vendredi 18 décembre 2020

Argenteuil, associations, épidémie ou pas, vive le travail des associations locales

 

Une utilité sociale plus que jamais nécessaire dans une période difficile

Un forum des associations à Argenteuil

Loin de l’intention affichée, les associations locales ont été bien seules face à leurs difficultés, par l’État dont on n’en attendait pas plus, mais aussi par la municipalité, et cela depuis le premier confinement.

         Non seulement leurs activités sont au repos, mais même les encouragements moraux de la collectivité n’ont pas été au rendez-vous.

         Ainsi pour se réunir, en tenant compte des contraintes, il était possible d’offrir aux associations des possibilités de se retrouver, pour tenir par exemple des permanences ou des réunions de bureaux élargies.

         Il était possible de laisser une place importante des associations sur le site internet, voire dans l’hebdomadaire.

         Il était surtout nécessaire de leur propose de les rencontrer pour échanger sur leurs problèmes, établir leurs besoins, en direct ou via internet, et voir comment chacun envisageait cet avenir incertain.

         Nous avons rappelé dernièrement l’absence totale de la municipalité au moment du téléthon.

         Nous disons tout cela, d’autant plus que, malgré les difficultés, des associations maintiennent comme elles le peuvent leur vie associative et continuent à réfléchir aux différents scenarii pour l’avenir.

         Bravo à elles. À elles qui jouent un rôle déterminant. À elle dont la société va avoir grandement besoin dans les temps qui viennent.

         Ouvertes vers l’ensemble de la population, elles sont aussi une nécessité dans les temps difficiles pour leurs adhérents, en leur offrant un cadre collectif diffusant baume, chaleur et fraternité. DM

jeudi 17 décembre 2020

Politique gouvernementale face au « Covid-19 : les vagues se suivent et se ressemblent ». Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître

 

Covid-19 : les vagues se suivent et se ressemblent

16 Décembre 2020

Le nombre de nouveaux malades du Covid reste nettement supérieur à 5 000 par jour. Faute de moyens réels pour combattre les conséquences de l’épidémie, le gouvernement maintient la panoplie de mesures coercitives qui toutes ont comme point commun de désigner les individus comme responsables de l’épidémie. Les théâtres, cinémas, restaurants, etc. restent fermés.

 


L’assouplissement annoncé pour le 15 décembre n’assouplira donc pas grand-chose, même si personne ne sera fâché de ne plus avoir à se préoccuper des attestations. Le couvre-feu à 20 heures limitera le droit à se déplacer aux seules nécessités vitales et, bien sûr, au droit d’aller au travail. Le couvre-feu peut même rendre les choses plus contraignantes qu’avant entre 20 h et 6 h, puisqu’on ne peut plus quitter son domicile à moins d’aller à la pharmacie de garde, au travail ou promener son chien, si tant est qu’on en ait un. Les déplacements sont tout de même réautorisés pour les vacances scolaires, et le gouvernement ne laissera pas passer l’occasion de désigner la population comme responsable en cas de nouveau pic épidémique. Castex a convié le ministre de l’Intérieur Darmanin à la conférence de presse du 10 décembre, afin de bien insister sur les aspects répressifs.

Pendant ce temps-là l’irresponsabilité des gouvernants, elle, ne faiblit pas. Dernier épisode en date : Véran a été pris en flagrant délit de mensonge par des médecins en quête des 800 nouveaux lits durables de réanimation promis au seuil de la ­deuxième vague. Le ministère vient de reconnaître qu’il s’agit en fait de lits durables… le temps de la crise. Un responsable a même déclaré à France info que les services du ministère auraient dû se douter que tout le monde ne comprendrait pas « la notion de durabilité » !

Les lits de réanimation ne sont pas durables, mais le flot d’insanités qu’on aura entendu pour justifier la politique du gouvernement, lui, est inépuisable.

                                                                    Sacha Kami (Lutte ouvrière n°2733)

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Service civique : plus précaire et moins payé

 

Service civique : plus précaire et moins payé

16 Décembre 2020

L’émission Cash Investigation diffusée jeudi 10 décembre a illustré comment le service civique est utilisé comme une nouvelle forme d’emploi précaire et sous-payé, ne permettant même pas d’obtenir l’ouverture de droits au chômage.

Un des jeunbes interviewés a effectué un service civique à Pôle emploi et y a rempli en fait les fonctions d’un conseiller en agence pour 580 euros net par mois, dont 473 euros payés par l’État. Son cas n’a certainement rien d’exceptionnel : en 2019, 5 000 personnes ont été recrutées avec ce statut à Pôle emploi, soit plus de 9 % des effectifs. De même, une journaliste ayant postulé pour un service civique dans une sous-préfecture a remplacé un fonctionnaire en arrêt maladie et un contractuel.

Créé en 2010 par Sarkozy et destiné aux jeunes de 16 à 25 ans – jusqu’à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap – d’une durée d’au moins vingt-quatre heures par semaine pendant six à douze mois, le bénéfice du service civique était à l’origine exclusivement réservé aux associations. En 2015, Hollande a permis aux organismes publics d’y avoir recours, accélérant fortement son développement. En 2019, plus de 140 000 jeunes ont effectué un service civique.

Ses promoteurs présentaient ce dispositif comme un moyen de développer au sein de la jeunesse l’esprit d’engagement au profit de la collectivité et il n’était pas du tout question, assuraient-ils, qu’il serve à combler des postes vacants ou à remplacer des salariés absents. Cet engagement n’a bien sûr pas été respecté, d’autant que les contrôles sont quasiment inexistants. Alors que le gouvernement réduisait le financement des associations et supprimait des emplois dans toutes les administrations publiques, le service civique est apparu de plus en plus comme un moyen de pallier le manque de moyens et le sous-effectif.

L’exemple d’un recours à grande échelle à ce nouveau type d’emploi précaire a été donné par le gouvernement lui-même. Lors de son interview du 14 Juillet, Macron a annoncé la création de 100 000 places supplémentaires d’ici à la fin 2021, soit un quasi-doublement des bénéficiaires annuels. Le 1er décembre, la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Sarah El Haïry, a annoncé le recrutement de 10 000 jeunes pour s’occuper des personnes âgées, dans les Ehpad ou dans le cadre de l’aide à domicile.

Au début de son quinquennat, Macron avait supprimé 150 000 emplois aidés, sous prétexte qu’ils ne débouchaient pas sur des emplois durables. Une façon révoltante de justifier un vaste plan de licenciements ! Mais comme ces dizaines de milliers de personnes remplissaient des fonctions indispensables dans de nombreuses collectivités publiques, le gouvernement va remplacer des emplois précaires, mais tout de même payés au smic horaire, par des emplois encore plus précaires et moins payés !

                                                              Marc RÉMY (Lutte ouvrière n°2733)