lundi 16 septembre 2019

Août 1939 : signature du pacte germano-soviétique


Hier matin dimanche, sur le marché Héloïse, nous évoquions avec une lectrice le pacte Germano-soviétique de fin août 1939 (voir ci-dessous l’article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine). Elle me disait, qu’à l’époque c’était la première fois qu’elle avait vu son père, membre des réseaux yiddishs du PCF, pleurer.
         En l’occurrence, ce père faisait partie de ce que l’on nomma le « Yiddishland », le réseau de tous ces militants et militantes juives qui rejoignirent le mouvement communiste après la Révolution russe, en espérant lutter non seulement contre l’antisémitisme qui imprégnait les sociétés de l’Europe de l’Est (mais à l’Ouest également, même de manière moins forte, et encore), mais pour un monde sans frontière, celui de l’émancipation sociale. Nombreux furent ceux qui se retrouvèrent, pour résumer, derrière Staline, quand d’autres suivirent Léon Trotsky. On peut imaginer la déconvenue des premiers fin août 1939. DM

Août 1939 : signature du pacte germano-soviétique

11 Septembre 2019 



Le 23 août 1939, sous l’œil de Staline, Molotov, le ministre soviétique des Affaires étrangères, signait avec son homologue allemand von Ribbentrop le pacte germano-soviétique. Cet accord de non-agression entre la dictature nazie et la bureaucratie soviétique était une nouvelle trahison du prolétariat international à la veille de la généralisation de la guerre.
En août 1939, la guerre avait déjà commencé, et pas seulement en Asie, où le Japon poursuivait sa conquête de la Chine. En Europe, Hitler avait annexé l’Autriche et la Tchécoslovaquie, avec l’aval des autres puissances européennes qui avaient signé avec lui les accords de Munich. Hitler s’apprêtait à lancer ses troupes contre la Pologne.
Ce fut la stupeur, et pas seulement dans les chancelleries occidentales, lorsque le 24 août le monde apprit cette alliance entre l’URSS des bureaucrates et l’Allemagne nazie que Staline prétendait combattre. Avec son cynisme coutumier, celui-ci porta un toast à Hitler : « Je sais l’amour que porte à son führer la nation allemande. Je bois à sa santé. » Plutôt que de lier son sort aux puissances colonialistes d’Europe occidentale, qui en cas d’attaque de l’Allemagne ne lui auraient offert tout au plus qu’une aide, Staline choisissait de s’allier à l’impérialisme allemand, même dirigé par les nazis menaçants, dans l’espoir de rester hors du conflit.
Le pacte était censé interdire pour dix ans toute action agressive contre l’un des co-signataires. Des clauses commerciales permettaient à l’Allemagne d’obtenir certaines matières premières (cuivre, pétrole) indispensables pour préparer la guerre. Ces fournitures continuèrent jusqu’en juin 1941, à la veille de l’offensive allemande contre l’URSS.
En signant un accord avec Staline, Hitler s’assurait que l’Allemagne n’aurait pas à se battre directement sur deux fronts comme lors de la Première Guerre mondiale. Quant à la bureaucratie soviétique, pour prix de sa dernière ignominie, des clauses secrètes lui assuraient de recevoir une part de la Pologne. Son armée en envahit la partie orientale quinze jours après l’attaque d’Hitler à l’ouest. Puis Staline, avec la complicité d’Hitler, allait s’attaquer à la Finlande et annexer les pays Baltes.
L’accord comprenait aussi la coopération entre les polices politiques des deux pays, la Gestapo et le NKVD. En plus d’une lutte commune contre toute résistance en Pologne, il prévoyait l’échange de prisonniers entre geôliers : des antifascistes allemands réfugiés en URSS seraient renvoyés à leurs bourreaux, en échange d’opposants au régime de Staline arrêtés en Allemagne.
À la veille de la guerre, l’URSS était affaiblie. Staline avait fait exterminer à travers les grandes purges de nombreux cadres de l’Armée rouge et déporté plus de 30 000 d’entre eux, accusés d’être des agents d’Hitler. Après l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933, il avait d’abord tenté d’établir des liens avec le régime nazi, sans succès. Il avait cherché ensuite des alliés du côté d’autres États occidentaux, les présentant comme des démocraties avec lesquelles l’URSS pouvait s’allier contre le fascisme. Ainsi, dès 1935, fut signé l’accord Laval-Staline, un soutien à la politique de réarmement de l’impérialisme français par l’Union soviétique et par le PCF.
À aucun moment les bureaucrates ne considérèrent que le développement de perspectives révolutionnaires pouvait être une issue pour l’URSS. Pourtant, au cours des années 1930, les travailleurs montrèrent leur combativité, parfois révolutionnaire comme en Espagne après la tentative de coup d’État de Franco. Au contraire, les partis communistes cornaqués par la bureaucratie soviétique orientèrent les luttes dans des impasses politiques.
Les accords de Munich, en novembre 1938, avaient montré ce que pouvaient valoir des traités d’alliance, la France et la Grande-Bretagne acceptant de voir un de leurs alliés (la Tchécoslovaquie) dépecé à la demande d’Hitler. C’était la méthode des dirigeants des impérialismes repus pour lui indiquer qu’il avait les mains libres pour orienter ses conquêtes vers l’est.
En signant un accord avec Hitler, Staline pensait sans doute leur rendre la monnaie de leur pièce. Ce calcul ne négligeait qu’une chose : comment pouvait le comprendre le mouvement ouvrier international, et en particulier les communistes qui croupissaient dans les camps de concentration en Allemagne ?
Dans le monde entier, les travailleurs conscients qui se sentaient encore solidaires de l’URSS et du mouvement communiste furent décontenancés par ce cynisme et se sentirent abandonnés face au danger de guerre mondiale.
En France, ce fut la stupeur et l’effarement dans les rangs du PCF. Quant à sa direction, prise au dépourvu, elle tenta de rassurer la bourgeoisie française alors que le parti se trouvait dans la situation de défendre la politique extérieure de l’URSS opposée à celle de son propre impérialisme. L’Humanité du 25 août proclama ainsi que les militants du PCF étaient prêts « à remplir leur devoir de Français dans le cadre des engagements contractés par leur pays ». Cet alignement derrière son propre impérialisme, confirmé par le vote des crédits de guerre le 2 septembre 1939, alors que la presse communiste était déjà interdite, ne suffit pas à sauver l’appareil. Le PCF fut dissous fin septembre par le gouvernement.
Même du point de vue de la bureaucratie à la tête de l’URSS, le pacte germano-soviétique était en réalité un traité de dupes. Hitler en parlait lui-même comme d’un chiffon de papier. Le répit servit surtout à lui faciliter ses brigandages à l’ouest de l’Europe. En faisant de l’URSS un voisin immédiat, le partage de la Pologne facilitait les préparatifs d’invasion par l’Allemagne. Comme l’écrivait Trotsky en juin 1940 à propos d’Hitler, « ses victoires à l’ouest ne sont qu’une gigantesque préparation pour un gigantesque mouvement vers l’est ».
L’accord avec Hitler affaiblissait encore plus l’URSS. L’État ouvrier issu de la révolution d’Octobre ébranlait ce qui lui restait de sympathies dans le prolétariat international, à la veille d’une guerre inévitable avec l’impérialisme. Le traité germano-soviétique résumait le degré de dégénérescence des dirigeants staliniens, prêts à liquider toute apparence de politique révolutionnaire et à donner l’accolade à un Hitler, bourreau du mouvement ouvrier allemand, pour tenter de sauver leur propre peau. Il n’allait pas empêcher Hitler de déclencher la guerre contre l’URSS en juin 1941.

                                                                     Gilles BOTI (Lutte ouvrière N°2667)

Aigle Azur : salariés et passagers dans la galère


Hier matin dimanche également, j’ai pu discuter sur le marché Héloïse avec des habitantes d’origine algérienne dont des proches ou des relations étaient, à ce jour, toujours victimes de l’arrêt d’utilisation des avions de la compagnie Aigle Azur, soit qu’ils n’aient toujours pas pu rallier la France, soit qu’ils en soient toujours pour leur argent, ayant perdu des centaines sinon des milliers d’euros dans l’achat de billets ne leur ayant pas permis de prendre l’avion de cette compagnie ou d’une autre. A suivre donc.


Aigle Azur : salariés et passagers dans la galère

11 Septembre 2019

Depuis le 7 septembre Aigle Azur, la deuxième compagnie aérienne française, est aux abonnés absents. Avec la mise en redressement judiciaire, ses actionnaires et dirigeants ont laissé brutalement choir non seulement des milliers de passagers, mais aussi les 1 150 salariés.
La direction savait pourtant depuis des mois que la compagnie risquait le dépôt de bilan. Mais, hors de tout contrôle, elle a menti en affirmant encore début septembre que ces difficultés n’auraient aucune répercussion sur ses vols, ses clients et ses employés.
Les dirigeants d’Aigle Azur ont ainsi vendu jus­qu’au dernier moment des billets d’avion pour l’Algérie, le Mali, le Portugal, etc., encaissant l’argent des passagers tout en préparant la cessation d’activité. Dix jours après l’arrêt des vols, il reste encore 13 000 personnes qui, pour voyager, doivent racheter un nouveau billet au prix fort sur une autre compagnie, en étant presque sûrs que leur billet Aigle Azur ne leur sera jamais remboursé.
La compagnie ne traite pas mieux ses employés, à qui elle a arrêté de verser leurs salaires, pris en charge par un fonds de garantie. À l’appel de syndicats, des rassemblements ont eu lieu le 9 septembre devant le siège d’Aigle Azur à Orly et devant le ministère des Transports à Paris. Ce n’est pourtant pas le gouvernement, tout à fait au courant cet été de la catastrophe à venir mais qui n’a rien dit, qui sauvera les emplois.
Le secrétaire d’État aux Transports va se contenter de superviser le partage des dépouilles d’Aigle Azur entre ses concurrents. Quatorze capitalistes du secteur, dont Air France, se sont ainsi déclarés, mais aucun ne veut reprendre la compagnie défaillante. Au contraire, ils font le pari de sa liquidation, voulant mettre la main sur telle ou telle ligne aérienne et surtout sur les créneaux de décollage et d’atterrissage à l’aéroport d’Orly qui vont avec.
La comédie du repreneur a été déjà jouée bien des fois dans des secteurs variés de l’économie, avec à la clé des licenciements. Ces vautours ne sont pas des sauveurs pour les salariés d’Aigle Azur, qui devront se faire entendre haut et fort.

                                                           Lucien DÉTROIT (Lutte ouvrière n°2667)

                                                            Photo Francebleue

Argenteuil, La poste, un bâtiment patrimonial de l’histoire d’Argenteuil à l’avenir incertain


Que va devenir le bâtiment historique de la poste à Argenteuil ?



Un certain nombre d’habitants s’inquiètent du devenir du bâtiment historique de la poste d’Argenteuil, emblématique du développement de la cité s’industrialisant du début du XXème siècle, et qui, lui, date des années 1900. Une inquiétude d’autant plus justifiée que cette poste a fermé dans un premier temps soi-disant pour travaux, et qu’il n’est plus apparemment question de ces derniers, puisque l’information pour ces derniers a disparu tout comme les distributeurs automatiques qui étaient liés à ce bureau.
         Il s’agit là d’un bâtiment-témoin auquel sont attachés les Argenteuillais.
         Alors qu’en est-il ?
         Un énième projet immobilier ?

Argenteuil, bureaux de poste et autres services publics utiles à la population, le cri d’alarme


Défenses des services publics utiles à la population !

Quant à la nouvelle poste du 1er étage du centre commercial Côté Seine, bureau qui en remplace deux, la colère grandit à son encontre. La photo ci-dessous donne une idée des problèmes rencontrés que nous avons par ailleurs déjà évoqués.
         Ils illustrent le recul profond de la situation des services publics utiles à la population sur la Ville.
         Une réaction du monde du travail, victime principal de ce recul, s’impose.
         Nous sommes prêts à mettre en relation tous ceux que cette situation indigne et qui envisagent les voies pour stopper cet engrenage de destruction. DM


dimanche 15 septembre 2019

La Fontaine, Richard Ferrand, une fable contemporaine


Maître Ferrand, le perchoir et le fromage



La justice demande des comptes à Richard Ferrand, ci-devant président de l'Assemblée nationale et macroniste de la première heure, après avoir été député socialiste, à propos d'une combine qu'il avait mise au point lorsqu'il était directeur des Mutuelles de Bretagne. Il en aurait profité pour faire gagner près de 400 000 euros à sa compagne d'alors.
Richard Ferrand, et dans sa foulée, tout ce que la macronie compte d'élus clament qu'il n'y a eu rien d'illégal dans ce douteux montage. Voire ! Mais ces pratiques de politiciens qui passent d'un poste à l'autre en se livrant à ce type d'opération, illustrent ce qu'ils sont. D'autant qu'ils ne se privent pas de faire des leçons de morale aux classes populaires en leur imposant de se serrer la ceinture.

Allemagne : baisses des salaires pour sauver les profits


Maintenir les profits… sur le dos des ouvriers



En Allemagne, de plus en plus d'entreprises imposent du chômage partiel. Sous prétexte que leurs carnets de commandes subissent un léger recul, le patronat fait payer les travailleurs en diminuant les salaires. Près de 50 000 d'entre eux voient leur niveau de vie amputé, un nombre qui pourrait augmenter fortement. Au cours de la crise de 2008, plus d'un million de travailleurs avaient été touchés. Pour des sociétés comme Continental ou Opel, aujourd'hui filiale de PSA, le chômage partiel permet de maintenir les profits sur le dos des ouvriers.
Pour les travailleurs, travailler moins ne serait pas grave si les salaires étaient maintenus, en prenant sur les profits du patronat. Mais celui-ci de l'entend pas de cette oreille.

Iran et exclusion des femmes des stades, la protestation d’une femme victime de l’obscurantisme


Une barbarie moyenâgeuse imposée aux femmes



Une jeune femme, Sahar Khodayari, s'est immolée devant le tribunal qui allait la condamner à six mois de prison pour avoir tenté d'entrer dans un stade, déguisée en garçon comme le font de très nombreuses femmes. En effet, depuis 1979, les Mollahs ont interdit aux femmes d'assister aux matchs de foot.
Cette discrimination à l'égard des femmes dans le sport n'existe pas qu'en Iran, même si elle ne prend pas toujours un tour aussi tragique. Il a fallu, par exemple attendre 1984 pour que le marathon féminin soit inscrit au calendrier olympique. Et c'est tout aussi vrai dans de nombreux domaines.
Le sacrifice de Sahar soulève une vague d'indignation en Iran. Cet événement tragique et révoltant illustre le niveau d'exaspération des femmes face à la barbarie moyenâgeuse qu'on leur impose. Cela alimentera, espérons-le, leurs luttes.

Argenteuil, projet « Pôle Héloïse », le préfet, Fimenco, les édiles d’hier et d’aujourd’hui… et les habitants


Une impression de copié-collé

 
Il ne connaît pas ?

Chacun sait maintenant que le nouveau préfet du Val d’Oise ne voit aucun inconvénient au projet P-Doucet-G. Mothron dit « Pôle Héloïse ». Voir ci-dessous le lien du service internet de la préfecture pour une lecture si besoin :

http://www.val-doise.gouv.fr/index.php/Politiques-publiques/Environnement-risques-et-nuisances/Milieux-naturels/Eau/ENQUETES-PUBLIQUES-2019/POLE-HELOISE-a-ARGENTEUIL-du-jeudi-28-fevrier-au-samedi-30-mars-2019

         La vingtaine de pages parcourues m’a laissé en tout cas une drôle d’impression. Celle de retrouver pratiquement in extenso les réponses du promoteur Fimenco aux lendemains de la première enquête sur le sujet !
         Nulle trace non seulement de l’argumentaire du commissaire enquêteur qui l’avait conduit à donner un avis défavorable à la seconde enquête, mais aussi nulle évocation de l’analyse minutieuse de la préfecture de région sur le sujet. Il est vrai qu’elle était assassine pour le projet en question.
         Bref, d’un côté, l’argumentaire intéressé d’un promoteur et d’une municipalité, de l’autre, un autre argumentaire, approfondi et circonstancié, de spécialistes environnementaux et d’habitants connaissant le site et ayant travaillé la question.
         Apparemment, le camp de plus de poids (et il n’y a pas photo ! ) ne fait pas le… poids pour le préfet. DM (A suivre)