jeudi 14 mai 2026

Stellantis-Leapmotor : des patrons alliés contre les travailleurs

 Stellantis-Leapmotor : des patrons alliés contre les travailleurs

Le groupe automobile Stellantis vient de décider de céder deux de ses usines en Espagne au constructeur chinois de voitures électriques, Leapmotor. Encore une preuve que les patrons mentent grossièrement quand ils évoquent la lutte contre la concurrence chinoise pour justifier leurs attaques.

Publié le 12/05/2026

Ce n’est pas une nouveauté car Leapmotor est l’allié de Stellantis depuis 2023. L’ancien PDG Tavares avait alors conclu un accord avec ce groupe, en créant une entreprise commune qui permettait de vendre les voitures électriques chinoises en Europe en échappant aux taxes d’importation. En échange, Stellantis acquérait des positions sur l’immense marché chinois. L’affaire n’a rien d’original. Les capitalistes se moquent des frontières depuis la nuit des temps et ne se soucient que des profits. C’est pourquoi pour les travailleurs, se croire en concurrence avec des travailleurs d’autres pays a toujours été un piège.

A contrario, les capitalistes et leurs affidés expliquent à longueur d’antenne que c’est la concurrence chinoise qui force à licencier et à fermer des usines. Et parmi les politiques, même ceux de gauche comme Ruffin ou Mélenchon se sont fait fort de prôner un protectionnisme dit « patriotique ». Au nom de la lutte contre la concurrence, ces mensonges en direction des travailleurs reviennent à masquer la responsabilité des capitalistes français dans les attaques qui les visent.

Ce sont donc deux usines Stellantis d’Espagne (anciennement Opel) qui pourraient servir à produire les voitures électriques dites chinoises. La vente de l’usine Stellantis de Rennes à un autre groupe chinois est aussi évoquée, le patron expliquant que tout cela va pérenniser l’avenir de ces sites de production. C’est encore mentir, car le fait qu’une entreprise ait des perspectives de production ne protège pas plus les travailleurs que l’inverse, le seul objectif des patrons étant de produire moins cher pour battre leurs concurrents. Quand ils y arrivent, les travailleurs en payent les frais par plus d’exploitation et des licenciements. Et quand ils n’y arrivent pas, ils les payent aussi par plus d’exploitation et des licenciements.

La seule protection pour les travailleurs peut venir de leurs propres luttes et du rapport de forces qu’ils peuvent imposer. Leapmotor ou Stellantis sont des ennemis pour eux, et les ouvriers chinois des alliés !

                                     Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3015)

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