mardi 19 mars 2013

19 mars 1962 : sur les deux rives, une première délivrance pour tous


F. Hollande vient de rendre officielle la commémoration du 19 mars, journée anniversaire des accords dits d’Evian, ordonnant le « cessez-le-feu », qui allait marquer le début du processus de fin de la Guerre d’Algérie et de l’Indépendance algérienne.
     Cela faisait longtemps que la Fnaca, la principale organisation des anciens combattants d’Afrique du Nord, dont les adhérents sont essentiellement des anciens appelés ou rappelés de la Guerre d’Algérie, le réclamait.
     On comprend que ces hommes à qui l’on perturba pour ceux qui étaient loin des zones de guerre, et à qui l’on gâcha plusieurs années de leur jeunesse, pour ceux qui se retrouvèrent là où ils ne voulaient pas être, au péril de leur vie, tiennent à ce genre de commémoration. C’est même le sens de toute commémoration.
     Loin des discours cocardiers, officiels en particulier qu’exècrent par ailleurs un certain nombre de ces soldats appelés en Algérie, cette commémoration du 19 mars pourrait être un jour où se retrouveraient ces anciens soldats mais aussi à leurs côtés, des combattants de la cause de l’indépendance algérienne, et de ces anciens Algériens dont un certain nombre vivent encore à nos côtés ici, dont la Guerre gâcha et dangereusement aussi leur jeunesse de travailleurs.

A ce propos deux initiatives cette semaine encore :

L’exposition « Paris en Guerre d’Algérie » dans le hall de la mairie d’Argenteuil, jusqu’à ce jeudi 21 mars 17 heures 30. Où il est question des appelés, rappelés, combattants nationalistes algériens, des travailleurs algériens en France…

Et

Vendredi soir 22 mars, à 18 heures 30, auditorium de la mairie :
« Autour de Maurice Audin » :
Introduction de « l’Affaire Audin » par Sylvie Thénault
Puis : entretien avec sa fille Michèle, sur son récit : « Une vie brève » (Gallimard)
Entretien suivi d’une dédicace.
(une soirée organisée par la Ville d’Argenteuil, en partenariat avec Le Presse-papier, et l’association Sous les couvertures)

Bigoterie sans frontière



Vendredi dernier, les États membres de l’ONU ont voté à l’unanimité un texte condamnant les violences faites aux femmes, soulignant notamment que celles-ci ne pouvaient être justifiées « par aucune coutume, tradition ou considération religieuse ».
     Une telle déclaration ne mange pas beaucoup de pain bénit, mais c’en était déjà trop pour quelques États qui voulaient biffer cette dernière phrase et qui, faute d’y être parvenus, ont tenu à émettre des « réserves » officielles sur leur signature. Parmi ces États, on trouve des pays comme l’Iran, l’Égypte ou l’Arabie Saoudite, mais aussi... le Vatican.
     Eh oui, sous tous les cieux et sous tous les noms, leur dieu est, disent-ils, amour... de la misogynie profonde.

Ecole : scolarisation de tous les enfants de moins de trois ans dont les familles le souhaitent !



Un vote sur le développement de cette scolarisation

La possibilité d’accroître la scolarisation des enfants de moins de trois ans a été votée ces jours-ci. A croire que cela ne passionne guère la foule des députés, il n’y avait que 66 votants sur près de 600 !
      Il est évident que la scolarisation de ces enfants peut être très utile pour des dizaines de milliers d’enfants de familles en difficulté ou simplement dont l’école peut être un milieu très favorable à l’approfondissement précoce de la langue.
      Cette scolarisation se fera donc au volontariat… des communes, la volonté n’étant le plus souvent en la matière, seulement la volonté des moyens disponibles.
     A Argenteuil, il est question d’ouvrir quelques classes maternelles dédiées à cette scolarisation. C’est bien, mais les finances municipales limitent, et on le comprend, l’initiative.
     Ce serait à l’Etat de permettre la généralisation de cette scolarisation en mettant à disposition les moyens idoines. En matière financière, l’Etat a bien d’autres possibilités que les communes. Mais en l’occurrence, les forces qui dirigent ses choix sont bien loin de l’intérêt des familles et de la société.

Mépris social habituel

Il y a des circonstances où tout le mépris des gens de droite, députés dans ce cas, se lâche. Selon un site spécialisé en comptes-rendus législatifs, à l’occasion du débat sur cette scolarisation, « les élus UMP ont aussi considéré que cette mesure pouvait viser à « arranger les parents » avec « un mode de garde gratuit » !
     Oui, aujourd’hui, les parents « s’arrangent » avec le désengagement de l’Etat pour qui pourtant les parents fournissent par l’impôt l’essentiel des moyens financiers qui devraient servir à construire des crèches et des écoles !
     Quant à ce genre d’élus, c’est vrai qui s’y connaissent en gratuité !

CGT : appel à une nouvelle journée d’action bien nécessaire


En congrès confédéral à Toulouse, la CGT  vient d’appeler à une nouvelle journée d’action contre l’accord sur l’emploi dans la semaine du 2 au 5 avril pour dénoncer l’  « accord » contre les travailleurs que le gouvernement s'apprête à faire voter prochainement par le parlement.
     C’est évident que nous devons nous retrouver dans la rue. Le mieux aurait été que dès le lendemain de la journée de grève et de manifestation du 5 mars, cette nouvelle journée, participant d’un plan d’action ait été mise rapidement dans les têtes. Car la question est de hausser cette action, pour créer le rapport des forces qui fera reculer le Médef et ses alliés pseudo-« syndicaux » et gouvernementaux.
     Préparons cette nouvelle journée nécessaire.

lundi 18 mars 2013

PSA-Aulnay : la solidarité financière toujours nécessaire pour soutenir les grévistes

Les grévistes d'Aulnay en grève continuent à avoir besoin de notre soutien, je dirais même plus que jamais. C'est grâce à la solidarité qu'ils ont pu bénéficier, chacun, fin février, d'une  somme non négligeable, sous le contrôle de tous et du Comité de grève soutenu par la CGT, SUD et la CFDT, bien sûr loin de leur paye habituelle.
     Sur Argenteuil, il y a eu le déblocage municipal d'une aide collective. C'était la moindre des choses envers des administrés en difficulté. C'est dans ce cas-là, pour des administrés qui défendent leur avenir, ce pourrait l'être pour bien d'autres raisons et difficultés.
     Mais après cette aide globale, ce serait tout du côté de la municipalité. Et pourtant la grève continue.
    Alors, lorsque les travailleurs sont seuls  face à l'adversité, la solidarité des travailleurs doit continuer à se réaliser. Pour les jours qui viennent nous faisons, sur la localité appel à celle-ci.
     Pour soutenir financièrement les grévistes d'Aulnay, on peut nous envoyer un chèque libellé à l'ordre de : Soutien aux salariés de l'automobile du 93
                                                                               Dominique Mariette
                                                                                2 rue Rouquès
                                                                                95100 ARGENTEUIL

Editorial des bulletins Lutte Ouvrière du lundi 18 mars 2013



Retraites, austérité : Hollande ou Sarkozy, c’est du pareil au même

Le gouvernement Hollande-Ayrault prépare une nouvelle réforme des retraites qui va aggraver celle imposée en 2010 par Sarkozy. Rien n’est encore officiel mais il s’apprête à allonger la durée de cotisation ou à augmenter les cotisations des salariés ou à reporter l’âge de départ à la retraite. Et comme il ne veut pas aller chercher l’argent dans les coffres-forts de la bourgeoisie, il pourrait bien faire les trois à la fois.
     Cette réforme pourrait aussi attaquer le niveau de vie des retraités. Depuis que le patronat et quelques syndicats se sont mis d’accord pour que les retraites complémentaires n’augmentent plus au même rythme que l’inflation, imposant ainsi une baisse du pouvoir d’achat des retraités, la chose n’est plus taboue. Le gouvernement pourrait s’appuyer sur ce précédent pour imposer la même chose aux pensions de base.
     Le temps où le PS manifestait contre les reculs imposés par la droite et contre la retraite à 62 ans est révolu ! Les promesses de Hollande de revenir sur cette réforme sont bel et bien enterrées ! Le gouvernement a fait quelques gestes envers ceux qui ont eu une activité professionnelle longue ou pénible, c’est-à-dire à une minorité. Mais ce n’était que pour mieux faire reculer l’immense majorité des retraités.
     Comme Sarkozy en son temps, Hollande parle de « choix courageux », d’« efforts partagés ». Ce sont, mot pour mot, les mêmes mensonges, les mêmes poncifs selon lesquels « puisque l’on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps », « les actifs étant de moins en moins nombreux par rapport aux retraités, le système est intenable »…
     Comme Sarkozy, Hollande prétend « sauver le régime de retraite », mais il le démolit. Tous ceux qui nous expliquent qu’il faut travailler jusqu’à 63, 64, voire 67 ans ou cotiser 42, 43 ans, savent que c’est inaccessible au plus grand nombre.
     C’est impossible pour la quasi-totalité des femmes, contraintes de s’arrêter pour élever leurs enfants ou forcées d’enchaîner des contrats précaires. C’est impossible pour les travailleurs cassés par le travail bien avant l’âge de la retraite.
     Les réformes des retraites qui se succèdent depuis 30 ans n’ont pas eu pour but de sauver le système de retraite, elles n’ont fait que baisser le montant des pensions et diminuer les droits de chaque travailleur à la retraite.
     On n’a pas fini d’entendre parler du « gouffre des retraites ». Mais 20 milliards de déficit de la caisse de retraite prévus en 2020, c’est autant que les 20 milliards que le gouvernement offre en cadeau, chaque année, au patronat au nom de la compétitivité. Et à l’entendre, cela ne pose pas de problème.
    Alors, la question n’est pas le montant des déficits, mais de choisir à qui l’on donne la priorité : aux affaires de la bourgeoisie ou à la vie des travailleurs ? Aux profits des entreprises ou à l’emploi, aux salaires et aux retraites ?
     Plutôt que de forcer les salariés à travailler jusqu’à 65 ou 67 ans, il faudrait embaucher les chômeurs. Peut-on accepter que les anciens s’usent la santé sur les chaînes de montage ou sur les chantiers alors que leurs enfants sont condamnés au chômage ? Il n’y a pas de société plus aberrante et plus stupide que celle-ci !
      Il y a dix mois, la majorité des travailleurs a voté pour Hollande pensant que « cela ne pouvait pas être pire qu’avec Sarkozy ». Eh bien si, c’est pire ! Cela ne tient pas à la personnalité de Hollande, mais à la crise qui se poursuit et qui rend le patronat de plus en plus agressif contre les travailleurs.
     Le patronat, surtout le grand, veut profiter de la pression du chômage pour revenir sur les conditions de travail, sur les salaires, sur la durée de travail, sur les effectifs. Au nom de la compétitivité, il ne veut plus payer pour les caisses du chômage, de l’assurance maladie ou des retraites.
    Il exige rabais sur rabais, exonération sur exonération, et le gouvernement s’exécute. Que ce soit sur les retraites, sur la TVA, sur la compétitivité, sur l’austérité, Hollande a repris et applique le programme de la droite et du patronat.
     Les dirigeants socialistes veulent démontrer à la bourgeoisie que, pour faire avaler des couleuvres aux travailleurs, rien ne vaut un gouvernement « de gauche ». Eh bien, la couleuvre est loin d’être avalée ! Ce n’est pas parce que le gouvernement se dit de gauche que les travailleurs sont prêts à tout accepter.
    Oui, Hollande finira par soulever la colère des travailleurs, comme Sarkozy avait fini par la soulever lors de sa réforme des retraites ! Et cette fois, il faudra créer le rapport de forces pour faire reculer le grand patronat et le gouvernement.

Persépolis censuré…dans des écoles américaines


La bande dessinée qui raconte l’Iran du shah, la révolution iranienne de 1979, et le pouvoir islamique des années 80 à travers le regard d’une jeune fille était interdite en Iran, puis en Tunisie.
     Ce mois-ci c’est un groupe d’écoles de Chicago qui l’a écarté des bibliothèques, prétendument à cause de scènes de torture pouvant choquer les jeunes. Ils sont choqués par les images. Il vaudrait mieux qu’ils soient choqués par la torture, et ceux qui la pratiquent.

Chypre : racket sur les économies des travailleurs

Après avoir spéculé intensément, les banques chypriotes sont au bord des faillites. Et pour les renflouer, le gouvernement de Chypre, le FMI et l’Union européenne se tournent vers... la population qui a découvert qu’on allait prélever une taxe de 6,75 % sur tous les comptes bancaires. Les manifestations de rue ont immédiatement débuté contre ce racket.
     Selon le ministre des finances chypriote, « on a évité des coupes dans les salaires et les retraites ». Mensonge, puisque ce prélèvement sera une ponction légale sur les économies, entre autre, des salariés et des retraités. Et si une taxe de 9,9 % est prévue pour les plus gros comptes, ils sauront y échapper. Les affairistes, russes ou autres, sont habitués à passer par les banques chypriotes pour blanchir leurs milliards. Faisons leur confiance dans ce domaine.
      Nul devoir ne s’impose aux riches, dit l’Internationale. On le vérifie chaque jour.