mardi 19 février 2013

Géodis : quand les travailleurs se mettent en grève, tout devient possible


     Le dépôt du transporteur Géodis était totalement bloqué à Saint-Ouen l’aumône hier. Les travailleurs protestaient contre 13 suppressions de postes sur les 70 postes permanents de l’entreprise.
     Pour le trust Géodis qui veut maintenir ses profits en l’état malgré la crise, il s’agit d’opérer de grandes manœuvres via des filiales ou pas. Cela se traduit non seulement par des risques de suppressions de postes, de sites, mais également par une dégradation des conditions de travail.
     Une pétition n’avait pas suffi à faire reculer la direction, la grève y a réussi : les treize postes seront maintenus à Saint-Ouen.
     La grève est bien l’arme des travailleurs.

Argenteuil-antennes-relais : le refus bien sûr, mais aussi un message à comprendre


Des riverains du quartier Gode-Jolival sont mécontents. Une antenne-relais pour téléphonie mobile vient d’être installée en catimini dans leur quartier.
     Ils ont bien des raisons d’être inquiets.
     C’est cela le capitalisme, et aujourd’hui, celui des télécommunications, est un des secteurs qui produit le plus de… profits.
     Et le capitalisme, c’est le secret et quels que soient les risques, le profit d’abord.

Autoroutes-PSA : vite, la victoire des travailleurs


Les grévistes de PSA-Aulnay ont organisé une opération péage gratuit hier sur l’autoroute du Nord.
   Pour les usagers, cette opération donne l’occasion de protester contre la hausse continue des péages d’autoroutes qui enrichissent les actionnaires des compagnies.
     Pour les grévistes, c’est l’occasion de mesurer la sympathie pour leur mouvement.
     Usagers de la route, population, producteurs de voitures, mêmes adversaires, même combat !

Au pays des droits de l’Homme...


L’été dernier, un gamin de 12 ans avait passé 18 jours en prison à Fleury-Mérogis. Pourtant en France l’incarcération des mineurs de moins de 13 ans est interdite.
     Arrêté pour vol, ce garçon aurait dû être confié à une institution éducative. Mais la police ne l’a pas cru quand il a dit son âge, et la justice a fait une erreur d’identité. Le fait que cet enfant soit Rom n’est probablement pas un hasard, car le racisme « ordinaire » se traduit souvent par des discriminations officielles.

Les Echos : une information seulement accessible aux maîtres


Le prix du quotidien Les Echos vient de passer de 1,50 à 1,70 euro. Une bagatelle de hausse de 12 %. Bagatelle, mais certainement pas pour les lecteurs des milieux populaires qui veulent s'informer.
     Mais ce n’est certainement pas au commun des travailleurs s’intéressant aux arcanes de l’économie capitaliste que s’adresse ce journal. Les Echos se proclament « Quotidien de l’économie ». « Quotidien du grand capital » serait nettement plus juste.
     Alors pour ses lecteurs principaux du monde de la bourse et de la grande industrie, qu’est-ce que vingt centimes à payer en plus chaque jour ?
     Une infinie particule ? Une raie de lumière ? Une poussière minuscule ?

Pages suivantes : compte-rendu du banquet de dimanche, photos, audio de l'intervention de Nathalie,...

lundi 18 février 2013

Editorial des bulletins d'entreprises Lutte Ouvrière daté du 18.02.13.


La viande de cheval ne tue pas, mais le capitalisme, si !

Tests ADN, Interpol, brigades policières : l’Union Européenne a sonné le branle-bas de combat. Que cherche-t-elle ? Les fortunes cachées qui échappent au fisc ? Les spéculateurs qui jouent l’économie au casino ? Non, il s’agit de débusquer de la viande de cheval dans les plats cuisinés.
     La fraude est choquante. Qu’une entreprise remplace secrètement le bœuf par du cheval, moins cher, pour augmenter ses bénéfices, est inacceptable. Cette tromperie démontre que, même dans un secteur théoriquement très surveillé, les fraudes sont banales. Et on ne peut plus dire, comme le laissaient entendre certains, pétris de préjugés, que cela vient de Roumanie. La fraude est bien de chez nous puisque c’est une entreprise française qui a fait valser les étiquettes.
     Nous apprenons aussi, au passage, que la viande hachée est du « minerai », composé de « déchets de muscles, d’os, de collagène ». L’appât du gain est décidément peu ragoûtant… Que sont-ils prêts à nous faire avaler, pour leurs profits ?
     Pour comprendre ne serait-ce que le circuit de la viande, il a fallu une enquête policière car l’affaire met en scène cinq pays, deux courtiers en viande, quatre entreprises et des produits vendus dans toute l’Europe via quelques grandes marques de plats cuisinés et plusieurs grands noms de la distribution. Et tout ce beau monde vit en prélevant sa part sur les travailleurs de la filière et sur les consommateurs, dans l’opacité la plus totale, couverts par le sacro-saint secret commercial.
     Oui, le contrôle est nécessaire, et pas seulement sur l’étiquetage alimentaire ! Le capitalisme et la recherche du profit font bien d’autres victimes, à une tout autre échelle et dans de tout autres domaines. Alors, il faut imposer un contrôle bien plus général, un contrôle à l’échelle de l’ensemble de la vie économique.
     Ce contrôle doit être exercé par les travailleurs eux-mêmes et, pour qu’il puisse être effectif, il faut lever le secret des affaires. L’État peut déployer tous les appareils bureaucratiques qu’il veut, seuls les travailleurs peuvent au jour le jour assurer un contrôle efficace et tirer la sonnette d’alarme avant que le mal soit fait.
     Mais pour cela, il faut que les travailleurs puissent rendre publiques les décisions dont ils sont témoins. Aujourd’hui, un salarié qui dénonce ce qui se passe dans son entreprise est certain de se retrouver à la porte ou en justice. C’est pourquoi il faut supprimer le secret commercial et reconnaître aux travailleurs le droit de dire ce qu’ils savent de leur entreprise.
     Plus qu’un droit au contrôle, il faudrait parler de devoir civique, car c’est la seule façon de dénoncer et d’empêcher les crimes patronaux. Et tous les crimes patronaux ! Car si les scandales sanitaires, celui de la vache folle, du Mediator, sont unanimement dénoncés, il n’en va pas de même pour les crimes sociaux.
     Les victimes sont pourtant bien réelles. Faut-il rappeler que, chaque jour, deux salariés meurent au travail dans le pays ? On estime que 3 000 à 5 000 décès par an sont imputables à l’amiante : aucun responsable n’a été identifié et jugé à ce jour.
     Licencier et condamner au chômage de plus en plus de travailleurs est aussi un crime social. Combien de travailleurs sont broyés par une vie de chômage et de galère faite de petits boulots payés une misère ? Combien sont brisés par l’exploitation ?
     Pour justifier leurs crimes, les dirigeants des grands groupes mentent de façon éhontée. Le PDG de PSA, celui d’Arcelor Mittal, ont menti pendant des années. Aujourd’hui encore, ils cachent les vrais comptes de leur trust. Ils annoncent des pertes pour justifier des fermetures d’usines mais la cote de leur groupe a monté à la Bourse, et on peut faire confiance aux actionnaires pour ne pas s’y tromper.
     Les dirigeants de l’économie peuvent impunément maquiller leurs comptes et cacher les fortunes personnelles qu’ils retirent de l’exploitation.
     Eh bien là aussi, il faut imposer un contrôle. Il y a bien des secrétaires, des techniciens, des comptables, des ingénieurs, révoltés par les agissements de leur direction qui sont contraires aux intérêts des salariés, de la population ou de l’environnement.
     Supprimer le secret des affaires permettrait d’en finir avec le chantage patronal. Les travailleurs pourraient rendre publiques leurs informations, et ils sauraient à quoi s’en tenir. Ils pourraient anticiper et s’organiser face aux attaques patronales.
     La question du contrôle doit concerner l’ensemble de l’économie car il ne s’agit pas seulement de maîtriser ce que l’on met dans nos assiettes, mais de prendre la maîtrise de notre vie.

Argenteuil : notre meeting et banquet : album de photos


Nathalie Arthaud entourée de Patrice Crunil et Dominique Mariette lors de la présentation
humoristique de la tribune par notre ami Patrice

Un public nombreux et chaleureux


"Debout les damnés de la terre... L'Internationale sera le genre humain"



"Donné c'est pesé, la remise du jambon"

Un bon repas préparé par les camarades, l'occasion de parler, de faire des rencontres"

"Concentré sur son assiette, cela n'empêche pas de discuter"

"Les travailleurs n'ont pas à payer la crise du capitalisme : une certitude"

Argenteuil : intervention de notre camarade Nathalie Arthaud à l'occasion du banquet des Amis de Lutte Ouvrière du dimanche 17 février 2013