samedi 28 novembre 2020

Loi scandaleuse, la loi de « sécurité globale »

 

 Un communiqué de Lutte ouvrière

Non à la loi sécurité globale !

Communiqué

26/11/2020

Lutte ouvrière s'associe à la dénonciation de la loi sécurité globale et appelle à participer aux différentes initiatives, manifestations, rassemblements organisés dans le pays. À Paris, un rassemblement est organisé samedi 28 novembre, place de la République à 14h.

 

Finalement, ce sera une manifestation, de République à Bastille, à Paris

RDV 14 heures

 

Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine

 

Sécurité globale : une loi scandaleuse

25 Novembre 2020

De nombreux manifestants, jusqu’à 10 000 personnes à Paris, ont protesté samedi 21 novembre contre l’article 24 de la loi dite Sécurité globale, votée la veille à l’Assemblée nationale.

 


Cet article prévoit de punir d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser des images d’un policier ou d’un militaire « dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ». Il a été voté à 146 voix pour et 24 contre, avec les voix de la droite et de l’extrême droite.

Dès la présentation du projet de loi, les syndicats de journalistes et la Ligue des droits de l’homme se sont élevés contre cette limitation de la liberté de la presse et du droit de tout un chacun de filmer les violences policières. Les policiers en revanche n’ont même pas attendu qu’elle soit votée pour l’appliquer à leur façon.

Ainsi, mardi 14 novembre, un premier rassemblement a eu lieu à Paris, près de l’Assemblée nationale. Quand des manifestants ont refusé de se disperser, les policiers ont répliqué en utilisant un canon à eau et des gaz lacrymogènes et, refusant d’être filmés, ils ont fini par arrêter deux journalistes, dont l’un de France 3, et par les retenir vingt heures en garde à vue.

Face aux protestations des journalistes, Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a de nouveau volé au secours des policiers. Le ministre a déclaré que, si les journalistes couvraient des manifestations, ils devaient « se rapprocher des autorités » afin de « se signaler, pour être protégés par les forces de l’ordre », provoquant un tollé dans le monde du journalisme et dans le monde politique. Même le conseil des droits de l’homme de l’ONU a estimé que la loi de Sécurité globale comportait des atteintes importantes aux libertés fondamentales.

Pour tenir compte du mécontentement qui s’exprimait, y compris parmi les députés de la majorité gouvernementale, il a été rajouté dans l’article 24 qu’il ne devrait pas créer un « préjudice au droit d’informer ». Cela ne change rien à l’esprit du texte, qui permettra de s’en prendre plus facilement aux journalistes et, plus largement, à tous ceux qui voudraient rendre compte des violences policières. Ce sont des vidéo-amateurs qui ont dénoncé le meurtre de Cédric Chouviat, les violences de Benalla ou de bien d’autres. Et c’est ce contrôle par les images que ne supportent pas les policiers qui veulent pouvoir exercer leur violence en toute impunité.

Les manifestations qui se sont produites à l’annonce de cette loi montrent que beaucoup, dans le pays, n’ont pas l’intention de se laisser intimider ainsi. Il est à souhaiter qu’elles continuent. Lutte ouvrière affirme sa solidarité avec tous ceux qui manifesteront dans les jours qui viennent pour protester contre cette loi scandaleuse.

                                                           Aline URBAIN (Lutte ouvrière n°2730)

 

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Violences policières, une sale habitude encouragée

 

Macron, Darmanin et consorts se prennent les pieds dans le tapis. Ils l’ont bien cherché !

 


À Paris, un homme noir a été passé à tabac par trois policiers, les coups étant accompagnés d’un flot d’insultes racistes. Arrêté, accusé de rébellion, il aurait pu rester emprisonné. Heureusement, la scène de son agression avait été filmée par une caméra de surveillance, ce qui a permis de rétablir la vérité.

         Ce scandale survient au moment où trois autres policiers ont été renvoyés devant les assises pour avoir, en 2017, frappé et mutilé Théo à Aulnay-sous-Bois, et là aussi, le film d’une caméra de surveillance avait complètement contredit la version des policiers. Au moment aussi où, Place de la République à Paris, on a pu voir la police matraquer brutalement un rassemblement de migrants.

         Manque de chance pour le gouvernement et sa majorité au moment où ils voulaient faire voter une loi visant à interdire de filmer les policiers en action et de diffuser ces images... A vouloir flatter de façon éhontée leurs pandores, Macron, Darmanin et consorts se prennent les pieds dans le tapis. Ils l’ont bien cherché !

 

Un témoignage sur les agissements scandaleux. de policiers suite au rassemblement de lundi dernier. Tellement révélateur.

 

25 Novembre 2020

« Suite au rassemblement contre la loi Sécurité globale devant l’Assemblée nationale mardi 17 novembre, j’ai passé 21 heures en garde à vue avec ma fille et beaucoup d’autres personnes interpellées.

Arrêtée par la BRAV-M (Brigade de répression de l’action violente-motorisée), puis amenée dans un commissariat, j’ai été contrainte de tout leur donner : empreintes, codes de téléphone (qu’ils fouillent ), photos de profil et de face, photos de mes tatouages, adresse détaillée, coordonnées de mon employeur...

Privée de liberté, une torture que j’ai pu expérimenter pendant 21 heures en tout, dont 18 heures dans une cellule où l’on n’ose rien toucher au début, puis on laisse tomber l’hygiène, à 7 dans 9 m² (même masque, pas de gel, risque Covid intégral, c’est à se demander si le Covid n’est pas un fake, tellement ils s’en foutent). Sans mes lunettes, qu’on nous enlève, je ne voyais rien. Et encore j’ai eu de la chance, mes compagnes de la garde à vue étaient très sympas et propres. Dans une autre cellule, un petit jeune avec un fou violent a vécu un enfer. C’était absolument intolérable. Il n’y avait plus une seule place dans les commissariats de Paris, ils ont raflé un maximum d’esprits libres...

Nous les filles, nous nous sommes soutenues à tour de rôle, quand on craquait. J’ai pensé tout le temps aux animaux privés de liberté toute leur vie, où l’on est dépendant du gardien pour ses besoins fondamentaux, selon le degré de sympathie du gardien : certains vraiment adorables, d’autres de belles enflures. Ils ont le pouvoir même sur ça. On n’est plus rien, c’est l’horreur totale.

Accusée de choses fausses (avec ma fille nous rentrions réellement chez nous, et il n’était pas encore 21 heures), sans preuves et sans raison valable, on me signifie un rappel à la loi, décidé et signé par un procureur de la République, sans même l’avoir rencontré et sans pouvoir se défendre, avec six ans de mise à l’épreuve ! C’est cela l’État de droit dont ils nous gargarisent les oreilles ! »

                                              M.M, une lectrice (rubrique « Nos lecteurs écrivent », Lutte ouvrière n°2730)