mardi 1 septembre 2015

Rentrée scolaire : sous le signe de la hausse des effectifs


Un manque d’enseignants aux conséquences désastreuses

 
Un total de 4125 élèves supplémentaires a été recensé dans le Val d’Oise pour la rentrée scolaire d’aujourd’hui, de l’école maternelle au lycée.

Au niveau du primaire, c’est demain que seront connues les ouvertures ou les fermetures de classes de dernière heure, mais on sait déjà que la situation risque d’être catastrophique dans nombre de quartiers au vu de l’augmentation des effectifs d’enfants à scolariser. De plus, on sait déjà que le remplacement des enseignants connaîtra de graves problèmes cette année encore.

Les concours de professeurs des écoles ne permettent pas le recrutement normal des enseignants du primaire nécessaires. L’inspection académique du Val d’Oise a déjà prévu de faire appel aux 100 premiers candidats inscrits sur liste complémentaire lors des concours de l’an passé, les 30 suivants seront appelés également, vraisemblablement dès la semaine prochaine. Ce sont les candidats qui n’ont pas réussi le concours de professeur des écoles, qui sont dans l’ordre après les admis, mais dont on a finalement besoin.

         Rien d’étonnant à cela C’est la conséquence du refus du gouvernement d’organiser le vaste et massif recrutement d’enseignants nécessaire promis par Hollande en 2012.

         C’est ce que notre hebdomadaire développe dans l’article ci-dessous dans sa livraison de cette semaine.

 

Rentrée scolaire : promesses non tenues

 

À son arrivée à la tête de l’État, François Hollande avait promis de faire de l’Éducation nationale la grande priorité de sa présidence.

Il avait annoncé que 60 000 postes seraient créés en cinq ans pour compenser les 80 000 supprimés par Nicolas Sarkozy. Mais les chiffres que donne le principal syndicat des écoles élémentaires et maternelles, le SNUipp, pour l’année scolaire 2015/2016, montrent que les choses ne sont pas près de s’améliorer.

Comme les années précédentes, le nombre d’élèves scolarisés dans ces écoles va augmenter plus vite que les moyens prévus pour les accueillir. 464 classes vont certes être ouvertes dans le premier degré, mais il y a 25 400 élèves en plus. Cela fait une classe créée pour 55 élèves. Le problème des classes surchargées n’est donc pas près d’être résolu.

Parmi les objectifs annoncés figurait la scolarisation des enfants de moins de trois ans. 9,12 % d’entre eux iront à l’école cette année, sensiblement le même chiffre que l’année dernière, mais bien moins qu’à la rentrée 2000 où 34,7 % y avaient eu accès.

Le non-remplacement des professeurs absents, qui fait perdre aux élèves de nombreux jours de cours, ne va pas non plus être résolu. Seuls 331 nouveaux postes d’enseignants vont être créés à cet effet, ce qui signifie qu’il en manquera toujours 1 179 pour retrouver ne serait-ce que le niveau de 2007. Les parents devront cette année encore manifester avec les enseignants et occuper les écoles pour que leurs enfants aient droit à une scolarité normale.

Pour le premier degré, 14 000 postes avaient été promis sur les 60 000 destinés à l’ensemble de l’Éducation nationale. Après trois rentrées, le syndicat constate que seuls 2 611 ont été créés. Les deux prochaines rentrées verront-elles arriver les 11 000 postes qui manquent ? Rien n’est moins sûr.

Quand il s’agit de satisfaire les patrons, rien ne va jamais assez vite pour Hollande. L’Éducation, elle, peut attendre et même passer à la trappe.

Daniel MESCLA

"Dépenses publiques" : liquider celles qui profitent au patronat




Plus pour les uns, moins pour les autres

 
« La dépense publique n'est pas la réponse de gauche ». Voilà le genre de phrases énigmatiques mais totalement macronnienes dont le député d’Argenteuil-Bezons et ses amis font leurs gorges chaudes.

         Cela fait sourire de la part du député local dont il est de notoriété que l’économie en tant qu’édile n’est pas la vertu première.

         En revanche, c’est se moquer du monde quand on gratte un peu ce genre de discours.

         « La dépense publique » quand il s’agit du grand patronal, le gouvernement « de gauche » sait ne lui donner aucune limite : subventions aides, crédits d’impôts, commandes militaires, et l’on en passe. (Voir notre éditorial ci-dessous).

         Là où incontestablement ce gouvernement aux ordres du patronat sait restreindre la dépense publique, c’est quand il s’agit de s’attaquer aux vrais services publics utiles à la population, comme on va pouvoir le constater une nouvelle fois en cette nouvelle rentrée scolaire.
 
 

Editorial des bulletins Lutte Ouvrière d'entreprises du lundi 31 août 2015


Une gauche de gouvernement qui ne sait que servir le patronat

Dans leur acharnement à plaire au patronat, ministres et dirigeants du Parti socialiste se marchent sur les pieds. Après Hollande, Valls et bien d’autres, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron est allé déclarer son amour aux patrons, profitant de l’université d’été du Medef. Il y a ajouté sa pincée de critiques à la gauche dont il est pourtant un ministre. D’après lui, celle-ci aurait eu le tort de croire en une politique dirigée « contre les entreprises » et de penser que « la France pourrait aller mieux en travaillant moins ».
Au moins c’est clair. Si Sarkozy n’est plus au gouvernement avec son « travailler plus pour gagner plus », on y trouve sa copie conforme et même son style. Et si Valls, en tant que chef du gouvernement, et Cambadélis, en tant que secrétaire du Parti socialiste, ont cherché à corriger les propos du ministre, c’est d’abord parce qu’ils sont vexés que Macron leur ait volé la vedette.

Au fond, ce petit jeu consistant à chercher l’approbation des patrons n’est pas si difficile quand on est au gouvernement et que l’on peut leur accorder des subventions sur le budget de l’État. N’importe quel petit Macron de la dernière averse, encore frétillant de sa carrière dans la banque, peut alors venir les voir. S’il ajoute qu’à son avis, la bataille pour la réduction du temps de travail a été une erreur historique, les patrons veulent bien l’applaudir.

Le prétexte de cette politique est de faire repartir l’économie. Mais entre se tailler un succès à une réunion de patrons et convaincre ces mêmes patrons d’investir et d’embaucher, il y a une marge. Leur problème n’est pas de sortir le pays de la crise, mais de sauvegarder et augmenter leurs profits. Ils encaissent donc les aides mais n’en font rien, si ce n’est les placer dans des banques, spéculer ou racheter une entreprise à un autre patron. Non seulement cela ne crée pas un seul emploi, mais même cela en supprime par milliers.

Bien sûr, tout cela fait grogner quelques députés dits « frondeurs » inquiets pour leur réélection mais qui, après quelques protestations, s’alignent invariablement sur la politique gouvernementale. Les dirigeants écologistes, de leur côté, ne cessent de se demander de quel côté ils ont le plus à perdre, entre l’appui ou la participation au gouvernement et un simulacre d’opposition. De toute façon, cela n’a aucune influence sur un gouvernement décidé à poursuivre la même politique avec ses prétendues « réformes » consistant à s’attaquer aux droits des travailleurs.

Là encore, il répond aux demandes des patrons qui pensent que, avec un gouvernement aussi bien disposé à leur égard, il ne faut pas laisser passer l’occasion de reprendre des concessions faites dans le passé. Et de s’en prendre aux salaires, aux horaires de travail, à la représentation des travailleurs dans les entreprises, à leurs protections contre les licenciements, à tout le Code du travail. Pourquoi s’arrêter sur ce chemin, tant qu’il semble grand ouvert ?

Aucune véritable reprise économique ne sortira de là, car consacrer les finances de l’État à nourrir les profits patronaux ne fait qu’enrichir une minorité en appauvrissant toute la société. Menée dans tous les pays, elle fait même peser la menace d’une crise financière pire que celle de 2008, comme le montrent les soubresauts des Bourses.

La tragédie des réfugiés, qui ne cesse de prendre de l’ampleur, n’est pas sans rapport avec tout cela. Leur afflux en Europe, quand ils n’ont pas laissé leur vie dans la traversée de la Méditerranée ou asphyxiés dans un camion, est témoin du désordre politique et économique planétaire. Dans bien des pays, à la misère générale s’ajoutent les guerres, les déplacements de populations, les massacres. Et face à ce drame dont ils sont en grande partie responsables, les gouvernements européens affichent la même impuissance criminelle, agrémentée de discours hypocrites.

Alors que la situation s’aggrave pour les travailleurs et même pour les peuples en général, la politique de ce gouvernement dit de gauche se réduit à lécher les bottes d’un patronat cynique et triomphant. C’est lamentable et dérisoire. Il fut un temps où les partis de gauche, ou pour mieux dire les partis du mouvement ouvrier, avaient l’ambition de changer le monde. C’est bien loin des idées d’un Hollande ou d’un Macron, tout occupés à tenter de sauver un ordre existant qui part en lambeaux.

Mais la nécessité de changer le monde, c’est-à-dire d’abattre ce système capitaliste, elle, est plus impérieuse que jamais.

lundi 31 août 2015

Macron, Valls,... P. Doucet..., tout est bon pourles patrons


Vous avez dit « réformateurs » ? A la manière de Sarkozy !

 
Chacun le sait, dans le Macron tout est bon pour les patrons. Il le dit lui-même. Selon lui, le pacte de « responsabilité »«a permis aux entreprises de voir augmenter leurs marges pour la première fois depuis une décennie». Quant au Code du travail « (il) protège trop les insiders – et notamment les CDI de grands groupes et les fonctionnaires – au détriment des outsiders». Avec notre petit anglais d’école, nous avons dû aller chercher dans le dictionnaire : les « insiders » sont ceux qui appartiennent déjà aux groupes considérés, et les « outsiders » ceux qui sont à l’extérieur, les jeunes en particulier !

         Bon c’est le Macron, mais c’est aussi un P. Doucet d’Argenteuil complètement sous le charme, qui « twittait » ces formules au fur et à mesure que le Macron les débitait lors de la rencontre de courant organisé par le « Pôle des réformateurs » (dont le député d’Argenteuil-Bezons est un des plus fervents affidés) ces jours-derniers pas très loin de La Rochelle.

         Et puis dimanche, Valls a fait la synthèse de tout ce que pensent ces gens-là : de nouvelles attaques à l’encontre du Code du travail sont bien de leur part dans le collimateur.

         Certains, à Argenteuil, nous font encore mine de nous reprocher de n’avoir pas appelé à voter pour ces gens-là naguère ! Ah bon ?

Racisme, antisémitisme, mépris anti-pauvres, qui ne dit mot consent.


Le silence, un aveu de solidarité

 
Sur son blog, ces jours derniers, l’adjoint-au-maire aux affaires sociales d’Argenteuil, P. Métézeau recommandait la lecture d’un livre, le Journal 1942-1944 (éditions Tallandier), journal d’une jeune fille française juive,  que l’antisémitisme des nazis conduira à la mort en avril 1945. « Hélène Berr est arrêtée à son domicile situé dans le 7e, le 8 mars 1944, détenue au camp de Drancy, puis déportée à  Auschwitz avec son père et sa mère, le 27 mars 1944, jour de ses 23 ans. D'Auschwitz, elle est envoyée à Bergen-Belsen. Un matin, ne pouvant se lever à l'heure de l'appel, elle est battue à mort par une gardienne, quelques jours avant la libération du camp par les troupes anglaises » (Merci Wikipédia). Son journal et son parcours sont parallèles à ceux d’Anne Franck.

         C’est une bonne idée de lecture, nous la suivrons.

         Nous sommes d’autant plus étonnés que sur ce même blog il n’y ait aucune référence depuis vendredi 21 août, jour où elle a éclaté, à « l’affaire M. Rousseau ».

         Le sort d’Hélène Berr ne fut pas seulement le résultat d’une idéologie nazie démente. Elle fut aussi le résultat d’une participation bien française à la « Solution finale », celle d’une fraction de l’appareil d’Etat mais aussi d’une opinion publique bien « française », fraction qui partageait l’antisémitisme et le racisme fondamental des nazis.

         Cette opinion publique était travaillée depuis des décennies par des partis et des médias d’extrême-droite, encouragés par la permissivité de la loi. Quant à la dénomination d’ « assistés », elle ne date pas d’aujourd’hui. Elle concernait alors ce que ces gens-là appelaient les « métèques », ce terme nauséabond qui servait à désigner l’ « étranger ».

         Aujourd’hui, si théoriquement la loi interdit le racisme et l’antisémitisme, ils fleurissent grâce aux « réseaux » sociaux qui, sur ce plan, sont des réseaux de mort.

         Qui ne dit mot consent. Alors que sur ces terrains nauséabonds il ne devrait y avoir aucune solidarité, le silence des uns et des autres, et celui en l’occurrence de monsieur Métézeau, révèle l’importance des dangers en la matière pour l’avenir, et l’urgence de s’y opposer.

AB-Habitat : des procédés inacceptables



Des procédés arbitraires et opaques

 
Plusieurs recours juridiques ont été déposés au tribunal administratif pour dénoncer l’illégalité de la liquidation d’AB-Habitat au niveau de procédures qui n’ont pas été suivies correctement. Ainsi, ce n’est pas la seule volonté d’un conseil d’administration qui peut conduire à cette liquidation. Celle-ci relève de l’autorité ministérielle. Elle doit être exécutée par un acte du premier ministre.

         Par ailleurs, la CGT en particulier dénonce la caractère fictif de l’évaluation du patrimoine à transférer établie par les dirigeants de l’Office. La valeur moyenne d’un appartement appartenant à l’Office représente une valeur de 18 000 euros seulement !

         Si c’est bien le cas, et on en doute, cela signifierait donc que les locataires paient des loyers alors que leurs logements sont amortis depuis bien longtemps. Alors pourquoi leur faire payer autre chose que les simples frais d’entretien ?

dimanche 30 août 2015

Migrants : des victimes et des victimes, une liste sans fin


Ces réfugiés qu’on assassine

 

Les cadavres de cinquante-neuf hommes, huit femmes et quatre enfants ont été retrouvés dans un camion abandonné sur le bord d’une autoroute en Autriche, près de la frontière avec la Hongrie. Le groupe était probablement constitué de réfugiés syriens, morts après avoir été abandonnés par leurs passeurs.

Si les passeurs peuvent ainsi rançonner, puis abandonner les migrants, c’est parce que les gouvernements européens ferment leurs frontières, voire les hérissent de barbelés et autres barrières.

Ceux qui ont laissé mourir ces dizaines de migrants sont des criminels, mais les dirigeants européens ont eux aussi du sang sur les mains !
Et ce n'est qu'un des derniers drames de ces derniers jours.

 Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine :

Migrants : aucun refuge dans l’Europe capitaliste

 

On assiste en Europe à un afflux de migrants sans précédent, d’après les médias, les autorités des pays par lesquels ils transitent et les ONG qui leur viennent en aide dans différents pays.

4 400 personnes, la plupart venues d’Afrique, ont été recueillies en 24 heures la semaine dernière au large des côtes italiennes sur des bateaux de fortune, après que plus de 2 300 ont déjà péri depuis le début de l’année. Des dizaines de milliers d’autres réfugiés, après avoir traversé des milliers de kilomètres à pied, avec leurs enfants, n’emportant quasiment rien, se pressent désormais à la frontière entre la Grèce et la Macédoine pour atteindre la Serbie, puis la Hongrie et son mur dressé pour leur faire obstacle et enfin, de là, les pays de la zone Schengen. Ils seraient 42 000 à avoir franchi cette frontière, dont plus de 7 000 enfants. Après avoir essayé de les arrêter, ce qui a provoqué des affrontements avec la police, les autorités macédoniennes ont finalement décidé de les laisser passer.

« L’Europe doit prendre ses responsabilités », ont déclaré en chœur Hollande et Merkel, qui parlent des réfugiés comme d’une calamité. Hollande a dit : « Ce sont des épreuves pour les familles concernées mais aussi pour les pays qui sont responsables de les accueillir. »

Fabius, ministre des Affaires étrangères, a affirmé qu’il fallait se montrer ferme avec les réfugiés économiques, à la différence des demandeurs d’asile, et ce « quoi qu’on en pense ». Tous ces discours vont dans le même sens : faire croire que les migrants constituent une menace pour les populations européennes et leurs conditions de vie.

Et pourtant, en quoi les migrants sont-ils responsables du chômage et de la pauvreté en Europe ? En quoi même pourraient-ils l’aggraver ? Les capitalistes n’ont pas attendu l’afflux actuel de migrants pour faire payer la crise aux travailleurs, licencier, accroître l’exploitation et faire s’effondrer rapidement le niveau de vie de la population européenne. La guerre et la misère dans les pays pauvres, le chômage et la pauvreté qui explosent dans les pays impérialistes, ne sont que les deux visages d’un même système capitaliste inhumain et décadent.

Si l’Union européenne le voulait réellement, elle aurait les moyens d’accueillir les migrants, au lieu d’essayer en vain de les refouler, ne faisant que les contraindre à de nouvelles épreuves. Pour les gouvernements d’Europe qui imposent à leurs populations des politiques d’austérité, les migrants constituent des boucs émissaires tout désignés.

Alors, les travailleurs d’ici ont tout intérêt à refuser la démagogie et les divisions dressées entre les peuples, aussi bien entre Européens qu’avec les migrants venus de plus loin. Car une grande partie d’entre eux grossiront demain les rangs du monde du travail, et ils participeront aussi à ses luttes.

Pierre MERLET

 

 

Prochaine réunion du « Groupe d’Etudes ouvrières » organisé par Lutte Ouvrière à Argenteuil
 
Jeudi 1er octobre prochain
A 20 heures 15
Espace Nelson Mandéla
82 avenue Leclerc
«Les migrations, une histoire de l’Humanité »
 
 Un exposé de 40 minutes suivi par une heure de libre débat

Médef et chômage : deux bouts de la recherche de davantage de profits


La seule obsession des actionnaires et du Médef : le profit

 
 « L’obsession du Medef, c’est l’emploi » a déclaré ces jours derniers Pierre Gattaz, président du Medef. Ah bon ? Le chômage s’envole, 25 % des jeunes de moins de 25 ans sont sans emploi et un million vivent sous le seuil de pauvreté... et ce monsieur proclame ce genre de chose !

         Sa langue n’a pas fourché, ce n’est pas un lapsus, il se moque seulement du monde et des chômeurs !

La seule chose que l’on peut s'attendre sérieusement à entendre de la bouche du Médef et de son chef  est : « l’obsession du Medef, c’est le profit ».