Grèce :
le parasitisme du grand capital
Depuis son arrivée au pouvoir en
janvier, le Premier ministre grec Tsipras a dû faire concession sur concession
aux exigences des créanciers, sans que cela sauve en quoi que ce soit
l’économie du pays. Dès février, la pression des dirigeants européens et du patronat
grec a obligé Tsipras à remettre en cause son programme pour ne conserver que
certaines mesures d’urgence. En juillet, face à la menace d’asphyxie
financière, Tsipras s’est engagé à imposer un nouveau plan d’austérité, portant
l’âge de la retraite à 67 ans, augmentant la TVA à 23 % et reprenant les
privatisations.
Mais pas
plus que les précédentes, ces mesures payées par la population et les
travailleurs grecs n’ont suffi à calmer la soif de profit du système qui les
saigne. Le prêt d’urgence de 7 milliards d’euros concédé en juillet a été
englouti en remboursements d’échéances précédentes. Aujourd’hui, pour fournir
la prochaine tranche de prêts indispensable pour payer l’échéance du mois
d’août, les créanciers de la Grèce en redemandent. Il faudrait faciliter encore
les licenciements, les expulsions de locataires endettés, et réduire l’impôt «
de solidarité » exceptionnel prévu pour les revenus supérieurs à 500 000 euros,
car d’après les créanciers il inciterait à l’évasion fiscale !
En
réalité, bien sûr, les circuits financiers, qui en Europe sont dominés par les
grandes banques françaises et allemandes, sont taillés sur mesure pour
permettre cette évasion aux grandes fortunes et aux grandes entreprises
grecques – comme aux autres – et il n’est pas prévu de s’y attaquer. Seuls les
travailleurs paieront.
Les
prochains prêts, s’ils sont accordés, ne résoudront rien, car il s’agit de
rembourser la BCE, le FMI, et de recapitaliser les banques grecques et
nullement d’embaucher ou de redonner un peu de pouvoir d’achat aux travailleurs
grecs. Rien d’étonnant alors à ce que les experts prévoient que l’économie
continue à s’enfoncer dans la récession.
Les
travailleurs grecs, qui avaient voté pour Syriza pour rejeter l’austérité, se
retrouvent en proie à la voracité du grand capital. Et c’est bien le
parasitisme de cette propriété capitaliste, en Grèce comme dans le reste de
l’Europe, qui étrangle l’économie.
Serge FAUVEAU
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