jeudi 10 octobre 2019

Argenteuil immobilier. Le journal Le Monde diffuse un article aux antipodes de sa réputation


Le « nouveau visage d’Argenteuil ». Nous l’avons cherché, mais nous ne l’avons pas trouvé


On se demande vraiment quel est l’objet de l’article paru il y a trois jours dans le quotidien Le Monde, sous le titre : « Immobilier : le nouveau visage d’Argenteuil ». Ce qui dérange c’est surtout dans le sous-titre, la première phrase : « La commune du Val-d’Oise poursuit à marche forcée son renouvellement urbain ».
         Tout d’abord, on s’en excuse auprès du journaliste, mais son travail paraît extrêmement bâclé. On se demande même s’il est venu à Argenteuil, ce qui lui aurait donné l’occasion de vérifier (!) l’assertion du maire de la Ville comme quoi on y parvient en moins de 10 minutes depuis la gare Saint-Lazare ! Mais nous sommes mauvaise langue, il a peut-être pris finalement le train et son expérience d’Argenteuil s’est seulement limitée à l’avenue Maurice Berteaux et au boulevard Léon Feix pour parvenir dans le bureau de Georges Mothron, au troisième étage de l’hôtel de ville.
         Nous ne prendrons qu’un exemple de sa légèreté : « Un peu plus loin, ce sont les anciennes friches SNCF de la ville qui subiront, toujours d’ici 2022, une transformation de grande ampleur dans le cadre de l’opération Argenteuil littoral » écrit-il. Les anciennes friches SNCF de la ville ? Ce monsieur certes ne sait pas que le projet Argenteuil Littoral ne concerne qu’une partie minime des friches de la SNCF qui, sur Argenteuil, sont très importantes ! Si au moins il avait parlé « des » friches de la SNCF de feu la « zone industrielle de la gare » …
         Quant au projet Cap Héloïse, plus cap héloïsien que Georges Mothron lui-même, le journaliste en question nous assure qu’il sera « livré à l’horizon 2022 ». Il n’est pas au courant des atermoiements en cours de la municipalité sur le sujet, et que loin d’être stoppé par l’arrêté cité du préfet du Val d’Oise, plus que jamais, le combat continue contre la réalisation de ce projet.
         Mais quoi qu’en dise la première phrase du sous-titre de cet article, ce n’est pas le « renouvellement urbain », que le journaliste affirme être mené « à marche forcée » à Argenteuil, qui est l’objet véritable de cette prose.
         Si c’était le cas, il saurait que les multiples opérations immobilières qui touchent Argenteuil depuis des années, et qui entraînent une hausse importante de la population, ne font pas un « renouvellement urbain ». En tout cas, ils en font un bien incomplet, lequel risque de décevoir grandement la minorité des nouveaux arrivants fuyant la hausse drastique des loyers à Paris et dans les communes de la Petite couronne. Éducation, culture, santé, commerce, l’ensemble de ces services publics, loin de s’améliorer, continuent à se dégrader sur la ville, et amèneront ces nouveaux habitants à rapidement rechercher des cieux plus cléments.

         Le véritable objectif de cet article est de s’adresser aux investisseurs. C’est dans le titre même de la rubrique dans lequel il s'intègre : « Argent et placements   Immobilier ».
         Le but visé n’est ni d’analyser l’évolution urbaine d’Argenteuil et sa qualité ni de creuser l’importance des projets municipaux. Il s’adresse aux investisseurs. « Argenteuil est un bon placement pour les investisseurs qui veulent louer… » « Les rendements bruts oscillent entre 6% et 8% pour des studios achetés à 100 000 euros et loués 600 euros en centre-ville. » Etc.
         Certes, 6% de rendement, même 4%, ce n’est pas rien pour ces gens-là par les temps qui courent. Mais pour dire cela, pas la peine de tout ce délayage, très superficiel par ailleurs.
Alors, cet article, une publicité payante, ou un véritable article raté ?

                                               Dominique MARIETTE

Petit aspect annexe. Le Monde nous permettra de reproduire la photo qui illustre l’article. L’auteur connaît si peu Argenteuil qu’il a trouvé une photo concernant essentiellement le port de Gennevilliers et Épinay-sur-Seine avec ses tours ! DM



Argenteuil, élections municipales de mars 2020, Chronique (18)


Reconversion macronnienne

L’ancienne adjointe-au maire frétillante qui avait démissionné cet été vient d’annoncer qu’elle venait de rejoindre un mouvement pro-Macron composé d’anciens éléments des Républicains.
Au moment de sa démission, elle avait déclaré au Parisien-95 qu’elle « n’arrivait plus à mener de front vie professionnelle, vie privée et action politique. ».
Finalement, apparemment, elle a trouvé le temps.
Il est vrai que les élections municipales approchent, et que de nouvelles perspectives de poste valent bien pour ces gens-là un petit effort et surtout une reconversion politique rapide.
Et plus de souci pour sa vie professionnelle ? Pour sa vie privée ? DM

mercredi 9 octobre 2019

Sécurité sociale et fraude : l’énorme majorité des fraudeurs ne sont pas ceux dont on parle



Nathalie ARTHAUD au Débat de 12 heures 30 sur LCI aujourd’hui mercredi 9 octobre




La facture et la surfacture d’actes inexistants



Contrairement à ce que prétendent certains, les fraudes à la Sécu sont très peu dues aux assurés. Il y en a bien sûr, mais elles ne représentent qu'un cinquième du total. Et l'Assurance maladie a calculé que la plus grande partie de la fraude à la Sécu vient des établissements et professionnels de santé qui surfacturent ou facturent des actes inexistants.
Alors, il faut cesser d'accuser les assurés sociaux.

Vente d’armes, affaire Karachi, 25 ans plus tard…


Y’a pas l’feu


Balladur et Léotard, toujours pas jugés...

La justice vient d'ouvrir le procès de l'affaire de Karachi. Derrière cet attentat, où 11 salariés français de la Direction des constructions navales avaient péri en 2002, il y a le financement de la campagne présidentielle de Balladur en 1995 par des combines et rétrocessions sur des contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et le Pakistan.
Une fois Chirac élu président contre son rival Balladur, l'affaire avait été étouffée.
Un quart de siècle plus tard, la justice fera-t-elle éclater la vérité ? Peu probable s'agissant de ventes d'armes à des régimes qui sont de gros clients des industriels et hommes d'État français.

Climat, convention citoyenne…


… et poudre aux yeux



Le gouvernement vante sa convention sur le climat. Composée de 150 citoyens tirés au sort, elle devrait répondre à la question « Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030 dans un esprit de justice sociale ».
Vaste programme ! Cette convention est censée trouver, en six week-ends, des solutions à un problème qui ne dépend pas d'elle.
Cette convention n'est qu'une mise en scène du gouvernement pour faire de la mousse alors que c'est toute l'organisation de la société, dominée par la course au profit, qu'il faut renverser pour sauver la planète et ceux qui la peuplent.
La vraie réponse est sur la photo...


Éducation, Argenteuil, « évaluations » = usine à gaz totalement inutile


Pas besoin d’évaluation pour mesurer le gâchis

 
                                                                   Dessin Sud éducation

Depuis l’arrivée de Blanquer, les enseignants de CP et de CE1 sont empêtrés dans des « évaluations » des élèves qui leur prennent un énorme temps, qui perturbent les élèves, et dont chacun se demande à quoi servent leurs résultats difficilement exploitables. C’est une véritable usine à gaz qui en revanche n’a pas l’air de perturber les responsables de l’Éducation nationale, à l’échelle du pays comme à l’échelle locale.
         Mais une fois les évaluations faites en classe, l’affaire n’est pas terminée pour autant. Il faut remonter les résultats par internet. Et là, la galère continue pour les enseignants. C’est un véritable parcours internet du combattant.
         Gare aux nouveaux professeurs des écoles qui découvrent avec effarement que leur métier d’éducateur les a menés à une tâche informatique des plus complexe pour ce genre de chose lorsque l’on est novice.
         Au point qu’à Argenteuil, pour faciliter ce report pour les très nombreux jeunes enseignants qui viennent d’arriver tout neufs dans les écoles de la Ville, il a fallu détacher pendant deux jours un de leurs collègues beaucoup plus chevronné du département pour qu’il modifie le logiciel Onde du report des évaluations.
         Le comble est que pour cette tâche, cet enseignant a dû provisoirement quitter sa classe d’ULIS (unité localisée pour l'inclusion scolaire) qui permet l'accueil d'un petit groupe d'élèves présentant le même type de handicap, et qui n’avait vraiment pas besoin de cette absence !
         Tout cela est très révélateur d’un fonctionnement qui aboutit à un énorme gâchis avec toutes les conséquences que l’on connaît. DM

Argenteuil, Cap Héloïse… et étonnant sondage, avec sa dimension incontestablement électorale


D’une pierre deux coups ?

 
Sauvegarder les beaux restes de L'Île, la seule question.

Étonnant. Dans sa dernière partie, le sondage d’Opinionway commandité par la municipalité s’intéresse, et l’on se demande bien pourquoi, aux choix électoraux des sondés à l’occasion de deux élections passées « Pour quel candidat avez-vous voté le dimanche 22 avril 2017 ? ( énoncé des candidats) (lors des dernières présidentielles). Pour quel candidat avez-vous voté le dimanche 23 mars 2014 ? (->> énoncé des listes) (lors du deuxième tour des dernières élections municipales d’où est sortie vainqueur la municipalité actuelle) ?
         Mais que viennent faire ces questions dans un sondage portant fondamentalement, même si c’est d’une façon toute particulière, sur le projet Cap Héloïse de destruction de l’espace Jean Vilar ?
         A moins que ces questions aient une dimension, certes de sondage, mais en rapport avec les prochaines échéances électorales. Comme pour un autre aspect du questionnement sur lequel nous nous sommes déjà arrêtés, ne s’agirait-il pas, de manière détournée, et à peu de frais, de mesurer l’état d’esprit des électeurs a priori proches de la municipalité ? Nous risquons de revenir ultérieurement sur cette information totalement légitime. DM

mardi 8 octobre 2019

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 7 octobre 2019


Macron et Le Pen : deux ennemis des travailleurs



Profitant de l’attentat à la préfecture de police de Paris et du débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale, le Rassemblement National est reparti dans sa surenchère sécuritaire et ses amalgames contre les musulmans et les immigrés.
Front National ou Rassemblement National, Le Pen père ou Le Pen fille, rien ne change. Tout est toujours la faute de l’étranger, de l’immigré, du musulman. Jamais du grand patronat ! Jamais des fabricants de chômage, jamais des exploiteurs qui baissent les salaires et imposent la précarité pour augmenter les dividendes et les fortunes d’une minorité richissime.
Comme Macron, Le Pen ne mettra jamais en cause le parasitisme des capitalistes et leur dictature sur toute la société. Ils s’affrontent et rivalisent pour gouverner, mais ils ont le même ADN : leur dévouement aux plus riches et à la société bourgeoise.
Ils ont désormais un autre point commun : l’utilisation de la démagogie anti-migrants. Hier, Macron prétendait représenter le « progressisme » contre le « populisme », aujourd'hui, il alimente les fantasmes et les idées reçues sur le peuple qui subirait l’immigration. Comme si les immigrés n’étaient pas une composante essentielle du peuple ! 
Un chiffre est censé témoigner d’un grave problème : les demandes d’asile qui ont augmenté de 22 %. Mais les députés qui reprennent ce chiffre en boucle omettent de dire que la France reste très en retard sur tous les autres pays européens. Rapporté à la population, ce chiffre ne situe la France qu’au 11e rang européen, en nombre de demandes d’asile. Il y a en fait, chaque année, à peu près le même nombre de migrants.
Les macronistes répètent également les âneries des lepénistes et de la droite sur les prétendus abus de l’aide médicale d’État (AME), qui permet aux étrangers sans-papiers d’accéder à certains soins. Avant de se rétracter, l’homme d’affaires et dirigeant de La République en marche, Stanislas Guerini, a ainsi osé dire que l’AME était utilisée pour des prothèses mammaires ! En fait, l’AME rembourse uniquement les tarifs de base de la Sécurité sociale et sert, pour 70 %, à des soins hospitaliers liés à la tuberculose, au sida et aux accouchements. Comme l’expliquent tous les médecins, l’AME relève de la santé publique.
Les opposants à l’AME présentent son coût, un milliard d’euros, comme exorbitant. Mais les a-t-on entendus dénoncer les trois milliards de dépassements d’honoraires ? Et faut-il rappeler que les grandes fortunes ont déboursé, rubis sur l’ongle, cette somme en moins de 24h pour sauver Notre- Dame de Paris ?
S’il y a un problème, il concerne les femmes et les hommes forcés de migrer parce qu’ils ne peuvent pas vivre dans leur pays. Il concerne ceux qui risquent leur vie pour atteindre l’Europe et que le gouvernement transforme en parias. Il concerne ces travailleurs qui, des années durant, font tourner les cuisines des grands restaurants, blanchissent les draps des palaces, acheminent les colis de Chronopost ou livrent des repas, pour des salaires de misère. Ils font fonctionner l’économie, cotisent et payent des impôts sans avoir de droits en retour. Alors, dire que l’immigration coûte cher est une sinistre plaisanterie.
Qu’est-ce qu’ont coûté les ouvriers algériens ou marocains, venus dans les années 1950 ou 1960, qui ont travaillé toute leur vie dans les mines, le bâtiment et les usines les plus dures et qui se retrouvent à vivre avec 800, 900 euros de retraite ?
Les travailleurs immigrés forment la partie la plus exploitée de la classe ouvrière. Sans eux, pas un chantier du bâtiment, pas une société de nettoyage ou de sécurité, pas un aéroport, pas une usine automobile ne fonctionnerait.
Il n’est pas rare de compter 10, 20 nationalités différentes dans une seule usine. Cela fait autant de langues et de cultures différentes. Mais c’est la même fatigue, les mêmes douleurs, les mêmes galères financières pour tout le monde. Et quand on est travailleur, on partage les mêmes intérêts fondamentaux : conserver son emploi, défendre son salaire et ses conditions de travail. 
Cette même condition ouvrière nécessite de faire bloc et de s’opposer au patronat qui, par calcul, cherche à diviser les travailleurs et à les affaiblir. Elle nécessite de s’opposer à tous ceux qui, par bêtise raciste ou par communautarisme, contribuent à cette division et font le jeu du patronat.
Politiquement, elle nécessite de rejeter dos à dos les Macron et les Le Pen. Désigner un bouc émissaire, diviser le monde du travail, c’est vieux comme l’exploitation. Ceux qui jouent à cela sont les ennemis du monde du travail.