samedi 23 juillet 2016

SNCF, Lyon-Turin, suppression de trains de nuit, la SNCF dans tous ses états


La ligne Lyon-Turin, en premier lieu, surtout bénéfique pour… les bétonneurs !

 

M. Valls est venu inaugurer la mise en service du tunnelier qui va commencer à percer le tunnel dans le cadre du projet « Lyon-Turin » pour le moins très controversé, et il y a de quoi : une dépense gigantesque pour une utilité à terme des plus discutable alors que la ligne actuelle qui a été modernisée peut rendre un service similaire à ce que la nouvelle ligne, selon ses initiateurs intéressés, prétendent assurer à l’horizon 2030. Nous avons reçu le communiqué suivant de la « Coordination des Opposants au Lyon-Turin ». C’est bien volontiers que nous le diffusons.

 

Un tunnelier qui creuse la dette publique et tarit les financements nécessaires à la sécurité du réseau ferroviaire français

Communiqué du 20 juillet 2016



Tous les communiqués


 

Face à l’acte terroriste de Nice, la coordination exprime sa plus vive émotion et présente ses sincères condoléances aux familles des victimes innocentes.

Le premier ministre, Monsieur Valls, sera le 21 juillet en Maurienne pour inaugurer le tunnelier qui devrait creuser une galerie de reconnaissance du Projet Lyon Turin ferroviaire. Il propose à cette occasion de célébrer :

- un équipement fabriqué par une entreprise chinoise qui ne paie pas d'impôts comme le prouve son bilan déposé au greffe. http://lyonturin.eu/documents/docs/BILAN%20NFM%20TECHNOLOGIES%202014.pdf

- une infrastructure inutile comme l'ont démontré le Conseil Général des Ponts et Chaussées, l'Inspection Générale des Finances, la Cour des Comptes, la coordination des opposants au projet Lyon Turin et comme le soulignent de nombreux élus et associations. http://lyonturin.eu/analyses/docs/Ils_ont_dit_lyon_turin.pdf

- un gâchis environnemental avec l'autorisation de destruction des espèces protégées, le tarissement des sources et des massifs.

Les partisans déclarent, le dos au mur, que ce projet est un PARI! Un PARI démesuré à 30 Milliards d'euros pour lequel le premier euro de financement en France n'est toujours pas disponible, un projet qui viole donc la définition de l'utilité publique édictée par le Conseil d'Etat dans sa décision Poitiers-Limoges.

La faillite de la liaison Perpignan-Figueras pour un coût six fois moins élevé que le Lyon-Turin (25 millions d'euros/km contre 150 millions d'euros/km) démontre l'exactitude des analyses des hautes administrations sur la faillite inéluctable du Lyon-Turin. Il est urgent d'arrêter cette gabegie d'argent public, ce qui n'hypothèque en rien l'avenir puisque les études seront conservées.

Le dossier Lyon-Turin a été justifié par le mensonge et l'interdiction du débat public avec sa cohorte de conflits d'intérêts comme l'a montré le reportage de France 3 :


En juin, les habitants de Turin ont élu une nouvelle maire ouvertement opposée au projet, Chiara Appendino du Mouvement 5 étoiles. La majorité des électeurs du Piémont est opposée à ce projet.

Le Président de la SNCF, Guillaume Pepy, a déclaré : "Ce sera autant d'argent en moins pour moderniser le réseau ferroviaire existant". Le Président de l’ARAFER, indique : "Ces projets donnent l'impression qu'on n'a pas une stratégie très claire au niveau de l'Etat ...Tout cela me rend un peu inquiet pour l'avenir du réseau" et souhaite "que l'on soit un peu plus rationnel dans la façon d'aborder le ferroviaire".

Le PARI environnemental est déjà perdu pour la vallée de La Maurienne. Les déblais seront évacués par 150 000 camions à proximité des villages avec un passage toutes les 2 minutes ainsi que la destruction d'espèces et espaces protégés.

Les opposants au Lyon Turin opposent des solutions concrètes avec effet immédiat. Ils exigent que la ligne existante soit utilisée à partir d'Ambérieu-en-Bugey et ont démontré qu'il est possible d'absorber par le rail 75 % des marchandises qui circulent sur la route entre la France et l'Italie. Ils travaillent chaque jour pour le report des marchandises de la route vers le rail, la protection des espaces naturels et des riverains, (notamment du lac du Bourget) et ne se contentent pas de déclarations stériles. Les partisans sont eux des marchands d'illusions avec l'argent public et leur communication sans apporter leur garantie personnelle.

Contact Coordination des Opposants au projet "Lyon-Turin" :

Daniel IBANEZ 06 07 74 10 17 contact@lyonturin.eu / Jean-Paul RICHARD 06 15 72 57 19 jepari111@gmail.com


 

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Et pendant ce temps, l’État supprime les trains de nuit

 

Suppression des trains de nuit : non seulement ils nous roulent mais ils ne nous transportent plus

 

L’Etat a décidé de supprimer la moitié des trains de nuit encore en activité à partir d’octobre, le but étant de faire des économies.

La SNCF avait largement organisé la désaffection de ces trains, en les rendant peu visibles et peu attractifs. Mais ils continuaient de rendre service. . Même s’ils sont moins fréquentés qu’avant, ils le sont surtout par un public populaire qui n’a pas les moyens de payer les tarifs de plus en plus élevés du TGV.

Encore un service utile aux milieux populaires que l’État supprime pour pouvoir ensuite mieux financer le patronat

vendredi 22 juillet 2016

Loi travail, Tour de France, bientôt le Tour... du retrait ou sa non-application ?


Ce que le Parlement fait, la rue peut le défaire !

 
En utilisant pour la troisième fois l'article 49-3, le gouvernement a fini par imposer la loi travail. Outre l'opposition de l'opinion populaire, réaffirmée dans les sondages et dans la rue depuis quatre mois, Valls n'aura même pas trouvé une majorité de députés pour l'approuver.

La loi est peut-être désormais adoptée, mais l'exemple du CPE - pour lequel la loi avait été annulée après avoir été votée - montre que la pression de la rue peut transformer une loi en chiffon de papier. Un rendez-vous est déjà pris à la rentrée, avec une nouvelle journée nationale d'action prévue le 15 septembre prochain.

Contre la loi travail et toutes les attaques anti-ouvrières du gouvernement, la force des travailleurs, c'est la grève.

 
Bombardier doit réintégrer José !

 
Environ 200 travailleurs se sont retrouvés mercredi 20 juillet au tribunal des Prud’hommes de Valenciennes pour soutenir José Dessilly. En plein mouvement contre la loi Travail, la direction de Bombardier (Crespin) l’a licencié parce qu’il a fait grève pour soutenir un collègue et a manifesté devant l’usine. Agent de maîtrise de 57 ans, José travaille depuis 38 ans chez Bombardier et il a décidé de se battre pour sa réintégration et pour que son licenciement ne serve pas d’exemple à d’autres entreprises.

L’indignation et le soutien de ses collègues et de nombreux militants de la région ne faiblit pas. Aux Prud’hommes, l’ambiance était chaleureuse et combative : c’est sous les huées et par l’Internationale qu’a été accueillie la décision du report de l’audience en référé au 3 août.

         Ce licenciement est scandaleux. José doit être réintégré chez Bombardier !

Mercredi 3 août à 9 h au tribunal des Prud’hommes de Valenciennes, un nouveau rassemblement est prévu pour soutenir José.

 
La caravane passe et nous sommes toujours là

 
Nous nous retrouverons nombreux à Argenteuil dimanche derrière le ballon de la CGT-95, comme nous l’avons été durant des mois lors des manifestations parisiennes contre la loi Travail et comme nous le serons à nouveau le 15 septembre.

         C’est à l’occasion de la dernière étape du Tour de France que nous nous retrouverons, à l’angle de l’avenue du Ml Joffre et du boulevard Marceau Guillot. Ceux qui aiment le Tour pourront profiter de la Caravane et du peloton, tout en devisant sur nos combats. La caravane est prévue à 15 heures 20 et les coureurs deux heures plus tard.

Argenteuil, opérations de police, terrorisme et arrières-pensées et surenchères réactionnaires


Argenteuil a été le théâtre hier d’une vaste opération de police dans deux quartiers populaires de la Ville en liaison avec le « terrorisme ». A l’issue de celles-ci, un homme serait toujours en garde à vue. Un bilan qui n’a donc rien d’extraordinaire. Et personne n’aura les éléments pour confirmer si ces opérations méritaient ou pas leur ampleur et surtout le retentissement médiatique qu’elles ont eus. C’est surtout celui-ci qui pose question.

         En tout cas, une semaine après le drame de Nice, il contribue à donner de l’eau au moulin à des gazettes et autres médias autour d’un sujet actuellement porteur et justifier auprès de « l’opinion » le maintien de l’état d’urgence. Mais en même temps, leur publicité alimente un climat mauvais qui vise comme par hasard des quartiers et des villes populaires.

 

Ci-dessous, un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine sur la surenchère d’idées réactionnaires opérée par les « ténors » de la droite :

 

Concours d’idées réactionnaires

 

L’attentat de Nice à peine perpétré, les différents ténors de la droite se sont lancés dans une surenchère sécuritaire, reprenant l’essentiel des mesures prônées par le FN.

Les prochaines primaires de la droite n’y sont évidemment pas étrangères, chaque candidat ou ses soutiens du moment multipliant les coups de menton et les déclarations fracassantes.

Après Copé affirmant que « la guerre est en France », et Fillon faisant mine de se demander pourquoi le gouvernement voulait arrêter l’état d’urgence la veille de l’attentat, c’est Frédéric Lefebvre qui a préconisé l’instauration de l’état de siège. La palme revient à Henri Guaino qui a dit, sans rire, qu’il aurait fallu « mettre à l’entrée de la promenade des Anglais un militaire avec un lance-roquettes ». Le député LR Jacques Myard a, lui, copié presque mot pour mot le programme du FN en proposant « d’expulser tous les binationaux en voie de radicalisation » et « d’appliquer partout sur le territoire national l’interdiction du voile ».

Même Juppé, réputé plus modéré, a estimé qu’il « fallait faire plus ». Du coup, Sarkozy y est allé de ses propositions : bracelet électronique ou placement en centre de rétention pour les individus soupçonnés de radicalisme, fermeture des lieux de culte liés au salafisme ou « mise à l’isolement de tous les détenus condamnés pour terrorisme islamique ». Qu’importe si le tueur de Nice n’était ni repéré ni encore moins fiché et donc aucunement soupçonnable, et s’il ne fréquentait pas de mosquée. Leur objectif à tous est de se démarquer de leurs concurrents en chassant toujours plus loin sur les terres de l’extrême droite.

Marine Le Pen et le FN n’ont d’ailleurs pas besoin d’ajouter grand-chose à ce florilège. Il leur suffit d’attendre que les électeurs Les Républicains choisissent l’original plutôt que la copie.

En attendant, c’est toute la société, et plus particulièrement les immigrés, qui payent cette démagogie répugnante.

J. L. G. (Lutte ouvrière n°2503)

Agents territoriaux : Grenoble, Angers, les agents disent non aux reculs


Ville de Grenoble (Isère)
Un conseil municipal sous protection policière

 

Suite à l'intervention d'habitants et de salariés de la Ville venus protester contre le plan de suppression de postes et la fermeture de plusieurs équipements, le conseil municipal du 11 juillet avait été reporté d'une semaine. Alors le 18, les habitants, bibliothécaires et service de santé scolaire se sont à nouveau retrouvés, avec en renfort les infirmières du CCAS qui refusent qu’elles-mêmes et les habitants dont elles s’occupent fassent les frais de la politique du maire. Celui-ci a eu beau faire bloquer l'accès de l'hôtel de ville, devant la colère des manifestants installés sur le parvis, il a dû faire appel à la police nationale pour les repousser.

La municipalité écologiste/Parti de gauche prétend pratiquer la "démocratie participative", mais est obligée de se claquemurer pour voter ses sales coups contre les salariés de la ville et la population

 

Agents territoriaux – Angers : la colère monte

 

Jeudi 30 juin et mardi 5 juillet, les agents de la ville et de l’agglomération d’Angers se sont retrouvés à plusieurs dizaines sur le parvis de la mairie, pour dire stop à la dégradation de leurs conditions de travail. Ils étaient à chaque fois plus d’une centaine en grève.

Les salariés de la ville, de l’agglomération Angers Loire Métropole (ALM) et du CCAS sont près de 4 000, sans compter les travailleurs sous contrat précaire, CDD ou contrat d’avenir. Salaires gelés, non-remplacement des départs en retraite, services « réorganisés » voire privatisés : les raisons d’être en colère ne manquent pas. Les fonctionnaires territoriaux angevins ont donc répondu nombreux aux appels à la grève de l’intersyndicale CGT-FO-Solidaires.

Le maire LR Christophe Béchu a pour l’instant répondu par le plus grand mépris aux revendications, les estimant « irréalistes » et « pas sérieuses », car ne tenant pas compte des « contraintes budgétaires ». Pourtant, les travailleurs ne réclament pas la lune lorsqu’ils demandent que la participation de l’employeur à la mutuelle passe de 15 à 50 %, niveau atteint dans bien des villes de taille similaire. Il n’est pas non plus injustifié de réclamer que le montant des chèques déjeuners soit revalorisé.

Le mardi 28 juin, le rassemblement devant la mairie a été rejoint par les cinq cents manifestants contre la loi El Khomri. Cette jonction a fait plaisir à tous, car chacun sait qu’une attaque contre les travailleurs du privé prépare toujours une attaque contre ceux du public, et vice-versa. Le barbecue organisé en fin de manifestation au centre-ville a été l’occasion de faire le bilan tous ensemble de quatre mois de lutte, ainsi que de se donner rendez-vous pour les prochaines mobilisations communes – dans une ambiance qui était tout sauf au découragement.

Le 4 juillet, Angers accueillait l’arrivée d’une étape du Tour de France. La ville et ALM ont déboursé 400 000 euros pour l’occasion, notamment pour payer l’entreprise organisatrice ASO. Cela sans compter les 30 000 euros mis sur la table pour offrir une belle vitrine (le village « Angers Connected Bike ») à une trentaine d’entreprises locales. Difficile de ne pas se dire que les « contraintes budgétaires » sont à géométrie variable...

                                          Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2503)

jeudi 21 juillet 2016

Beaumont-sur-Oise (Val d'Oise) : une mort inacceptable


En tout cas, un drame inacceptable d’une certaine société

 
Un homme de 24 ans, Adama, est mort mardi à Beaumont-sur-Oise dans le Val d’Oise. Présenté d’abord par certains médias comme l’homme visé par la volonté d’interpellation de gendarmes, il était seulement le frère de celui que ceux-ci recherchaient. Il aurait voulu s’interposer. Il aurait été « maîtrisé », emmené au poste, il serait mort d’un arrêt cardiaque durant son transport. Depuis lors, des incidents se sont multipliés dans cette commune, mais également, selon les médias, à Persan et à Bruyères sur Oise. Les protestataires accusent les gendarmes de l’avoir « tabassé », Adama en serait mort.

         Il y a bien peu de chance que l’on connaisse la vérité vraie. Cette affaire s’ajoute à toutes celles, nombreuses, où l’intervention de forces de l’ordres ont entraîné la mort de jeunes et de moins jeunes, sans que les causes exactes de celle-ci ne soient connues, en tout cas que la responsabilité de la police ou de la gendarmerie soit reconnue dans tel ou tel de ces drames. Nous n’avons pas oublié à Argenteuil le drame qui a coûté la vie en 2009 à un ouvrier retraité algérien, Ali Ziri.

         La police et la gendarmerie sont intouchables et règlent, à la rigueur, quand cela se fait, leurs affaires en interne.

         Ces évènements posent également une nouvelle fois la question de la séparation profonde existant entre la population et les forces dites de l’ordre composées dans ces espaces de banlieue des plus jeunes et des plus inexpérimentés de ses éléments.

         Ils posent également celle de ces petites villes de grande banlieue où « végètent » sans travail et sans espoir des centaines voire des milliers de personnes qui vieillissent sans connaître une vie véritable. C’est le cas particulièrement de ces communes où le drame s’est produit.

         En tout cas, il y a la mort d’un homme, encore jeune de surcroît, et chacun d’entre nous ne peut l’accepter.

Turquie : coup d'Etat et contre-coup d'Etat d'Erdogan. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de ce jour


Ce qui se passe en Turquie ne peut qu’inquiéter ici d'abord tous ceux qui ont encore des liens avec leur pays d’origine. Mais de tels évènements du monde, où qu’ils se produisent, ne peuvent manquer d’avoir des conséquences ailleurs. Ci-dessous, l’article sur le sujet de notre hebdomadaire Lutte ouvrière qui paraît aujourd’hui.

 

Turquie : le contre-coup d’État d’Erdogan

 

Après le coup d’État manqué de la nuit du 15 au 16 juillet, le président turc Erdogan, son gouvernement et son parti l’AKP n’ont pas perdu de temps pour assouvir leur soif de vengeance. Des milliers d’arrestations ont eu lieu, non seulement parmi les soldats impliqués dans cette tentative, mais dans d’autres secteurs de l’appareil d’État, en particulier dans la magistrature. Erdogan sort politiquement renforcé de l’épreuve, et il veut maintenant profiter de la situation.

Le pouvoir a annoncé son intention de prendre des sanctions exemplaires et même déclaré que, dans ce but, la peine de mort pourrait être rétablie, « puisque le peuple le veut ». Il a désigné son rival islamiste Fethullah Gülen, réfugié aux États-Unis, comme le responsable de la tentative de putsch. Mais comment se fier au pouvoir turc pour dire ce qui s’est vraiment passé les 15 et 16 juillet ?

Les difficiles relations entre Erdogan et l’armée

Qu’un fort mécontentement ait existé au sein de l’armée envers le pouvoir d’Erdogan, cela n’est certes pas une découverte. Le gouvernement islamiste, depuis qu’il est en place, n’a eu de cesse de prendre le contrôle de ce bastion traditionnel des kémalistes qui s’affirment comme les gardiens des traditions laïques de la République instaurée en Turquie par Mustafa Kémal après la Première Guerre mondiale et la chute de l’Empire ottoman. Ses sommets ont été largement épurés, placés sous le contrôle d’hommes de l’AKP. Mais en même temps la politique d’Erdogan a continué d’y susciter des mécontentements.

L’armée a été la première à subir les conséquences des choix du pouvoir, avec la reprise de la guerre au Kurdistan, la complicité du régime avec l’organisation État islamique présente en Syrie, la tension créée avec les États-Unis avec lesquels les militaires turcs sont habitués à collaborer. Face à ce qu’une grande partie de la bourgeoisie turque considère comme la dérive politique d’Erdogan, l’éventualité d’une intervention de l’armée a été souvent évoquée, se basant sur les précédents de 1960, 1971 et 1980 où des coups d’État militaires avaient mis fin à des périodes d’instabilité ou d’incertitude politique. Plus même, un tel coup d’État était certainement souhaité par une partie de l’opposition même si elle se garde de l’avouer aujourd’hui.

Mais justement, rapportée à ces précédents historiques, la tentative du 15 juillet a de quoi surprendre. Visiblement mal préparée, laissant le gouvernement en situation d’organiser la riposte, elle n’a été le fait que d’une partie minoritaire de l’armée dont on ne connaît guère l’orientation politique, même si Erdogan accuse maintenant son ennemi Fethullah Gülen. Celui-ci, de son coté, accuse Erdogan d’avoir organisé un putsch factice, dont il a donc pu triompher facilement.

Les dirigeants du putsch avaient-ils reçu l’assurance qu’ils seraient suivis par le reste de l’armée et, ce soutien n’étant pas venu, sont-ils ainsi tombés dans un piège ? On peut se le demander d’autant plus qu’Erdogan apparaît maintenant comme le principal bénéficiaire de la situation.

Il est peu probable qu’on sache vraiment, du moins dans un avenir proche, ce qui s’est réellement tramé au sein de l’armée et entre les sommets de celle-ci et le gouvernement. En destituant des milliers de magistrats, Erdogan prend d’ailleurs ses précautions, se débarrassant de ceux qui auraient pu pousser plus avant les enquêtes, non seulement sur les faits de corruption qui le concernent, mais aussi sur les conditions du putsch. Il peut maintenant triompher, annonçant ouvertement son intention de « faire le ménage » au sein de l’appareil d’État et d’en éliminer tous ceux qui pourraient s’opposer à son pouvoir.

Erdogan sauvé par « le peuple » ?

Erdogan proclame avoir été sauvé par l’intervention du « peuple », descendu dans la rue à son appel dans la nuit du 15 au 16 juillet pour s’affronter aux soldats. Une grande partie de la nuit, à Ankara comme à Istanbul, cet appel a été relayé par les mosquées. Mais le « peuple » en question est surtout celui des partisans de l’AKP, qui ont pu s’en prendre à de jeunes soldats désemparés faisant leur service militaire, allant parfois jusqu’au lynchage. Les mêmes paradent maintenant dans les rues, défilent dans les quartiers kurdes et alévis, promettant le châtiment à leurs habitants suspects de tiédeur envers le gouvernement islamiste, s’en prenant parfois aux femmes non voilées. L’action de ces groupes s’ajoutera peut-être à la large répression annoncée par le pouvoir. Bien des militants de gauche, ou tout simplement des Kurdes, nullement impliqués dans le putsch, en subiront malheureusement les conséquences.

Pourtant, à plus long terme, il n’est pas sûr qu’Erdogan sorte vraiment renforcé de cette affaire. Sans doute réussira-t-il à faire passer son projet de République présidentielle, qui se heurtait à de nombreuses oppositions. Mais en fait son pouvoir n’a pas été sauvé par « le peuple », mais par la haute hiérarchie militaire qui s’est détournée des putschistes. Erdogan est aujourd’hui plus dépendant que jamais de ce soutien des chefs de l’armée. Tout AKP ou proches de l’AKP qu’ils soient, ils le lui feront payer par la suite, si même ce premier putsch raté n’en annonce pas un autre.

Les événements de la nuit du 15 au 16 juillet vont se traduire par un nouveau durcissement du régime contre toutes les oppositions, non seulement parmi ses concurrents politiques directs, mais aussi du côté des militants de gauche et d’extrême gauche, des Kurdes, des syndicalistes voire de simples travailleurs voulant défendre leurs droits. Mais une victoire des putschistes aurait sans doute préludé à une évolution analogue. Plus que jamais, pour les travailleurs et tous les opprimés de Turquie, il n’est pas de sauveur suprême, ni du côté d’Erdogan bien sûr, ni du côté des militaires qui se prétendent défenseurs des libertés.

                                                André FRYS (Lutte ouvrière n°2503)

 


Loi Travail, 49-3, ce que la loi fait la rue peut le défaire


Loi travail : ce que le pouvoir fait, la rue peut le défaire
 

Après être repassée devant le Sénat mardi 19 juillet, la loi travail devait être adoptée par les députés mercredi 20. Ou, plus exactement, le gouvernement devait avoir recours une fois de plus à l’article 49-3 de la Constitution pour imposer son texte aux députés.

Mais, si la Constitution d’une part et la servilité des députés socialistes d’autre part, permettent à la loi de passer, rien ne dit pour autant qu’elle sera appliquée. Les centaines de milliers de travailleurs qui ont participé à la lutte durant quatre mois n’ont pas changé d’avis. Les millions d’autres qui les ont approuvés, malgré les campagnes de calomnies contre les grévistes et les manifestants, non plus. Les directions confédérales ont d’ailleurs déjà fixé au 15 septembre la prochaine journée d’action et les militants syndicaux commencent à la préparer.

Dans son discours du 14 juillet, Hollande a résumé la loi à ses points essentiels : les licenciements seront facilités, évidemment sous le prétexte dont personne n’est dupe de faciliter les embauches ; les entreprises pourront mettre en place des accords locaux dérogeant aux conventions collectives, c’est-à-dire dégradant les conditions de travail, allongeant les horaires, diminuant les tarifs des heures supplémentaires et donc les salaires. Il suffira pour cela qu’elles trouvent des responsables syndicaux accommodants.

Hollande a eu le front de prétendre que cette loi était dans la lignée de celles de 1936 instituant les conventions collectives. Elles en sont l’exact contraire ! En 1936, grâce à la grève générale, la force collective des travailleurs imposait des limites à l’exploitation. En 2016, la loi travail, en instituant des accords locaux, voudrait briser cette force collective pour renforcer l’exploitation.

Mais, Hollande ou pas, la force collective des travailleurs n’a pas disparu. Elle s’est même exprimée quatre mois durant contre ce gouvernement. Et elle continuera à le faire, contre la loi travail et tous les mauvais coups que patrons et gouvernement ont encore sous le coude.

                                    Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2503) 
 

Notre équipe est la meilleure

On nous informe
 
« PASSAGE DU TOUR DE FRANCE   le Dimanche 24 juillet 2016 à Argenteuil

La lutte pour le retrait de la loi Travail continue... Nous nous retrouverons le 15 septembre en manifestation à Paris, mais nous restons mobilisés, y compris ces mois d’été.

Le passage du Tour de France le dimanche 24  juillet prochain sera une occasion de le démontrer. Il permet, sans gêner personne, d’allier la fête et la poursuite de notre mobilisation. 

Le ballon de l’UD-95 et une buvette seront présents à un endroit stratégique du passage des coureurs sur Argenteuil, lorsqu’ils quitteront la descente de l’avenue du Maréchal Joffre pour tourner dans le boulevard Marceau Guillot. »

 

Bien évidemment, j’y serai, et je convie tous nos amis d’Argenteuil à s’y retrouver à partir de 12 heures. DM

mercredi 20 juillet 2016

Argenteuil : est-ce ainsi que les ATSEMS vivent ?


Usées, fatiguées, lessivées, mais aussi très révoltées !

 
Les classes sont lavées, les jouets nettoyés, les sols cirés, les travailleuses « ATSEMS » de la Ville d’Argenteuil vont pouvoir être en vacances, et pour certaines, nous l'espérons nombreuses, partir. Cela n’a pas été faciles, d’autant lorsque des travaux ont compliqué la tâche comme dans l’école Jules Ferry.

         Lessivées, les agents « Atsems » le sont encore davantage que les locaux qu’elles ont rendu nickel pour la rentrée. Mais quel travail, mais quelle année !

         Durant cette année, il a fallu faire face aux côtés des enseignants à l’augmentation du nombre d’élèves, et à la diminution du nombre d’agents "Atsems" par école.

         Il a fallu être sollicité pour aller, au pied levé, dans une autre école où les effectifs étaient à la dérive.

         Il a fallu travailler plus de 40 heures par semaine, plus que ce que la grève de 1936 avait imposé, il y a 80 ans ! Quel recul ! Quel retour en arrière !

         Il a fallu être aux côtés des enfants dans les classes, être à leurs côtés durant le temps de restauration. Il a fallu après leur départ faire ce que l’on pouvait pour évacuer les poussières du jour.

         Il a fallu, il a fallu, il a fallu, voilà le surnom que nous pourrions donner à ces travailleuses.

         Mais cela ne va pas durer longtemps.

         Usées, fatiguées, lessivées, elles le sont.

         En plus ces dernières semaines, il a fallu qu’elles jouent aux déménageurs, et pour certaines, ce n’est vraiment plus de leur âge.

         Assez !

         Le 5 septembre prochain, après avoir laissé aux enfants et aux parents quelques jours pour s’installe, elles seront en grève ce jour-là pour exprimer tout leur ras-le-bol, et que cela ne peut plus durer, non seulement pour elles-mêmes, mais justement pour les enfants qui ont besoin d’une école maternelle fonctionnant dans toutes autres conditions.

Bonnes vacances à elles, et puis au 5 septembre, et peut-être ce dimanche déjà au « point fixe » de la CGT pour regarder le Tour si affinité, ou pour se retrouver. DM