dimanche 12 juin 2016

Juin 1936 : la grève générale


Il y a 80 ans

Juin 1936 : la grève générale !

 

On parle le plus souvent de 1936 comme de l’année des conquêtes du Front populaire. Mais, si des droits furent conquis cette année-là par les travailleurs, c’est dû d’abord et avant tout à la formidable vague de grèves de mai-juin 1936. La France fut en effet paralysée par une grève générale comme elle n’en avait encore jamais connu, qui entraîna la quasi-totalité de la classe ouvrière.

Cette mobilisation plongeait ses racines dans la situation de crise que connaissaient le pays et plus largement l’ensemble du monde capitaliste, dans les années 1930. En 1934, sur douze millions de salariés, plus d’un million étaient au chômage total ou partiel. Mais la première réaction des travailleurs dans cette période se produisit sur un terrain politique. Le 6 février 1934, les milices d’extrême droite, les Croix de feu et l’Action française, marchèrent sur l’Assemblée nationale, provoquant la chute du gouvernement après une nuit d’affrontements avec la police. Un an après l’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne, ce fut la crainte d’une nouvelle victoire du fascisme qui amena les travailleurs à se mobiliser et à participer massivement à la journée de grève et de manifestation du 12 février 1934, à l’appel des organisations ouvrières.

Exploitant cette volonté de lutte et l’aspiration à l’unité parmi les travailleurs, les dirigeants socialistes et communistes constituèrent en juillet 1935 la coalition de Front populaire, auquel participait aussi le Parti radical, constitué de vieux routiers politiques de la IIIème République. Cette alliance prétendait lutter pour « la défense des libertés démocratiques, du pain des travailleurs et la paix » mais son programme se limitait à ce que pouvait accepter le Parti radical et ne comprenait aucune mesure en faveur des travailleurs.

Au terme d’une campagne ponctuée de grandes manifestations, comme celle du 16 février 1936 qui rassembla plus d’un demi-million de personnes à Paris, le Front populaire remporta les élections législatives du 26 avril et du 3 mai 1936, marquées par une poussée à gauche. Le PC doubla son nombre de voix, avec 1,5 million d’électeurs. La combativité croissante des travailleurs se manifesta aussi par une participation plus importante aux grèves et aux manifestations du 1er mai.

L’éclatement des premières grèves

Le 11 mai 1936, les travailleurs des usines Bréguet au Havre et Latécoère à Toulouse se mirent en grève, pour exiger la réintégration de travailleurs licenciés pour avoir participé au 1er mai, qui alors n’était pas un jour chômé. Dans les deux cas, les travailleurs occupèrent l’entreprise, obtenant rapidement satisfaction.

Le 24 mai, la manifestation traditionnelle au Mur des fédérés, à la mémoire des communards, rassembla 600 000 personnes. Le militant anarcho-syndicaliste Monatte écrivit : « Une manifestation de l’ampleur de celle du Mur ne pouvait pas ne pas avoir un écho le lendemain dans les usines. Quand on se sent fort dans la rue, on ne peut pas continuer à se sentir esclave à l’usine. »

Le 26 mai, dans les entreprises Nieuport à Issy-les-Moulineaux, Lavalette à Saint-Ouen, Hotchkiss à Levallois, la grève avec occupation démarrait. Le 28 au matin, les 35 000 ouvriers de Renault Billancourt cessaient à leur tour le travail, donnant le signal de la grève à d’autres grosses entreprises comme Fiat, Chausson, Gnome et Rhône, Talbot. Au total, 100 000 travailleurs de la métallurgie étaient dès lors en grève.

Cependant, les dirigeants de la CGT et ceux du PC ne souhaitaient pas que se développe un mouvement de grande ampleur, forcément plus difficile à contrôler. Le 29, dès la conclusion d’un accord local, la CGT appela à la reprise chez Renault.

La grève devient générale

Mais le mouvement était lancé et les grèves continuèrent à s’étendre. Les travailleurs de Renault, après avoir repris le 2 juin, cessèrent à nouveau le travail deux jours plus tard. Les grèves s’étendaient dans tout le pays, touchant tous les secteurs d’activité, de l’industrie aux grands magasins parisiens. Pendant presque tout le mois de juin, jour après jour, de nouvelles catégories se mirent en grève à leur tour, même les moins habituées à revendiquer, comme celle des salariés des cafés, hôtels et restaurants, celle des femmes de ménage ou des concierges.

Analysant la situation dans un article intitulé « La révolution française a commencé », Trotsky écrivait le 9 juin : « Le mouvement prend le caractère d’une épidémie. La contagion s’étend d’usine en usine, de corporation en corporation, de quartier en quartier. (…) Ce qui s’est passé, ce ne sont pas des grèves corporatives, ce ne sont même pas des grèves. C’est la grève. C’est le rassemblement au grand jour des opprimés contre les oppresseurs, c’est le début classique de la révolution. (…) Toute la classe est entrée en mouvement. Il est impossible d’arrêter par des paroles cette masse gigantesque. »

Le patronat, comprenant parfaitement ce qui était en jeu, accepta de faire d’importantes concessions, l’essentiel étant pour lui de mettre fin au mouvement afin de se retrouver à nouveau en position de force. Le Premier ministre socialiste Léon Blum raconta plus tard comment fut organisée à Matignon une réunion avec les représentants du patronat et des syndicats : « L’initiative première est venue du grand patronat », dit-il, et il lui fut demandé « de provoquer au plus vite le contact sur la base du relèvement général des salaires, avec l’évacuation des usines en contrepartie… Voilà d’où est venu l’accord Matignon. »

Ces accords, prévoyant la reconnaissance du droit syndical, l’institution de délégués ouvriers élus, le principe des conventions collectives et une importante augmentation des salaires, furent suivis du vote à l’Assemblée des lois portant la semaine de travail à 40 heures et instaurant des congés payés. Mais, au lendemain de la signature de ces accords, les grèves se poursuivirent et le nombre de grévistes continua même d’augmenter. Instinctivement, les travailleurs sentaient qu’ils pouvaient obtenir beaucoup plus et un changement bien plus profond.

La trahison du Front populaire

Les dirigeants de la CGT et du PC durent mettre tout leur poids pour faire reprendre le travail. « Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue », déclara le dirigeant communiste Thorez devant les membres de son parti réunis le 11 juin. « Tout n’est pas possible maintenant », répétaient tous les dirigeants du PC, pour amener leurs militants à conclure dans les entreprises des accords mettant fin à la grève. Si le mouvement commença à refluer à partir de la mi-juin, de nombreuses entreprises étaient encore occupées au mois de juillet.

Les congés payés et les 40 heures allaient rester dans l’histoire comme les « conquêtes » du Front populaire. Mais aucune de ces mesures ne figurait à son programme. Blum et son gouvernement ne les firent adopter que dans l’objectif d’obtenir la fin des grèves. Dans les mois qui suivirent, Blum multiplia au contraire les concessions au patronat, l’aidant à regagner ce qu’il avait été contraint de lâcher, à rétablir son autorité et un rapport de force en sa faveur dans les entreprises.

Deux ans après juin 1936, des décrets autorisèrent les dérogations aux 40 heures au nom de la Défense nationale. En 1939, pour la deuxième fois dans le siècle, le système capitaliste en crise plongea le monde dans la barbarie de la guerre mondiale. Celle-ci marquait le fait que la poussée ouvrière de 1936, tout comme celle qui s’était produite au même moment en Espagne, n’avait pas réussi à ouvrir une autre voie, la voie révolutionnaire qui seule aurait pu mettre à bas un système capitaliste fauteur de misère et de guerre.

Dans une telle période, contrairement à la politique qu’imposèrent les dirigeants du Front populaire, et en particulier du Parti communiste stalinien, la classe ouvrière ne pouvait mettre fin au chômage et à la misère et arrêter la marche à la guerre sans se donner les moyens de renverser la bourgeoisie, en alliance avec les travailleurs d’Espagne et des autres pays européens.

Les grèves de mai-juin 36 restent comme une formidable démonstration de force des travailleurs, démontrant leur capacité à s’organiser, à paralyser l’économie et à faire pression sur les classes dirigeantes. Mais c’est aussi l’exemple d’une trahison des aspirations de la classe ouvrière par ses organisations traditionnelles, et d’une occasion manquée de changer le cours de l’histoire.

                                    Marc RÉMY (Lutte ouvrière n°2497)
 

Quand tout devient possible
                                                                                      
 
 

samedi 11 juin 2016

Lutte contre la loi travail : chronique de la lutte


Mensonges et calomnies, armes des faibles

 
Après les accusations de terrorisme, le chantage aux victimes des inondations ou à l'Euro de foot, les grévistes se voient accusés d'un nouveau désastre. À entendre Michel Sapin, ministre des Finances, le mouvement menacerait la reprise économique et le recul du chômage. Tout est bon pour dénigrer les travailleurs en lutte et essayer de dresser l'opinion publique contre eux.

C'est la preuve que la grève est une arme efficace. C'est la confirmation que ce sont les seuls travailleurs qui font marcher toute l'économie. Mais quoi qu'en disent Sapin, Valls et compagnie, le mouvement se poursuit et trouve le soutien de la majorité des classes populaires,qui rejettent massivement la loi Travail.

La journée de grève et la manifestation nationale du 14 juin seront l'occasion de le montrer une fois de plus.
En grève, dans la rue, rejoignons les grévistes et les manifestants
 
Mardi 14 juin
Place d’Italie
A 13 heures
 
De nombreux cars sont organisés. Déjà deux cars sont prévus sur Argenteuil. Il faut réserver. Une participation sera demandée. Départ à 11 heures 45. Tél.01.34.10.55.11. Devant le complexe Jean Vilar.
 
 
Quand les éboueurs font grève, les orduriers sont indignés (Prévert)

 
La grève des éboueurs, en particulier à Paris, est devenue visible et odorante. Les tas d'immondices s'accumulent jusque devant les magasins et les restaurants. Et les médias de gloser sur les risques sanitaires, les rats qui prolifèrent et l'image romantique de la ville lumière écornée en plein Euro de football.

Ces fabricants d'ordures s'indignent que tous ceux qui assurent le nettoyage quotidien de leur ville osent revendiquer. Mais comme le disait un éboueur en grève, les odeurs, c'est tous les jours et toute l'année qu’il les supporte. Toutes les narines indisposées sont priées de s'adresser à Hidalgo, maire PS de Paris, ainsi qu'à Hollande et Valls, qui peuvent arrêter la grève en jetant la loi Travail à la poubelle.

 
Non à l'union sacrée

 
Le début de l'Euro de football donne lieu à un déferlement de bleu-blanc-rouge et de discours sur la « grande famille » que formeraient les « Français », sommés de se ranger derrière l'équipe nationale… et surtout, derrière le gouvernement. Celui-ci voudrait qu'on mette entre parenthèses la lutte contre la loi El Khomri et qu'on oublie les coups qu'il nous porte depuis quatre ans. Il voudrait faire oublier sa profonde impopularité. Même ceux qui aiment le foot ont de quoi être écœurés.

Et pendant ce temps, dans les coulisses, des centaines de millions circulent entre les sponsors, les chaînes de TV et tous ceux qui vont bénéficier de l’évènement. Cela s'ajoute aux milliards déjà encaissés par les Bouygues, Vinci et autres bétonneurs qui ont construit des stades souvent surdimensionnés. Qui va en fin de compte payer une note qui s’annonce salée ? Comme à chaque fois, les collectivités locales, c’est-à-dire les contribuables.

Alors pas question de mettre le petit doigt sur la couture du pantalon.

 
Parti socialiste, c'est un bouclier... de CRS

 
Discrédités dans l'opinion, haïs par les travailleurs à cause de leur politique anti-ouvrière, les dirigeants du PS n'ont plus qu'un seul argument : « avec le retour de la droite au gouvernement, ce serait pire ». Certes les candidats de droite et d’extrême-droite annoncent des mesures plus réactionnaires les unes que les autres. Du coup, Valls et Cambadelis affirment que les notables du PS seraient un bouclier pour les travailleurs contre les assauts de la droite. Ils reprennent un vieux slogan abondamment utilisé par Mitterrand  en son temps : « au secours, la droite revient ! »

Du secours, c'est Valls qui en a eu pendant la soirée d’hier mardi 7 juin. Il lui a fallu un très large périmètre autour de la salle où il tenait meeting devant 500 personnes triées sur le volet pour défendre la loi travail, bouclée par des CRS presque aussi nombreux.

« Au secours les manifestants contre la loi travail arrivent ! », devrait être le slogan du jour pour Valls, Cambadelis, et consorts.

Yoplait, Hédiard, Lycée privé, Jean Vilar : chroniques et interrogations argenteuillaises



Informer, c’est informer de tout

 
Il a fallu une réunion de quartier pour que les habitants apprennent que le projet de lycée privé catholique près de la gare, au Val-Sud était tombé à l’eau (bénite ?).

         Ce projet avait fait couler beaucoup d’encre.

         Mais les habitants méritent-ils qu’on les informe sur l’essentiel ?

 

L’après Yoplait : ça pédale dans le yoghourt ?

 

Les entrepôts Yoplait où une centaine de travailleurs travaillaient a fermé ses portes dans la zone industrielle du Val Notre Dame, près de la Seine. Il n’était pas question qu’une entreprise s’y installe rapidement en ayant l’obligation de reprendre une dizaine de travailleurs minimum de chez Yoplait ? Où en est-on ?

 

Hédiard : question qui n’est pas du luxe

 

La municipalité a fait tout un foin autour de l’installation d’un site « Hédiard » chargé en particulier d’achalander les restaurants VIP de l’Euro de foot.

         Combien d’embauches ? Avec quel statut ? Pour combien de temps ?

 
Sur l’avenir du Complexe Jean Vilar

 
Lors d’une réunion de quartier (merci le site Engagés pour Argenteuil)

GM : « Nous travaillons sur un projet qui pour l’instant est uniquement dans nos têtes, un complexe de loisirs (à la place de Jean Vilar) avec des restaurations qui nous amèneront vers la Seine. »

Participant — "Il faudra penser aux inondations !"

GM — "Sauf si on les fait surplomber la Seine, c’est de cela que je parle."

Seulement totalement dans les « têtes » de G. Mothron et de ses proches ?       On peut en connaître le contenu ?

Entrepreneurs et communes : quand les uns décident et les autres subventionnent


Les notables discourent, le Capital décide

 
Alain Leikine, ancien notable local du PS, a décidé de rejoindre le maire Les Républicains d’Argenteuil, pour œuvrer, dit-il au « développement économique d’Argenteuil » : « Nous allons inscrire Argenteuil dans les réseaux technologiques, d’innovation, de création, de formation, de recherche et d’accompagnement des entreprises. Nous allons réfléchir ensemble aux filières, aux partenariats… ».

         Lors de la soirée d’installation du Conseil Economique en question, des patrons, des vrais ceux-là, s’ils ont dû entendre ce laïus habituel avec bonhommie, plus prosaïquement, ont insisté sur le fait, qu’au-delà de ces belles paroles, la dynamique culturelle de la Ville et des rues sans trous leur semblaient, pour commencer, bien plus importantes.

         De ce côté-là, il y a effectivement fort à faire à Argenteuil.

         Quant aux partenariats, côté partenaires, pour les patrons, il y a ceux qui décident, eux-mêmes, et ceux qui les soutiennent, communes et autres… sans engagements réels de leur part. De ce côté-là, pas chiens, ils acceptent tout, quitte à aller voir ailleurs quand cela leur chante. A ce propos, cela nous rappelle l’installation… et le départ du siège social de Pioneer, attirée à grands frais si notre mémoire est bonne, glorifiée en son temps, et partie quand ces messieurs l’ont décidé…

 

         Quant à la citation de Jaurès utilisée ce soir-là par A. Leikine et reprise par Le Parisien-95 (« Aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable en l’avenir ».), elle a dû faire sourire les patrons et autres notables présents ce jour-là. Cette confiance inébranlable en l’avenir dont parlait Jaurès, ce n’était pas la mort du capitalisme et l’avènement du communisme ?

Euros et euros, foot et fric


L’Euro de foot : une fontaine d’argent public 

Au-delà des enjeux sportifs, l’Euro de foot, qui commence le 10 juin, est une gigantesque pompe à finances pour les entreprises privées.

Dix stades sont mobilisés pour ce championnat. Quatre d’entre eux ont été construits au prix fort, à Bordeaux, Lille, Lyon et Nice, et cinq autres ont été rénovés. Souvent surdimensionnées, ces enceintes représentent un coût total de 1,7 milliard d’euros, une manne pour les géants du BTP. Elles ont souvent été construites dans le cadre de partenariats public-privé : une part importante de l’investissement initial est assurée par un consortium privé, la ville lui versant un loyer annuel pendant une trentaine d’années. Cette formule s’avère particulièrement coûteuse pour les communes.

Le Mans paye ainsi à Vinci 3,2 millions par an jusqu’en 2044, pour un stade sans rencontres régulières, à la suite de la liquidation du club professionnel. Certes, l’UEFA, qui organise ce championnat, verse aux villes hôtes 31,5 millions d’euros. Mais elle s’est vu octroyer par le gouvernement un superbe cadeau fiscal, les différentes entités organisant l’Euro étant exonérées d’impôts, ce qui représente un manque à gagner de 150 à 200 millions d’euros. Les pouvoirs publics paient donc la facture, à laquelle s’ajoutent d’importants frais de sécurité et autres « fan-zones ».

Le gouvernement dit attendre de l’Euro « 1,24 milliard d’euros de surcroît d’activité pour l’État et les entreprises françaises ». Cette somme est sûrement surévaluée, pour vendre l’événement. Mais de toute façon, si l’État et les collectivités locales ont engagé les plus grosses dépenses, ce sont les entreprises privées qui vont en bénéficier : hébergement, restauration, commerce de proximité, etc. Des sponsors escomptent également rafler la mise, à l’instar de la Française des jeux, dont le montant du contrat est secret, ou encore des dix « partenaires globaux » de l’UEFA : Adidas, Carlsberg, Coca-Cola, Continental, McDonald’s, Orange et autres amoureux du ballon rond…

Les médias qui ont acheté les droits de retransmission télévision, comme TF1, M6 et beIn Sports, ne sont pas en reste. Les mairies qui veulent diffuser un match sur grand écran doivent payer une redevance de plus de 1 000 euros. Alors que l’Euro accueillait 16 équipes jusqu’en 2012, il en compte désormais 24, afin d’augmenter la manne. De façon générale, si les pouvoirs publics ont des dépenses, l’UEFA engrange des recettes (sponsoring, billetterie, droits de retransmission…), pour un total de 1,9 milliard d’euros.

Pour les grands équipementiers (Nike, Adidas, Puma), l’Euro de foot est un peu l’équivalent de ce qu’est Noël pour les producteurs de foie gras. Pour vendre des maillots et des baskets, ils se disputent le sponsoring des grandes équipes ; Adidas serait ainsi prêt à quadrupler son contrat avec l’Allemagne, à 1 milliard d’euros, pour éviter que Nike ne le lui chipe. Cela donne une idée des marges escomptées. Un maillot de football se vend en moyenne 85 euros en boutique. Sur cette somme, les ouvriers qui les fabriquent touchent moins de 65 centimes (moins de 1 %). Pour une paire de baskets Nike vendue 140 euros, sur laquelle l’entreprise fait un bénéfice de 23,40 euros, le salaire des ouvriers ne représente que 2,40 euros. Et c’est encore trop pour les équipementiers, qui délaissent actuellement la Chine, où les salaires ont augmenté. C’est « la fin de la Chine à bas coût », se plaint Adidas, qui exploite quelque 400 000 salariés en Asie, et préfère maintenant l’Indonésie, où le salaire moyen est de 102 euros mensuels, le Vietnam (174 euros) ou le Cambodge (115 euros).

Le vainqueur sur le terrain ne sera pas connu avant le 10 juillet, mais dans les coulisses, comme pour toutes les grandes compétitions internationales, l’Euro s’annonce d’ores et déjà comme une belle opération de transfert d’argent public vers les caisses d’entreprises privées.

                  Michel BONDELET (Lutte ouvrière n°2497)

vendredi 10 juin 2016

Hollande menace, la lutte contre la loi Travail se développe. Vive la grève et la manifestation du 14 juin


VIVE LA GREVE !

RETRAIT DE LA LOI TRAVAIL !

VIVENT LES REVENDICATIONS !

 
Après les somnifères, les menaces

 
Hollande vient d’affirmer ce jeudi à Tulle que "l'Etat prendra toutes les mesures nécessaires" face aux grèves qui perturbent le pays à la veille de l'ouverture de l'Euro 2016.

         Depuis des jours et des jours, lui et les siens ont tenté d’arrêter le mouvement contre la loi Travail en utilisant les inondations et le chantage à l’Euro. A juste titre, rien n’y a fait.

         La balle était pourtant dans leur camp. Le monde du travail exige le retrait de la loi, un point c’est tout.

         Aujourd’hui, ces hommes du patronat menacent.


         Ils doivent recevoir dans les jours qui viennent, et ce mardi en particulier, la seule réponse qui s’impose : la manifestation de la force du monde du travail.

Drôle de geste qui rappelle quelqu'un



Message d’un de nos « amis facebook » :
 Message d’un de nos « amis facebook » :« Les éboueurs de la Sita Suez qui ramassent les ordures sur les villes du T11 du Val de Marne, notamment Alfortville, Créteil, Limeil-Brévannes, sont en grève pour une augmentation de salaires.

Voici le commentaire que j'ai fait à ce propos sur le site de la mairie d'Alfortville qui informait les habitants de ce mouvement :
"Ras le bol des salaires de misère, des emplois précaires et de l'arrogance patronale qui veut nous faire revenir au 19eme siècle avec des lois comme celle de El Khomri. Ils ont raison de faire grève. Le monde du travail relève la tête et c'est ce qu'il faut. Solidarité avec ceux qui luttent pour changer ce monde. Comme disait Jacques Prévert "Quand les éboueurs font grève, les orduriers sont indignés »

 

 

En grève, dans la rue, rejoignons les grévistes et les manifestants
 
Mardi 14 juin
Place d’Italie
A 13 heures
 
De nombreux cars sont organisés. Déjà deux cars sont prévus sur Argenteuil. Il faut réserver. Une participation sera demandée. Départ à 11 heures 45. Devant le complexe Jean Vilar.
 

Les Républicains : Sarkozy, Le Maire, et leurs partisans : surenchères sur le terrain du FN


Quand la droite réactionnaire « joue » avec le sort des femmes

 

La maire Les Républicains de Saint-Gratien dans le Val d’Oise est connue pour ses prises de position antimusulmanes. Elle s’oppose depuis des années à la construction d’une mosquée dans sa commune, et s’était fait connaître pour avoir refusé d’inscrire dans les cantines scolaires des enfants de réfugiés.

         Aujourd’hui, sous prétexte soi-disant de laïcité et de soutien à la condition des femmes, elle appelle au boycott des magasins qui emploient des vendeuses voilées, en particulier celui de la « Grande récrée » dans le centre commercial Côté Seine à Argenteuil où cette dame dit s’être rendue ces jours derniers.

         C’est bien la première fois que ce notable s’intéresse à la condition de travailleuses dont les salaires très bas, les conditions de travail difficiles et la vie ont toujours été le cadet de ses soucis. Alors ne comptons pas sur ce personnage reprenant un des thèmes favoris du Front national, pour faire avancer l’émancipation et l’égalité des femmes.

         En revanche, est-ce là un des aspects de la campagne interne aux Républicains, sachant que la maire de Saint-Gratien et le maire d’Argenteuil (dont on croit savoir qu’ils soutiennent des poulains différents) ne se portent pas sur le cœur ?

 

Quand Sarkozy court après Le Pen

 

En meeting près de Lille mercredi, Sarkozy a continué sa campagne de candidat pour les primaires de la droite. Il a déployé sa démagogie reprise directement dans les poubelles du FN sur la France « pays chrétien » qui risque de disparaître, menacée par l’immigration massive, le communautarisme, les zadistes ou encore ceux qui bloquent les raffineries ou qui font grève.

Finalement, il utilise les mêmes ficelles que le PS, mais en symétrique. L’un et l’autre, chacun a sa façon, annonce ses intentions de matraquer encore plus durement les travailleurs.

 

Sur la démagogie de ces gens, un article de notre hebdomadaire de septembre 2012

 

Marine Le Pen, et sa défense hypocrite de la laïcité

 

Marine Le Pen en remet une couche. Cette fois elle a proposé d'interdire le voile islamique et la kippa juive dans l'espace public au nom de la défense de la laïcité.

Et elle a ajouté que la kippa ne lui posait pas trop de problème mais que si elle s'en était prise seulement au voile on l'aurait traitée d'islamophobe. Pour faire bonne mesure, elle a donc ajouté la kippa, expliquant peu après qu'il faudrait aussi interdire les longues djellaba arborées par les intégristes. Tout cela, explique-t-elle au nom du respect de la loi de séparation de l'Église et de l'État.

Mais Marine Le Pen a été tolérante à l'égard des symboles de la religion chrétienne. Pourtant Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du FN, s'exhibe avec une croix pectorale « ostentatoire ». Nombre de curés et de prêtres arborent le discret « col romain » (blanc devant, noir sur le tour) qui permet de les identifier. L'archevêque de Lyon et primat des Gaules, qui est intervenu récemment à la télévision pour stigmatiser le mariage des homosexuels, était clairement identifiable en costume ecclésiastique.

Mais toutes ces croix, cols et accoutrements religieux chrétiens ne choquent pas Marine Le Pen. La laïcité, elle s'en moque. Ce qui l'intéresse, c'est de s'en prendre à l'Islam, non pas en tant que religion, mais parce que c'est une manière de montrer du doigt les immigrés, c'est-à-dire d'enfourcher toujours le même cheval de bataille.

En tant que communistes, donc athées, ce ne sont pas les signes qui posent problème, c'est le rôle social et politique des religions.

                                             André VICTOR

Dotations aux communes : le voleur rend une partie de son butin


Communes : Hollande rendra un milliard sur les deux qu’il prend


Jeudi 2 juin, devant le congrès des maires de France, François Hollande a présenté comme un cadeau le fait de ne diminuer les dotations de l’État aux municipalités que d’un milliard d’euros, au lieu des deux milliards prévus.

Drôle de cadeau, puisqu’il s’agit de continuer à asphyxier les 36 000 communes du pays, en particulier les plus petites, mais un peu moins vite. Il y aura donc moins de moyens pour réparer les rues, pour financer des écoles ou des crèches, voire pour payer les employés municipaux.

De 2014 à 2017, la réduction des dotations de l’État aux collectivités territoriales devait être de 11 milliards en tout, soit 3,7 milliards en 2017, dont deux milliards concernant les communes, et le reste les régions et départements.

L’Association des maires de France réclamait l’annulation totale des baisses de dotations, mais son président, le Républicain François Baroin, s’est réjoui de cette demi-mesure. « Le président de la République a entendu, dit Baroin, une bonne partie de ces revendications. Il allège de près de la moitié le fardeau supplémentaire qui portait sur les épaules des communes et des intercommunalités pour l’année prochaine. »

Du côté de l’AMF, les maires des petites communes ont quelques raisons de se sentir tout aussi trahis, vu la satisfaction affichée par Baroin, ex-ministre du Budget et maire de Troyes. Baroin sait parfaitement que le geste de Hollande est dérisoire, mais il s’est gardé de le dire, préférant mettre au compte de sa « combativité » personnelle le « recul ». Il espère certainement que ce sera bon pour sa carrière, qu’il a relancée à peine le congrès des maires terminé, en annonçant… qu’il se mettait en campagne pour Nicolas Sarkozy.

Quand on voit ce que contient le programme des candidats Les Républicains, à savoir un coup de rabot bien plus drastique encore sur les finances locales, on mesure combien un politicien comme Baroin se moque éperdument du sort des maires des petites communes et de leurs habitants.

Hélène COMTE (Lutte ouvrière n°2497)