lundi 16 avril 2018

Nantes, révélateur du climat social et politique ?


Samedi à Nantes, du monde dans la rue contre la politique du gouvernement



Samedi 14 avril, deux manifestations se sont succédées au centre ville de Nantes. La première à 14h30, à l’appel de la CGT et de Sud Solidaires avec en tête, un cortège de cheminots grévistes très combatifs et déterminés à continuer leur mouvement avec les slogans « cheminots en colère, on ne va pas se laisser faire ! » et « tous ensemble, tous ensemble ! ». Derrière suivaient des salariés du public comme ceux du CHU et du privé, comme ceux de Monoprix, des retraités, des jeunes lycéens et étudiants, bref tous ceux que la politique de Macron met en colère. Le cortège de 2500 manifestants (d’après la presse), grossissait au fur et à mesure sans incidents malgé l'omiprésence de la police : un millier de CRS pour encadrer les manifestants, avec 4 canons à eau et des camions anti-émeutes.
À 16h 30, le cortège a rejoint la deuxième manifestation, celle en soutien aux zadistes de Notre Dame des Landes, pour un nouveau tour en centre ville qui a rassemblé jusqu’à 8000 manifestants. Mais très vite les heurts entre la police et les manifestants ont commencé sous des nuages de gaz lacrymogène et l’entrée en action des canons à eau qui ont provoqué des scènes de panique aux terrasses des cafés.
Le gouvernement réprime mais il ne fait qu’attiser la colère et la manifestation inter-professionnelle du 19 avril s’annonce particulièrement suivie.

Syrie, la désapprobation. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine, rédigé le 11 avril avant les frappes


Lors de notre présence au marché Héloïse hier matin, nous avons pu mesurer la désapprobation de toutes les personnes avec lesquelles nous avons pu discuter sur les frappes occidentales en Syrie qui n’ont rien à voir, mais vraiment rien, avec une quelconque compassion pour les populations syriennes qui ont payé un lourd tribut à l’effondrement de la situation dans la région. Lire ci-dessous ce que notre hebdomadaire Lutte ouvrière écrivait mercredi dernier. 

Syrie : la protection des populations, prétexte à une nouvelle intervention impérialiste ?

Depuis que le régime syrien de Bachar al-Assad a été accusé d’avoir mené, samedi 7 avril, une attaque chimique à Douma, dans l’enclave de la Ghouta, les réactions se succèdent de la part des principaux dirigeants occidentaux pour se déclarer partisans d’une « réponse ferme ».
Trump a promis, le 9 avril, une décision imminente sur la réponse à donner pour faire payer Assad, et son ministre de la Défense n’a pas exclu des frappes contre le régime syrien.
On assiste donc à une campagne médiatique, notamment en France, destinée à justifier d’avance une action militaire prétendument destinée à protéger la population civile. Ce n’est pas la première fois que les dirigeants occidentaux haussent le ton et menacent le régime syrien. Peut-être les dirigeants américains iront-ils jusqu’à décider des bombardements sur la Syrie, comme ceux qui avaient visé une base aérienne syrienne en avril 2017, avec toujours le prétexte de sanctionner l’usage de gaz toxiques par le régime d’Assad.
Mais cette évolution ne doit rien à une soudaine compassion pour les populations syriennes. Avec ou sans armes chimiques, le régime a déjà fait la preuve qu’il était prêt à massacrer des populations civiles dans cette guerre qui se mène depuis 2011 et qui a fait, à ce jour, plus de 350 000 morts. Depuis le début des affrontements en Syrie, les États-Unis ont certes critiqué la dictature d’Assad, mais ils ont montré qu’ils étaient tout à fait prêts à s’accommoder de son maintien au pouvoir, en particulier quand ils ont fait de la guerre contre Daech leur priorité.
Mais la débâcle des milices de Daech a créé une situation nouvelle qui est loin de satisfaire les dirigeants américains. En effet, grâce à l’appui de la Russie, le régime d’Assad s’est renforcé aux dépens des milices soutenues par l’Arabie saoudite, alliée des États-Unis. Mécontente de l’appui américain aux Kurdes, la Turquie s’est rapprochée récemment de la Russie. Ainsi, le 4 avril, s’est tenu un sommet réunissant, aux côtés du président turc Erdogan, Poutine et le président iranien Hassan Rohani, pour discuter du règlement du conflit syrien.
Par ailleurs, ces interventions occidentales surviennent, et ce n’est certainement pas un hasard, au moment où sont expulsées de la Ghouta les dernières milices djihadistes qui l’occupaient, financées par l’Arabie saoudite. Pour le prince saoudien MBS justement en visite aux États-Unis et en France pour faire connaître ses desiderata, c’est une de ses dernières possibilités d’influer sur l’avenir de la Syrie qui disparaît. Pour les États-Unis aussi, c’est risquer de perdre un atout. Trump qui, quelques jours auparavant, avait déclaré son désir d’évacuer les troupes américaines de Syrie, a donc subitement changé d’avis, ne serait-ce que pour faire plaisir à son protégé saoudien.
Ce dernier revirement américain sera-t-il durable, ou ne sera-t-il qu’une gesticulation de plus, imitée servilement par la France de Macron ? En tout cas, en renforçant leur pression sur le régime syrien, les dirigeants américains voudraient affirmer qu’aucun règlement politique ne peut se négocier sans eux. Leur indignation de commande, sous prétexte d’usage d’armes chimiques, ne vise nullement à défendre la population syrienne, ni à mettre fin à ses souffrances et à la guerre qui dure depuis sept ans, mais seulement à continuer à imposer leur droit de participer à l’ignoble partie d’échecs qui se joue avec le sang des populations.

                                          Marc RÉMY (Lutte ouvrière n°2593)



19 avril, Argenteuil, agents territoriaux : mieux vaut maintenant que trop tard


19 avril : toutes les raisons de manifester ensemble


Le maire d’Argenteuil croit dur comme fer qu’il peut anticiper ce que sera dans quelques mois la politique de Macron à l’encontre des travailleurs de la fonction publique : salaire dit « au mérite », généralisation de la précarité, compétition accrue entre les travailleurs. Chacun sait qu’après les cheminots, nous sommes dans le collimateur. Pour aider à leur victoire, commençons à être présent à leurs côtés, ce jeudi 19 avril, à 14 heures gare Montparnasse pour se diriger en direction de l’Assemblée dite nationale.
         Jeudi, les grévistes et les manifestants n’auront pas une même revendication, mais ils s’opposeront ensemble aux objectifs du patronat et de l’Etat : augmenter l’exploitation d’où il tire ses profits pour le premier, et pour le second, faire payer aux salariés le pillage du budget en faveur des entreprises et des plus riches. 



Un car de l’Union Locale des syndicats CGT d’Argenteuil partira jeudi 19 avril pour rejoindre la manifestation interprofessionnelle à Paris-Montparnasse. Le rendez-vous est à 12 heures 45 devant la salle Jean Vilar, boulevard Héloïse. Une collecte pour participer au financement au car aura lieu dans celui-ci. On peut me transmettre les inscriptions, je transmettrai. DM

Personnes âgées dépendantes, prendre dans les poches de Bernard Arnault, Bolloré, Niel, Dassault, etc.


La solidarité, il faut l’imposer aux plus riches !


La ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré que l’instauration d’une deuxième «journée de solidarité» était envisagée pour financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Cela consiste à faire travailler gratuitement les salariés un jour férié habituellement chômé- le lundi de Pentecôte, par exemple, comme l’avait décidé le gouvernement Raffarin en 2004.
«Nous avons plusieurs pistes», a déclaré la ministre. Mais on peut être sûr que prendre sur les 93 milliards de profits réalisés par les entreprises du CAC 40, ça ne fait pas partie des pistes de ce gouvernement.

De ce côté-là, pas de souci

Hollande, le retour ?


Non merci !



Hollande vient de sortir un livre pour vanter le bilan de son quinquennat et régler ses comptes avec Macron. Il se paye même le luxe de l’accuser de favoriser les plus riches et d’aggraver les inégalités.
Hollande ne manque pas d’air ! Sous sa présidence, les travailleurs ont vu leurs conditions de vie reculer alors que des dizaines de milliards d’euros ont été versés au patronat. Il a, entre autres méfaits, imposé la loi travail de 2016, dont il avait confié la rédaction… à Macron dont il avait fait l’un de ses ministres.
Il cherche à revenir sur le devant de la scène, mais il n’y a qu’au patronat qu’il a laissé un bon souvenir.

dimanche 15 avril 2018

Grève des cheminots, troisième temps


Une détermination qui ne faiblit pas !


Les cheminots ont à nouveau fait grève ces vendredi et samedi. Cette grève demeure très suivie dans tout le pays.
Les grévistes s’opposent à ce que leurs conditions de travail et leurs salaires se dégradent. Ils ne veulent pas devenir des pions entre les mains de capitalistes du rail. Pour l’emporter, ils n’ont d’autre choix que de mener une lutte déterminée.
Macron a décidé de faire un exemple en s’en prenant à une partie des travailleurs qui a su être combative, pour pouvoir faire reculer plus facilement l’ensemble des travailleurs. Alors ceux-ci ont tout intérêt à ce que les cheminots fassent reculer ce gouvernement au service exclusif des riches.

Un car de l’Union Locale des syndicats CGT d’Argenteuil partira jeudi 19 avril pour rejoindre la manifestation interprofessionnelle à Paris-Montparnasse. Le rendez-vous est à 12 heures 45 devant la salle Jean Vilar, boulevard Héloïse. Une collecte pour participer au financement au car aura lieu dans celui-ci. On peut me transmettre les inscriptions, je transmettrai. DM

ParcoursSup : une "réforme" pour aggraver la sélection, mise en place sans préparation ni moyens


L’usine à gaz




Témoignage d’un professeur de lycée également enseignant à la fac 

Parcours sup côté lycée : 

Les conseils de classe, surtout celui du second trimestre, deviennent beaucoup plus longs et leurs enjeux sont différents. Toutes les questions relatives à l'ambiance de classe et aux élèves sont vite expédiées, et nous sommes est invités à examiner tous les vœux formulés par les élèves sur la plate-forme ParcourSup.
D'abord, il nous faut émettre un premier avis sur l'adéquation entre le vœu de l'élève (par exemple, BTS ou IUT) et son projet professionnel. Cette première étape déjà est absurde car la plupart des élèves n'ont aucun projet professionnel très défini, ce qui est d'ailleurs bien normal à 17ans.... Elle l'est aussi car même un jeune qui veut travailler dans le sport a bien le droit de demander une fac de lettres. Or, dans la logique ParcourSup, nous sommes invités à évaluer comme "peu cohérente" cette demande, eu égard à son projet.
Pour noter la qualité de cette adéquation, nous devons choisir entre "très cohérent/cohérent/peu cohérent/incohérent".
Cette étape représente en outre une charge de travail supplémentaire monstrueuse pour le Professeur Principal de la classe, qui doit s'assurer que tous les élèves aient suffisamment précisé leur projet professionnel pour que l'on puisse évaluer cette adéquation.
Ensuite, il faut évaluer la capacité de l'élève à s'en sortir dans la formation demandée, ce qui est assez délicat là aussi. Nous avons le chois entre "Très satisfaisant/satisfaisant/peu satisfaisant/peu démontré". Là les élèves ont bien été évalués. Nous avions demandés au proviseur de mettre "Très satisfaisant" à tout le monde, mais il a refusé, arguant que les parents d'élèves seraient montés au créneau.
Enfin, les élèves, même pour aller à la fac, sont obligés de motiver leurs vœux par des lettres de motivation, qui est un exercice extrêmement discriminant socialement. Aucune structure d'aide n'a été mise en place pour aider les élèves à les rédiger. J'ai dû donner un coup de main à un élève qui m'a demandé explicitement de corriger ses lettres pour entrer au STAPS.  

Et côté Fac : 

La prise en compte des vœux sur ParcourSup est délicate, surtout que le personnel enseignant est très divisé sur la question de la sélection. La réunion devait se tenir la semaine prochaine, mais elle a été repoussée par les mobilisations étudiantes

Argenteuil, jardins, végétaux et fleurs, une belle journée


Une idée qui doit germer

 
                                                             Photo site internet Ville d'Argenteuil

En ce printemps naissant, aujourd’hui jusqu’à 18 heures, plusieurs pépiniéristes et horticulteurs proposent à nouveau à la vente plantes, arbustes, fleurs, arbres fruitiers et même plans de légumes. Cette « vallée aux fleurs » a lieu boulevard Héloïse le long du marché du même nom.
         C’est une excellente initiative, mais pourquoi les services municipaux et les initiatives associatives locales dédiés ne sont-ils pas de la partie ? Jardins ouvriers, jardins et pédagogiques, et surtout le service municipal « parcs et jardins » avec les serres du Val-Nord auraient toutes leurs places dans cette « vallée » des végétaux.
         Voilà un beau sujet pour l’édition suivante des « Etats généraux de l’associatif qui ont eu lieu il y a quelques semaines et qui manquaient de véritable contenu, à savoir : « quelles synergies sont-elles possibles entre le réseau marchand, le réseau associatif, et les services municipaux concernés pour le grand bénéfice des habitants ? »
         D’évidence, la « vallée aux fleurs » pourrait être l’occasion d’une belle mise en pratique.