mardi 26 mars 2019

SNCF, des trains, pas des murs !


Murmure de mécontentement contre le mur



À la gare Saint-Lazare, prochainement, de nouveaux appareils feront obstacle au passage des voyageurs entre les quais et la salle des « Pas perdus ».
         L’entreprise qui produit ces tourniquets se frotte certes les mains, mais pas les voyageurs.
         Avec ces obstacles, on peut craindre le pire. La panique qui vient de se produire à Eurodisney devrait inciter à méditer la SNCF. Ces obstacles supplémentaires s’ajouteront à la presse pour aller des quais à la salle des « Pas perdus », et à l’inverse le soir.
         Et quand viendra la gratuité, que fera la société de toute cette ferraille ?




Affaire Jean Vilar

Autorisation environnementale sur l’étude d’impact liée au permis de construire.
Prochaines permanences du commissaire enquêteur, aujourd’hui 26 mars de 13h00 à 16h00, et le 30 mars de 9h00 à 12h00).
        
Déclassement du parking desservant les salles Jean-Vilar et Pierre-Dux appartenant au domaine public routier communal. Cette enquête se déroulera à l’hôtel de ville du 15 au 30 mars 2019 -
Permanences du commissaire enquêteur aujourd’hui 26 mars de 13h00 à 16h00, et samedi 30 mars de 9h00 à 12h00).


Par internet

Adresse à laquelle envoyer ses observations concernant l'enquête publique :


En indiquant comme objet de votre mail : "EP-Pôle-Héloïse-Argenteuil".

Vous pouvez écrire directement vos observations.



Nouveaux programmes de philosophie, Marx, Freud, exit !


En arrière toute



Un de nos lecteurs, professeur de philosophie, nous a envoyé l’analyse suivante sur les nouveaux programmes de philosophie de classe terminale. Tous ceux qui s’intéressent à la culture apprécieront. Quant aux jeunes des lycées, si ce n’est pas à l’école qu’ils découvriront Marx, Engels, Freud et bien d’autres, ils les découvriront ailleurs. C’est donc bien volontiers que nous publions cette analyse. DM

Aussi, les nouveaux programmes de philosophie viennent de paraître, et marquent un tournant très politique : les thèmes du travail et de l'inconscient viennent d'être supprimés.

Il y a trois objectifs qui sous-tendent cette suppression :

  • Le premier est la rupture complète avec une époque où Marx et Freud jouaient un rôle prépondérant dans le programme, dans les années notamment qui ont suivi 1968. Les manuels de cette époque (j'ai travaillé avec un Magnard de 1972 pour préparer l'agrégation), donnaient une place prépondérante à Marx, Engels et Lénine d'un côté, et à Jung et Freud de l'autre. En gros, on arrête de lire les auteurs révolutionnaires ou subversifs en général, et on retourne vers les philosophes réactionnaires et classiques.
  • Le second est la volonté de promouvoir l'idée d'un sujet parfaitement libre, sans détermination extérieure au pouvoir de sa seule volonté. L'inconscient est une notion qui se déploie sur deux plans, le plan social et le plan individuel. L'inconscient social (Bourdieu) indique ce qui pousse un sujet à préférer telle ou telle chose (une couleur pour les filles, une autres pour les garçons par exemple), sans que ce sujet soit conscient du fait que cela provient d'un conditionnement culturel. Ensuite, il y a l'inconscient individuel de la psychanalyse, et son réservoir de pulsions refoulées, qui permettait au moins d'aborder le thème de la sexualité avec les élèves. L'idée sera donc, quand on aborde le thème du désir par exemple, d'affirmer que chaque individu choisit librement ses désirs.
  • Enfin, cela signifie que l'étude travail comme notion sera laissée aux seules SES. Or, cette offensive sur la philo fait suite à celle, plus violente, qu'ont justement subi les SES l'an passé. Marx a carrément disparu des programmes d'économie, et où, pour la classe de première, même Keynes (!) vient d'être supprimé. Ce n'est pas assumé comme tel, mais la seule école d'économie restante est de fait celle des néoclassiques : Hayek, Friedman et consort. Ainsi, pour ces idéologues bourgeois, le travailleur ne demande pas de travail, il offre gracieusement sa force de travail aux employeurs sur un libre marché, où le jeu de l'offre et de la demande (et sûrement pas ses luttes organisées) détermine son salaire. 
  • SES : sciences  économiques et sociales


SES : sciences économiques et sociales

lundi 25 mars 2019

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 25 mars 2019


Brexit, Frexit : la ronde des démagogues

Un million de Britanniques environ ont manifesté samedi contre le Brexit, lors d’une des marches les plus massives que le pays ait connues. Le Parlement se déchire depuis des mois pour savoir s’il doit ratifier l’accord négocié avec l’Union européenne (UE). Et nul ne sait si et quand le Brexit aura lieu, ni quelles en seront les conséquences.

Il est d’ores et déjà manifeste que, pour les travailleurs britanniques, le bilan n’est pas celui que promettaient les démagogues. Le pays, disaient-ils, retrouverait sa souveraineté. À les entendre, l’argent donné à l’UE serait désormais utilisé pour améliorer le service de santé, et le niveau de vie progresserait. Trois ans après, l’avenir radieux promis par les marchands d’illusions s’est transformé en cauchemar.

Les économies des différents pays européens sont maintenant entremêlées et, une fois qu’on a fait une omelette, on ne reconstitue pas aisément les œufs... Chaque bien manufacturé est fabriqué dans plusieurs pays. Par exemple, dans l’automobile britannique, la majorité des pièces traversent plusieurs fois la Manche avant d’être assemblées, pour des voitures souvent vendues… sur le continent européen. Avec le Brexit, les multinationales réorganisent leur production à l’échelle européenne et des dizaines de milliers de suppressions d’emplois sont programmées. Alors que plus de 10 000 camions franchissent la Manche chaque jour, rétablir des contrôles douaniers serait lourd de conséquences. Aussi les Britanniques font déjà des stocks de médicaments, qui viennent aux trois quarts du continent, et pour lesquels, comme dans le cas de l’insuline, des retards d’acheminement peuvent être dramatiques.

Les partisans du Brexit dénonçaient l’immigration européenne. Mais, comme ici, de nombreux secteurs, du bâtiment à l’agriculture, des hôpitaux à la restauration, seraient incapables de fonctionner sans les immigrés. En opposant les Britanniques aux étrangers, en renforçant le racisme et la xénophobie, le Brexit a divisé les travailleurs et les a donc affaiblis face aux capitalistes.

En Irlande du Nord, longtemps ravagée par une guerre civile, le rétablissement d’une frontière avec la République d’Irlande, au Sud, menace de rouvrir des plaies encore à vif.

Si, en 2016, de nombreux Britanniques ont été abusés par les politiciens favorables au Brexit, nous avons en France des partisans du Frexit. Lors du référendum sur le Brexit, Le Pen s’enthousiasmait. Et les autres souverainistes français, Dupont-Aignan, Asselineau et même Mélenchon, s’étaient également réjouis.

Bien sûr, l’Union européenne n’a pas été construite pour les peuples. Tout y a été fait pour les capitaux et la finance. Les grandes banques et les multinationales d’Europe de l’Ouest ont maintenant accès à un vaste marché de plus de 500 millions d’habitants. Les pays les plus riches ont assis leur domination économique sur les pays les plus pauvres. Et c’est cette unification capitaliste qu’ont défendue Macron, Bayrou ou Hollande.

L’UE n’a pas unifié les peuples. Elle n’a pas harmonisé les droits des salariés. Aujourd'hui, en Europe de l’Est, le salaire minimum reste partout inférieur à 500 euros. La Grèce, l’Espagne et le Portugal ont été ravagés par le chômage. Même les droits des femmes n’ont pas bénéficié de la construction européenne. Les Irlandaises ont dû se battre pour le droit à l’avortement, qu’elles n’ont obtenu que tout récemment, et les Maltaises et les Polonaises en sont privées.

Alors, le bilan de l’UE n’est certes pas glorieux. Mais celui des différents États nationaux n’est pas meilleur ! Les attaques de Sarkozy, de Hollande et maintenant de Macron contre le monde du travail n’ont pas été décidées à Bruxelles, mais à Paris.

À l’approche des élections européennes, Macron et les pro-UE s’opposent à Le Pen, Salvini et aux anti-UE de l’autre. C’est une mise en scène et un faux combat. Le gouvernement de Salvini veut obliger les chômeurs à accepter n’importe quel emploi, tout comme Macron le fait avec ses décrets anti-chômeurs.

En réalité, la seule opposition qui compte, c’est celle entre les travailleurs et le grand capital. Quelle que soit leur nationalité, les travailleurs d’Europe, les travailleurs du monde ont les mêmes intérêts : défendre leur emploi, leur salaire et leur pension ; contrôler l’économie afin qu’elle fonctionne pour le bien de tous. Dans les élections européennes, ce sera la campagne de la liste présentée par Lutte ouvrière, conduite par Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier.

Répression : une volonté de démonstration sécuritaire


Démonstration sécuritaire

Pour que la droite ne puisse pas l’accuser de faiblesse face au mouvement des gilets jaunes, le gouvernement a encore une fois haussé le ton. Mais au fond, cela ne fait que souligner son impuissance.



Le préfet de police de Paris ? Limogé pour ne pas avoir assuré le calme. Il fallait un coupable : ce haut fonctionnaire promu fusible a sauté. Philippe a aussi annoncé une interdiction des manifestations de gilets jaunes à Paris, Bordeaux et Toulouse, du moins dans les quartiers chics. Partout ailleurs, chaque préfet pourra – mais la possibilité en existe déjà – faire de même au prétexte de la « présence d’ultras » ; toute personne allant à un rassemblement interdit encourra une amende portée à 135 euros.
Les forces de police auront, selon Philippe, plus d’autonomie et d’initiative, donc de latitude pour attaquer des manifestants. Elles auront aussi des moyens nouveaux : drones, additifs chimiques destinés à marquer les manifestants durant des semaines.
« Nous traquerons tous ceux qui appellent à la haine, à l’émeute et à la casse », a dit Castaner, par un usage accru de l’article 40 qui le permet, même si le gouvernement en a déjà usé 43 fois depuis le début du mouvement.
La matraque, les tirs de LBD, les grenades ont déjà plus que servi. Quant à la prétendue retenue des gendarmes mobiles, CRS, unités anticasseurs, la liste de ceux qu’ils ont blessés et les vidéos de leur violence sont là pour la rappeler. Mais le gouvernement Macron-Philippe veut se montrer prêt à en user encore plus.
Certains à droite, tout en accusant le gouvernement de manquer de détermination, font remarquer que, même sans la loi dite anticasseurs que Macron est allé chercher chez les Républicains, il disposait déjà de tout l’attirail policier et judiciaire répressif qu’il souhaitait.
Macron et Philippe voudraient d’abord frapper… l’opinion par leur posture sécuritaire, en espérant que l’intimidation fera cesser ce mouvement dont ils n’arrivent pas à se dépêtrer. Y parvenir, c’est une autre affaire. Car les protestations des gilets jaunes, et de bien d’autres, ont des racines sociales que toutes les menaces ne feront pas disparaître.

                                                                            P.L. (Lutte ouvrière n°2642)