dimanche 30 décembre 2018

Macron, Benalla, même combat pour les mêmes intérêts


Grand et petit représentants de commerce

 


Tel le sparadrap du capitaine Haddock, Alexandre Benalla continue d'agacer Macron. Ce nervi joue, parait-il, depuis son éviction de l’Élysée, voire avant, les intermédiaires entre des sociétés privées et des dictateurs africains comme le tchadien Idriss Déby. Pour faciliter ses voyages d'affaires louches et accessoirement pour éviter les contrôles, Benalla se sert des passeports diplomatiques que les autorités lui avaient attribués et qu'il n'a pas restitués. Benalla représentant de commerce ? En la matière il n'arrive pas à la cheville de Macron qui lors de ses voyages joue les VRP de luxe pour les grands groupes français, les Dassault, Bouygues et autre Bolloré.

De Benalla à Macron, les capitalistes ne manquent pas de serviteurs pour leurs magouilles.

Noël de la police : Le père fouettard au rendez-vous de Noël



Lettre au père noël reçue 5 sur 5

 


Le 23 décembre, le ministère de l'Intérieur a passé un appel d’offres pour une commande de nouveaux lanceurs de balles de défense, armes de type Flash-ball. Utilisée par la police et la gendarmerie, cette arme a causé pas mal de blessures graves dont une dizaine d'éborgnements. La commande porte aussi sur 270 lanceurs à 4 coups et 180 lanceurs à 6 coups. Jusqu'à maintenant, l'arme qui équipe policiers et gendarmes est à un coup, donc la dangerosité pour les manifestants va augmenter.

Macron s’occupe d’une drôle de manière de la souffrance de « ses forces de l'ordre ».




 

Salaire : c’est lui qui prime


Le bon raisonnement

 
À l’usine de Biesheim du groupe Constellium, dans l’Est de la France, spécialisé dans l’aluminium, les syndicats CFDT, CGT et FO ont dénoncé le caractère « éphémère » de la la prime voulue par Marcon, « qui dépend uniquement de la bonne volonté des employeurs », et réclament de véritables augmentations de salaires.
Si une prime est mieux dans le porte-monnaie des travailleurs que dans les poches du patron, elle ne règle pas la question des salaires qu’il faut dans tous les cas augmenter et indexer sur les prix.

Les révolutionnaires et le mouvement des Gilets jaunes. Un article de notre revue Lutte de Classe n°196 – décembre- janvier2019 (en feuilleton) -2-


... Suite (2)



Une crise politique majeure

Mais ce qui est sûr, c’est que nous sommes dans une crise politique importante. Le texte sur la situation intérieure décrit le tangage qui secoue la Macronie depuis déjà quelques mois, avec la chute dans les sondages, les doutes des fidèles, l’affaire Benalla, les départs de Hulot et de Collomb. Depuis l’élection de Macron, nous défendons l’idée que son pouvoir est faussement stable. Macron a certes apporté une solution à la crise de l’alternance. Mais parce qu’il gouverne au profit de la grande bourgeoisie, non seulement il est incapable de répondre aux ravages de la crise dans les classes populaires, mais sa politique ne peut que les aggraver.
Ce raisonnement, nous le faisons depuis le début, il est devenu aujourd’hui réalité. C’est monté crescendo mais on en est maintenant à ce que des commentateurs politiques envisagent sérieusement la chute du gouvernement.
La crise politique est là et elle est profonde. Que le gouvernement arrive ou pas à rétablir le calme, cette crise politique continuera. D’abord parce que Macron est largement discrédité dans la population et par là même, dans une certaine mesure, aux yeux de la bourgeoisie.
Du point de vue des possédants et de la bourgeoisie, Macron ne fait plus vraiment le job. Il avait tout pour plaire à la grande bourgeoisie, aux banquiers et compagnie, il y a dix-huit mois. Maintenant qu’il met le pays à feu, si ce n’est à sang, et ce, pour une broutille comme la taxe carbone, la bourgeoisie a quelque raison d’être moins contente de lui.
Ce que la bourgeoisie attend de son personnel politique, c’est qu’il gère la situation en assurant l’ordre social. C’est qu’il fasse passer la pilule d’une politique foncièrement favorable aux plus riches. Et les critiques que l’on entend de la bouche de vieux briscards du genre de Royal ou de Hollande, mais aussi de Cohn-Bendit, soutien de la première heure de Macron, qui pointent son inexpérience et son orgueil surdimensionné qui l’auraient empêché de reculer au moment où il le fallait, toutes ces critiques reflètent sans doute ce qui se dit aussi du côté de la bourgeoisie.
Cette crise est d’autant plus préoccupante pour la bourgeoisie que la défiance qui s’exprime vis-à-vis de Macron s’exprime aussi vis-à-vis de l’État. La légitimité de l’élection de Macron et les institutions sont contestées. Et le fait que les violences du samedi 1er décembre, la casse et les affrontements contre les CRS, soient majoritairement compris et acceptés non seulement par les gilets jaunes eux-mêmes, mais y compris dans une large fraction de la population non mobilisée, montre la cassure d’une partie de la population avec l’État.

La politique des partis d’opposition

Du côté de l’opposition (extrême droite, droite, PS, LFI, PCF…) tout le monde tire à boulets rouges sur Macron. Après Dupont-Aignan et Wauquiez qui ont revêtu un gilet jaune, Hollande s’est fait photographier avec eux en prenant un plaisir manifeste à enfoncer le petit jeune qui lui a volé la place. La vengeance est un plat qui se mange froid, paraît-il. Eh bien, Hollande savoure.
Alors voilà, tous les politiciens que compte le pays font la leçon à Macron. Y compris ceux qui sont passés au pouvoir à un moment ou à un autre, et qui ont donc une responsabilité écrasante dans la situation actuelle. Ils prétendent tous avoir la solution pour mettre fin à la fronde sociale.
Cette unanimité et cette unité contre Macron avec les gilets jaunes, que tous disent comprendre, sont complètement fictives. Mais comme dans ce mouvement il y a effectivement tout qui s’exprime, et que bien des militants y interviennent pour le tirer dans tel ou tel sens, il n’est pas difficile pour eux de s’en revendiquer d’une façon ou d’une autre. Tant que le mouvement se focalise sur la politique fiscale injuste du gouvernement, sans s’attaquer à la bourgeoisie, chacun de ces partis pourra y défendre sa partition.
Cela dit, tous les partis d’opposition sont suffisamment responsables vis-à-vis de la bourgeoisie pour appeler au calme social. Leurs demandes de démission de Macron (Dupont-Aignan, François Ruffin) ou du ministre de l’Intérieur Castaner (Le Pen), ou encore de dissolution de l’Assemblée nationale (Mélenchon) pour retourner aux urnes, sonnent radicales. Mais elles consistent surtout à proposer des solutions dans le cadre des institutions et pour en finir avec la rue.
Il est trop tôt pour dire dans quel sens politique ce mouvement va peser. Comment peut-il évoluer politiquement? Certains gilets jaunes voudraient se transformer en parti politique. Certains ont explicitement dit quils préparaient une liste pour les élections européennes. Vu les difficultés de leur mouvement à se doter de porte-parole, cela paraît très ambitieux. Mais ce n’est pas impossible. En Italie, nous avons l’exemple du Mouvement 5 étoiles. Très hétéroclite, il s’est constitué à partir de 2009 autour de la figure de Beppe Grillo, qui a servi de ciment. Grillo n’avait, au départ, rien d’un militant, c’était un comique, un phénomène de télévision. C’est dire que les voies de structuration d’un mouvement peuvent surprendre.
En Espagne, le mouvement du 15M (des Indignés) de 2011 a donné naissance à Podemos. Ce mouvement était sans doute plus profond, plus massif et plus marqué à gauche que ne l’est pour le moment celui des gilets jaunes. En tout cas, l’éventualité qu’un nouveau courant émerge sur la base du plus petit dénominateur commun, qui pourrait être le dégagisme, c’est-à-dire le rejet des partis classiques, n’est pas à exclure.
L’autre possibilité, c’est tout simplement que le mouvement se désagrège sous des pressions politiques contradictoires. Dans les médias, tous les partis d’opposition tentent d’instrumentaliser le mouvement pour tirer la couverture à eux. Et cela ne se passe pas que sur les plateaux de télé! Il faut se comprendre sur lexpression mouvement spontané. Les gilets jaunes sont traversés par des influences politiques multiples. L’extrême droite y grenouille depuis le début. Certaines initiatives émanent d’ailleurs de militants de Debout la France (DLF) ou du Rassemblement national (RN). Cette influence, elle s’est vue sur le barrage de Flixecourt, dans la Somme, où le 20 novembre des gilets jaunes ont dénoncé six migrants cachés dans une citerne, et s’en sont vantés. Elle se voit avec la rumeur délirante sur l’accord de Marrakech qui forcerait la France à ouvrir ses frontières. Pour l’instant, ces prises de position antimigrants sont restées très minoritaires et les propos racistes ont souvent explicitement été rejetés par des gilets jaunes qui y étaient confrontés. Quant à l’omniprésence du drapeau tricolore, il ne serait pas juste de l’assimiler systématiquement à l’extrême droite. À l’opposé, on sent l’influence du PCF, de La France insoumise (LFI) ou de syndicalistes. En particulier dans les voix qui insistent sur les services publics.
Ce mouvement fait l’objet d’un combat politique et reflète les divisions qui existent dans la société. Qui tirera son épingle du jeu? Mélenchon ou, à lopposé, le RN? Ce mouvement, qui a donné à des milliers de femmes et dhommes le goût de lengagement et de laction collective, peut aussi faire naître des groupes daffinité qui pourraient devenir, sous l’influence de quelques militants d’extrême droite racistes ou anti-immigrés, des groupes de choc contre les migrants ou contre le mouvement ouvrier. Nous trouvons toujours des choses sympathiques dans ce mouvement parce qu’il s’agit dans une large mesure de travailleurs qui se battent et avec qui nous pouvons discuter. Mais la plupart du temps, ce n’est pas avec nous qu’ils discutent et les influences les plus fortes sont celles des préjugés de toute sorte.
Les périodes de remontée des luttes donnent un sens aux politiques révolutionnaires comme aux politiques réactionnaires. Rien n’est écrit. Il s’agit d’un combat. Même si nous ne sommes pas de taille à influencer le cours des événements, nous nous devons de proposer une politique aux travailleurs dans cette situation… 

A suivre demain…

Argenteuil – pompiers, la poste… Défense des services publics, plus que jamais


« Carte blanche » pour les détruire encore davantage ?

Nous avons évoqué à plusieurs reprises, l’enquête « Carte blanche » visant Argenteuil après Cahors concernant les services publics. Audition d’acteurs de ces derniers. Réunion plénière en présence du maire d’Argenteuil. Etc.
         Chacun connaît la situation de tous les services publics sur la Ville. La situation est noire.
         Nous apportons à ce tableau peu réjouissant deux éléments supplémentaires.
         L’un concerne l’information insistante sur une prochaine fermeture définitive de la poste de l’avenue de Stalingrad qui est certes le plus souvent fermée, mais qui devrait simplement être ouverte normalement.
         L’autre concerne les pompiers. Voilà la banderole que l’on peut voir sur le pont ferroviaire au Val-Nord à côté de la caserne des dits pompiers !

         Plus que jamais, vigilance et mobilisation sont d’actualité.

samedi 29 décembre 2018

Dette publique : un énorme pactole offert aux banques. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Dette de l’État : un pactole pour les banques

Macron l’avait tout de suite affirmé dans son discours du 10 décembre, et là on peut le croire : il n’était pas question que les mesures qu’il annonçait en réponse à la mobilisation des gilets jaunes coûtent quoi que ce soit aux entreprises.
Pour être complet, il aurait dû préciser que ces mesures (gel des hausses de taxes sur les carburants, exonération élargie de la hausse de la CSG pour certains retraités, heures supplémentaires défiscalisées, etc.) allaient aussi rapporter beaucoup d’argent aux capitalistes et aux financiers.
Pour trouver les douze à treize milliards nécessaires au financement de ces mesures, le gouvernement va jouer sur deux tableaux. Il va encore réduire l’argent affecté aux services publics utiles à tous. Il va aussi lancer de nouveaux emprunts, et donc alourdir la dette de l’État.
Au moment où l’Insee (l’organisme officiel de la statistique et des études économiques) annonce que désormais la dette de l’État équivaut à une année de production nationale de richesses, il faut rappeler qui sont ceux qui souscrivent aux emprunts d’État. Il y a quarante-cinq ans, aux tout débuts de la crise, le gouvernement s’est interdit de financer ses déficits budgétaires auprès de la Banque de France. Mais l’État a offert le gigantesque gâteau de la dette publique au monde de la finance : les banques, les très grosses sociétés et les plus riches des capitalistes. De fait, ils sont les seuls à avoir accès aux emprunts obligataires que l’État lance en permanence sur les marchés financiers pour financer ses dépenses, et d’abord les cadeaux qu’il fait à jet continu à la grande bourgeoisie.
Ainsi, le grand capital prête – contre intérêts et sans risque car il a la garantie de l’État – des sommes fantastiques à ce même État, afin qu’il les offre sous une forme ou sous une autre… au grand capital !
La boucle serait bouclée s’il ne s’agissait en fait d’une spirale sans fin. Car l’État ne cesse de lancer des emprunts – en dix ans, selon Les Échos du 20 décembre, la dette publique a ainsi augmenté de 73 % – avec comme résultat l’explosion des remboursements auxquels il doit faire face.
Il sort ainsi 40 milliards par an (42,1 milliards sont prévus en 2019) au seul titre du versement des intérêts de cette dette. Ce poste est devenu le deuxième en importance du Budget, juste après l’Éducation nationale et à égalité avec la Défense – un autre moyen de subventionner le grand capital.
Il y a là un « pognon de dingue » que les gouvernants se chargent de faire passer des poches de la population dans les coffres de la bourgeoisie.

     Pierre LAFFITTE (Lutte ouvrière n°2630)               
                                             

 

Mutuelles : d'une façon ou d'une autre, les assurés paieront plus


Mutuelles : les assurés paieront plus

Un bras de fer a opposé la ministre de la Santé et les mutuelles et assurances qui proposent des complémentaires santé. Après avoir négocié avec le gouvernement les modalités du « zéro reste à charge », c’est-à-dire la gratuité totale de certains soins dentaires, d’optique ou d’audioprothèse d’ici trois ans, elles s’apprêtaient à augmenter leurs tarifs de façon substantielle en 2019.
Certaines expliquaient la hausse précisément par cette réforme. Des retraités ont reçu des lettres leur annonçant des augmentations, de 9,4 % parfois, d’ici à 2021. Autant dire qu’il s’agissait d’une sacrée ponction sur le pouvoir d’achat.
En pleine crise des gilets jaunes, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a qualifié de « sabotage politique » ces augmentations, menaçant les mutuelles de sanctions. Selon elle, le coût incombant aux mutuelles et assurances, pour mettre en œuvre cette réforme, soit 250 millions d’euros, ne justifie aucune augmentation.
Après un premier rendez-vous à Matignon, les mutuelles et assurances avaient jusqu’au 20 décembre pour communiquer leurs décisions au gouvernement. Elles se sont finalement engagées à reverser 70 millions d’euros à ceux qui n’ont pas droit à des aides pour souscrire une complémentaire mais dont les revenus sont malgré tout très modestes. Cela devrait concerner plus de 5 millions de personnes qui obtiendront en moyenne 14 euros par an. Les mutuelles et assurances se sont engagées en outre à ne pas financer la réforme du « zéro reste à charge » par des augmentations de tarifs, mais les tarifs pourront augmenter pour bien d’autres raisons qu’elles expliqueront aux assurés. Et comme le « zéro reste à charge » sera limité à certains équipements de base pas nécessairement adaptés à la pathologie de chaque malade, les déconvenues seront au rendez-vous.
Pour une santé accessible à toutes les bourses, il ne faut pas compter sur la réforme annoncée par le gouvernement, ni sur les protestations d’une ministre.

                                                               Inès Rabah (Lutte ouvrière n°2630)

Inégalité salariale et velléités gouvernementales


À travail égal, salaire égal

 
 

En novembre, Muriel Pénicaud, ministre du travail, avait annoncé que les entreprises de plus de 50 salariés qui maintiennent les salaires des femmes inférieurs à celui des hommes seraient sanctionnées. Une amende équivalente à 1% du chiffre d'affaire était envisagée. Ce n'était qu'un effet d'annonce. En effet, les critères qui mettraient une entreprise à l'amende sont bien peu exigeants. Une entreprise pourrait maintenir les salaires des femmes inférieurs de 15% sans pour autant être sanctionnée. Rien d'étonnant de la part d'un gouvernement dévoué au grand patronat.