jeudi 24 mars 2016

Projet El khomri : liencier pour créer des emplois ? La bonne blague



Licencier pour créer des emplois : propagande patronale


Dans la somme de mesures férocement favorables au patronat que représente la loi El Khomri, ses défenseurs auprès des travailleurs et des jeunes s’accrochent à ce seul argument : pour pouvoir embaucher sans crainte, il faudrait que les patrons aient la possibilité de licencier sans difficulté.
         Et chacun, dans les médias, de raconter sa petite histoire sur l’artisan traumatisé pour avoir dû se séparer d’un salarié, la petite entreprise conduite à la faillite par des indemnités de licenciement excessives, etc.
         Les lois existantes encadrant les licenciements ne sont pourtant pas si contraignantes. Les patrons sont parvenus à effectuer en moyenne 64 000 licenciements par mois en 2015. Il y a eu de plus chaque mois 30 000 ruptures conventionnelles de contrat, c’est-à-dire des licenciements déguisés. Et chacun sait que le chômage ne cesse d’augmenter, alimenté par les plans sociaux, fermetures d’entreprises, les licenciements en tout genre et sous toutes les formes.
         Ces plans sociaux sont avant tout le fait de très grandes entreprises qui font des profits colossaux et veulent encore les augmenter en supprimant des emplois et en surexploitant la main-d’œuvre restante. Ce sont les plans de licenciements de la sidérurgie, de l’automobile, de la téléphonie, de tous les grands groupes capitalistes qui ont dévasté des régions entières, créé des poches de chômage de masse, ruiné au passage la foule des artisans et commerçants qui avaient comme clients ces salariés désormais réduits à la misère.
         En mettant en avant les malheurs réels ou supposés des petits entrepreneurs, les défenseurs du grand capital veulent masquer les responsabilités de ce dernier. Ce sont les grands groupes capitalistes qui dominent l’économie, ce sont leurs intérêts que le gouvernement défend, c’est pour l’augmentation de leurs profits que les travailleurs, y compris ceux des petites entreprises, sont réduits à la portion congrue.
         La loi El Khomri serait une arme de plus dans l’arsenal patronal, elle ne pourrait conduire qu’à l’aggravation du chômage, de la précarité et de l’exploitation.
                                                          Paul GALOIS

Fête de Lutte ouvrière 2016 à Presles (95) : c'est très bientôt



Les 14, 15 et 16 mai à Presles : la Fête de Lutte ouvrière

La Fête de Lutte ouvrière aura lieu, comme chaque année, pendant le week-end de la Pentecôte, les samedi 14, dimanche 15 et lundi 16 mai, à Presles, dans le Val-d’Oise.
         Dans un cadre boisé seront proposés de nombreux spectacles, débats, concerts, films, expositions. Et au fil des allées, on pourra découvrir de multiples animations et de nombreux stands de nourriture.
         La Fête de Lutte ouvrière est un grand rassemblement politique et internationaliste où le point sera fait sur les luttes en cours et celles qu’il sera nécessaire de mener. Dans des forums ou à leur stand, des travailleurs et des militants de divers pays exposeront leur programme et leurs combats.
         Outre ce que nous annoncerons chaque semaine dans notre journal, on pourra en savoir plus sur le programme en consultant notre site : fete.lutte-ouvriere.org
                            Alors, à bientôt à la Fête !



Achetez à prix réduit vos cartes d’entrée et bons d’achat

Les cartes d’entrée, valables les trois jours, sont vendues au tarif réduit de 12 euros pour les trois jours jusqu’au 3 avril.
         Les bons, d’un pouvoir d’achat de cinq euros mais vendus quatre euros avant la Fête, sont également en vente.
         On peut se les procurer soit auprès de nos camarades ou en joignant Dominique :
MDommarie@aol.fr              06 99 49 98 64

mercredi 23 mars 2016

Attentats de Bruxelles : un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître demain 24 mars



Attentats de Bruxelles : la barbarie du terrorisme aveugle et ses racines

23 Mars 2016 


Au moins 34 morts et plus de 200 blessés : les attentats qui ont eu lieu mardi 22 mars à Bruxelles ont fait rejaillir l’horreur en plein cœur de l’Europe, quatre mois à peine après ceux de Paris.
         Quelles que soient les motivations qui animent les auteurs et les commanditaires de ces attentats, il s’agit de meurtres qui ne peuvent que provoquer la révolte et le dégoût. L’organisation Daech, qui les a revendiqués, présente le geste de ses kamikazes comme celui de héros. Il n’y a en réalité rien de plus lâche. Car c’est de la lâcheté que d’organiser et de perpétrer ces crimes qui visent des passagers qui allaient prendre un avion, ceux qui les accompagnaient à l’aéroport, ceux qui y travaillaient, ou encore la foule d’une rame de métro bondée à une heure de pointe, avec des femmes, des hommes et des enfants.
         Ceux qui tuent ainsi sont les pires ennemis des opprimés et d’abord les ennemis des populations auxquelles ils imposent leur domination en Syrie et en Irak. Le soir même, des réfugiés syriens bloqués en Grèce ont dénoncé les attentats avec leurs moyens, des petites pancartes écrites en anglais montrées devant les caméras. Ils rappelaient que ce sont justement les horreurs de la guerre, dont celles de Daech, qu’ils ont fuies.
         La barbarie des attentats de Bruxelles ne tombe pas du ciel. Les grandes puissances, notamment européennes, par toutes leurs manœuvres diplomatiques, leurs interventions militaires et leurs bombardements qui eux aussi tuent aveuglément, sont en grande partie responsables du chaos en Syrie et en Irak. Et bien plus fondamentalement, depuis plus d’un siècle, elles ont fait du Proche-Orient le terrain de leurs rivalités, pour s’emparer de ses richesses naturelles, comme le pétrole, ou pour tous les marchés qu’il représente à commencer par celui des commandes d’armements. Depuis plus d’un siècle, les manœuvres des grandes puissances ont déchiré les peuples et les ont dressés les uns contre les autres. Elles ont alimenté les guerres en armant tel ou tel clan au pouvoir ou bien telle ou telle milice servant leurs intérêts du moment.
        En Irak et en Syrie depuis cinq ans, les populations payent par des centaines de milliers de morts la guerre qui dévaste leur territoire, victimes des barbares de Daech, certes, et surtout victimes de la politique impérialiste des grandes puissances. Aujourd’hui, ce sont les populations des capitales des pays riches européens qui en sont également victimes. Car une région entière ne peut être mise à feu et à sang, sans que cela se répercute ici aussi, d’une manière ou d’une autre.
         C’est pour cela que les victimes de Bruxelles, comme avant elles celles de novembre à Paris, sont aussi indirectement les victimes de la politique des dirigeants européens. C’est précisément leur politique au Proche-Orient qui a contribué à engendrer les monstres de Daech et continue d’en engendrer d’autres.
         Alors, les travailleurs n’ont pas à se laisser entraîner par la politique d’union nationale que Hollande et Valls se sont empressés de relancer. Union avec qui ? Avec la droite qui a semé la désolation en Irak, en Libye, en Afghanistan ? Avec cette gauche, elle aussi responsable des politiques guerrières menées dans cette région du monde ? Avec l’extrême droite qui veut fermer toutes les frontières, attisant ainsi les préjugés réactionnaires et anti-immigrés ? Les travailleurs n’ont pas à accepter que tous ces dirigeants qui sont responsables de la montée de la barbarie à des milliers de kilomètres, comme de son explosion récente ici, parlent en leur nom.
                                                      Pierre ROYAN