vendredi 22 juin 2018

Mort d’Ali Ziri le 11 juin 2009 suite à une interpellation par la police d’Argenteuil : la France condamnée





La France condamnée



 
Conférence de presse hier devant l'hôtel de ville d'Argenteuil (photo M. L. Le Parisien-95)


Pour lire le communiqué de presse de la Cour européenne des droits de l’Homme :



https://www.echr.coe.int/Pages/home.aspx?p=home


Extraits des attendus du jugement :

« Le 9 juin 2009, M. Ali Ziri, âgé de 69 ans, père de la requérante, et A.K., âgé de 60 ans, prirent la route alors qu’ils avaient consommé de l’alcool. Vers 20h35 une patrouille du commissariat d’Argenteuil leur fit signe d’arrêter leur véhicule. M. Ziri, qui refusait de sortir du véhicule et proférait des insultes fut saisi et menotté puis placé à l’arrière de la voiture de police en compagnie d’A.K. Ce dernier insulta et cracha sur un agent qui l’immobilisa alors en le courbant de telle sorte que sa tête touche ses genoux (technique dite du « pliage »). M. Ziri qui tentait de porter un coup à l’agent se trouva lui aussi immobilisé au moyen de la même technique. A l’arrivée au commissariat, M. Ziri fut expulsé du véhicule et transporté, apparemment sans réaction, à l’intérieur du commissariat… » 

« S’agissant des modalités de la prise en charge de M. Ziri au commissariat d’Argenteuil, la Cour observe que l’arrêt de la cour d’appel de Rennes du 12 décembre 2014, auquel renvoie le Gouvernement, n’analyse pas plus avant l’adéquation de cette prise en charge au regard de son état général, de la vigilance accrue qui était requise des autorités ni des circonstances dans lesquelles il a été transporté vers le commissariat et extrait du véhicule à son arrivée. Il apparaît ainsi, comme cela ressort aussi de l’avis rendu en l’espèce par la commission nationale de déontologie de la sécurité, que la situation de M. Ziri au commissariat d’Argenteuil a été traitée avec négligence par les autorités. Dès lors, la Cour retient que les autorités n’ont pas fait ce que l’on pouvait raisonnablement attendre d’elles pour prévenir le risque de décès auquel il était exposé. Elle conclut donc qu’il y a eu violation de l’article 2 sous son volet matériel. »

(mis en gras et souligné par nos soins)

Jugement : 

La Cour dit que la France doit verser à la requérante 30 000 euros (EUR) pour dommage moral, et 7 500 EUR pour frais et dépens. 









Certes, ce jugement en faveur de la famille d’Ali Ziri est à minima. Mais il condamne l’Etat français, et c’est un immense soulagement pour la famille.

         Il n’aurait pu être obtenu sans l’obstination du Comité Vérité et Justice pour Ali Ziri qui a continué le combat durant toutes ces années et a entamé toutes les procédures capables de faire éclater la vérité et de mener à la condamnation de l’Etat.

         Ce jugement apporte également sa pierre dans le combat contre des pratiques policières, telle celle du « pliage ».

         Salut et fraternité à la famille d’Ali Ziri.

         Salut et fraternité aux membres du Comité Vérité et Justice pour Ali Ziri.

         Pour Lutte ouvrière-Argenteuil,

                                                       Dominique MARIETTE

Grève des cheminots : les grévistes tiennent toujours


Les grévistes tiennent toujours

Lors de la dernière séquence de grève des cheminots, les taux de grévistes ont légèrement baissé, avec le 18 juin : 19,2 % à l’exécution, 43,8 % chez les conducteurs et 38,1 % chez les contrôleurs, mais ils restent importants. Les milliers de cheminots qui continuent la grève ne veulent pas baisser la tête : voté ou non, le pacte ferroviaire ne leur convient pas, et ce ne sont pas les réunions tripartites et autres négociations avec le gouvernement ou le patronat du ferroviaire qui les feront changer d’avis. Ils ont bien l’intention de rester mobilisés jusqu’à la journée du 28 juin et réfléchissent à comment continuer pendant l’été. 


Parmi les grévistes, les discussions sont particulièrement nombreuses sur les acquis et les limites du mouvement, les perspectives pour l’avenir. Même s’ils ont la fierté d’avoir relevé la tête face à un gouvernement brutal et méprisant, ils sont évidemment conscients que l’état de la mobilisation ne permet pas pour le moment de modifier le rapport de force avec ce gouvernement et de le forcer à retirer sa réforme.

La responsabilité des directions syndicales

Les directions syndicales ont une responsabilité dans cette situation, avant tout parce qu’elles ont laissé croire aux cheminots qu’on pouvait répondre à l’attaque frontale de Macron par une grève à l’économie. En proposant la grève perlée deux jours sur cinq, la CGT était sans doute au niveau de la mobilisation des cheminots en début de mouvement, cette formule ayant été suivie par la majorité des grévistes. Mais elle n’a rien fait par la suite pour essayer de les entraîner dans un mouvement plus déterminé, pour faire monter la pression que pouvait exercer les cheminots, sans parler des autres secteurs de la classe ouvrière.
La CGT n’a pas cherché à s’appuyer sur les grévistes les plus combatifs, sur les assemblées générales les plus mobilisées, pour entraîner les autres. Au contraire, il n’était pas question de sortir du calendrier décidé par l’intersyndicale au début du mouvement, transformé en carcan, et toute initiative venant de la base et visant à rendre la grève plus efficace et à sortir de la routine, était rejetée. De son côté, la direction de Sud-rail, qui prônait en paroles la grève reconductible, en est restée à jouer les oppositionnels de façade tout en restant dans le cadre de l’intersyndicale et de sa politique.
Or, changer le rapport de force avec un gouvernement à l’offensive demande qu’on soit prêt à mettre toute l’énergie des travailleurs à le combattre. Et plus généralement, seules des luttes susceptibles de s’étendre à l’ensemble de la classe ouvrière, dures et déterminées, pourraient faire suffisamment peur à la bourgeoisie pour qu’elle pousse le gouvernement à reculer. Mais de cela les directions syndicales ne veulent pas. Elles ont leurs propres objectifs, qui sont de se faire reconnaître comme des interlocuteurs incontournables par le gouvernement, quand il ne s’agit pas d’une simple concurrence pour les prochaines élections professionnelles.
L’intersyndicale du mardi 19 juin s’est conclue par un désaccord entre les syndicats : la CGT n’est pas suivie par la CFDT et l’UNSA dans sa proposition de continuer le mouvement en juillet, seul Sud-rail se rallie à sa proposition. Mais bien des grévistes sont prêts à continuer quelle que soit l’évolution de l’intersyndicale, car pour eux, rien n’est réglé. Et, au-delà de ce mouvement, ils savent qu’il y aura d’autres combats à mener, car, du côté du gouvernement et du patronat, la lutte de classe est toujours à l’ordre du jour.

Des liens précieux pour l’avenir

Dès maintenant, les directions locales commencent à s’attaquer aux accords dans leur secteur, qui résultent souvent de grèves partielles victorieuses et améliorent un peu le quotidien, tant pour les salaires que pour les conditions de travail. Parmi les grévistes, beaucoup ne comptent pas laisser passer ces nouvelles attaques sans rien faire. Dans ces nouvelles luttes, ils ne partiront pas de rien.
Des milliers, et même des dizaines de milliers de cheminots, participent ou ont participé à un moment ou à un autre à ce mouvement. Les plus déterminés se retrouvent chaque jour de grève dans les assemblées générales, les actions, les manifestations. Ils vivent la grève ensemble, se soutiennent, créent des liens qui comptent dans le mouvement, mais qui compteront aussi au-delà. La force des travailleurs, c’est la grève, car c’est aussi dans ces moments que se crée une belle solidarité, et cela est déjà un acquis.
Les grévistes ont aussi pris l’habitude dans bien des endroits d’aller à la rencontre des travailleurs d’autres secteurs du service public ou d’entreprises privées, en particulier ceux qui étaient eux aussi attaqués par un gouvernement pressé de faire des économies sur leur dos ou par un patronat toujours plus avide de profits. Là encore, cette attitude non corporatiste, ces liens tissés avec les travailleurs du voisinage, qui, bien souvent, n’existaient pas avant la grève, sont des gages pour l’avenir.

                                           Valérie FONTAINE (Lutte ouvrière n°2603)






Jeudi 28 juin
Journée interprofessionnelle de mobilisation
Allons dire « bravo » à tous ceux qui engagent la lutte et affirmer qu'il faudra qu'on les suive.


AB Habitat : Où va AB Habitat ? Locataires et travailleurs ensemble dans le viseur


Joliot-Curie sans agence d'AB-Habitat ? C'est non !


Extrait du dernier tract de la CGT-AB Habitat

« Les inquiétudes se confirment

Après avoir fait le choix de bloquer les salaires une troisième année consécutive, refuser de revaloriser les bas salaires, …. le directeur général s'attaque à nos conditions de travail et raisonne uniquement en matière de ratio et rentabilité.
Les discours portent sur : la suppression de postes de gardien, le projet de fermeture d'une agence (Orgemont), le questionnement sur la "rentabilité » de la régie et de la brigade, la suppression de véhicules.... en revanche nous regrettons de ne pas entendre des propositions d'amélioration de la qualité du service public et des conditions de travail… » 

Projet de fermeture de l’agence d’Orgemont ?

A suivre effectivement de très près…




A15 fermé dans le sens province-Paris
A partir de ce soir vendredi 22 heures jusqu’à dimanche 5 heures

Migrants, réfugiés, déplacés, un nombre qui ne cesse de croître


Nouveau record de réfugiés dans le monde

Camp de réfugiés syriens de Zaatari en Jordanie

En 2017, 68,5 millions de personnes étaient réfugiées (ou déplacées à l'intérieur de leur pays) suite à des conflits, soit 3,1 millions de plus qu'en 2016, essentiellement à partir et vers des pays pauvres. Les principaux pays d'accueil sont la Turquie et le Liban.
L'ONU précise que, depuis cinq ans, ce record de réfugiés est battu chaque année et qu'être ainsi déplacé est le destin en 2017 d'une personne sur 110 dans ce monde. Cela juge la société.