mardi 29 janvier 2013

Uniroute : la seule voie, c’est la riposte, et tous ensemble, nous les travailleurs !


Uniroute est une entreprise de transport sous-sous-filiale de la SNCF spécialisée dans le transport de voitures. Comme dans les autres sites, les chauffeurs sont en grève depuis plusieurs jours sur celui de Magny-en- Vexin.
     Comme pour d’autres salariés, leur direction prétexte la diminution d’activités dans le secteur de l’automobile pour vouloir diminuer leur salaire (-25% selon eux). Elle tente de jouer la concurrence entre travailleurs en embauchant des chauffeurs venus de l’est de l’Europe.
     Bref, les salariés se battent le dos au mur. Pas question d’accepter une diminution de leur salaire. Et ils doivent s’adresser aux autres chauffeurs venus de l’Europe de l’est qui eux aussi voudraient voir leur salaire augmenter.
     Quant au discours de leur direction, crise ou pas crise des ventes de l’automobile, combien de profits a fait la maison-mère SNCF en 2011 et 2012 ?

Montebourg à plat ventre


À l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2, jeudi 23 janvier, Montebourg est revenu sur ses propos de l’été dernier contre les dirigeants de PSA. Il a même assuré avoir de l’estime pour Varin, le PDG de PSA, qui a menti durant un an sur le sort de l’usine d’Aulnay et qui s’apprête à supprimer 11 200 postes dans le groupe.
     Montebourg ne s’est pas encore excusé à genoux en robe de bure, mais au train où vont les choses, ça risque d’arriver bientôt.

Bain de sang en Égypte


Durant trois jours, des heurts ont opposé à Port-Saïd, dans le nord-est du pays, des manifestants aux forces de répression. Celles-ci ont tiré à balles réelles, faisant 46 morts et des centaines de blessés. C’est la condamnation à mort de 21 supporteurs du club de football local Al-Masry, pour leur implication supposée dans des violences ayant fait 74 morts après un match l’an passé, qui a mis le feu aux poudres.
     Un massacre de plus qui montre que la dictature de l’islamiste Mohamed Morsi n’a guère à envier à celle de Moubarak en matière de répression. Comme quoi les classes populaires égyptiennes ont encore devant elles bien des combats à mener pour que la lutte, qu’ils avaient entamée il y a deux ans, réalise leurs véritables aspirations.

Les Kurdes en butte à la répression de l’État turc


Samedi 26, une nouvelle manifestation a eu lieu à Paris à propos des assassinats de trois militantes kurdes en plein Paris. Les manifestants s’inquiètent à juste titre et protestent contre la façon dont l’enquête est menée. La justice française favorise, en effet, la thèse d’un règlement de compte au sein du PKK, thèse qui écarte la responsabilité de l’État et de ses services secrets.

Chômage : des chiffres qui ne trompent personne


Les statistiques pour le mois de décembre laissent penser que le chômage est stationnaire, avec « seulement » 345 chômeurs dits de « catégorie A » supplémentaires. Or, en 2012, Pôle Emploi a radié plus de 1 200 000 chômeurs sous le prétexte qu’ils n’avaient pas mis leurs dossiers à jour et près de 50 000 qui n’auraient pas « respecté les règles de la recherche d’emploi ». Et nombre de ces radiations ont eu lieu en décembre.
      Aux licenciements, il faudrait ajouter les radiations par Pôle Emploi. Pour faire reculer le chômage, il faut commencer par imposer l’interdiction des licenciements.

Education nationale : en grève ce jeudi 31 janvier


La Fédération Syndicale Unitaire, Sud et la CGT-Education appelle à la grève jeudi 31 janvier, aux côtés des autres salariés de la fonction publique.
     Hier, les syndicats de la FSU du secondaire n’ont pas participé à une réunion « paritaire » de répartition des moyens pour la rentrée prochaine, à l’Inspection académique.
     Ces dernières années, 80 000 postes ont été supprimés à l’Education nationale. Il y en aurait 100 dans le Val d’Oise de créés à la rentrée prochaine, mais pour près de 2250 élèves supplémentaires, ce qui ne fait que quelques dizaines de postes nouveaux incapables de vraiment contrebalancer les postes supprimés depuis des années.
     La FSU a eu raison de refuser de discuter lorsqu’il n’y a rien à discuter.
     Vive la grève de ce jeudi 31 janvier !

lundi 28 janvier 2013

Editorial des bulletins d'entreprises Lutte Ouvrière du 28.01.13.


Nous sommes tous attaqués, organisons ensemble la riposte
Grève reconductible à l’usine PSA d’Aulnay-sous-bois contre la fermeture programmée du site. Débrayages répétés et de plus en plus importants dans toutes les usines Renault contre le chantage de la direction qui ne laisse aux travailleurs que le choix entre « travailler plus pour gagner moins » ou être licencié. Manifestation des salariés de Virgin, de Sanofi, d’Arcelor. Action des travailleurs de Goodyear dont la direction va annoncer qu’elle ferme l’usine d’Amiens avec 1 200 licenciements. Grève, jeudi prochain, dans la Fonction publique contre les suppressions d’emplois et la baisse du pouvoir d’achat : bien des travailleurs s’organisent pour se défendre. Ils ont mille fois raison. Leurs combats doivent devenir la lutte de tous.
     Le patronat a pris l’offensive. Avec les « accords compétitivité », il attaque tous azimuts. La direction de Peugeot a commencé son attaque avec un plan de suppression d’emplois sans précédent incluant la fermeture de l’usine d’Aulnay. Mais les hostilités ne s’arrêteront pas là, elle a déjà annoncé qu’elle veut imposer des accords de compétitivité rebaptisés « accords de performance ».
     La direction de Renault a fait l’inverse : elle a d’abord voulu imposer la mobilité intersites, allonger le temps de travail et bloquer les salaires, et c’est après cela qu’elle a annoncé 8 200 suppressions d’emplois, avec la menace de rayer de la carte deux de ses usines, si les syndicats ne signent pas ces accords.
Les licenciements et les accords de compétitivité sont les deux bouts d’un même bâton. Aucun travailleur ne sera épargné, pas même ceux à qui l’on garantit de conserver leur emploi.
     Conserver son emploi ne veut même plus dire conserver son salaire. Les accords de flexibilité qui ont été signés entre le patronat et la CFDT, la CGC et la CFTC, et que le gouvernement soi-disant « socialiste » veut transposer dans la loi, autorisent la baisse des salaires au gré des fluctuations du marché. Il suffira qu’une entreprise prétexte des difficultés pour qu’elle impose une baisse du temps de travail et une baisse du salaire.
     Et les patrons ne s’en priveront pas parce qu’avec la crise les affaires ralentissent. Ou les travailleurs forceront le grand patronat à revoir ses profits à la baisse, ou ce sont les salaires qui baisseront. Si les travailleurs ne se font pas respecter, le patronat les fera reculer.
     Il n’y a aucune raison pour que les travailleurs acceptent de se sacrifier. Chez Peugeot, qui des actionnaires ou des travailleurs doit faire des sacrifices ? La famille Peugeot et les actionnaires ont encaissé 6 milliards de bénéfices ces dernières années. Ils ont de quoi voir venir, pas les travailleurs qui ont toujours été payés au plus bas !
     Qui a réalisé 786 millions de bénéfice net pour les six premiers mois de 2012, plus de 2 milliards en 2011 et 3,4 milliards en 2010 ? Le groupe Renault dont le PDG, Carlos Ghosn, se verse une rémunération de 13 millions par an et explique que, si les travailleurs n’acceptent pas de se sacrifier, leur usine risque la faillite !
     Le patronat et le gouvernement alignent les chiffres d’affaires catastrophiques pour faire pleurer dans les chaumières sur les difficultés patronales. Mais quand les affaires tournaient à plein, c’est ce grand patronat qui s’est enrichi. Et aujourd’hui encore, pour maintenir ses profits, il est prêt à priver du nécessaire des millions de travailleurs.
     Le chômage est un drame pour ceux qui sont privés de salaire mais aussi pour les autres travailleurs qui vivent avec cette épée de Damoclès sur leur tête.
     Plus largement, le chômage est un fléau pour toute la société. Quel peut être l’avenir d’une société qui condamne 25 % de sa jeunesse à l’inactivité ou aux petits boulots pendant qu’une infime minorité nage dans les millions ? Le chômage, les inégalités, l’exploitation forment le terreau de l’individualisme, de la délinquance, de l’insécurité, du racisme.
     Les conséquences du chômage ne sont pas qu’économiques, chacun les subit à tout moment dans sa vie. Personne parmi les classes populaires ne peut y échapper, pas même ceux qui ont encore un bon emploi et un bon salaire.
Alors les travailleurs de Peugeot, de Renault, de Goodyear, tous ceux qui se battent pour ne pas être condamnés au chômage comme ceux qui se battent pour leur salaire ou pour refuser la dégradation des conditions de travail mènent un combat légitime. Un combat qui n’a rien d’un combat solitaire ou corporatiste. C’est un combat pour tous.
     En refusant le diktat patronal et gouvernemental, les travailleurs qui se battent aujourd’hui montrent la voie pour une riposte d’ensemble.



Goodyear : 1250 salariés menacés


Le fabricant de pneumatiques Goodyear s’apprêterait à annoncer la fermeture de son usine d’Amiens-Nord, qui emploie 1.250 personnes. En 2009, déjà, la direction avait tenté d’imposer un plan de licenciements, mais les syndicats avaient obtenu l’invalidation de ce plan par la justice. Les salariés de l’entreprise rappellent que François Hollande avait promis une loi interdisant les « licenciements boursiers ». Mais l’interdiction des licenciements, de tous les licenciements, c’est par la lutte qu’il faudra l’imposer, au patronat, comme au gouvernement à son service