mercredi 5 août 2015

"Roms" : retour sur une expulsion à Argenteuil


Ce sont les communes qui prennent des initiatives en faveur des « Roms » qui ont raison.

 
Il y a quelques semaines, un campement de Roms était expulsé rue des Erables à Argenteuil.

         Nous sommes revenus dans cette voie.

         Totalement à la périphérie de la zone pavillonnaire du quartier du Prunet, au Val Notre Dame, séparé de celle-ci par la voie ferrée et un passage à niveau, le terrain sur lequel se trouvait le campement de ces familles Roms avait abrité il y a de nombreuses années des petits pavillons pour mal-logés. Nous ne savons pas ce qui a mis fin à leur existence, mais depuis, ce terrain appartenant à la SNCF ne servait à… rien, et ne servira de longtemps à rien, alors qu’il pourrait servir à l’installation de plusieurs familles.

         Ce n’est certes pas les communes qui régleront la situation de marginalisation de cette communauté, somme toute très minoritaire. Mais elles pourraient faire des gestes dans cette direction. Et c’est ce qui est particulièrement scandaleux dans ces expulsions qui ont eu lieu ces dernières années, à Argenteuil comme à Bezons. Des expulsions, mais pas d’initiative véritable, même très limitées, en faveur de l’intégration de cette communauté et de leurs enfants.

         Quelques communes à l’échelle du pays ont fait ce geste. Nous pensons à Gardanne, dans les Bouches du Rhône, avec des initiatives pas toujours faciles, mais qui n’ont pas empêché son maire PCF d’être réélu en juillet.

         Avec de tels gestes, la question ne serait pas réglée, mais elle serait déjà sur la bonne voie.

Grèce : des créanciers à la conscience de classe hyperdéveloppée


S’en prendre au monde du travail oui, aux riches pas question !

 
Les créanciers de l’Etat grec, c’est-à-dire les grandes puissances de l’Union européenne et les organismes financiers, exigent de Tsipras des mesures d’une dureté exemplaire et exorbitantes. Cependant, sur une des mesures envisagées, ils estiment que le gouvernement grec va trop loin, en taxant à 8% les revenus supérieurs à 500 000 euros, ce qui serait selon eux excessif ! Les banquiers, qui s’y connaissent en la matière, prétendent que cela encouragerait l’évasion fiscale, une évasion fiscale déjà amplement réalisée par les Grecs les plus riches.

Eh oui, pour ces créanciers, rien de plus normal que de s’en prendre aux travailleurs, en repoussant l’âge de leur retraite ou en les rendant plus facilement licenciables. Mais pas question de faire payer les riches, même un tout peu.

Capitalisme : des riches et... des pauvres


Sous le capitalisme, ni en 2030, ni à la Saint-Glinglin !

 

L’Organisation des Nations Unies (ONU) prétend que la pauvreté dans le monde pourra être éradiquée dans les quinze prochaines années – à condition, disent ses « experts », que 3 500 milliards par an soient investis dans ce combat d’ici à 2030.

Une économie collectivisée sous le contrôle des travailleurs et démocratiquement planifiée à l’échelle de la planète serait certainement capable de cela. Mais sous le capitalisme, l’argent public est réservé aux guerres et aux grands patrons, et même les prétendues « aides au développement » sont le plus souvent des cadeaux déguisés à ces derniers. Quant aux investissements divers et variés, ils se font uniquement en fonction des profits espérés, jamais en fonction des besoins de la collectivité.

Il n’y aura pas d’éradication de la pauvreté sans éradication du capitalisme.
 

2000 morts de migrants recensées depuis le début de l’année aux portes de l’Europe en Méditerranée.
A lire, l'éditorial des bulletins Lutte Ouvrière d'entreprise de ce lundi 3 août (dans "articles plus anciens")


 
 
 

 






 
 

mardi 4 août 2015

Hôpital en crise, à Pontoise comme ailleurs : pour du mieux ou pour la même chose, mais avec le même ou moins de personnel


Les « urgences » certes, mais l’urgence d’abord de plus de personnels

 

Le personnel des urgences de l’hôpital de Pontoise proteste contre un projet de réorganisation de la direction entraînant pour lui une augmentation du temps de travail.

         Les personnels aide-soignants et infirmiers assurent pour l’instant un service de 10 heures. Il s’agirait de le faire passer de 10 à 12 heures !

         Ce projet de réorganisation viserait à doubler le poste de l’infirmier dont le rôle est d’orienter les patients arrivant aux urgences en fonction de leur pathologie et de l’urgence de la nécessité de leur prise en charge. Ce poste existe de jour, et la direction voudrait l’étendre pendant la nuit, et assurer cette tâche 24 heures sur 24.

         Louable objectif s’il en est, mais pourquoi le faire « payer » par le personnel !

         Chacun connaît la situation des urgences, et il faudrait encore aggraver la charge qui pèse sur un personnel déjà très éprouvé.

         La façon dont veut opérer la direction de l’hôpital de Pontoise est un exemple de plus d’une longue série intitulée « faire mieux mais avec les mêmes moyens et le même nombre de personnels ».

         Ceux-ci disent non et ils ont bien raison.

Salaires, pourvoir d'achat : pour le monde du travail : une dégringolade continue


Nouvelles d’un pouvoir d’achat grignoté en continu

 
Livret A : racket

 
Le taux du Livret A est passé de 1 % à 0,75 % au 1er août. Selon le gouvernement, les chiffres « officiels » de l’inflation seraient bien moindres, et la baisse du taux du Livret A aurait dû être encore plus forte.
Mais qui peut croire à une telle fable, alors qu’en faisant ses courses ou en payant ses factures, chacun constate que son pouvoir d’achat est rogné de tous côtés !
 

Electricité : 22,5% d’augmentation depuis 2008

 
Les tarifs de l’électricité ont augmenté de 2,5 % au 1er août. Une hausse bien supérieure à l’inflation, estimée à 0,3 % sur l’année, et que ne justifient pas les coûts de production et d’acheminement de l’électricité, en baisse d’après les calculs d’EDF.
EDF invoque les travaux de rénovation de son parc nucléaire et la reprise des activités réacteurs d’Areva. Mais depuis 2008, les hausses cumulées atteindront 22,5 %, plus du double du taux officiel de l’inflation.
Une fois encore, EDF et le gouvernement profitent de l’été pour nous faire les poches.
 
Et pendant ce temps...

Valls, Gattaz, Médef : "tout va très bien, tout va très bien", et surtout, pas d'inquiétude


La « fête au village » pour le patronat continuera

 
Le PS ayant fait mine de vouloir modifier en faveur des ménages le » pacte de responsabilité » qui a déjà amené au patronat des dizaines de milliards, Gattaz, le président du Medef, s’est répandu dans les médias contre ce rééquilibrage « dramatique ».
Deux jours plus tard, Manuel Valls s’empressait de le rassurer, affirmant que le pacte de responsabilité se poursuivra « sans changer de cap ».
Cela signifie que les charges patronales continueront à baisser, de même que les impôts payés par les entreprises, qui seront allégés de 3,6 milliards d’euros supplémentaires. Quant aux salariés, ils devront continuer à se serrer la ceinture… sauf s’ils réagissent !

 

Les profits dans l’automobile, ça roule

 
L’année 2014 aura été faste pour les capitalistes de l’automobile, avec plus de 700 millions d’euros de profits pour PSA et 1,4 milliard pour Renault.
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer cette santé florissante, de la faiblesse de l’euro à la reprise des ventes en Europe.
Mais à Renault comme à PSA, c’est surtout l’exploitation accrue de dizaines de milliers d’ouvriers qui augmente les profits, avec les mêmes recettes : blocage des salaires, augmentation de la productivité, suppressions de postes par milliers.

lundi 3 août 2015

Editorial des bulletins Lutte Ouvrière d'entreprise de ce lundi 3 août 2015


À Calais, les dirigeants européens claquent la porte au nez de leurs victimes

 Chaque nuit, à Calais, des centaines de migrants voulant gagner l’Angleterre tentent d’entrer dans les installations du tunnel sous la Manche. Malgré les policiers envoyés sur place, malgré barbelés et grillages, ils reviennent dix fois tenter leur chance et certains en meurent, renversés par un camion ou électrocutés.

Malgré leurs déclarations de fermeté, malgré des mesures de contrôle toujours plus délirantes, les gouvernements des deux côtés de la Manche ne peuvent faire cesser cette situation. Des politiciens en mal de démagogie comme le député de droite Xavier Bertrand dénoncent les autorités britanniques qui ne coopéreraient pas assez. D’autres, coté anglais, s’en prennent aux autorités françaises qui ne seraient pas assez répressives. Les deux gouvernements déclarent qu’ils feront front ensemble mais que le problème est européen et ne doit pas reposer sur eux seuls.

Les mêmes préféraient hier laisser l’Italie se débrouiller seule avec l’afflux de migrants arrivant de Méditerranée, et à Menton la police française refoule sans pitié ceux qui tentent de passer la frontière. Malgré leurs discours sur la solidarité européenne, les dirigeants français, anglais, allemands, italiens ou autres se rejettent mutuellement les responsabilités. Mais ils sont d’accord pour laisser ainsi des milliers de personnes vivre dans des conditions indignes.

Après avoir risqué leur vie sur des embarcations de fortune en payant leur passage d’un prix exorbitant, les migrants se retrouvent donc à errer sur le territoire européen, rejetés d’un pays à l’autre. L’attitude du gouvernement français est parmi les plus méprisables. Il ne laisse parvenir qu’une aide humanitaire dérisoire à des milliers de personnes, contraintes de survivre comme elles peuvent dans les bois autour de Calais.

Qu’ils soient syriens ou afghans, ou bien érythréens, soudanais ou ressortissants d’autres pays d’Afrique, les candidats à l’exil fuient des situations de guerre ou de misère extrême dans lesquelles les dirigeants américains, mais aussi européens, portent une grande part de responsabilité. Cela n’empêche pas les responsables de cette Europe forteresse de leur claquer la porte au nez et de traiter de façon ignoble ceux qui ont réussi à y entrer.

Pour des pays aussi riches que ceux d’Europe, accueillir chaque année de façon décente quelques centaines de milliers de personnes ne coûterait pourtant pas grand-chose, comparé aux sommes consacrées à subventionner leurs capitalistes ou à mener des guerres en Afrique ou au Moyen-Orient, comme le fait le gouvernement Hollande. Et les dirigeants européens osent encore déclarer que la vraie solution serait de développer l’économie dans les pays d’origine, alors que c’est justement leur politique qui y sème la désolation.

La situation dramatique des migrants de Calais, ou d’autres qui ailleurs s’entassent dans des camps de fortune, n’est encore qu’un pâle reflet de ce qui se passe à l’échelle de pays entiers. Les guerres au Moyen-Orient et en Afrique, la misère qui sévit dans toutes ces régions, ne produisent pas des milliers mais des millions de réfugiés. Ils trouvent asile dans les pays voisins, des pays pauvres qui n’ont rien d’autre à leur offrir que des camps de toile où ils devront survivre des années avec de maigres secours, une situation à laquelle quelques-uns tentent désespérément d’échapper en gagnant l’Europe.

À tout cela les dirigeants du monde capitaliste n’ont pas de solution car ils en sont les premiers responsables. Aussi ne savent-ils qu’hérisser les frontières de barbelés, voire de murs, pour empêcher les victimes de leur système d’entrer sur leur territoire.

Les migrants de Calais ne sont pas nos ennemis, ils sont nos frères. Non seulement parce que nous faisons partie d’une même humanité, mais parce qu’ils sont les victimes de la même société d’injustice. Beaucoup diront qu’il n’y a rien de commun entre l’exploitation que subissent les travailleurs en France et la situation désespérée où plonge la population de pays entiers en Afrique ou en Asie, mais c’est faux. Les travailleurs que l’on licencie ici, ou même les agriculteurs qui se plaignent de ne plus pouvoir vivre de leur travail, sont victimes d’un même système capitaliste qui, en obéissant à la seule logique du profit, rend la planète de plus en plus invivable pour la majorité de ses habitants. Un système économique et politique absurde, injuste, violent, inhumain, qu’il est de plus en plus urgent de renverser.

"Vacances" dans les quartiers populaires, l'exemple gris d'Argenteuil


Désert d’août

 

Il ne faut habiter, entre autres, la cité Joliot-Curie en ce début août. Dès aujourd’hui, et pour quinze jours, la Maison de quartier y est fermée. Le « Coffre à jouets », la ludothèque de la rue Pierre-Joly dans le Centre, est fermée durant tout le mois. Si vous avez des jeunes enfants, pas question d’y « descendre ». Bien sûr, vous pouvez toujours aller vous promener sur les pelouses pelées genre-steppe du Parc des berges. Si vous aviez l’intention d’aller retrouver quelques photos de votre jeunesse, à Saint-Hilaire ou ailleurs, pas de chance, les Archives municipales sont fermées jusqu’au 17.

         Besoin de conseil entre femmes, la Maison des femmes restaurée ne l’est en tout cas pas sur le site internet municipal. Est-elle ouverte ? Mystère !

         Le quinzomadaire municipal, l’Argenteuil, pourrait jouer un rôle utile pendant ces mois « creux », pour ceux qui restent, mais non, il s’est défilé et est parti en vacances depuis le 1er juillet !

         Plus de 40% de la population du pays ne part pas en vacances. Quelle proportion pour Joliot-Curie et les autres quartiers populaires de la Ville ?

         Un des multiples aspects de l’inégalité sociale.