lundi 27 avril 2020

Profits et virus, Michelin et consorts, leur seul « esprit collectif » c’est le profit


Un virus sonnant et trébuchant : le profit



Usine de Cataroux à Clermont-Ferrand (Entrée Saint-Vincent)

Le directeur du personnel de Michelin s’est fendu d’une interview pour défendre les choix du groupe. Il ne faut « pas se tromper de combat » dit-il, et il prône « l’esprit collectif » pour faire face à la crise. 
          
         Pour cet individu, que les salariés perdent un quart de leurs congés, voient leur salaire baisser, mettent leur vie en danger pour venir fabriquer des pneus, mais n’acceptent pas de renoncer à leurs maigres augmentations de salaire à 2021, ce serait « se tromper de combat ».
         C’est sans doute de cet « esprit collectif » que les familles de salariés de l’usine de la Roche-sur-Yon qui doit fermer, après beaucoup d’autres, se nourriront.

Brésil : virus et politiciens


« À la limite de la barbarie… »


Au Brésil, on creuse des tombes

Au Brésil le président d'extrême droite, Jair Bolsonaro, qualifie l'épidémie de « petite grippe ». Il multiplie les bains de foule pour montrer à ses partisans qu'il n'y a rien de grave. En plus de s'appuyer sur les églises évangélistes, très influentes dans le pays, cette posture vise à cacher que le système de santé est incapable de faire face à la maladie.
         Le virus se répand et entraîne une hausse dramatique de la mortalité, au point que les services de pompes funèbres sont débordés et creusent parfois des tombes collectives au bulldozer. Les hôpitaux publics sont dans l'incapacité d'accueillir tous les malades et renvoient chez eux les plus âgés. Quant aux nombreux hôpitaux privés, ils sont inaccessibles à la grande majorité de la population, trop pauvre pour y avoir accès.
« Nous sommes à la limite de la barbarie », a déclaré le maire de Manaus. En fait, avec Bolsonaro et ceux dont il défend les intérêts, la limite est largement franchie.

Argenteuil, la municipale face à la crise (suite)


Blabla, débrouille, incohérences

Masques, cimetières

Suite à ce que nous écrivions ces jours derniers à propos des masques dans un article qui évoquait aussi dans un encadré la situation à la Ville d’Argenteuil, un lecteur nous a envoyé le message suivant : 

« Je viens préciser ce que tu annonces ce matin sur la gestion des masques au niveau des services municipaux.
         L'histoire des masques est un vrai roman feuilleton à l'échelle mondiale, nationale et ce qui me préoccupe actuellement municipale, " croquignolesque" comme dirait l'autre si ce n'était pas aussi dramatique.
         Pour moi cela a commencé avec G. Mothron, son adjoint et une élue du département réceptionnant des grandes caisses de masques - pour la photo ! (Mais ce ne sont pas eux qui se sont coltinés la manutention bien sûr).
         À partir de là on peut se dire chouette, en pleine pénurie de masques, le personnel va pouvoir en bénéficier et bien pas du tout. Je sais que celles et ceux qui assurent " la continuité du service public " à la mairie n’y ont pas eu droit dès lors qu'ils n'ont pas un contact direct avec le public et ce début avril.
         Pourtant il n'y a pas vraiment de distanciation dans les bureaux souvent exigus.
         Pour les masques, cela a été pour l’essentiel le règne de la débrouille, en tout cas, pour ceux qui n’était pas « en première ligne ».
         Puis je lis sur le site de la ville que des masques ont été distribués entre autres aux commerçants : bien sûr, difficile de vérifier en ces temps où je suis confiné la plupart du temps... Jusqu'à hier où je suis allé commander des fleurs pour ma tante malheureusement décédée du Covid mardi dernier. Je questionne l'employée pour son masque " fait maison". Elle me répond en baissant la tête : "C'est la débrouille, quelqu'un a la gentillesse de nous en fabriquer."  Je n'insiste pas, mais je me dis à quels commerçants alors ont-ils été distribués les masques ? Cette agence de pompes funèbres, qui ne reçoit que les familles pour nécessité d'enterrement, (c’est affiché sur la porte) souvent un proche décédé du Covid (elle m'a confirmé qu'il y avait plus de décès qu'en temps normal) donc potentiellement " porteurs" du virus ce ne sont pas des commerces de "première ligne" ?
Peut-être que finalement, lors de l’arrivée des masques du Conseil régional, il n'y avait rien dans les caisses. C'était juste pour faire la photo et faire croire aux futurs électeurs que le maire agissait. Comme d'habitude, du vent, qui ira vérifier à qui ils ont été distribués ?

         Un autre sujet : il attend quoi le maire pour rouvrir les cimetières ?

"Ils ne sont ouverts qu'au moment des enterrements et encore pas plus de 15 et c'est rapide, on referme vite les portes" m'a prévenue l'employée. Ah bon, je ne pourrai pas prendre le temps de parler avec la famille (réduite) ?
         "Je pourrais en profiter pour aller sur la tombe de mes parents, de ma sœur pour arroser... ?"
         On frôle le burlesque.
         Ben oui, ce n'est pas un supermarché ou une multinationale, le cimetière, j'ai failli lui répondre mais elle n'aurait pas compris et elle était tellement gentille cette employée. Aussi gentils que les employés de la mairie qui acceptent de venir travailler sans masque. »

Coronavirus, virus, et société : deux excellents livres


Au moment de la grippe dite "espagnole" (pancarte : portez un masque ou allez en prison)







Cette crise du coronavirus fait naître chez chacun d’entre nous beaucoup d’interrogations. Il nous faudrait mettre à jour nos faibles connaissances scientifiques (c’est mon cas).
         Si j’ai bien compris, les virus sont une catégorie de microbes dont l’existence a été mis en évidence par notre cher Pasteur.
         Il paraît qu’on connaît actuellement 3 600 espèces de virus qui peuvent infecter les humains. Et sur ces 3 600 espèces, il y en a 129 qui causent des maladies, telles que le rhume, la grippe, la polio, le SIDA, la varicelle, la rougeole, etc.
         Depuis toujours, l’humanité est donc confrontée à l’attaque de ces virus dont on ne connaît qu’un certain nombre et qui sont à l’origine de maladies, des virus qui en plus peuvent muter à la manière de tout organisme vivant, selon les lois de l’évolution énoncées par Darwin.
         Et c’est donc la société telle qu’elle est à un moment donné qui est confrontée à tel ou tel virus, et qui a les moyens ou pas d’y faire face.
         Et si j’évoque cela, ce n’est pas pour insister sur mes connaissances très limitées en biologie, mais pour rappeler deux moments importants de cette histoire : l’un qui a duré très longtemps et qui concerne la réaction face aux dégâts de la peste, l’autre à propos de la pandémie de la grippe dite « espagnole » au sortie de la Première guerre mondiale. Et pour cela -c’était l’objectif de mon propos- lisez deux livres très intéressants sur le sujet. L’un que j’ai déjà évoqué, « Journal de l’année de la peste » (1665 à Londres) de Daniel Defoe. L’autre, de Laura Spinney (Merci à Michelle qui me l’a fait découvrir), « La grande tueuse, comment la grippe espagnole a changé le monde », chez Albin Michel. Cette grippe qui fit des dizaines de milliers de victimes à travers le monde.

         De nouvelles attaques de virus, l’humanité en subira. Nous espérons simplement que son système social aura changé, et que demain, dans un monde où la santé sera une priorité absolue, les préparatifs et les moyens seront là pour y faire face avec le moins de difficultés possibles.

Confinement, mouvement ouvrier, communisme, l’occasion de revenir sur notre histoire et nos origines : la Révolution russe de 1917


Quand la Révolution russe ébranla le monde



La plus faible des « grandes puissances » en guerre, l’Empire tsariste fut la première à ne plus tenir le choc face aux gigantesques exigences, matérielles et humaines, de la guerre. La vague révolutionnaire qui allait submerger l’Europe commença en Russie en février 1917, à Saint-Pétersbourg comme en 1905.
         En quelques jours, le tsarisme s’effondra devant la puissance de la mobilisation populaire. Les soviets réapparurent et allaient être le creuset d’un nouveau pouvoir révolutionnaire.
         Pour les dirigeants politiques qui prirent la suite du pouvoir impérial, il ne s’agissait surtout, ni de s’attaquer à la propriété privée des moyens de production, ni de donner la terre des grandes propriétés terriennes aux paysans, ni surtout de mettre fin à l’engagement de la Russie aux côté des impérialismes français et britannique.
         Après février, dans les mois qui suivirent, la mobilisation ouvrière ne fit que se développer. Très minoritaires en février, les Bolcheviks, le parti de Lénine qu’allait rejoindre Trotski, donnèrent rapidement comme objectif au mouvement la prise du pouvoir, l’objectif d’une seconde révolution.
         Mois après mois, leur influence grandit et allait devenir majoritaire. Les travailleurs mobilisés s’étaient armés. La prise du pouvoir des soviets ouvriers, non seulement à Saint-Pétersbourg mais également à Moscou et dans les autres grandes villes de Russie, devint effective fin octobre 1917.
         Cette révolution ouvrière allait offrir bien des espoirs aux travailleurs du monde…

dimanche 26 avril 2020

SNCF, RATP, gouvernement : Le masque de l’hypocrisie


L’important pour eux est que les travailleurs aillent au boulot


Les millions de travailleurs qui rejoignent tous les matins leur lieu de travail étant entassés comme du bétail à plusieurs par m², aucune distanciation ne sera possible dans les transports à la sortie du confinement. En guise de palliatif, bien insuffisant, le gouvernement annonce que le port du masque sera obligatoire dans les transports publics sous peine de sanction. Mais les sociétés de transport, dont la Ratp et la Sncf, ont immédiatement annoncé qu'elles ne fourniraient pas de masque. Le gouvernement n'étant toujours pas capable de fournir des masques homologués, des « spécialistes » autoproclamés se relaient dans les médias pour vanter les vertus des masques artisanaux ou alternatifs dont les vrais spécialistes doutent fortement de l'efficacité.
         Broder, bricoler, mentir, changer de doctrine, plus encore réprimer, le gouvernement sait faire. Organiser un déconfinement qui fasse passer l'intérêt collectif avant les exigences des milieux patronaux, il en est incapable.

Sous-développement + coronavirus = risques multipliés


Mayotte, sous les tropiques, c’est l’enfer



L'épidémie de Covid 19 s'intensifie dans les territoires d'outre-mer. Dans les plus pauvres d'entre eux, comme en Guyane et à Mayotte, le confinement s'avère impossible. Dans ces deux territoires, des milliers d'habitants vivent dans des bidonvilles, comme à Mamoudzou où la température sous les toits de tôle atteint 40°. A Mayotte, 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et 30 % n'a pas accès à l'eau potable. Beaucoup n'ont comme revenu que les petits jobs informels, dont ils sont privés maintenant. En plus de la faim, une épidémie de dengue se répand. Face à cela, Mayotte n'est équipée que de 16 lits de réanimation pour 256 000 habitants.
         Le sous-développement hérité du colonialisme et l'abandon par l'État français seront bien plus responsables que le Covid 19 du désastre sanitaire annoncé.

Chômage partiel à la carte : le patronat pratique et le gouvernement entérine sous ordonnance


Le beurre et l'argent du beurre



Le gouvernement a adopté une ordonnance qui permet le chômage partiel à la carte. Les patrons n'auront plus à imposer le chômage partiel sur un secteur ou un atelier entier. S'il y a un accord d'entreprise, ils pourront mettre en chômage partiel les travailleurs qu'ils veulent.
         Ils pourront ainsi adapter le nombre de salariés dans chaque atelier, dans chaque bureau, en fonction de leurs objectifs de rentabilité. Les autres travailleurs toucheront un salaire amputé, versé par l'État. En fait, le gouvernement ne fait qu'inscrire dans la loi ce que nombre de patrons faisaient déjà.
       D'autres employeurs, ou les mêmes, font travailler en télétravail des salariés en chômage partiel. C'est illégal ? Jusqu'à ce qu'une ordonnance le légalise !
         Cela me rappelle une discussion avec un proche il y deux-trois semaines. Dans une grande entreprise du CAC40, leur patron les a fait marner en télétravail jusqu'à plus soif... avant de les mettre en chômage partiel... payé par l'État. Bénef d'un côté, et bénéf de l'autre...