mardi 16 juin 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 15juin 2020


Crise sociale et Économique : aux capitalistes de payer, pas aux travailleurs !

Réouverture des cafés et restaurants partout ; libre circulation en Europe ; retour dans les écoles… Dimanche soir, Macron, en pleine autosatisfaction, a annoncé un semblant de normalisation. Mais la période qui vient ne sera pas un retour à la normale.
La crise économique est là, et elle est sans précédent. L’activité de nombreux secteurs s’est effondrée. Renflouer les grandes entreprises de l’automobile, de l’aérien et de l’aéronautique, du tourisme, verser les pensions de retraites, les indemnités chômage, assurer les transports publics… tout cela se fait au prix d’un endettement colossal auprès des financiers.
La crise sanitaire a fait basculer dans le dénuement et le chômage total les salariés vivant de contrats précaires. Elle a donné le coup de grâce aux commerces qui arrivaient tout juste à surnager dans cette économie de requins.
Même ce qui semblait, jusqu’ici, stable et assuré est devenu incertain et source d’angoisse pour le monde du travail. Renault, Airbus, Bombardier, Vivarte, Hutchinson et bien d’autres suppriment des emplois par milliers. Le fait d’avoir un CDI et de travailler dans une grande entreprise n’est plus une protection. Le salaire que l’on croyait acquis est remis en cause par le chômage partiel, la suppression de primes ou par des chantages à l’emploi baptisés « accords de performance ». 
Autre droit en voie de disparition : les cinq semaines de congés payés. Elles n’existaient vraiment que pour ceux en emploi stable, eh bien, cette année, elles ont disparu pour presque tout le monde ! Pendant le confinement, le grand patronat a en effet volé des jours, voire une semaine de congés à des millions de salariés.
La grande bourgeoisie est prête à tout pour préserver ses cours boursiers et ses profits, et ce ne sont pas les idées qui lui manquent !
Tavares, le PDG du groupe PSA, envisage, par exemple, de faire venir des ouvriers de Pologne et d’Espagne pour travailler en équipe de nuit dans l’usine PSA d’Hordain dans le Nord. L’idée étant de pouvoir faire l’inverse en cas de besoin, c’est-à-dire de prêter des ouvriers français aux usines polonaises ou espagnoles. Il veut transformer les ouvriers de son groupe en nomades de l’industrie, censés travailler un mois dans une usine, un mois dans une autre même si elle est à l’autre bout du pays, voire à l’autre bout de l’Europe.
Une vie de pions, déplacés, vendus, jetés au gré des besoins d’une minorité richissime ; une vie vouée au labeur et à l’exploitation : voilà l’avenir que le grand patronat nous réserve !
Non, nous ne retrouverons pas le train-train d’avant le Covid-19, si tant est que l’on puisse parler ainsi pour ceux qui se démènent, au jour le jour, pour joindre les deux bouts. Nous entrons dans une période de crises sociales et politiques d’ampleur parce que la bourgeoisie s’est lancée dans une offensive féroce contre le monde du travail.
La situation a déjà atteint, pour beaucoup, les limites du supportable, on le voit avec les manifestations de la jeunesse contre le racisme et les violences policières, comme on l’avait vu avec les Gilets jaunes et la mobilisation contre la réforme des retraites. Ces mouvements de colère n’ont rien du coup de tonnerre dans un ciel serein. La société se fissure et se décompose depuis des décennies sous les effets du chômage de masse, des inégalités et des injustices. Tout se délite.
Même le pilier de cet ordre social injuste et inégalitaire qu’est la police rue dans les brancards ! Parce que les mercenaires de la bourgeoisie sont non seulement envoyés faire le sale boulot, mais ils sont eux-mêmes victimes de salaires et de conditions de travail indignes.
Alors oui, la situation est grave, mais le monde du travail a les moyens de la changer s’il conteste la dictature des actionnaires et des financiers.
Mardi 16 juin, les hospitaliers seront dans la rue pour dire leur colère : en 25 ans, l’État a supprimé 100 000 lits, et après l’épreuve qu’ils ont traversée, il ne leur offre que des médailles et une promesse de défilé, mais ni postes, ni lits, ni augmentations de salaire. Eh bien, il faut se mobiliser avec eux, le plus nombreux possible, car il ne s’agit pas d’intérêts catégoriels, mais de protester contre cette société où l’argent qui devrait aller à la santé, va aux financiers !
Les travailleurs ont un rôle essentiel à jouer dans la période. Il s’agit non seulement de sauver leurs conditions d’existence, mais aussi d’offrir une issue aux protestations actuelles.
C’est la domination de la bourgeoisie qui perpétue les injustices et oppressions raciales ou sociales. Seule la lutte des travailleurs, s’ils vont jusqu’au bout dans la défense de leurs intérêts d’exploités, peut la remettre en cause.

Argenteuil, hôpitaux, Ehpad, aux côtés des personnels soignants, de midi à 14 heures à l’entrée de l’hôpital Victor Dupouy


Pour financer l’hôpital, il faut faire payer le capital !




Des manifestations ou des rassemblements ont lieu dans tout le pays, aujourd’hui mardi, pour rappeler ce qu’exigent les travailleurs de la santé : des hausses de salaire et des embauches immédiates.
     Des salariés d’autres secteurs se joindront à ceux de la santé.
    Lutte ouvrière appelle à participer à ces initiatives À Argenteuil, le rassemblement est prévu de midi à 14 heures, à l’entrée de l’hôpital Victor Dupouy.

Crise, chômage, misère : l’avenir qu’ils nous préparent


Automobile

Oui, comment en finir une bonne fois pour toute

 

Une cinquantaine de travailleurs d’une usine Opel de Pologne ont été mutés temporairement par PSA à l’usine de Metz-Borny. Le groupe Opel a été racheté par PSA qui veut maintenant pouvoir disposer des travailleurs comme bon lui semble.
         C’est ce qui nous attend tous. Les patrons veulent nous ramener des dizaines d’années en arrière, corvéables à merci. Aujourd’hui, ils envoient des polonais à 1 200 km de chez eux, demain ils enverront les travailleurs de Metz à l’autre bout de l’Europe.
         Il faut renverser le capitalisme si nous ne voulons pas le laisser renverser nos vies.

Marre du manque d’effectifs

Correspondance d’hier lundi



« À Renault Cléon ce matin, Arrêt de travail au montage du moteur R9. Marre du manque d’effectif ! Ras le bol des cadences ! Collectivement nous sommes allés voir la direction pour exiger de l’embauche ! »

Police : un appareil dévoué à la bourgeoisie et protégé par les gouvernements


L’État a trop besoin de réprimer ceux qui contestent la société...

Hommes bien armés face à Gilets jaunes désarmés

En réponse aux manifestations massives contre les violences de la police, le ministre de l’Intérieur, Castaner, avait fini par dire que les policiers ne devaient plus étrangler ni proférer d’insultes racistes.
     Il a suffi de ce timide rappel de la loi et du bon sens pour que certains policiers se mettent à hurler et à manifester dans la rue. À Paris, ils ont ainsi pu aller à l’Arc de Triomphe, le même jour où la préfecture interdisait, puis bloquait les manifestants qui dénonçaient le racisme de cette police.
     Le dirigeant d’un syndicat de commissaires, qui relevait dans la presse « qu’avec la crise des Gilets jaunes… le président et le gouvernement ont eu besoin de nous », a prédit que ce serait encore plus le cas désormais, « vu la crise économique et sociale qui s’annonce ».
     En clair, l’État a trop besoin de réprimer ceux qui contestent la société capitaliste et ses méfaits pour ne pas donner carte blanche à sa police. Y compris en couvrant ses « bavures » racistes et autres.     

Municipalités, décentralisation… et intervention de Macron


Le rêve de Macron : Ah si l’État pouvait se défausser un peu plus…

 
Les notables de "Boucle Nord" ! Vous les connaissez ? Eux en redemandent de la gestion incontrôlée.

Lors de son allocution d’avant-hier, Macron a évoqué la possibilité d’un nouvel élargissement de la décentralisation, parlant de donner davantage «de libertés et de responsabilités à ceux qui agissent au plus près de nos vies ».
         Ces gens-là nous disent que la décentralisation rapproche le pouvoir de la population. Certes les communes sont plus près de la vie des habitants, y compris pour les plus importantes, mais cela ne les rend pas plus « démocratiques » pour autant.  Et de loin, car qu’elles se prennent à Paris, à la préfecture de région, à celle du département, ou dans le cabinet du maire dans les grandes villes, les décisions se décident très loin de la population et de ses avis.
         Cette intention affichée par Macron plaira sans doute à tous les notables avides de voir élargir leur domaine de gestion et de compétences. En revanche, elle sonne comme un avertissement dans le sens de davantage encore de défaussement de l’État, en particulier financier, pour assurer des services publics utiles pourtant à tous. Une tendance de cette décentralisation depuis des décennies, et qui n’a fait qu’aggraver la situation de ces services et leur inégalité selon les territoires.

lundi 15 juin 2020

Emplois : travailleurs polonais, espagnols, allemands, français... défendons ensemble nos intérêts communs


Pas de concurrence entre tous les travailleurs !


Après avoir annoncé la venue à PSA Hordain d’ouvriers de l’usine Opel de Pologne, alors que des centaines d’intérimaires ne sont pas repris, la direction de PSA a semblé reculer à la demande du gouvernement, puis décidé de n’en faire venir qu’une partie…
         La direction de PSA avait déjà imposé le transfert d’ouvriers entre ses différentes usines en France… au « volontariat » dit-elle ! Comme pour les ouvriers de Giliwice en Pologne, on sait que ce « volontariat » est bien souvent le résultat du chantage à l’emploi. En plus, les ouvriers venant de Pologne toucheraient un salaire inférieur à celui des ouvriers de PSA France…
         La direction de PSA compte retirer un bénéfice de ces transferts pour augmenter encore la richesse des actionnaires.
         En plus, avec l’organisation d’une concurrence exacerbée entre travailleurs de statuts différents CDI-CDD-Intérim et entre travailleurs de nationalités différentes, elle compte affaiblir la résistance des travailleurs.
         C’est pour cela que les travailleurs doivent s’unir malgré les différences de statuts, de langues, de nationalités, pour s’engager à faire reculer les patrons.
         Sinon la logique du capitalisme, c’est de pousser les travailleurs vers la misère, de revenir 100 ou 150 ans en arrière !
         Il faudra se défendre ensemble pour imposer qu’il n’y ait pas de discrimination salariale, avec le salaire le plus élevé. Il faudra imposer le partage du travail et la réduction des cadences pour empêcher l’explosion du chômage.
          Et finalement quand les travailleurs redeviendront forts ensemble, il faudra se débarrasser du capitalisme car au-delà du chômage et de la misère, le capitalisme nous conduit à la guerre.
            Non au nationalisme, oui à l’internationalisme !



Licenciements : le grand patronat, fabricant de chômeurs



Licenciements : le grand patronat, fabricant de chômeurs
10 Juin 2020
La liste des grands groupes licencieurs s’allonge tous les jours. C’est le cas dans le secteur de la distribution comme chez Alinéa, Naf Naf, La Halle ou Conforama, dans celui du tourisme avec TUI France. Engie, le fournisseur de gaz et d’électricité, veut se séparer de 15 000 de ses salariés dans le monde dont 9 000 en France.
Dans les médias, le groupe Altice (BFMTV, RMC...) veut tailler dans le vif et diminuer de 1 500 le nombre de ses salariés. Le journal Paris Normandie est en cessation d’activité et les 216 salariés sont sur le carreau. Les milliards du gouvernement versés au secteur de l’automobile ne visent que les actionnaires, puisque Renault confirme son plan de suppressions de milliers d’emplois. C’est la même chose dans l’aéronautique où Daher a déjà programmé 3 000 suppressions de postes, Derichebourg Aeronautics, 700 licenciements, sans compter les 10 000 à 13 000 suppressions d’emplois annoncées chez Airbus.
La sucrerie de Toury en Eure-et-Loir, qui appartient depuis 2011 à Cristal Union, deuxième groupe sucrier de France, vient de fermer ses portes en jetant à la porte les 128 salariés. Pourtant, ces dernières semaines, cette usine a produit non seulement du sucre, mais aussi de l’alcool pour les gels hydro-alcooliques, et ses salariés étaient qualifiés d’indispensables durant l’épidémie.
Tous les journaux économiques et jusqu’au ministre de l’Économie lui-même annoncent une nouvelle vague de faillites et des centaines de milliers de licenciements après la fin du chômage partiel, et pas seulement dans les milliers de petites structures des secteurs de l’hôtellerie, du tourisme ou de la restauration. De même, la Banque de France pronostique pour 2021 un taux de chômage au-dessus des records historiques.
En fait, la vague est déjà là. Le non-renouvellement des CDD, la baisse des contrats d’intérim ou leur interruption, le blocage des embauches dans la majorité des entreprises ont déjà fait dégringoler les chiffres de l’emploi, puisqu’il y a eu au mois d’avril 843 000 nouveaux chômeurs de catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité.
Au moment même où la société a besoin de tout le monde après la crise épidémique, partager le travail entre tous, en garantissant un salaire convenable à chacun, est une idée simple et efficace. À condition de l’imposer aux capitalistes fabricants de chômeurs.
                                                     Bertrand GORDES (Lutte ouvrière n°2706)

Hôpital d’Argenteuil, Ehpad, un rassemblement de 12 à 14 heures mardi 16 juin !


Pour les personnels soignants et la santé, prendre sur les milliards des dividendes

Le 16 juin, mardi prochain, retrouvons-nous très nombreux de midi à 14 heures devant l’hôpital d’Argenteuil. Au-delà de l’occasion qui nous est donnée de manifester notre solidarité active avec les personnels de santé, il s’agira aussi lors de ce rassemblement de discuter de la situation générale actuelle.
         Si les travailleurs hospitaliers et la population qui a besoin de se faire soigner veulent que les salaires augmentent significativement à l’hôpital, que des lits ne soient plus fermés et que des embauches massives soient réalisées pour soigner dignement les malades et les personnes âgées des Ehpad, il faudra imposer que l’on prenne sur les milliards versés en dividendes aux gros actionnaires du Cac 40 et à quelques autres. C’est une exigence qu’il faudra faire entendre haut et fort, le 16 juin et au-delà.