samedi 11 avril 2020

Argenteuil, cinéma, retrouvons-nous en séance commune… pour ceux qui ont internet…


Une très bonne initiative


Le cinéma Le Figuier blanc a mis au point une séance collective via la diffusion internet le jeudi 16 avril dès 20 heures 15. Si les injonctions de confinement (qui sont nécessaires) sont nombreuses au niveau des autorités locales, au-delà de l’engagement sans faille du personnel municipal, il y a bien peu d’initiatives tentant de répondre au confinement, et au sentiment d’isolement. L’initiative du Figuier blanc est d’autant plus méritoire, doit être encouragée, et mérite le succès. Jeudi prochain, soyons nombreux à nous retrouver « ensemble » pour voir ce film. Ensemble, nous pourrons discuter de ce genre d’initiative « libertaire », de ses apports, mais aussi de ses limites. Sur ce blog, nous n’y manquerons pas ! Mais, en tout cas, soyons au rendez-vous ! DM




Pour la bande annonce :

https://www.youtube.com/watch?v=budyDXkH3r4

Pour réserver et payer :

https://www.25eheure.com/e-cinema-1/

vendredi 10 avril 2020

Ehpad, maisons de retraite, une hécatombe qui ne doit rien à la fatalité


Honte et malédiction aux responsables qui viennent de haut



Dans l’EHPAD de Mougins, un tiers des résidents est décédé. Et nombreux sont les établissements où la maladie a atteint d’importantes fractions des résidents. Il faut dire qu’une grande partie des maisons de retraite sont aux mains de quelques groupes capitalistes qui se partagent le marché de l’or gris, comme disent les économistes. Pour ces investisseurs, les personnes âgées sont avant tout  un moyen comme un autre d’engranger des profits. Avec l’épidémie, des moyens matériels et humains insuffisants dans les établissements conjugués à la défaillance de l’État conduisent à une hécatombe.
         En période d’épidémie, la soif de profit qui se traduisait parfois par la maltraitance au sein de ces établissements, devient meurtrière.

Malades en psychiatrie, une situation qui aggrave la maladie et le manque de moyens


Une correspondance d’une de nos proches sur Argenteuil

Argenteuil, un drame dans le quartier du Val-Sud

Ce lundi, l’assassinat d’une femme par son fils psychotique, qui s’est ensuite suicidé, a profondément bouleversé les habitants de la cité du Val-Sud d’Argenteuil où j’habite. Un bien triste décor pour ce drame advenu en situation de plein confinement. Il nous rappelle l’enfer que doivent vivre bien des familles à travers le pays ayant en charge des cas psychiatriques lourds.
         En temps ordinaire, ce secteur de la santé est déjà confronté à un manque de structures et à l’insuffisance des moyens au niveau du suivi des familles, surtout pour les parents devant faire face à leurs enfants certes, mais adultes. Mais le confinement n’arrange rien, d’autant plus lorsque l’on vit un quotidien déjà difficile, seuls, isolés, comme cela semble avoir été le cas pour ces habitants. Et il y a toutes les raisons de penser que ce confinement et la situation actuelle aggravent les troubles chez un certain nombre de malades.
         Une raison supplémentaire pour se battre pour une société où les moyens alloués à tous les secteurs de la santé seront à la hauteur des besoins. Les capacités de production de notre époque le permettraient. Elles seraient alors totalement utiles. Valérie

Une correspondance de l’Eure de notre hebdomadaire Lutte ouvrière. À lire, vraiment.

Hôpital psychiatrique de Navarre – Évreux : les soignants livrés à eux-mêmes

08 Avril 2020

Le Nouvel hôpital de Navarre à Éveux est spécialisé en psychiatrie. Avec près de 300 lits, il est quasiment le seul établissement de ce type du département de l’Eure. En temps normal, hors situation épidémique, le personnel est déjà à la limite de la rupture, en particulier en terme d’effectifs.
Depuis l’épidémie de Covid-19 et les contraintes du confinement, le sentiment d’être abandonné par les autorités est encore plus fort. Plus de dix jours après le début du confinement, et alors que les risques épidémiques faisaient la une depuis des semaines, rien n’avait été organisé pour le personnel et les patients. Ce n’est pas spécifique à l’hôpital d’Evreux : aucun plan d’urgence n’avait été lancé dans les hôpitaux psychiatriques par le gouvernement en prévision de la pandémie qui s’annonçait. Il a fallu attendre le week-end des 28-29 mars pour que des masques et du gel hydroalcoolique soient disponibles en quantité satisfaisante. Par contre, aucune tenue de protection complète n’a été distribuée et le travail a continué en simple blouse et pantalon de ville.
Le Covid-19 a bien fait son entrée dans l’hôpital. Un patient a été admis en réanimation et cette première alerte a fait monter l’inquiétude. Quatre autres qui développaient de la fièvre ont été confinés dans une chambre à part. La seule initiative que la direction a prise a donc été d’ouvrir un service de patients contaminés et de jongler avec le personnel en déplaçant les soignants d’un service à l’autre au gré des effectifs. Pour limiter les contacts et les déplacements, la cafétéria a été fermée ; il n’y a plus d’animation et les deux petites salles télé par service, très fréquentées en ce moment, représentent la seule possibilité de distraction. Encore plus que d’habitude, malades et soignants sont confinés, ensemble, dans une promiscuité inévitable.
Du côté de la direction, c’est le service minimum. Elle a abandonné le navire, diront les plus en colère. Si la maladie semble contenue dans l’hôpital, c’est grâce aux équipes soignantes et à leurs initiatives car elles sont souvent restées seules à bord avec les patients.
Ce sont les personnels de base de l’hôpital qui ont trouvé des solutions pour ravitailler des malades en tabac ou en denrées alimentaires qui améliorent l’ordinaire. Ce sont eux qui ont repensé les prises de repas, la distribution des médicaments pour éviter au maximum la promiscuité. Ils ont fait apprendre des règles d’hygiène et des gestes barrières aux malades, dont certains ont des difficultés à comprendre ce qui arrive. Quand les cadres de direction sont réapparus, ils n’ont eu qu’à officialiser ce qui avait été mis en place par les soignants et par ceux qui, épidémie ou pas, font tourner l’hôpital tous les jours.
À l’hôpital de Navarre, au temps du Covid-19, c’est comme d’habitude mais en pire. L’an dernier, un mouvement avait eu lieu parmi le personnel pour la création de 90 postes de soignants supplémentaires. La fièvre contestataire ne va pas diminuer tant l’arrivée de l’épidémie illustre la grande misère de la psychiatrie après des décennies d’économies aux dépens des personnels et des patients.

                                                                                  Correspondant LO

Écho des hôpitaux et des entreprises aux temps du coronavirus








Hôpital Raymond Poincaré - Garches : 
 Au front sans armes

Echo d'entreprise
09/04/2020

Le matériel élémentaire commence à manquer. La direction prévoit qu'il n'y aura plus de surblouse bientôt et envisage d'en faire coudre à partir d'un don de voile par les magasins Truffaut. Au Samu nous portons des masques qui viennent d'Axa.
Pour exprimer notre colère, nous avons mis en place de nouvelles banderoles devant l'hôpital : « Au front sans arme » et « L'État compte ses sous, nous comptons les morts ».
Cette dernière a tellement plu à la direction qu'elle l'a retirée dès le lendemain.

Gunther SAS
Qu'ils remballent leur baratin


08/04/2020

L'usine Gunther, près de Luxeuil-les-Bains (70), a repris ses activités après seulement trois jours d'interruption, d'ailleurs prélevés en RTT.
La direction assure produire en ce moment des emballages pour la pharmacie et l'alimentaire. Dur à vérifier, mais surtout à quel prix doit-on revenir à l'usine ? L'opacité est totale concernant les cas de coronavirus, et les raisons des nombreux absents. Quant aux mesures de précautions prises, ni les chefs ni la DRH ne s'engagent clairement.
Et les travailleurs, eux, devraient engager leur santé et celle de leurs proches les yeux fermés ?
Notre santé doit passer avant les profits. 
 

Inspecteurs du travail muselés


08/04/2020

Des inspecteurs du travail dénoncent des « entraves à l’action des agents » venant de leur direction. 
Plusieurs inspecteurs se sont vus rappelés à l’ordre pour avoir enjoint des entreprises à mettre en œuvre des mesures de prévention ou à réduire ou stopper leurs activités. Une façon de couvrir les patrons les plus irresponsables, les plus dangereux !

Centre de Rétention Administrative de Oissel (Seine Maritime)


Migrants : Traitements indignes

Depuis le 17 mars, le Centre de Rétention Administrative de Oissel a libéré la plupart des migrants qui y étaient enfermés, non par humanité mais surtout parce que « certains détenus ne respectaient pas suffisamment les consignes de sécurité et les gestes barrières ». C’est sûr qu’entassés à six par chambre, difficile de respecter les règles de « distanciation sociale » ! Seize migrants sont toujours enfermés dans ce centre de rétention. La préfecture de Rouen a même affirmé cyniquement « qu’un centre de rétention constitue un lieu de confinement très sécurisé ». Comme l’affirme une militante associative : « On est capable de fermer les écoles, mais ça reste une priorité d’enfermer des étrangers ! »
Maintenus derrière les murs du centre ou bien livrés à eux-mêmes sans assistance, le sort réservé aux migrants est de toutes façons indigne.

Une lecture éloquente : Contre tout espoir – Souvenirs, de Nadejda Mandelstam. Et, sans rapport, quelques annonces


Ossip Mandelstam, l’une parmi tous les millions de victimes du stalinisme


Lorsque l’on est confiné, il y a les quelques sorties pour l’approvisionnement, et la promenade qu’il faut absolument faire, pour la santé. Mais une bonne partie de la disponibilité restante, pour ma part je la consacre à la lecture. Il y a ainsi des livres qui traînent sur l’étagère depuis des années voire des décennies et qui passent ainsi à la lecture.
         C’est ainsi que je viens de terminer le premier tome du livre de la compagne du poète russe Ossip Mandelstam, Nadejda Mandelstam, au titre qui donne le frisson : « Contre tout espoir – Souvenirs ».
         Ossip Mandelstam mena une vie de paria, en particulier à partir de 1934 jusqu’à sa mort quatre ans plus tard, en camp, dans l’Extrême-orient soviétique, non loin de Vladivostok.
         Ce livre de souvenirs portant sur cette période par ailleurs des Grands procès staliniens, évoque certes l’histoire de la littérature et de la poésie de cette époque, mais surtout l’horreur d’un État totalitaire qui a fait tellement de mal au combat pour le communisme dont il est aux antipodes. Nous aurons sans doute l’occasion de revenir sur le courant dont nous sommes les continuateurs, le courant trotskyste soviétique qui aura combattu jusqu’au bout dans le goulag contre la dégénérescence stalinienne du premier État ouvrier, pour ce que nous considérons plus que jamais comme le seul avenir de l’humanité, le communisme des états-unis socialistes du monde. Ces militants trotskystes qui disparurent les uns après les autres dans les isolateurs de la bureaucratie stalinienne.
         Pour revenir à Ossip Mandelstam, ses ennuis s’aggravèrent quand fut connu le poème qu’il écrivit sur Staline en 1933, quelques mois avant son arrestation. Je vous le livre. Ne serait-ce que pour ce poème et le courage de l’avoir écrit, le nom de ce poète mérite notre mémoire.

Nous vivons, insensibles au pays qui nous porte,
A dix pas, nos voix ne sont plus assez forte.

Mais il suffit d’un semi-entretien,
Pour évoquer le montagnard du Kremlin.

Ses doigts épais sont gras comme des asticots,
Et ses mots tombent comme des poids de cent kilos.

Il rit dans sa moustache énorme de cafard,
Et ses bottes luisent, accrochant le regard.

Un ramassis de chefs au cou mince l’entoure,
Sous-hommes empressés dont il joue nuit et jour.

L’un siffle, l’autre miaule, et un troisième geint,
Lui seul tient le crachoir et montre le chemin.

Il forge oukaze sur oukaze, en vrai forgeron,
Atteignant tel à l’aine, tel à l’œil, tel au front.

Et chaque exécution est un régal,
Dont se pourlèche l’Ossète au large poitrail.


                                                          (Novembre 1933)


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Plus gai, des petites annonces


Aidons les petits commerçants qui sont une fraction de notre classe




À Argenteuil, une dérogation a été obtenue à nouveau pour l’ouverture du marché de ce vendredi 10 avril dans le quartier du Val-Nord. Il sera ouvert aujourd’hui de 14 à 17 heures. Un nombre maximum de clients sera accueilli en même temps. L’occasion de s’achalander en fruits et légumes, mais aussi de prendre langue avec ces commerçants qui livrent pour récupérer leurs coordonnées.



Épicerie bio SMILE
55 rue Antonin-Georges Belin à Argenteuil
Horaires :
10h-18h le samedi, 11h-19h lundi et 10h-19h les autres jours de la semaine.
Fermeture entre 13h et 15h dédiée à la préparation de vos commandes.


Fruits et légumes, un commerçant du marché Héloïse chez lequel je m’achalande dans la vraie vie
Livre les commandes faites au
0783890022
Livraisons sur Argenteuil, Colombes, Sannois…

jeudi 9 avril 2020

Masques, un scandale d’État. Une vidéo de 5 minutes de Nathalie ARTHAUD à faire partager largement autour de nous. Incurie du gouvernement mais aussi de la bourgeoisie

Le gouvernement et le patronat : sauver les profits à tout prix. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2697 qui vient de paraître


Le Maire aux patrons : sauver les profits à tout prix

08 Avril 2020

Dans une interview au Journal du dimanche du 5 avril, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’est dit soucieux de sauver l’économie du naufrage, confirmant que l’État ouvrirait ses guichets sans regarder à la dépense pour les entreprises.
De nombreux commentateurs y ont vu une rupture avec le discours tenu jusque-là par un ministre qui se présentait comme un partisan de la rigueur budgétaire. Mais il n’y a là rien de bien nouveau sous le soleil du capitalisme, ni même depuis que Le Maire occupe son poste actuel. Son souci de limiter la dépense publique s’est fait au détriment des hôpitaux par exemple, et on voit aujourd’hui avec quelles conséquences dramatiques. Mais cela n’a jamais amené ce ministre à priver le patronat des exonérations de cotisations ou des allègements d’impôt dont il bénéficie, bien au contraire puisque le gouvernement auquel il appartient n’a cessé de les multiplier.
Il aura suffi à Le Maire d’évoquer d’éventuelles nationalisations et de pérorer sur la nécessité d’un « nouveau capitalisme, qui soit plus respectueux des personnes, qui soit plus soucieux de lutter contre les inégalités » pour que la presse parle de la conversion d’un ultralibéral en un partisan de l’intervention de l’État. En réalité, avec le marasme dans lequel se retrouve plongé le transport aérien, il n’est guère surprenant que le projet de privatisation d’Aéroports de Paris soit suspendu et que la nationalisation d’Air France soit envisagée. Au-delà de ce seul exemple, dans le contexte de catastrophe économique provoquée par l’épidémie de Covid-19, il est possible que l’État soit amené à nationaliser des entreprises dans bien d’autres secteurs, dans l’industrie, les banques…
Mais les nationalisations telles que peuvent l’envisager des politiciens bourgeois comme Le Maire sont destinées à sauver la mise aux capitalistes, l’État reprenant à son compte les pertes des entreprises dont il prend le contrôle. Cela s’est déjà vu dans le passé à de nombreuses reprises.
Permettre à ces entreprises de produire à nouveau des profits implique de s’en prendre aux travailleurs et à leurs droits. Les mesures prises dans le cadre de la loi d’urgence sanitaire montrent clairement ce que le gouvernement réserve aux salariés : durée du travail pouvant aller jusqu’à 60 heures par semaine, vol légalisé des journées de congé…
Comme par le passé, les travailleurs n’ont rien à attendre de gouvernements comme celui de Macron-Philippe qui, quel que soit leur discours, se préoccupent exclusivement de défendre les intérêts de la classe capitaliste.

                                                 Boris SAVIN (Lutte ouvrière n°2697)

Dans cette période de confinement, Lutte ouvrière fera tout pour continuer à informer de bien des choses que l’on ne trouvera pas dans les moyens d’information officiels, en défendant un point de vue communiste révolutionnaire. Mais il sera de plus en plus difficile sinon de l’imprimer, du moins de l’acheminer et la faire parvenir à nos abonnés, aux vendeurs de presse et à tous nos amis.
Lutte ouvrière sera en tout cas disponible sur le site internet www.lutte-ouvriere.org à l’onglet journal. Il faut, plus que jamais, continuer à nous lire et à nous faire lire !
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