samedi 10 mars 2018

Espagne : la grève générale au féminin


Elles montrent la voie : celle de la lutte collectivre

 
... Pour l'Egalité
Des millions de personnes se sont mobilisées en Espagne ce 8 mars, en participant massivement à une grève générale et aux manifestations à Madrid et Barcelone et dans toutes les grandes villes du pays. Il s’agissait, entre autre de protester contre les écarts de salaires, de l’ordre de 15% à poste égal, la multiplication des emplois précaires comme le harcèlement ou contre les violences faites aux femmes, contre le machisme ambiant. En donnant de la voix, ces femmes montrent la voie : celle de la lutte collective.

Argenteuil, une « Maison des femmes » en déshérence


Assez ! Il faut les effectifs nécessaires




Le 8 mars, nous sommes allés saluer les agents territoriaux de la « Maison des femmes » rue Defresne-Bast. En guise d’agents de la Ville, il y avait seulement une seule employée qui doit avoir bien du courage pour faire face, et dans la solitude.
         Cette situation est bien à l’image de ce que nous disions à propos de cette Journée internationale de lutte pour les droits des femmes ». La municipalité n’a certes pas supprimé cette structure, mais la laisse depuis des mois à l’abandon, quoiqu’en pense l’adjoint chargé du secteur. Il s’y intéresse peut-être lui-même, mais la municipalité, pas, la preuve ! Certes quelques activités hebdomadaires continuent à s’y tenir, mais ce n’est pas elles qui peuvent faire vivre un lieu qui a plus que jamais sa raison d’être mais qui a besoin d’effectifs à la hauteur des nécessités.
         A tous ceux pour qui le combat des femmes est essentiel de voir comment faire pour qu’un terme soit mis à cette situation calamiteuse.

Argenteuil, défense de Jean Vilar, « projet Héloïse »


Ses désirs pour la réalité



Selon la livraison d’hier du Parisien-95, le maire d’Argenteuil prétend que la réalisation du projet Héloïse avance : « …Les choses vont avancer. Le permis de construire va être déposée avant l’été. »
         Chacun a le droit de prendre ses désirs pour la réalité. Georges Mothron oublie-t-il déjà qu’il a demandé au promoteur des « modifications substantielles » que lui-même devra juger sur pièce avant de considérer qu’elles sont pour lui suffisantes ? Oublie-t-il qu’une enquête publique sur l’aspect « environnemental » de la question doit avoir lieu, et qu’elle est un préalable à toute étude du permis de construire ? Oublie-t-il que nous sommes en mars, et que l’été approche ?
         Oublie-t-il tout cela, emporté par la célèbre méthode Coué qui n’a jamais donné de bons résultats dans la réalité ?

Agriculteurs, retraités, Macron contre eux dans les moindres détails


Au service des riches jusqu’au bout

 
Leur champ... de préoccupations : les riches

Le gouvernement cherche à empêcher le vote au Sénat d’une mesure prise par les députés de l’ancienne majorité, qui permet aux agriculteurs retraités d’avoir une pension de 85 % du smic agricole au lieu de 75 % actuellement. Cela coûterait 400 millions, une dépense que le gouvernement veut repousser au mieux jusqu’en 2020, voire indéfiniment.
Une fois de plus, toute dépense qui n’est pas à destination des plus riches n’est pas concevable pour lui.

Mayotte, Comores, sur fond de misère, ne pas se diviser. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine.


Mayotte : la misère et ses conséquences

Lundi 5 mars, Mayotte est entrée dans sa troisième semaine de grève générale contre l’insécurité, et de nouveaux barrages routiers ont été érigés aux points clés de l’île.
À l’origine de ce mouvement, il y a les agressions qui ont eu lieu dans plusieurs lycées, où des jeunes sont entrés armés de bâtons et de machettes. Au lycée de Kahani, le personnel n’a toujours pas repris le travail et, comme dans les autres établissements, les enseignants et les agents protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail, qui n’est pas seulement due aux violences. Ils demandent des moyens supplémentaires, notamment en personnel, pour faire face à la hausse du nombre d’élèves qui est de 80 % sur dix ans.
Le 20 février, à l’initiative des syndicats des enseignants et des agents de l’Éducation nationale, un peu plus d’un millier de personnes ont défilé dans les rues de la capitale. Dans la manifestation, il y avait aussi des chauffeurs de bus, en droit de retrait depuis près d’un mois, et un collectif d’associations de Mayotte. On entendait des slogans comme : « Y en a ras le bol de ces guignols qui laissent la violence rentrer dans les écoles ». Le 23, les chauffeurs de bus ont durci leur action en menant des opérations escargot depuis 3 heures du matin au nord, au centre et au sud de l’île, paralysant la circulation et bloquant en partie l’économie jusqu’à midi.
Devant le service des étrangers, des manifestants issus du collectif d’associations s’en sont pris aux Comoriens, qu’ils accusent d’être les principaux auteurs de violences.
Les syndicats d’enseignants, la FSU, la CGT se sont alors désolidarisés des autres groupes, notamment du collectif des associations de Mayotte. La CGT Éduc’action a ainsi déclaré qu’elle « refuse que ce mouvement social unitaire soit l’objet d’une quelconque forme de récupération et ne souhaite, en aucun cas, s’associer à des actions stigmatisant une partie de la population ».
De son côté, le syndicat patronal, la Capeb, dit soutenir le mouvement contre l’insécurité et appelle le préfet et le gouvernement à agir, car les artisans et les petits commerçants sont concernés par des violences, comme les braquages. Mais ils ne se sont pas publiquement désolidarisés des événements anti-Comoriens.
Les maires ont décidé de fermer les portes de l’ensemble des hôtels de ville de l’île à partir du 5 mars « de manière illimitée ». Ils sont déterminés à poursuivre le mouvement tant que le président de la République, « ou à défaut le ministre de l’Intérieur », ne se déplacera pas pour rencontrer la population en colère. Ils ne se satisfont pas des propos de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, sur la création d’une zone de sécurité prioritaire et l’envoi d’escadrons de gendarmerie.
De son côté Laurent Wauquiez, venu prêter main-forte au candidat LR à l’élection législative partielle du 18 mars, a déversé sa bile sur les immigrés, tout en déclarant Mayotte « abandonné par le gouvernement, dans une situation qui n’est plus acceptable pour les mahorais », ajoutant : « Aucun autre département de France n’accepterait ce qui se passe ici. »
Quant à Jean-Hugues Ratenon, député de La Réunion inscrit au groupe de La France insoumise, venu soutenir un de ses candidats, il appelle à arrêter l’immigration et à renforcer les forces de répression à Mayotte.
Dans l’île, sur une population de 256 000 habitants, plus de 40 % des adultes sont de nationalité comorienne, dont la moitié en situation irrégulière. C’est l’impérialisme français qui a créé cette division entre ceux qui ont les bons papiers et les autres, en faisant de l’île de Mayotte un territoire français isolé dans l’archipel des Comores. Le reste des Comores et leur population sont laissés dans la misère. Logiquement, les Comoriens tentent donc de gagner Mayotte qui, au fond, est aussi leur pays, espérant y trouver une vie meilleure.
Le chômage touche 29 % de la population mahoraise, dont 43 % chez les jeunes, et certains individus ou des groupes organisés comme le collectif des associations de Mayotte attisent la haine. Aux classes populaires mahoraises qui peinent à trouver du travail, un logement décent et à se faire soigner correctement, ils désignent les Comoriens comme responsables de tous leurs maux. Ainsi ils détournent les travailleurs et les pauvres des véritables responsables du chômage, des bas salaires, de la vie chère, qui sont les capitalistes mahorais, français ou étrangers, qui s’enrichissent sous la protection des différents gouvernements.
Il est essentiel que les exploités ne se laissent pas diviser. Pour défendre leurs conditions de vie, pour combattre les patrons qui les exploitent, ils ont besoin au contraire d’affirmer leur solidarité, comme l’ont fait les enseignants mobilisés.

                                      Émile GRONDIN (Lutte ouvrière n°2588)

vendredi 9 mars 2018

Journée internationale du combat pour les droits des femmes. Nathalie ARTHAUD interviewé la manifestation de Paris

Cheminots, le 22 mars, et la nécessité d’une riposte à la hauteur des enjeux. Un article de l’hebdomadaire Lutte ouvrière n°2588 de cette semaine


Il faut une riposte à la hauteur de l’attaque de Macron 

Il y a une réelle provocation dans l’ampleur des attaques annoncées contre les cheminots comme dans le fait de vouloir les imposer par ordonnances, sans même faire semblant de discuter avec les syndicats. Face à une telle déclaration de guerre, des organisations ouvrières dignes de ce nom devraient tout faire pour préparer et organiser dès maintenant la riposte. Le moins qu’on puisse dire est que les directions syndicales, y compris celle de la CGT, ne se montrent pas à la hauteur de leurs responsabilités.



La réforme proposée par Spinetta contient toute une série d’attaques contre la relative sécurité de l’emploi dont bénéficient encore la majorité des cheminots, à l’égal des fonctionnaires. Elle en annonce la fin en prévoyant aussi de licencier tous ceux qui ne suivraient pas le passage au privé de leur ligne et qui n’accepteraient pas une seule proposition de mutation. Ces deux mesures visent à faciliter les licenciements.
Elles s’ajoutent à la progression depuis des années des embauches hors du statut réglementaire des cheminots et au développement de la sous-traitance. À SNCF réseau, la partie de la SNCF qui assure l’entretien et le remplacement des voies, les travaux sont effectués à 50% par la sous-traitance. Plus généralement, 30% des nouveaux embauchés en 2016 lont été selon les règles du secteur privé.
Le projet de réforme s’intègre dans une attaque générale du patronat et des gouvernements à son service, qui dure depuis des années et vise à liquider progressivement toutes les règles pouvant donner aux travailleurs une certaine sécurité de l’emploi. Avec cette réforme, Macron, comme tous ses prédécesseurs, ne fait qu’obéir aux ordres du patronat. Il s’attaque à l’une des dernières catégories de travailleurs réputées avoir un emploi à vie.
Macron lance cette épreuve de force au moment même où il annonce la suppression de 120 000 postes dans la fonction publique. Il choisit aussi de passer par ordonnances. Ce n’est pas qu’il doute du vote des Assemblées, majoritairement à ses ordres. Mais c’est une manière brutale et provocatrice de dire aux syndicats que, même s’ils sont reçus par le gouvernement et lui expriment leurs désaccords et leurs propositions, il n’y a rien à négocier, l’affaire est déjà pliée.

Macron veut frapper fort

Macron fait un pari: il gagnera beaucoup sil parvient à faire plier et les cheminots et lensemble des syndicats. Il s’attaque à un secteur fort de son nombre et de son rôle central dans l’économie, réputé pour sa conscience et sa combativité. Il s’attaque aussi à tous les syndicats à la fois, obligeant même les plus modérés d’entre eux à réagir à la claque que constitue le passage par ordonnances.
Tous les syndicats dénoncent donc la méthode. Même FO, même la CFDT s’offusquent, en tout cas du passage par ordonnances. Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, est allé jusqu’à déclarer, avec un cynisme qui frise la sincérité : «Si on nous piétine, il ne faudra pas venir nous chercher pour éteindre lincendie!» Mais que proposent les syndicats, y compris la CGT, le plus puissant dentre eux à la SNCF, pour sopposer à la réforme ?
À l’annonce des ordonnances, Laurent Brun, le secrétaire de la fédération CGT des cheminots, a bien parlé d’un mois de grève, qui serait nécessaire pour faire reculer le gouvernement. La grève a aussi été évoquée par l’UNSA, Sud-rail et la CFDT qui a même fait mine d’envisager la grève reconductible à partir du 14 mars. Mais il ne suffit pas de parler de grève, il faut la préparer réellement, et pas seulement par quelques déclamations plus ou moins radicales.
Au-delà de telle ou telle mesure contenue dans le rapport Spinetta, Macron a engagé une épreuve de force avec les cheminots. L’issue de cette épreuve de force aura des conséquences pour tous les travailleurs. La déclaration de guerre de Macron aurait exigé une réponse immédiate. Mais Martinez, le secrétaire confédéral de la CGT, a déclaré que les syndicats avaient décidé d’attendre le 15 mars, pour se laisser le temps de voir si les négociations avec le gouvernement allaient dans le bon sens, avant de lancer éventuellement la grève. Le gouvernement se met en ordre de bataille, et lui n’a donné pour seule consigne que d’attendre!
La fédération CGT se contente donc pour le moment d’appeler à la manifestation du 22 mars pour l’ensemble de la fonction publique. Seul Sud-rail a déposé un préavis de grève nationale, et encore seulement pour le 22 mars. La fédération CGT continue à s’excuser de ne pas appeler à la grève au niveau national le 22 mars, pour permettre aux trains de rouler et de transporter tous les cheminots vers la manifestation parisienne. Quel plaidoyer lamentable pour justifier l’inaction! Comme si les cheminots, tout en étant en grève, ne pouvaient pas acheminer les manifestants! Et surtout, elle nannonce rien de précis pour la suite.

Il faudra se défendre

Pourtant, la plupart des cheminots sont conscients de l’ampleur de l’attaque, et du fait qu’elle concerne aussi l’ensemble du monde du travail. S’ils sont pour le moment très attentifs à l’unité syndicale et dans l’attente de ce que fera la CGT, beaucoup comprennent, y compris parmi les militants syndicaux, qu’il serait grave pour l’avenir de laisser passer cette attaque sans réagir. Beaucoup disent d’ores et déjà qu’ils seront en grève le 22 mars et qu’ils participeront à la manifestation. Mais une manifestation, aussi réussie qu’elle soit, une journée de grève, aussi massive qu’elle soit, si elles peuvent être un avertissement, ne suffiront pas à faire reculer le gouvernement. Pour cela, il faudra toute l’énergie, la détermination des travailleurs du rail conscients de l’enjeu, leur capacité aussi à entraîner leurs camarades de travail dans les manifestations et dans la grève.

                                 Valérie FONTAINE (Lutte ouvrière n°2588)

Lafarge, par la grève, comme partout ailleurs, l’urgence de l’augmentation des salaires


La seule voie, celle qui a payé et qui paiera


     Neuf sites du cimentier Lafarge étaient en grève depuis le 27 février. Au Teil, une large majorité des travailleurs de l'usine ont fait grève et bloqué le site toute une semaine, jusqu'au lundi 5 mars. À Lozanne, près de Lyon, la production était aussi perturbée et aucun camion ne pouvait sortir, avec un piquet de grève à l'entrée du site. Il en a été de même sur le site de Martres-Tolosane en Haute-Garonne.
     Les grévistes ont finalement tous repris le travail après avoir obtenu, au niveau du groupe, des augmentations de salaires. Lafarge a cédé sur un minimum de 2% d'augmentation au lieu des 1,6% proposés par la direction, ainsi qu'une prime de 900€, versée en deux fois. Et la moitié des jours de grève seront payés.
     La mobilisation des travailleurs de Lafarge a payé.

Et pendant ce temps-là…