mercredi 12 août 2015

Maires des grandes et des petites communes, pas le même traitement


Elus, une sinécure pour certains, pas dans les petites communes

 
Dans une ville comme Argenteuil, les indemnités allouées aux élus de la majorité sont très importantes. Pour la plupart, elles ne représentent pas seulement un complément de salaire, mais un véritable salaire qu’envieraient bien des travailleurs.

         Elles sont d’autant plus discutables, que l’on n’en connaît pas officiellement le détail et que l’on ne voit pas très bien à quelles tâches effectuées et à quel temps de travail elles correspondent.

         Tout cela relève de l’opacité qui entoure les affaires municipales, à l’image du fonctionnement de toute la société, où il n’est pas question de rendre des comptes à la population, et où le secret est loi.

         C’est justement ce qui distingue les élus des petites communes du pays. Ceux-ci sont sous le regard en continu de la population qui peut contrôler leur activité et leur engagement.

         Mais là, il n’est plus question de grasses indemnités. Un maire d’une petite commune doit se contenter autour de 600 euros d’indemnité mensuelle, pour une activité qui tiendrait la comparaison avec nombre de maires des grandes villes. Pour les maires de ces petites communes, c’est souvent une activité qui double leur temps de travail, avec l’aide seulement d’un secrétaire de mairie à mi-temps. Dans une grande ville comme Argenteuil, l’essentiel du travail de maire est effectué par une pléthore de hauts cadres et de membres d’un « cabinet » dont on recherche souvent l’utilité.
          Grandes et petites communes, deux mondes, mais surtout une inégalité de traitement.

Grèce : le parasitisme du grand capital. Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine en vente auprès des militants et dans les kiosques (1 euro 20)


Grèce : le parasitisme du grand capital

 
Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, le Premier ministre grec Tsipras a dû faire concession sur concession aux exigences des créanciers, sans que cela sauve en quoi que ce soit l’économie du pays. Dès février, la pression des dirigeants européens et du patronat grec a obligé Tsipras à remettre en cause son programme pour ne conserver que certaines mesures d’urgence. En juillet, face à la menace d’asphyxie financière, Tsipras s’est engagé à imposer un nouveau plan d’austérité, portant l’âge de la retraite à 67 ans, augmentant la TVA à 23 % et reprenant les privatisations.

Mais pas plus que les précédentes, ces mesures payées par la population et les travailleurs grecs n’ont suffi à calmer la soif de profit du système qui les saigne. Le prêt d’urgence de 7 milliards d’euros concédé en juillet a été englouti en remboursements d’échéances précédentes. Aujourd’hui, pour fournir la prochaine tranche de prêts indispensable pour payer l’échéance du mois d’août, les créanciers de la Grèce en redemandent. Il faudrait faciliter encore les licenciements, les expulsions de locataires endettés, et réduire l’impôt « de solidarité » exceptionnel prévu pour les revenus supérieurs à 500 000 euros, car d’après les créanciers il inciterait à l’évasion fiscale !

En réalité, bien sûr, les circuits financiers, qui en Europe sont dominés par les grandes banques françaises et allemandes, sont taillés sur mesure pour permettre cette évasion aux grandes fortunes et aux grandes entreprises grecques – comme aux autres – et il n’est pas prévu de s’y attaquer. Seuls les travailleurs paieront.

Les prochains prêts, s’ils sont accordés, ne résoudront rien, car il s’agit de rembourser la BCE, le FMI, et de recapitaliser les banques grecques et nullement d’embaucher ou de redonner un peu de pouvoir d’achat aux travailleurs grecs. Rien d’étonnant alors à ce que les experts prévoient que l’économie continue à s’enfoncer dans la récession.

Les travailleurs grecs, qui avaient voté pour Syriza pour rejeter l’austérité, se retrouvent en proie à la voracité du grand capital. Et c’est bien le parasitisme de cette propriété capitaliste, en Grèce comme dans le reste de l’Europe, qui étrangle l’économie.

                                                                                   Serge FAUVEAU

mardi 11 août 2015

Valls, Rebsamen, et l'amour d'un clocher


Les opportunistes et l’amour


A propos du départ de Rebsamen, ministre du « travail » sur le départ, et qui vient de récupérer son poste de maire de Dijon, Valls a fait dans le lyrisme : « Il (Rebsamen) aime sa ville, il aime Dijon, c’est une relation de confiance, et même d’amour entre lui et sa ville ». Rien que cela.

         C’est vrai que l’on ne souvient pas que l’un des petits camarades de Valls ait après 1997, alors que ce dernier venait de connaître une déroute complète à Argenteuil dire : « Il aime sa ville, il aime Argenteuil, c’est une relation de confiance, et même d’amour entre lui et sa ville ». Il est vrai que défait, il prit la fuite de son cher Argenteuil, et trouva sans problème un lieu électoral d’atterrissage et d'amour sans doute, comme sur du velours, à Evry.

Capital, crédit d'impôt recherche, pacte de compétitivité, pacte de responsabilité, emplois "aidés" : et l'indigestion est encore loin


Loin des baratins gouvernementaux, la vérité crue sortie de la bouche du patronat

 
Selon le journal patronal Les Echos, selon une enquête poussée, 58% des embauches dans les entreprises privées auraient eu lieu même sans l’aide de l’Etat. Ce pourcentage monte même à 74% dans les entreprises privées de plus de 50 salariés.

Ces entreprises auraient dû embaucher sans ce type d’emploi « aidés » qui en revanche leur ont permis d’obtenir de substantiels dégrèvements et autres avantages

Et cela dure depuis plus de trente ans.

C’est ce qui permet aux Echos de pouvoir titrer son article sur le sujet : « Contrats aidés : un effet d’aubaine dans le privé ».

L’ « aubaine » de la « réduction du coût » du travail, c’est-à-dire dit plus simplement, de la hausse des profits.

 

La dictature du capital sur la société

 Dans le même genre, on évoque ces jours-ci le « grand détournement » du crédit d’impôt recherche. Il paraît que le rapport du sénat sur la question vient d’être jeté à la poubelle. Malgré le « secret des affaires », pas question que quelques saines vérités se retrouvent sur la place publique.

         S’il est question de « recherche » c’est bien celle uniquement de juteux profits. Et l’on pourrait dire la même chose des retombées des pactes dits de « compétitivité », de « responsabilité »… Les capitalistes tendent la main, et les gouvernements signent les chèques.

         Quant aux bénéfices pour l’emploi : néant.

         Ce n’est pas une découverte.

Editorial des bulletins Lutte Ouvrière d'entreprise du lundi 10 août 2015


La terrible menace des bombes, nucléaires ou pas, et de ceux qui les détiennent

Les images de Hiroshima et de Nagasaki, les deux villes japonaises dévastées par les premières bombes atomiques, ont tourné en boucle sur les chaînes de télévision la semaine dernière. Malgré l’hypocrisie des commentaires, leurs mensonges ne serait-ce que par omission, cette commémoration rappelle au moins de quoi ont été capables ceux qui dirigent le monde, de quoi est capable la classe capitaliste dont la concurrence, les rivalités engendrent périodiquement des guerres.

Ce que symbolise l’anéantissement des deux villes en quelques secondes nous concerne. Ce n’est pas seulement l’histoire d’un passé révolu. Cela peut être la préfiguration de ce qui pourrait advenir demain. Et pas seulement parce que les armes nucléaires n’ont jamais cessé d’être perfectionnées, atteignant une puissance destructrice sans commune mesure avec la pourtant horrible efficacité des bombes de Hiroshima et Nagasaki. Mais surtout parce que la classe sociale qui détient cette puissance destructrice est toujours au pouvoir.

Ce n’est pas le fusil entre les mains de l’assassin qui est responsable d’un assassinat, c’est l’individu qui s’en sert. Pour horribles qu’aient été les effets des bombes atomiques, avec les quelque 300 000 morts sur le champ et des centaines de milliers du fait des radiations, la dernière guerre mondiale a fait 50 millions de morts d’armes classiques, le double avec ceux qui ont péri d’épidémies ou de faim.

Et morts, pour quoi ? Ce n’est pas du fait de l’hostilité des peuples, quels qu’ils soient. Quelques décennies après les massacres entre peuples jetés les uns contre les autres, on célèbre maintenant l’amitié indéfectible entre l’Allemagne et la France, entre le Japon et les États-Unis.

Les victimes de Hiroshima ne sont pas mortes pour raccourcir la guerre en contraignant le Japon à capituler. Les bombes ont été larguées alors que l’Allemagne, principale protagoniste du camp dont faisait partie le Japon, avait déjà capitulé depuis trois mois. Elles ont été utilisées par les dirigeants de l’impérialisme américain pour terroriser tous les peuples qui auraient été tentés, après l’immense boucherie qu’a été la Deuxième Guerre mondiale, de demander des comptes à leurs dirigeants.

La Première Guerre mondiale avait été suivie par une vague révolutionnaire au cours de laquelle les prolétaires d’un grand nombre de pays s’étaient soulevés contre leurs dirigeants. En Russie, ils étaient parvenus à conquérir le pouvoir et à exproprier les classes possédantes responsables et profiteurs de la guerre.

L’écrivain allemand Brecht affirmait, parlant du nazisme : « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ». Cela vaut, ô combien, pour ce qui est de la menace que représente le pouvoir de la classe capitaliste sur le monde !

Les rivalités économiques qui conduisent aux guerres sont dans les gènes du capitalisme. Aujourd’hui, elles ne se manifestent qu’à travers la concurrence, la compétitivité. Mais, déjà, au nom de cette compétitivité, la caste politique qui défend les intérêts de la grande bourgeoisie impérialiste dresse les uns contre les autres des pays, des peuples, des exploités.

Il ne s’agit pas seulement de mots. Car, si depuis 70 ans, l’humanité n’a pas subi une troisième guerre mondiale, elle a connu d’innombrables guerres locales. Il ne faut pas chercher loin pour trouver derrière ces guerres les grandes sociétés en rivalité pour mettre la main sur des matières premières, des ressources ou des marchés.

Notre petit impérialisme, qui prêche tant l’austérité et les économies aux classes exploitées d’ici, trouve le moyen de mener des guerres du Mali à la Centrafrique pour les maintenir dans sa zone d’influence. Les prétendus socialistes au pouvoir comme leurs prédécesseurs de droite copinent avec le régime moyenâgeux d’Arabie saoudite et les dictateurs d’Égypte ou d’Afrique noire pour leur vendre les armes qui alimentent les guerres locales et servent à réprimer leurs propres peuples.

Alors, évoquer une planète sans guerre ou même seulement sans arme atomique est une utopie et un mensonge, tant que l’ordre mondial est entre les mains de la bourgeoisie impérialiste.

La classe ouvrière, l’ensemble de ceux qui sont exploités en temps de paix et massacrés en temps de guerre, est la seule classe sociale présente partout dans le monde qui a la force de détruire cet ordre social et d’en bâtir un autre dont seraient bannies la propriété privée des moyens de production, l’exploitation, la concurrence et les guerres. Elle en prendra nécessairement conscience.

lundi 10 août 2015

Personnes handicapées : l'Etat décide... les collectivités appliquent


Sur le papier. Mais dans la réalité ?

La nouvelle loi sur les délais de mise en place de l’accessibilité pour les personnes handicapées prévoit un certain nombre de décisions annexes : au niveau du coût du transport, au niveau du « service civil » dont la limite d’âge pour les personnes handicapées est allongée de 25 à 30 ans, et au niveau de l’obligation pour les établissements d’une capacité d’accueil de plus de 200 personnes, l’employeur devant dorénavant mettre en œuvre une formation à l’accueil et à l’accompagnement des personnes handicapées.

         Ces mesures paraissent des lots de consolation alors que les délais pour l’accessibilité sont reportés pour dans bien longtemps.

         Quant à la formation en question, on imagine l’usine à gaz que cela représente, pour les établissements scolaires en particulier, ou les communes par exemple.

         C’est bien cela. L’Etat décide sur le papier un certain nombre de choses. Pour leur réalisation, que les destinataires se débrouillent.
          Pas la peine de beaucoup d'imagination, pour imaginer les conditions de l'application de ce genre de décision à Argenteuil. 
 

Népal, Syrie, Somalie,... Partir pour pouvoir espérer


 
Espérer, mais ailleurs

 
Le journal Le Monde de samedi revient sur la situation au Népal trois mois après les séismes qui ont fait fin avril et début mai officiellement près de 10 000 victimes, des dizaines de milliers de blessés et détruit totalement ou partiellement, selon l’ONU, près de 900 000 maisons.

         Le Monde titre cet article « Partir ou reconstruire, le dilemme des migrants népalais ».

         Aujourd’hui, pour de nombreux Népalais, leur espoir, dans un pays parmi les plus pauvres du monde, est surtout de pouvoir partir, et d’aller rejoindre les 7 millions des 30 millions de Népalais déjà partis à l’étranger. Ils sont très nombreux à travailler dans les pays du Golfe ou dans ceux de l’Asie du Sud-Est. Les conditions des ouvriers népalais construisant les infrastructures de la future coupe du monde de football donnent une idée de la surexploitation dont ils sont les victimes.

         Ces émigrés font partie de la longue liste de tous ceux qui, victimes de catastrophes naturelles, de conflits, de la pauvreté, d’une de ces données, des deux ou des trois à la fois, n’ont plus d’espoir à attendre de la vie qu’ils vivent dans leur fraction de planète où ils sont nés et qui sont poussés vers l’émigration. C’est le sentiment de la population au Népal : n’avoir qu’une idée en tête : partir.

dimanche 9 août 2015

Réforme territoriale, "présidents délégués" ? C'est la fête au village


 
Avec cet argent, combien de postes de fonctionnaires utiles, eux ?

 
Avec la réduction du nombre des régions, ça grogne dans les états-majors, au niveau des perdants du PS. Pour calmer le jeu, Valls s’apprête à faire donner des lots de consolation en créant des postes de « présidents délégués » de région, histoire de caser d’ex-présidents de régions supprimées (dans le cas de victoire du PS…).

         Cela signifierait des indemnités supplémentaires et des frais en plus, pour les « cabinets » des heureux élus, etc.

         Quand il s’agit d’arroser, plus d’économie, comme aime à le dire le député PS d’Argenteuil, c’est la « fête au village » !