mardi 29 décembre 2020

Argenteuil, violence dangereuse des quartiers laborieux (3) : le drame de l’effondrement du mouvement ouvrier dans les quartiers populaires d’Argenteuil

 

La réimplantation des révolutionnaires communistes dans les quartiers, facteur d’information, de cohésion, d’esprit collectif


 Victor Dupouy, premier maire PCF d’Argenteuil, une personnalité emblématique  d’un drame: un militant ouvrier resté fidèle à un parti devenu stalinien

L’effondrement du mouvement ouvrier n’est pas propre à Argenteuil, mais il a marqué cette ville. Le PCF et la CGT en furent ses principales forces. Ces derniers étaient implantés dès les années 1920 dans les quartiers populaires de la Ville, en particulier dans les quartiers périphériques, tel le Mazagran de l’immigration ouvrière italienne de l’époque. C’est ce qui amena le PCF à l’occasion de la montée ouvrière à partir des années 1934 à l’emporter lors des élections municipales à Argenteuil sur les vieux notables locaux en 1935.

         Le drame de ce parti fut qu’il abandonna dix après sa fondation son programme communiste, révolutionnaire, internationaliste pour devenir un organe hexagonal des intérêts de la bureaucratie soviétique et de son chef Staline. Cela le conduisit à bien des retournements politiques, au nationalisme, à soutenir De Gaulle dans sa politique de restauration de l’État bourgeois à partir de 1943, et à l’électoralisme le plus plat. Ce fut un gigantesque gâchis dont le monde du travail ne s’est à ce jour toujours pas relevé.

         S’il fut rejoint par des individus pour les petites carrières qu’il offrait, il conserva de véritables militants qui, à défaut de jouer le rôle d’éclaireurs politiques nécessaires, furent au moins des militants qui éveillaient à la culture, à l’organisation et à la conscience collectives des milliers de jeunes et de moins jeunes, à Argenteuil comme ailleurs. Sur le présent blog, il m’est arrivé ces dernières années d’évoquer tout cela et de rendre hommage à certains militants du PCF à l’occasion de leur disparition.

         Dans les années 1970, tous les quartiers d’Argenteuil sont marqués par la présence militante du PCF. Dans la cité Joliot-Curie, L’Humanité-dimanche est vendue à la moitié des locataires. Le PCF y dispose d’une section du parti et de nombreuses cellules sur la cité. Il anime la vie festive et associative, celle en particulier de l’Amicale des locataires.

         Son influence est très importante chez les enseignants. Il organise les colonies de vacances qui brassent chaque année des milliers de jeunes. Des colons deviennent plus tard moniteurs, assurant la continuité de ce brassage entre quartiers, y diffusant des valeurs collectives.

         La création de Maisons des Jeunes et de la Culture sur la Ville, et la mise en place d’annexes de celle-ci dans différents quartiers de la Ville allèrent dans le même sens.

         Les enseignants habitent alors pour un grand nombre d’entre eux dans des « logements de fonction » construits dans les quartiers auprès des écoles. Dans la cité Joliot-Curie, quatre escaliers dans le petit bâtiment de la rue Rouquès leur sont réservés. Cela permet aux enseignants de croiser les élèves et leurs parents, d’échanger avec eux hors de l’École. Cela permet surtout aux enseignants de participer à la vie politique et associative locale.

         Tous ces éléments (et bien d’autres) aidaient à l’apprentissage d’une jeunesse qui allait trouver du travail en sortant de l’École. La société locale y pouvait partager une information sur ce qui se passait au niveau de la Ville, elle y trouvait une certaine cohésion, au-delà des parcours et des origines de chacun, elle y développait un sens important du collectif, toutes choses qui se retrouvaient renforcées au sein du monde du travail où d’autres militants y pourvoyaient.

         Tout cela mériterait une histoire locale sociale, différente de celles qui ont été rédigées. Une histoire faite d’évènements, de dates, de lieux et de personnages, mais surtout d’explications et de raisonnements de compréhension.

         Nous faisons partie de ceux, très rares, qui considèrent que ce « monde que nous avons perdu », celui d’un mouvement ouvrier de qualité militant dans les quartiers, nous pouvons le retrouver. Certes, la société a changé, mais pas sa nature. Le monde du travail reste le monde du travail avec ses gigantesques potentialités de conscience et d’action. Elle reste la seule force à l’échelle de la planète capable de changer le monde. Mais là où il y avait des circuits d’information, ils sont pour l’instant éclatés et partiels aujourd’hui. La cohésion a laissé la place à l’atomisation, à la fragmentation et aux divisions, tout comme un certain esprit collectif a laissé la place à un profond individualisme.

           Bien des choses sont donc à reconstruire.

       Il y a déjà le travail inlassable, quand on en maintient l’objectif, de reconstruction de la présence militante dans tous les quartiers. Si peu de gens s’y intéressent. Avec nos petits moyens actuels, nous sommes de ces rares.

         Et il y aura, nous en avons la conviction, des évènements généraux qui bouleverseront cette réalité grise. À nouveau, de grands combats du monde du travail le mobiliseront, et à nouveau, très rapidement, nous verrons le nombre des militants se multiplier, le moral rejaillir, et l’esprit collectif prendre le dessus sur l’individualisme, marginaliser à nouveaux nombre de problèmes, en particulier bien des violences des quartiers populaires.

A suivre. Et le rôle des parents et de la famille dans tout cela ?... DM

Argenteuil : salle des fêtes communale Jean Vilar et colonie de St Hilaire de Riez, même problème, même attaque

 

Unissons nos forces !

 



Lors du dernier conseil municipal, la création d’un collectif de défense de Saint-Hilaire de Riez était annoncée par un des groupes d’opposition du conseil municipal. Ces jours derniers, c’est une page Facebook « Sauvons La colonie de St Hilaire de riez » qui vient de l’être.

         Pour notre part, à Lutte ouvrière, le combat pour la défense de ce dernier patrimoine de colonie de vacances de la Ville d’Argenteuil rejoint complètement celui pour la défense de la salle des fêtes communale Jean Vilar.

         Dans le combat contre le projet « Cap Héloïse », il y a bien des aspects, mais celui de la défense d’une salle des fêtes communale est le cœur de notre refus. Salle des fêtes communale et colonie de vacances communale permettent le rassemblement de tous, quel que soit le quartier, quelle que soit la couche du monde du travail à laquelle, jeunes ou adultes appartiennent.

         Se retrouver ensemble en colo ou à la salle des fêtes, lors d’une initiative associative ou des centres de loisirs, débouche sur les mêmes acquis possibles : se côtoyer, connaître ce que nous partageons tous, et développer culture et esprit collectif. Plus que jamais, dans les temps difficiles qui viennent, nous aurons besoin de ces qualités.

         Face aux mêmes problématiques en jeu, les combats doivent s’unir. Il faut mettre en commun les forces de tous ceux qui se battent pour l’annulation de la vente de Saint-Hilaire, et de ceux qui depuis des années animent le combat contre le projet Cap Héloïse autour du Comité Jean-Vilar. DM

RSA, ASS, des indicateurs sous le signe de la hausse de la misère

 

Même pas le minima

 


Depuis le premier confinement, la misère fait un bond. Le nombre de personnes au RSA a augmenté de 8,5 % par rapport à octobre 2019 et pour l’ASS, perçue par les chômeurs en fin de droits, il a augmenté de 10,7 % entre mai et septembre 2020.

Devoir vivre avec quelques centaines d’euros par mois parce que l’on perdu son travail, ou que l’on n’en trouve plus, ou parce que l’on a épuisé ses droits aux allocations chômage, cela n’est pas dû au Covid-19, mais à un système d’exploiteurs qui, pour maintenir leurs profits et même les accroitre, font payer leur crise aux travailleurs.