jeudi 7 mai 2020

Personnels de santé : la « première ligne » déguste… et pas seulement des effets du virus


L’illustration des conséquences de pénuries criantes



Une enquête menée par la CGT auprès de ses syndicats de la santé révèle que près de 12 000 membres du personnel de santé ont été infectées par le Covid 19 fin avril, un taux onze fois supérieur à celui de la population en général, et quatre fois plus important que trois semaines plus tôt.
         Mais, plus significatif et plus révoltant, des personnes infectées ont dû venir travailler sous la pression de leurs directions. D’autres étaient incités à retravailler au bout de cinq jours d’arrêt, à peine guéris. Et 83 % des personnels interrogés ont déclaré manquer de matériel de protection individuelle.
         Des chiffres qui illustrent les conséquences des pénuries criantes de personnel et de moyens dans la santé. Un bilan accablant de la politique des gouvernements successifs.

Argenteuil, quand Georges Mothron se fait mousser


Le 18 certes, mais rien n’est réglé

Georges Mothron vient de donner son accord pour rouvrir les écoles maternelles et élémentaires de la Ville le lundi 18 mai. Son côté gauche lui disait que cela est bien prématuré, quand son côté droit lui indiquait avec détermination que cela serait bien pour lui de faire un geste à l’égard de Macron qui veut que le processus de reprise s’engage réellement et qui mobilise du haut en bas l’appareil d’État pour militer pour cela. Alors en donnant une date, même reculée d’une semaine par rapport au 11, il donne tout de même satisfaction à Macron, en coupant la poire en deux, en lui donnant la plus grosse part, alors que sur le fond rien n’est réglé, et que tous les acteurs de l’École demeurent très inquiets.



M comme Georges, M comme Mousse


Certes, la catastrophe de l’impéritie gouvernementale n’est pas à mettre sur le dos du maire d’Argenteuil. Bien sûr, il n’a pas dénoncé la situation des hôpitaux lorsque les gouvernements successifs ont attaqué frontalement le système hospitalier…
         Mais localement, face à la situation vécue par les habitants, l’action municipale a été celle du « service minimum ». Et la réalisation et la distribution des masques par la Ville prévue à partir d’aujourd’hui en est une illustration.
         Il y a un plan sur lequel la municipalité sans gros effort pouvait faire bien plus, celui de l’information des habitants, en particulier de ceux qui n’utilisent pas internet, qui ont subir la crise dans l’isolement. Et ce que nous allons dire répète seulement ce que nous avons déjà reproché à la municipalité.
         Les masques. UN masque va donc arriver. Il va arriver un peu après la bataille alors que la grande distribution vient de sortir les siens à millions. Mais passons, nous dirons que cela partait d’une bonne intention…
         Mais pour ce masque, une seconde « lettre du maire » et un plan distribués partout, donnant la preuve qu’il était possible d’imprimer un 4 pages de la pandémie, distribué chaque semaine, et s’adressant en particulier aux anciens, avec quelques informations locales, mais aussi des informations sanitaires, ludiques, évoquant les possibilités offertes durant le confinement par la télévision, rassurant, encourageant…
         Oui, ce que l’on peut reprocher à toute cette affaire de ce masque municipal, c’est de n’avoir visé qu’à faire de la mousse, de la mousse, et encore de la mousse.
         Cela sert peut-être à la veille d’élections, prochaines, ou sans doute plus lointaines. Oui à la manière d’un ancien candidat qui disait : « Une main serrée= une voix ». Ce coup-là, est-ce « un masque une voix » ?
         Vraiment de la mousse. Il paraît même qu’il a fait venir la télévision, des fois que son humanité serait passée inaperçue. DM

Argenteuil : une attaque imbécile et criminelle contre un campement « Rom »


Travailleurs sans papiers : des soins si nécessaires certes, mais surtout le droit de circuler, des papiers, la régularisation…


Des papiers pour tous !



La situation de nos frères « sans papier » pose un problème de santé publique pour le gouvernement. Certains découvrent que la santé de tous ne peut pas faire le tri entre la santé des uns et la santé des autres. Dans la période cruciale actuelle, le gouvernement voudrait bien qu’il n’y ait personne qui échappe aux soins nécessités par l’épidémie. L’Aide Médicale d’État qu’il pensait remettre en question il y a quelque temps est plus que jamais aujourd’hui nécessaires pour que les personnes en situation « irrégulière » qui seraient malades soient diagnostiquées et soignées. Les autorités diffusent en conséquence l’information que l’AME est là et bien là pour cela. Nous avons reçu une demande d’en informer les lecteurs de notre blog « lo argenteuil ». Qu’ils la diffusent à leur tour, cela peut être très utile. Mais n’oublions pas qu’il faut que tous ces travailleurs soient régularisés.
         Après cette introduction, c’est bien volontiers que nous postons le message que nous avons reçu. DM

Madame, Monsieur,

Tout d'abord, dans le contexte actuel de confinement que nous vivons tous, nous espérons que vous allez bien.

D’autre part, je vous contacte car le gouvernement, dans son ordonnance du 25 mars dernier, a prolongé les droits à l’Aide Médicale de l'Etat (AME) de 3 mois pour les bénéficiaires ayant leur droit arrivant à expiration entre le 12 mars et le 31 juillet.

Je vous invite donc à faire apparaître sur votre site lo-argenteuil.blogspot.com les informations suivantes :

En raison de la crise du Covid19, le gouvernement a pris la décision, dans son ordonnance du 25 mars, de prolonger les droits à l’AME de 3 mois pour les bénéficiaires ayant leur droit arrivant à expiration entre le 26 mars et le 31 juillet.

Qu’est ce que l’AME ?

L'AME (Aide Médicale de l’Etat) est un dispositif gratuit permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d'un accès aux soins. Elle est attribuée sous conditions de résidence stable et de ressources. Une fois attribuée, l'AME est accordée pour 1 an. Le renouvellement doit être demandé chaque année.

L’AME permet une prise en charge à 100% des frais médicaux, sans avoir besoin d’avancer les frais. Les personnes à la charge d’un bénéficiaire de l’AME sont également couverts à 100%, de même que les mineurs qui le sont dans tous les cas.

Pour pouvoir prétendre à l’AME, plusieurs conditions sont nécessaires :

·  Vous ne devez pas avoir de titre de séjour, ni de document attestant que vous êtes en train de faire des démarches pour en obtenir.
·  Vous devez résider en France depuis au moins 3 mois consécutifs.

·  Vos ressources ne doivent pas dépasser un certain plafond.

Après vous êtes assuré de votre éligibilité, vous pouvez obtenir l’AME en remplissant le formulaire cerfa n°11573*06. Il faudra ensuite le déposer ou l’envoyer à votre caisse d’assurance maladie (CPAM). Cependant, du fait du covid19 et du confinement, les nouvelles demandes ne peuvent se faire uniquement par courrier.
Ce dispositif est cumulable avec d'autres aides sociales tel que l'aide au logement ou la réduction sociale téléphonique.

Pour obtenir plus d’informations sur l’AME, retrouvez un article exhaustif sur le sujet ici.

Lutte ouvrière, notre histoire, nos origines : Léon Trotsky et l’Opposition de gauche


L’Oppositions de Gauche, un exemple pour les révolutionnaires d’aujourd’hui

 
Trotsky à Mexico

Alors que la classe ouvrière, épuisée par la guerre civile et les privations, démoralisée par l’échec de la révolution dans les autres pays et par l’isolement de l’URSS qui en résultait, avait renoncé en pratique à exercer son pouvoir, Trotsky, avec Lénine le principal dirigeant de la Révolution d’Octobre, organisa fin 1923 une opposition à l’intérieur du Parti communiste, l’opposition de Gauche.
         Restés seuls en lice, les membres de l’appareil d’État aspiraient à profiter en paix des privilèges associés à leur position. Voyant une menace dans l’Opposition trotskyste qui en appelait à la classe ouvrière, les bureaucrates se reconnurent dans son ennemi, Staline: la fraction stalinienne se trouvant à la tête du parti qui allait alors autant défendre ces parvenus quelle allait sappuyer sur eux. Et puis, aux critiques trotskystes, Staline pouvait opposer un argument massue: il tenait lappareil du parti, de l’État, donc la police. Il put ainsi dautant mieux isoler les oppositionnels, puis les exclure du parti et expédier en déportation les irréductibles.
         Les trotskystes, eux, dénonçaient la politique de la direction du parti et de l’État et leur renoncement à la perspective de la révolution mondiale pour le «socialisme dans un seul pays», habillage de la défense des intérêts de la bureaucratie.
         Sur tous les points où les trotskystes sonnaient l’alarme, et dénonçaient la politique des staliniens et de leurs alliés, les événements allaient confirmer la justesse de leur programme et de leurs critiques, sur le plan interne à l’Union soviétique comme sur le plan international.
         Sur le plan intérieur, Staline après avoir favorisé l’enrichissement des paysans aisés changea son fusil d’épaule et lança la collectivisation à marche forcée qui entraîna une gigantesque catastrophe. De la même façon, après avoir mené une politique d’industrialisation à « pas de tortue », il se lança dans une industrialisation à tout crin qui mena là également à un gigantesque gâchis.
         Sur le plan international, pour ne prendre que l’épisode le plus marquant de la fin des années 1920, par crainte d’une nouvelle victoire ailleurs de la révolution, en Chine, en 1925-1927, les travailleurs et communistes furent livrés à leurs bourreaux par la politique que le Kremlin avait imposée au jeune PC chinois: son alignement derrière une bourgeoisie prétendue progressiste.
         Après 1923, les militants de l’Opposition de gauche conservèrent dans les années qui suivirent de l’influence au sein du Parti communiste et dans les usines. Mais en 1929, Trotsky fut exilé vers une île turque. Pour lui, les années qui suivirent furent celles d’une planète sans visa jusqu’à son assassinat à Mexico en août 1940 où il fut assassiné par les tueurs de Staline.
         Quant à la génération de ses partisans restée en URSS, Staline lanéantit humainement. Allaient être liquidés par lui les militants qui avaient mené trois révolutions, renversé le pouvoir de la bourgeoisie, instauré celui de la classe ouvrière en Russie, commencé à y édifier une société socialiste et créé un parti mondial de la révolution, l’Internationale communiste.
         En Union soviétique, des militants de l’Opposition de gauche, continuèrent dans les prisons et les camps de défendre jusqu’au bout leur programme. Comme le dit un auteur : « Fermement organisés, […] politiquement bien formés, ils constituaient la véritable élite de cette énorme fraction de la nation qui avait été rejetée derrière les barbelés. »
         Là où ils étaient dans les camps, ils continuèrent à discuter et à analyser les évènements qu’ils pouvaient connaître, en abordant tous les problèmes en se situant du point de vue des intérêts de la classe ouvrière considérée à l’échelle mondiale. Ils l’ont fait aussi pour les générations à venir.
         Lutte ouvrière se revendique du combat de Léon Trotsky et des milliers de trotskystes en URSS dont la disparition fut une immense perte pour la révolution avec leur expérience irremplaçable. Après l’assassinat de ses camarades en URSS, Trotsky resta, pour quelques années encore, seul à incarner ce capital car, malgré leur courage, ceux qui se tournaient vers le trotskysme en Occident à ce moment-là n’avaient ni la compétence, ni la conviction, ni les expériences des bolcheviks.

Lire l’article du n°200 de juin 2019 de notre revue Lutte de classe : « « Les morts se sont mis à parler. » L’actualité du combat des trotskystes soviétiques »

mercredi 6 mai 2020

Déconfinement : Philippe navigue à vue


Déconfinement : Philippe navigue à vue

 « La vie économique doit reprendre impérativement et rapidement, avec des aménagements, avec de la bonne volonté », a déclaré le Premier ministre dans son discours aux sénateurs, le 4 mai.
L’enjeu, somme toute mineur, était d’obtenir un vote de soutien au plan de déconfinement que le gouvernement met en place laborieusement et non sans contradictions, hésitations et retours en arrière.
Les sénateurs, dans un vote consultatif, n’en ont pas moins rejeté le plan, avec l’abstention des LR et le vote contre des élus PS, PCF et France insoumise. Geste supplémentaire, ils ont modifié l’article 1 du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire, également soumis à leurs suffrages. La date finale a été rapprochée, et surtout, le régime de responsabilité pénale des employeurs et des maires dans le cadre des contaminations dues à l’épidémie du Covid-19 a été « précisé », c’est-à-dire atténué. Revu par les sénateurs, l’article précise que « nul ne peut voir sa responsabilité pénale engagée du fait d’avoir, pendant la durée de l’état d’urgence sanitaire […] pour faire face à l’épidémie de Covid-19, soit exposé autrui à un risque de contamination par le coronavirus SARS-CoV-2, soit causé ou contribué à causer une telle contamination. » Sur ce point, le groupe LREM s’est joint à ses collègues.
Les sénateurs n’ont visiblement pas envie d’assumer la responsabilité du plan du gouvernement et du mécontentement que crée sa gestion de la crise sanitaire. En particulier, ils préfèrent prendre leurs distances du choix de laisser reposer sur les élus locaux une grande partie de la gestion du déconfinement, notamment dans les écoles, avec l’absence de moyens humains et matériels qu’on sait.
De toute façon, ce vote n’empêchera pas la poursuite du plan gouvernemental, auquel, sur le fond, la majorité sénatoriale n’a rien à opposer.
Dans ses discours, Édouard Philippe a réaffirmé sa politique dont la priorité est d’ « accompagner les entreprises ». Le fonds de solidarité a été prolongé, il sera même renforcé, les charges fiscales et sociales pourront être reportées, des exonérations sont même prévues. Pour soutenir le patronat, tout est en place, y compris la prolongation des mesures de chômage partiel en fonction de ses besoins. Quant à éviter les faillites de petits commerçants et artisans, les mesures sont plus longues à venir. Sans parler de la mesure dérisoire de 200 euros pour les jeunes « précaires ou modestes », soit environ 25 euros par semaine pour survivre et payer son loyer, promise par le Premier ministre.
Dans ce déconfinement qui se profile cahin-caha, Philippe n’a pas changé de priorités…
                                                        Viviane LAFONT (Lutte ouvrière n°2701)

Protocole de distanciation sociale… mais pas avec le patronat


Le gouvernement sans distance avec le patronat



Ligne 7 le 4 mai

Le gouvernement a publié un protocole fixant les règles de distanciation sociale dans les entreprises. Il faut notamment que chaque poste dispose en propre de 4 m², échelonner les arrivées... Une belle hypocrisie quand on sait comment fonctionne une chaîne de production, comment sont restreints et utilisés les sanitaires dans les usines. Une belle fumisterie alors que des millions de travailleurs vont devoir se presser et se compresser dans les transports en commun pour aller bosser.
         Ce protocole n’a d’autre fonction que de fournir une base juridique pour que le patronat puisse se couvrir en cas de contamination sur le lieu de travail. Alors au travail, comme partout, ne comptons pas sur les règles édictées par le gouvernement en connivence avec le patronat. Prenons en notre santé en mains en imposant collectivement notre propre contrôle.

Écoles primaires et « déconfinement » : des agents territoriaux, des enseignants et des parents vraiment pas chauds


Ça ne les fait vraiment pas rire


Le personnel des écoles de la Ville d’Argenteuil a été rappelé mercredi dernier pour entreprendre la désinfection des locaux scolaires. Les locaux ont donc été désinfectés.
         Mais les agents viennent d’apprendre qu’une entreprise de désinfection allait refaire le boulot.
         La municipalité et la direction générale des services municipaux avait-elles besoin à ce point d’un tel prétexte pour activer le déconfinement des personnels ? 
         Quant aux locaux, après la distribution des masques (cf. brève de demain), il faudra encore désinfecter dans les locaux des écoles utilisées ?

Quant à la municipalité, une attitude double

Ce qui importe à Macron, pas les mots, mais que cela se fasse










D’un côté, le maire d’Argenteuil a signé la lettre au gouvernement de nombreux maires lui demandant de surseoir à la reprise de l’école à compter du 12 mai. De l’autre côté, à l’heure où nous écrivons, le même avance pour la réaliser. Pourtant, un certain nombre de maires comme nous l’avons annoncé hier refusent purement et simplement cette réouverture.
         Pas facile pour ces grands notables de s’opposer au chef de l’exécutif dans le département, le préfet, au risque de se faire « mal voir » de la part de ce dernier.

         Alors une petite déclaration pour la galerie, et un gage de loyauté dans la réalité de la part ce type d’édiles qui vont pourtant porter toute la responsabilité de l’affaire, en la faisant plutôt porter, il est vrai, pour l’essentiel, sur les épaules des agents territoriaux et des enseignants !

Écoles primaires et « déconfinement » : des enseignants et des parents vraiment pas chauds

Une prise de position syndicale qui traduit les sentiments de la grande majorité des enseignants et des directeurs d’école