qui gangrena progressivement le Parti bolchevique et, par contrecoup, l’Internationale communiste.

Mais, en janvier 1923, dans l’IC comme dans le Parti communiste français, cette évolution n’avait encore rien d’inéluctable. Au contraire, à Paris le départ des réformistes les plus en vue ouvrait une nouvelle époque. Il rendait possible la formation d’une véritable direction qui pouvait souder des militants venus au PC par des chemins divers, le marxisme, le socialisme, le syndicalisme révolutionnaire ou l’élan de la révolution russe. Rosmer et Souvarine rejoignirent le bureau politique. Cachin restait directeur de l’Humanité mais Monatte et ses proches entrèrent à la rédaction, où ils créèrent et animèrent des pages sur la vie des travailleurs, les luttes ouvrières, la vie des syndicats… Ils cherchaient à s’adresser aux travailleurs politisés, aux militants ouvriers des autres partis et syndicats. Ils défendirent et illustrèrent la tactique du Front unique. L’Humanité se vendait alors à 140000 exemplaires chaque jour.

En 1923, le Parti communiste s’engageait sur la voie de sa transformation. Il s’affirmait révolutionnaire, dénonçant sans concession la politique du gouvernement français. Il était internationaliste et anti-impérialiste, pas seulement en paroles, et capable d’aller à contre-courant. Il était, à cause de cela, soumis à une répression systématique: perquisitions et fouilles de ses locaux, arrestations et emprisonnement de ses militants, fichages, révocations, liste noire, refus de naturalisation des militants étrangers Au printemps 1923, une bonne partie de la direction était en prison. Même Cachin, malgré son immunité parlementaire, fut arrêté pour complot contre la sûreté de l’État.

6.Julien Chuzeville, Fernand Loriot : le fondateur oublié du Parti communiste, op. cit., p. 124.

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Fernand LORIOT (Maitron.fr)

(Demain : 1921-1924 : la lutte pour transformer le parti L’occupation de la Ruhr, la politique antimilitariste et anticoloniale du PCF)

samedi 6 mars 2021

Chômage : le gouvernement s’en prend aux chômeurs

Imposons au patronat la répartition du travail entre tous

 


Le gouvernement a annoncé l'entrée en vigueur prochaine de sa réforme de l'assurance-chômage. À partir de juillet, un changement du mode de calcul entraînera une baisse des allocations pour 40 % des bénéficiaires. À partir d'octobre, il faudra avoir travaillé plus longtemps pour avoir droit à une allocation.

         Le gouvernement prétend ainsi favoriser le retour à l'emploi, Comme si les chômeurs s'installaient dans le chômage au lieu de chercher un travail ! Il s'agit en réalité, par cette « réforme », d'économiser plus d'un milliard d'euros sur le dos des chômeurs.

         La lutte contre le chômage supposerait une toute autre politique : imposer au patronat la répartition du travail entre tous, en prenant sur les profits des capitalistes pour que tous les travailleurs aient un salaire suffisant pour vivre. Mais obtenir cela de nos gouvernants, c'est demander du lait à un bouc.

 

Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine

 

Réforme de l’indemnisation du chômage : une attaque en règle contre tous les travailleurs

03 Mars 2021

Mardi 2 mars, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, communiquait aux confédérations syndicales et patronales le contenu de la réforme de l’indemnisation du chômage qu’elle comptait imposer. La première partie de cette réforme prendrait effet au 1er juillet 2021.

 


Cela concernerait le mode de calcul de l’indemnité versée aux salariés privés d’emploi. Le reste de cette réforme, définissant les droits à l’indemnisation, encore plus catastrophique dans ses effets, n’entrerait en application que « lorsque l’activité économique sera stabilisée », en clair quand le gouvernement le jugera bon.

Le nouveau mode de calcul du montant de l’indemnité chômage, connu depuis juillet 2019 et que le gouvernement cherche à imposer depuis, devrait entraîner une perte d’au moins 20 % sur le montant de l’indemnité versée aux salariés qui s’inscrivent à Pôle emploi. C’est l’organisme qui supervise ce paiement, l’Unedic elle-même, qui l’a calculé. En effet, au lieu de prendre comme référence le salaire des douze derniers mois reconstitué (chômage, maladie et autres absences étant neutralisés), dorénavant ce serait le salaire effectivement touché sur les 24 derniers mois qui serait pris en compte. L’Unedic a calculé que 38 % des nouveaux chômeurs indemnisés seraient touchés par cette baisse.

Cette mesure ne serait pas rétroactive, et ne toucherait pas les chômeurs indemnisés avant cette date. Cela aurait été le bouquet, mais pas impossible.

La deuxième partie de la réforme, mise en suspens pour le moment, est encore plus lourde de menaces. Au lieu d’avoir des droits ouverts avec quatre mois de travail les 28 derniers mois, ce serait six mois de travail exigés dans les 24 derniers mois. Le système actuel de recharge des droits à indemnisation au fur et à mesure des nouveaux contrats pour un travailleur précaire, intérim, CDD, ou autre, disparaîtrait. Cette seule mesure permettrait, selon le gouvernement, d’économiser jusqu’à 3,6 milliards d’euros, aux dépens des millions de travailleurs qui verraient aussi l’ouverture du droit à être indemnisé remise en cause et seraient alors précipités dans la misère.

Cette réforme en cours est non seulement une menace pour les travailleurs licenciés qui vont se retrouver au chômage, mais pour l’ensemble de la classe ouvrière. Car, au-delà des économies que le gouvernement entend faire sur le dos des chômeurs, il y a la volonté de rendre toujours plus précaire la situation de tous les travailleurs. Pour le gouvernement et surtout pour les capitalistes qu’il sert, cette menace de tout perdre est le moyen de peser sur le moral de toute la classe ouvrière en vue de faire accepter le maximum de sacrifices à tous. Alors, il n’y a pas les chômeurs présents ou futurs d’un côté, et de l’autre, le reste des travailleurs : il y a l’ensemble de la classe ouvrière, qui se doit de faire face dans l’unité à toutes ces attaques.

                                                                   Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2744)

 

Achetez Lutte ouvrière (1,2 euro).

         Lors de nos permanences :

- ce samedi : de 10 heures à 10 heures 30 au marché des Coteaux, et de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-ce dimanche, de 11 heures à midi au marché Héloïse ;

-mercredi 10 mars, de 11h. à 11 h.20 au marché des Champioux ;

-         Chez les marchands de presse :

                   -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac de la « dalle » ;

                   -librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri.

 

Avec la nouvelle interface de Blogspot, malgré mes paramètres, mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM

 

Lutte de classe (3), Domont, Val d’Oise : face à l’offensive de La Poste, les facteurs répondent par la grève

 

La seule réaction possible, la grève !

 

L’énorme majorité des facteurs de Domont (95) sont en grève depuis jeudi. Ils l’ont reconduite hier.

         La Poste veut supprimer quatre tournées de distribution, ce qui signifie davantage de travail pour les tournées restantes, c’est-à-dire à effectuer par les facteurs ! Et cela fait quatre facteurs en moins sur la ville. Ce n’est aussi pas bon pour les usagers, quand on connaît déjà le retard actuel dans la distribution du courrier. Recevoir une lettre envoyée la veille est dorénavant une gageure.

         Les facteurs ont bien raison d’utiliser leur arme de défense, la grève. Ils doivent recevoir le soutien de tous. DM