dimanche 17 novembre 2013

Education, un recul catastrophique



« Assises «  de l’éducation prioritaire : debout les parents, debout les personnels !

Après les « assises » locales dites de l’éducation prioritaire, des assises académiques du même tonneau doivent se tenir fin novembre dans l’académie de Versailles. Il serait question à cette occasion qu’il n’y ait plus de lycées étiquetés « éducation prioritaire ». Qu’il y ait moins d’établissements ZEP au total sous prétexte de donner « plus de moyens à moins d’élèves ». Que les limitations des effectifs par classe ne soient plus prioritaires. Tout cela n’est pas une découverte.
       Bref, plutôt que des assises, un enterrement, et un enterrement de quelque chose perdu en mer depuis très longtemps.
      Mais cela on le sait également depuis très longtemps.

Inégalité scolaire : oui inacceptable comme l’inégalité sociale dont elle est une des données. 

« Quand un enfant qui mérite de réussir échoue faute de moyens, moi, Philippe Doucet, je dis que ce n’est pas juste. Et vous ? ». C’est la première question que pose le même dans son premier opuscule électoral.
       Et oui, ce n’est non seulement pas juste, mais c’est totalement inacceptable. 
      Alors, les impôts de tous les habitants auront pu permettre de moderniser à Argenteuil 40 écoles, de construire un pôle universitaire supplémentaire, de fournir un "kit rentrée" aux enfants des écoles primaires,…, à côté de cela, le non-remplacement des personnels continue, le nombre d’élèves par classe ne cesse d’augmenter, une réforme sans queue ni tête déstabilise l’Ecole,…, tout cela aggravant l'inégalité scolaire
     Ce n’est pas la responsabilité du maire ? Certes. Mais c’est celle du député d'Argenteuil-Bezons que l’on n’a pas vu dénoncer depuis l’élection de Hollande une situation catastrophique pour l’avenir de nombre d’enfants. Une politique que tous les efforts locaux faits par l’action municipale et par son maire ne pourront pas contrebalancer.

Europe : l’Europe capitaliste, un malade incurable



L’Europe serait menacée de déflation. C’est une des conséquences des bas salaires et de l’austérité imposés à la population. Mais quel remède les dirigeants de la Banque centrale européenne envisagent-ils ? Arroser les financiers en baissant encore les taux d’intérêt et en leur rachetant divers titres bancaires qu’ils veulent retirer du marché !
     Plus l’économie capitaliste est malade, plus ses guérisseurs aggravent le mal en la droguant avec toujours plus de capitaux qui alimentent la spéculation. Jusqu’à l’overdose.

Encore plus d'attaques contre les pauvres, contre les plus fragiles parmi les travailleurs



Haro sur les pauvres

L’aide médicale d’état (AME) est dans la ligne de mire des députés de l’UMP. L’AME permet aux travailleurs sans papiers et à leurs familles d’accéder aux soins. C’est une mesure élémentaire d’humanité mais aussi une mesure d’intérêt général, qui évite que des personnes développent de graves maladies transmissibles faute de soins. 250 000 personnes en bénéficient.
     Mais pour ces députés de droite, l’AME coûterait trop cher. Ils sont rejoints dans leur démagogie xénophobe par la députée du FN qui réclame carrément sa suppression. Les 600 millions de l’AME sont une goutte d’eau dans le budget de la santé. C’est une dépense indispensable, ce qui n’est le cas ni des milliards d’euros de baisses de cotisations patronales ni des montagnes de profits des trusts pharmaceutiques qui plombent la Sécu. Mais cela, l’UMP et le FN ne le dénonceront jamais.

APL, ALS : prendre aux pauvres pour donner aux riches

En 2014, les aides personnelles au logement, APL et ALS, ne seront revalorisées qu’au 1er octobre au lieu du 1er janvier. Cette nouvelle escroquerie permettra au gouvernement d’économiser 54 millions d’euros sur le dos des plus modestes, au moment où le nombre de personnes dans le besoin augmente. Dans le même temps, le gouvernement prévoit de nouvelles exonérations fiscales sur les plus-values immobilières, sous prétexte d’inciter les propriétaires aisés à vendre plus rapidement leurs biens.
      Prendre aux pauvres pour donner aux riches, qui peut croire que ce gouvernement n’a pas de suite dans les idées ?

L’inquiétude des préfets



 Le Figaro a publié un document qui fait état de l’inquiétude des préfets face « à la crispation, à l’exaspération et à la colère » qui régnerait dans tout le pays et qui toucherait de larges catégories sociales. Selon eux, si « la fiscalité est devenue le principal moteur de contestation », c’est « la cascade de liquidations judiciaires et de plans sociaux qui entretient un climat douloureux et un sentiment d’accablement ». Ce qui les inquiète le plus, c’est que le mécontentement s’exprime dans des « accès de colère spontanée » et pas à travers des mouvement sociaux « structurés »…
     Reste donc que les travailleurs prennent la tête d’une explosion de colère de façon très méthodique et structurée avant que la droite, l’extrême droite et les grands patrons ne le fassent.

samedi 16 novembre 2013

Elections municipales d’Argenteuil : l’occasion d’indiquer la voie à suivre pour arrêter la dégradation, à l’échelle du pays comme à l’échelle locale, de la situation des classes populaires

Affiches, interviews, sondages, le PS et l’UMP ont lancé leur campagne à Argenteuil. A en croire ces premières initiatives,  l’échelle de leur politique et de leur programme : « à la dimension locale toute ! ».
     Il est vrai que la situation générale des classes populaires et la politique gouvernementale les incitent à se cantonner à la situation argenteuillo-argenteuillaise.
     Licenciements, baisse des revenus réels, reculs des services publics d’Etat, sont le lot de la population de la commune comme ailleurs. Le patronat capitaliste continue son offensive qui se traduit par la diminution du pouvoir d’achat, la flexibilité, la hausse de l’exploitation du monde du travail. Le gouvernement accompagne cette politique lorsqu’il ne la précède pas.
      On comprend que les champions locaux du PS et de l’UMP en restent au local. D’autant qu’ils ont une responsabilité directe dans cette politique. Le chef de file argenteuillais de l’UMP comme député a été un soutien infaillible de la politique anti-ouvrière de Sarkozy. Son adversaire PS, comme député, lui, soutient sans faille aujourd’hui la politique de Hollande-Ayrault qui continue celle de Sarkozy-Fillon.
     L’offensive du patronat et cette politique gouvernementale, menées à l’échelle du pays, pèsent sur le plus grand nombre des habitants de la commune, elle dégrade leur vie et celle de leurs familles. Ensuite, les services municipaux dans le cadre des décisions des municipalités peuvent toujours agir. Et, certes, la façon dont elles interviennent n’est pas indifférente. Mais ils interviennent comme les services de santé interviennent sur le champ de bataille, pour aider, pour soigner, pour secourir, mais certainement pas pour prévenir la blessure.
     Mieux vaut prévenir que soigner. Il faut que les classes populaires reprennent le chemin de l’offensive. Il faut arrêter les licenciements et la baisse de leurs revenus qui gangrènent toute la vie sociale.

      C’est à ce niveau que Lutte Ouvrière interviendra dans ces élections municipales. D’abord poser les questions essentielles, générales, de la situation, proposer le programme nécessaire pour indiquer la voie de la guérison. Cela est la priorité des priorités, bien davantage que la qualité de l’infirmier et de ses méthodes, questions qui ne nous sont pas indifférente, bien sûr. DM

Dassault et cie : côté profits

Le ministère de la Défense, après renégociation de la loi de programmation militaire, vient de bénéficier d’une rallonge de 500 millions d’euros pour son budget 2014. En outre, 578 millions supplémentaires lui seront attribués au titre de l’année 2013 pour financer le surcoût des opérations extérieures des armées, notamment au Mali.
     Bercy, c’est-à-dire le ministère des Finances, cherche à faire des économies, mais plutôt sur les hôpitaux que sur les programmes d’armement, qui enrichiront Dassault et autres Thalès et EADS.

Dassault : côté travailleurs, une musique bien différente. Extraits du bulletin Lutte Ouvrière de cette semaine de l’usine d’Argenteuil

Trop tard

Vendredi dernier, un intérimaire travaillant à l’atelier C a eu le pouce arraché alors qu’il travaillait sur une perceuse obsolète, démunie du dispositif de sécurité adéquate. La direction déclare maintenant à qui veut bien l’entendre qu’elle va veiller à la sécurité… Une fois qu’il est trop tard
      Elle a fait apposer un panneau « machine condamnée » mais c’est surtout la main de notre camarade de travail que la direction a condamnée.

Urgence sécurité

 L’ensemble des stades d’assemblage du Rafale se concentre maintenant sur une petite partie de l’atelier C. Le désordre y favorise les accidents. La direction affirme qu’ « il ne faut pas s’inquiéter » et qu’ « il n’y en a que pour quelques mois ».
      Un accident grave vient de se produire. Faudra-t-il en attendre un autre avant que la direction ne remédie au problème ?

Ca urge pour la rallonge

Toujours dans cette partie de l’atelier C, on nous met la pression pour diminuer les temps de fabrication.
     Nous, ce qui nous intéresse, c’est diminuer les délais entre deux promotions.

Non au sous-traitement

Pour faire son beurre, Dassault sous-traite les panneaux Falcon ainsi que la casquette à la Satif. La Satif, quant à elle, entend bien y trouver l’argent du beurre. Résultat : les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité sont déplorables. Quant au responsable Satif du secteur, il se calme les nerfs sur nous.
     C’est certainement plus facile que d’avoir le courage de demander des moyens supplémentaires à ses supérieurs.


Dassault : côté Ville, c’est pas joli. Une correspondance de Corbeil (91) extraite de l’hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine


Dassault à Corbeil-Essonnes : les méthodes d'un grand bourgeois

La mairie de Corbeil-Essonnes est de nouveau sous les feux de l'actualité. Des enquêtes judiciaires ont été diligentées pour en savoir plus sur les liens probables entre deux tentatives d'homicide commises en début d'année et le système de dons d'argent que Dassault a mis en place depuis bien longtemps pour peser sur les élections municipales.
     L'affaire a récemment rebondi, car le meurtrier présumé d'une des deux tentatives d'homicide, Younes Bounouara, dont le nom était tu par la presse jusqu'ici, est connu à Corbeil pour être l'homme de main de Dassault. Par lui, des sommes importantes auraient transité (on parle de 1,7 million d'euros), utilisées pour payer des relais dans les quartiers, visant à voter et faire voter Dassault. Ancien délinquant devenu chef d'entreprise, Bounouara a, en février dernier, tiré par trois fois sur un homme de 32 ans, « parce qu'il se sentait harcelé par un gang de voyous », a-t-il déclaré. Cette version étant peu convaincante, la justice essaie d'établir les rapports qui peuvent exister entre le système de dons d'argent institué par Dassault et le geste de Bounouara.
     Au-delà de l'issue judiciaire, cette affaire illustre le climat délétère qu'entretient l'argent de la cinquième fortune de France dans la ville populaire de Corbeil-Essonnes. Assumant l'image du puissant qui peut tout acheter, Dassault a nourri des pratiques qui ont dégradé les liens de solidarité qui pouvaient exister, au profit du clientélisme et du communautarisme. Conseils municipaux filtrés par une petite milice secondée par les polices nationale et municipale, intimidations et menaces sur les élus de l'opposition, menaces de fermeture d'usines en cas de non-réélection : la mairie Dassault a montré ce que pouvait être le pouvoir imposé par un grand bourgeois milliardaire.
     Mais l'originalité de Corbeil-Essonnes réside surtout dans le fait que Dassault a tenu à occuper lui-même la place de maire. Dans la plupart des grandes villes, la bourgeoisie dévolue cette place à un personnel politique formaté. À Corbeil, le bourgeois Dassault s'est mis en personne sur le devant de la scène.
     S'opposant au système Dassault, le créneau électoral du PS et du PC, comme celui d'une partie de la droite d'ailleurs, est de souhaiter une gestion « plus propre », en réclamant que « la République n'abandonne pas Corbeil-Essonnes » ! Pour l'heure, la république bourgeoise abandonne si peu Dassault que son Sénat, à majorité de gauche, n'a pas voté la levée de l'immunité parlementaire du milliardaire, ce qui l'aurait exposé un peu plus à la justice.

                                                                                            
                                                                                           Correspondant LO