mardi 16 février 2021

Soignants : enquête nationale sur la souffrance au travail : des résultats prévisibles mais impressionnants

 

Les soignants malades du capitalisme

 

L’antenne « Grand Est » du collectif « Santé en danger » a rendu publics les résultats d’une enquête nationale qui a été menée auprès des soignants sur leur souffrance au travail.

Les résultats sont prévisibles, mais impressionnants : 97 % des soignants disent que leur souffrance au travail a augmenté depuis qu’ils ont commencé à travailler, 74 % pensent que la crise du Covid a aggravé une dégradation qui était déjà bien entamée avant, 3/4 des travailleurs interrogés ont déjà pensé à jeter l’éponge, 71 % pensent que le manque de personnel est une cause majeure de difficultés, près d’un tiers affirme subir un harcèlement moral de la part de la hiérarchie et un tiers doit prendre un traitement médical à cause des conséquences physiques et morales de cette situation.

A force de détruire de postes et de supprimer des lits, non seulement l’État fait que l’hôpital ne peut plus soigner correctement un nombre croissant de personnes, mais il abîme également la santé de la majorité de ceux qui y travaillent.

Grèves, manifestations, mouvements sociaux, COFACE : recrudescence des luttes, une hypothèse qui n’a pas besoin de marc de café

 

En tout cas, c’est tout ce que l’on peut souhaiter

 


Un rapport de la COFACE, compagnie d’assurance-crédit d’État pour grandes entreprises, prévoit que l’année 2021 risque de connaître une recrudescence des mouvements sociaux, du fait de la reprise économique après la crise sanitaire, dont les riches profiteront, et du creusement aggravé des inégalités sociales.

Cet organisme, lié aux sommets de l’État et aux capitalistes, reconnaît que le rejet par la population de la gestion de la crise sanitaire risque fort d’inspirer une colère bien plus vaste et dirigée contre le système dans son ensemble. Et c’est tout ce qu’on souhaite.

Argenteuil, cité éducative, ce sera seulement quand arriveront les locaux, les moyens d’enseignement, de fonctionnement, de remplacement nécessaires…

 

En attendant, pour l’essentiel, du bluff

                                                             Rentrée 2018

Des sous-fifres du gouvernement sont venus il y a quelques jours à Argenteuil à l’occasion de la labellisation de la Ville comme « cité éducative », nomination que nous avons déjà évoquée sur le présent blog. Ils se sont retrouvés au collège Jean-Jacques Rousseau du Val-Notre-Dame.

         Pour les grands mots, les personnels et les élèves de ce collège ont été servis. « C'est tout un écosystème qui se met en place autour de vous, pour sécuriser votre parcours de la petite enfance à l'insertion professionnelle, en mobilisant tous les acteurs de la ville » a déclaré dans une envolée lyrique la « secrétaire d’État chargée de l'éducation prioritaire ».

Mais de quoi s’agit-il ? Il s’agirait de renforcer des projets existants comme l’aide aux devoirs ou un projet local appelé « sas pour gérer les émotions » des élèves… Mais des idées et des projets, les enseignants et les personnels de l’Éducation nationale n’en ont jamais manqué.

         En revanche, ce qui leur manque, ce sont des locaux adaptés, du personnel d’enseignement, d’encadrement, de fonctionnement, et de remplacement. Souvenons-nous du mouvement de grève dans ce collège à la rentrée 2018 pour la nomination d’un CPE en particulier !

         Quant aux locaux, la visite de ces gens-là arrivaient à bien nommé, à un moment où le collège atteint le nombre ahurissant de 600 élèves !

         Sur toutes ces questions, motus et bouche cousue, restons-en aux à-côtés et aux détails. Quant à l’essentiel, la « cité éducative » à Jean-Jacques Rousseau, à Argenteuil comme ailleurs, ce n’est ni pour aujourd’hui ni pour demain. DM