Deuxième tour : les calculs du PS et de LFI
Après avoir répété pendant des mois que LFI était infréquentable, Olivier Faure, secrétaire du PS, a dû se contorsionner. Il a affirmé au soir du 15 mars « il n’y aura pas d’accord national entre le PS et LFI », mais laissé la porte grande ouverte pour des tractations au niveau local en vue du second tour des élections municipales.
Publié le 18/03/2026
Les responsables locaux du PS ont bien compris le problème car, malgré – ou peut-être grâce à – la campagne d’ostracisation qu’elle a subi de la part d’un large front allant du RN jusqu’au PS, LFI a réalisé de bons scores dans plusieurs grandes villes et des banlieues populaires. Sa dénonciation du massacre à Gaza, son refus d’aider le gouvernement à passer son budget, à la différence du PS qui a voulu se montrer responsable en évitant une nouvelle dissolution, et peut-être même les formules provocatrices de Mélenchon ont visiblement apporté des électeurs à LFI, en particulier dans la jeunesse et parmi les classes populaires issues de l’immigration.
Ainsi, sur fond de forte abstention, LFI a gagné Saint-Denis dès le premier tour. Elle est arrivée en tête des listes de gauche à Roubaix, La Courneuve, Toulouse. Avec des scores au-dessus de 10 %, elle pouvait se maintenir dans 96 communes dont Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nantes ou Strasbourg. Dans toutes ces villes, la question des alliances entre LFI, qui récuse le qualificatif d’« extrême gauche » que lui a collé le ministère de l’Intérieur, et le reste de la gauche emmenée par le PS ou les écologistes, plus rarement le PCF, s’est immédiatement posée.
De nombreux dirigeants du PS, après avoir accusé Mélenchon et LFI d’encourager la violence politique et l’antisémitisme, n’hésitent pas à les réintégrer dans ce qu’ils appellent « l’arc républicain » car il s’agit maintenant de sauver leurs mairies. Ainsi à Toulouse, la liste du PS s’est intégrée à celle de LFI, tandis qu’à Nantes et Clermont-Ferrand, LFI a fusionné avec la liste dirigée par le PS. À Lyon, l’accord s’est conclu entre LFI et les écologistes, avec l’aval du PS présent dans la même liste. À l’inverse, à Paris et Marseille, les chefs de file du PS ont refusé toute alliance, et jouent les vertueux qui refusent « la tambouille électorale ». En fait ils font surtout le pari qu’ils ont ainsi plus de chances de gagner les voix des électeurs centristes qui ne veulent pas de la victoire de Rachida Dati à Paris ou du RN à Marseille, mais que la proximité avec LFI pourrait effrayer.
Si ces arrangements peuvent être approuvés par des électeurs qui craignent que leur ville bascule à droite ou à l’extrême droite, ils ne sont motivés que par les calculs des appareils et des politiciens. C’est évident pour ceux du PS, dont le retournement est spectaculaire. Mais les dirigeants de LFI ont les mêmes préoccupations. Ils tiennent eux aussi à avoir le maximum d’élus, à la fois pour montrer leur force en vue de la présidentielle de 2027 et pour disposer de maires et de conseillers municipaux permettant d’obtenir des sénateurs lors du renouvellement prévu en septembre prochain. Après avoir remis en selle, en 2024, l’ex-président Hollande, puis les ministres macronistes Darmanin ou Borne, réélus avec les voix du NFP sous prétexte de faire barrage au RN, tous se préparent à gouverner, aujourd’hui dans les municipalités, demain à l’échelle de l’État, en respectant et en servant les intérêts de la bourgeoisie.
Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3007)
Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :
-Vendredi 20 mars : de 15 heures à 16 heures, marché du Val-Nord - Et de 17 h.15 à 18 heures 15 au carrefour Babou.
Samedi 21 mars : -de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux,
-de 11 h. à midi au marché de la Colonie,
-de 10 h.30 à midi, centre commercial Joliot-Curie.
Dimanche 22 mars, de 10 h.30 à 11 h.30, marché Héloïse.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire