samedi 14 avril 2018

Syrie : les mensonges de Trump et Macron


Menteurs !



Trump a multiplié ces derniers jours les menaces de frappes militaires contre le régime syrien de Bachar Al-Assad sous prétexte de lui « faire payer » l’usage d’armes chimiques.       

Des frappes « uniques » américaines, françaises, et britanniques viennent d’avoir lieu cette nuit. Ce qui est sûr, c’est que les dirigeants occidentaux n’ont pas été pris d’une soudaine compassion pour le peuple syrien. Depuis le début des combats en Syrie, ils ont montré à plus d’une reprise qu’ils sont tout à fait prêts à s’accommoder du régime dictatorial et sanguinaire d’Assad. Le sort de la population n'entre jamais dans les calculs des puissances impérialistes, pas plus en Syrie qu’ailleurs.
Quant à Macron qui a emboité le pas de Trump, il fait preuve de l’hypocrisie dont il est coutumier. Loin d’accueillir les femmes et les hommes qui fuient la guerre en Syrie, son gouvernement leur ferme les frontières et organise leur traque, ici en France.

vendredi 13 avril 2018

Grève des cheminots, des cheminots toujours aussi déterminés. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2593


SNCF : une grève et des cheminots déterminés

Les 8 et 9 avril, pour leur deuxième séquence de 48 heures, la grève des cheminots était à nouveau massive et solide. Pepy, le PDG de la SNCF, interrogé le matin du 9 avril, n’a pu que confirmer que la grève était très suivie.


Ainsi, d’après les chiffres de la SNCF, les conducteurs étaient en grève à 75 % et les contrôleurs à 71 %. Sur l’ensemble de l’Exécution, la direction donnait le chiffre de 36 % de grévistes, en baisse selon elle de 8 %. Mais la CGT quant à elle annonce qu’un cheminot sur deux était à nouveau en grève les 8 et 9 avril. Elle indique par exemple que, dans les ateliers de maintenance qui y sont soumis, les déclarations d’intention de grève (D2I) étaient en hausse de 10 %.
Le seul motif de satisfaction de Pepy était que le pays ne soit pas complètement paralysé… avec un TGV sur cinq, un Transilien ou TER sur trois, un Intercité sur six ! Alors que la direction fait feu de tout bois, tente de mobiliser la hiérarchie pour remplacer des grévistes, modifie toute la programmation des services et des repos pour tenter de limiter l’impact de la grève, le fait est là : la grève est puissante, et pas uniquement chez les roulants. Dans de nombreux ateliers, très peu de rames sortent lors des jours de grève et la direction est contrainte de reporter des opérations de maintenance.
La mobilisation se traduit aussi dans la participation aux assemblées générales. La CGT indique que, le 9 avril, plus de 13 000 cheminots se sont réunis, soit 2 000 de plus que le 4 avril et donc près d’un cheminot sur dix. Le 9 avril, une manifestation à Invalides, près de l’Assemblée nationale, a regroupé plus d’un millier de cheminots. D’autres manifestations se sont déroulées en province.
La solidité de la grève est aussi dans les têtes. Édouard Philippe pensait peut-être impressionner les cheminots en affichant, dans une interview, sa « détermination à aller au bout » et en déclarant : « Dès le 26 février, lors de ma première déclaration sur la SNCF, j’ai dit qu’il y avait des sujets qui n’étaient pas négociables : l’ouverture à la concurrence, la réorganisation de l’entreprise et la fin du recrutement au statut. Nous n’y reviendrons pas. » Mais de nombreux grévistes savent qu’en 1995 Juppé affichait la même détermination… avant de reculer piteusement. Et dans toutes les assemblées de grévistes, dans les discussions, la détermination reste intacte.
De nombreux cheminots, fiers de leur mobilisation, constatent l’inquiétude du gouvernement. Plusieurs grévistes, sceptiques au départ, disent que, cette fois, « on peut gagner ! » Dans de nombreux endroits, lors de diffusions aux usagers, lors d’opérations sur des péages, dans des rencontres avec d’autres secteurs, les cheminots ont pu constater le soutien qu’ils ont parmi les travailleurs, malgré la gêne occasionnée. Et surtout la conviction est générale qu’il s’agit d’une attaque sans précédent, que l’avenir de tous est en jeu.
Si, dans certaines gares ou ateliers, une minorité préfère dès à présent rester en grève afin de militer activement pour les prochaines journées, la grande majorité des cheminots s’inscrit aujourd’hui dans le calendrier de deux jours de grève sur cinq proposé par les directions syndicales.
L’objectif est donc partout de préparer les journées des 13 et 14 avril et de convaincre partout que l’on peut et que l’on doit faire reculer ce gouvernement.

                                             Christian BERNAC (Lutte ouvrière n°2593)

Tarnac, relaxe des prévenus, police menteuse, justice piteuse, et un épilogue évident que l’on attendait


Un coup lamentable



Les prévenus dans cette piteuse affaire viennent d’être relaxés. Une satisfaction pour tous ceux qui connaissaient la réalité dès le début d’une ténébreuse affaire montée de toute part. Ci-dessous, un article de Lutte ouvrière du 14 mars dernier.

Procès de Tarnac : police menteuse, justice piteuse 

Le procès dit de Tarnac vient de s’ouvrir, près de dix ans après les faits.

En novembre 2008, le gouvernement, en l’occurrence la ministre de l’Intérieur du président Sarkozy, Michèle Alliot-Marie, annonçait à son de trompe une grande victoire contre un complot terroriste. Une armada de gendarmes, une flotte de cars de police, une nuée de semelles à clous avaient fondu sur une petite ferme de la localité de Tarnac et embastillé pour des mois huit jeunes gens qui vivaient là. La presse faisait aussitôt ses gros titres de l’opération et la ministre se pavanait sur les plateaux de télévision, prétendant avoir terrassé le grand Satan. Les spécialistes policiers, les politiques et les commentateurs en tout genre défilaient alors dans les médias, vantant l’excellence des services policiers français et la nocivité de la prétendue ultragauche.
Les juges chargés d’instruire le procès ont eu, eux, beaucoup plus de mal à se dépatouiller de l’affaire, au point qu’ils ont été tentés de la classer sans suite à plusieurs reprises. Les charges ne tiennent pas, les accusations sont contradictoires et parfois mensongères, la police et les services antiterroristes semblent avoir monté l’affaire de toutes pièces. De tout ce vacarme, il ne resterait aujourd’hui que des fers à béton mettant hors service des caténaires de la SNCF. Si le fait est avéré, la culpabilité des huit de Tarnac est loin d’être prouvée.
Mais voilà, l’État ne peut pas admettre avoir emprisonné pour rien huit personnes et leur avoir pourri la vie pendant dix ans. Des ministres ne peuvent pas venir avouer qu’ils se sont monté le bourrichon et ont menti au public en toute connaissance de cause. Alors, la procédure judiciaire a suivi son cours.
Le comportement des ministres de Sarkozy, montant un coup lamentable pour se faire valoir ou pour déstabiliser la concurrence, est pitoyable. Mais le fait qu’ils puissent, pour leurs combats de pieds nickelés, mettre l’État à leur service est révélateur, comme l’est l’aveuglement volontaire de la machine étatique qui, une fois lancée, va jusqu’au bout de l’absurdité.

                                             Paul GALOIS, 14 mars 2018

Arabie Saoudite, visite princière et gros contrats


Joli Total


La visite du prince héritier saoudien à Paris ces derniers jours s'est conclue par d'importants contrats commerciaux à hauteur de 18 milliards de dollars. Parmi les grands gagnants de ce marché, on trouve sans surprise Total, qui voit grimper ses parts dans la plus grosse raffinerie, du pays ou encore Veolia, qui s'occupera du traitement des eaux usées industrielles.
A aucun moment Macron n'a évoqué avec le prince héritier de cette monarchie dictatoriale le sort de l'opposition réprimée, celui des femmes dont les droits sont toujours inexistants et celui de la population du Yémen où l'Arabie Saoudite mène une guerre sanglante et criminelle depuis plusieurs années...Toutes choses qui auraient nui au bon climat commercial.

Argenteuil, Echos des cloches et des nids-de-poule


Pas très catholique

 
Prennent-ils les habitants pour des cloches ?

Nombre d’habitants du centre, et particulièrement du quartier de la basilique n’en peuvent plus d’entendre les cloches de cette dernière sonner à la volée à qui mieux mieux.
         Mais qu’est-ce qui a pris au curé de cette paroisse pour s’approprier largement un espace sonore dont il n’est pourtant pas le seul bénéficiaire ?
         Faudra-t-il bientôt aller lui sonner les cloches pour qu’il cesse ce divin boucan ?

De toute urgence

La municipalité a bien voté lors du dernier conseil municipal une enveloppe substantielle supplémentaire pour réparer une voirie en piteuse état que les conditions climatiques de ces derniers mois n’ont pas arrangé.
         Nous supposons que les membres de l’assemblée locale utilisent les mêmes voies que nous. Il en est de grande circulation où des travaux sont à exécuter de toute urgence : place Pierre Sémard, par exemple près de la gare, rue Victor Puiseux, devant le collège Carnot, rue du Paradis, avenue jean-Jaurès, ou encore à l’entrée de la RD 311 près du parc des Berges, où des nids-de-poule importants guettent les véhicules. En tout cas, nous sommes allés aujourd'hui à Enghien, là, rien de cela.
         Les combler et d’autres du même genre est une priorité, si tant est que la municipalité s’intéresse vraiment au sujet. Bien évidemment avec les effectifs nécessaires pour le faire.

Brésil, Lula en Prison. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière


Sur un mur de Brasilia


Brésil : contre Lula, la rancune de la bourgeoisie

La Cour suprême brésilienne a tranché jeudi 5 avril, par six voix contre cinq : Lula doit aller en prison. Après quelques politiciens, grands patrons et hauts cadres, l’ex-président tombe victime du scandale Petrobras.
La raison de sa condamnation n’est pas uniquement judiciaire. Lula est visé par une dizaine d’enquêtes, mais les juges n’ont pas trouvé grand-chose de concret contre lui. Pourtant ils l’ont condamné à douze ans de prison parce que l’un d’entre eux a estimé qu’un appartement triplex que la société du BTP OAS possède sur la plage de Guaruja, près de Sao Paulo, et qu’elle a rénové pour un million d’euros, lui était en réalité destiné, pour récompenser ses interventions dans des marchés passés par Petrobras, la société pétrolière nationale. Pourtant Lula n’est pas propriétaire de cet appartement et ne l’a jamais habité.
La condamnation de Lula, dirigeant du Parti des travailleurs, est avant tout politique. On comprend l’indignation de ses partisans qui manifestent contre son incarcération, car des dizaines de politiciens pris en flagrant délit, la main dans le sac, restent gouverneurs d’État ou continuent de siéger au Sénat ou à l’Assemblée. Ainsi Michel Temer, homme de droite qui ne doit son poste qu’au fait que Dilma Rousseff, du même bord que Lula, a été destituée de la présidence, est aussi visé par de graves accusations de corruption mais les députés ont refusé de le mettre en accusation.
Dans une autre existence, il y a quarante ans, Lula a été un ouvrier, un militant, un dirigeant de grèves qui ont ébranlé la dictature. Même s’il n’a jamais été un révolutionnaire, il a représenté pendant des années aux yeux des travailleurs brésiliens l’espoir d’un monde meilleur, où militaires et patrons ne seraient plus tout-puissants.
Plus tard à la présidence, entre 2003 et 2010, Lula a bénéficié de la bonne santé de l’économie brésilienne pour accorder aux pauvres des aides sociales un peu plus larges. Mais il a aussi déçu des électeurs de son parti, le Parti des travailleurs, qui est arrivé au pouvoir en promettant un gouvernement propre et transparent, et qui s’est conduit comme ses prédécesseurs. Lula, puis Dilma Roussef ont gouverné en alliance avec la droite.
Jamais les capitalistes du soja, du sucre, de la viande, du pétrole, des mines de fer, de la déforestation, des OGM, les grands propriétaires terriens, les banquiers n’ont autant fait de profits que pendant la présidence de Lula, de 2003 à 2010. Lui-même a été jusqu’à qualifier de héros les grands planteurs de canne à sucre, dont certains continuent à pratiquer l’esclavage.
Le Parti des travailleurs s’est usé au pouvoir. Et quand de grandes manifestations l’ont contesté à partir de 2013, la droite brésilienne y a vu l’occasion de prendre sa revanche. Dilma Roussef a été destituée en 2016 et à présent Lula est en prison. Dans la perspective de l’élection présidentielle d’octobre où il était favori, les concurrents de Lula se réjouissent de le voir écarté.
Les milieux bourgeois et réactionnaires n’ont jamais digéré qu’un homme issu du petit peuple ait pu accéder à la présidence et veulent maintenant se venger. Mais s’ils peuvent mettre Lula en prison, ils ne pourront pas mettre aussi facilement en cage les aspirations des travailleurs et des couches populaires.

                                     Vincent GELAS (Lutte ouvrière n°2593)


Ce soir vendredi 13 avril 
20 heures 30
Cercle Léon Trotsky
L’explosion sociale de mai-juin 1968
Salle de la Mutualité
Paris 5ème
                                                                                                  Entrée : 3 euros