lundi 28 décembre 2020

-Argenteuil, violence dangereuse des quartiers laborieux (2) : Argenteuil, quartiers populaires 1970-2020…

En 50 ans, l’engrenage d’une dynamique négative

 


Je suis revenu à Argenteuil en 1975. Cette année-là, je m’occupe d’un CP à l’école Paul Éluard 1 du quartier nord du Val d’Argenteuil. J’ai alors 19 élèves. Leurs parents travaillent plutôt dans des métiers qualifiés du monde du travail. Je n’ai pas souvenir d’avoir entendu alors le mot « chômeurs » à leur propos. Dans l’école, nous sommes plusieurs militants, PCF, LCR, LO… À 200 mètres de l’école, il y la librairie tenue par la famille Zalberg, une boulangerie, et le Pub d’Argent où nous allons prendre le café… Il y a des colonies de vacances, la vie associative est forte…

On peut généraliser : de faibles effectifs à l’École, des parents ayant un emploi, des militants, des commerces, du bol d’air, de l’associatif…  Voilà Argenteuil 1975. On peut multiplier cela à l’échelle de tous les quartiers de la Ville, en particulier des quartiers populaires.

Durant les décennies 1950, 1960, 1970, la délinquance existe bien évidemment. Nous qui sommes vieux en avons des souvenirs, personnels et autres. Les bandes existent. Souvenons-nous des « blousons noirs » qui, la coupe à la Presley ou à la James Dean pétaradent sur leur mobylette. Le magasin Chenmaille, boulevard Jean Allemane où mon grand-père fait le jardin marche bien.

Tout cela n’est pas nouveau, et je vous conseille de lire «  La Rage de vivre » du clarinettiste Milton Mezz-Mezzro. Dans ce récit, nous sommes en 1930, et les États-Unis montrent la voie, sur ce plan comme sur bien d’autres, en l’occurrence, sur celui des ghettos urbains.

Pour revenir aux « blousons noirs » des « Trente glorieuses », la « bande », c’est surtout bon pour le samedi-soir. Le reste du temps, les journées sont dures au travail où il n’est pas question de se la jouer avec les anciens et avec le boulot commun !

45 ans plus tard, si nous reprenons notre développement de ces années-là, quelle est la situation dans le même quartier ?

Effectifs lourds ou pas, l’École connaît une grave crise. Le quartier a été marqué par les licenciements de travailleurs non qualifiés. Nombreux sont ceux à vieillir sans avoir retrouvé du travail. Nombre de travailleurs très qualifiés du monde du travail sont partis vers d’autres espaces. Les effectifs militants ont été réduits à peu de chose dans les écoles, et ont quasiment disparu dans le quartier. La librairie, la boulangerie, le Pub d’Argent ont disparu. Les colos n’existent plus. Le réseau associatif a bien du mal à survivre.

Nous reviendrons sur d’autres aspects, mais la réduction de l’encadrement familial, scolaire, militant, associatif, dans une large dynamique cumulative, a conduit à la marginalisation d’une fraction de la jeunesse, qui se trouve l’être de plus en plus jeune. Ces éléments cumulatifs du tableau que nous avons donnés conduisent à ce que cette fraction de la jeunesse sans projet soit un creuset de délinquance, de violence, et vieillissent dans la marginalisation.

 

Oui, « Argenteuil a beaucoup changé » comme il m’arrive de le lire par exemple sur la page  Facebook « Si Argenteuil m’était conté ». Certes, mais qu’avons-nous fait pour qu’il en soit autrement, même si, pour notre part, à Lutte ouvrière, à la mesure de notre longue insignifiance, nous avons tenu bon, au moins pour continuer à affirmer que de ces quartiers populaires comme des entreprises viendraient à nouveau la conscience et la force pour changer le monde. DM

À suivre : le drame de l’effondrement du mouvement ouvrier dans les quartiers populaires d’Argenteuil


dimanche 27 décembre 2020

ONET-Hôpital de Valenciennes : les grévistes on fait reculer la direction !

 

Strike investigation

Après une semaine de grève déterminée, en plus du scandale des conditions de travail et d’hygiène révélés par la télévision, la direction a été contrainte de céder en partie sur les revendications des agents : augmentation de la prime, embauche d’un tiers des CDD, plus de temps pour faire les chambres...

Les patrons ont dû réactiver les badges des grévistes qu'ils avaient désactivés pour les empêcher de sortir de l'hôpital ou d'y accéder.

C'est un recul important dans un bras de fer général qui dure depuis des années. Les travailleurs sont conscients que la bataille n'est pas finie mais c'est un exemple qui pourrait faire des émules parmi les centaines de milliers de travailleurs du groupe ONET et espérons le plus largement. Seule la lutte paye !

 

Avec la nouvelle interface de Blogspot, malgré mes paramètres, mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM

Décès d’un aide-soignant du Covid à l’hôpital Ed. Herriot – Lyon. Inacceptable !

 

Faire la peau à ce système avant qu’il ait la nôtre

 

"Non aux sous-effectifs" !

Un rassemblement devant l'hôpital E; Herriot en 2017

Ce que bien des soignants redoutaient vient de se produire : un aide-soignant vient de décéder du COVID. Ce décès a profondément choqué et mis en colère le personnel car on a vu la direction lors de la deuxième vague mettre patients COVID + et - dans les mêmes services et les personnels être baladés d’un service à l’autre en fonction des besoins. Des clusters sont apparus, avec des contaminations entre patients et soignants et vice-versa.

Une enquête faite sur la première vague révèle que 95% des soignants contaminés l’ont été en service. Qu’a fait le gouvernement pour y remédier ? Rien ! Pas même reconnaître les soignants contaminés en maladie professionnelle, alors que beaucoup plus d’entre eux ont été contaminés avec la deuxième vague.

L’abandon de l’hôpital, une situation qui n’a que trop duré

Police : les preuves d’amour du gouvernement

 Police : les preuves d’amour du gouvernement

22 Décembre 2020

Les syndicats de police ont été reçus le 18 décembre par le ministre de l’Intérieur Darmanin. Cherchant à répondre au mouvement de protestation qui agite une partie de la police depuis plusieurs semaines, il a confirmé la mise en œuvre de mesures promises en décembre.

Des actions de policiers se sont en effet multipliées après l’interview de Macron au média Brut le 4 décembre où, reconnaissant que les contrôles au faciès sont une réalité, il les a qualifiés d’« insoutenables ». Des policiers se sont livrés à des contrôles systématiques de voitures à Melun, Marseille ou Dijon, quitte à provoquer des embouteillages. Dans d’autres villes, ils ont au contraire mené une grève du contrôle. Des manifestations nocturnes de policiers ont eu lieu devant l’Arc de triomphe, devant le palais de justice de Tours, ou devant le domicile de la maire de Rennes. En Isère, des demandes de rupture conventionnelle ont été déposées par une partie des agents.

En annonçant la tenue d’un « Beauvau de la sécurité » en janvier, le gouvernement avait déjà fait un geste en direction des syndicats de policiers. Mais ceux-ci voulaient sans attendre pouvoir présenter à leurs adhérents des mesures concrètes. Le gouvernement a donc annoncé la prise en charge de la complémentaire santé, la gratuité du transport domicile-travail et la création d’un « observatoire de la réponse pénale aux faits commis contre les forces de l’ordre ». Le syndicat Alliance, majoritaire dans la police, s’en est félicité, en clamant : « Le rapport de force a payé.»

L’avenir dira si ces mesures suffiront à calmer les policiers. En tout cas, l’attitude de Darmanin ne peut que les encourager à se sentir tout permis. Le gouvernement en est tout à fait conscient, mais contre la population il a trop besoin de pouvoir utiliser la politique de la matraque pour se mettre à dos ceux qui la manient.

                                                     Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°2734)