vendredi 18 février 2022

Liliane Lelaidier-Marton nous a quittés

 

La dame fraternelle

Repris du F de Juju. Liliane au jardin des Justes

Elle nous a quittés ce mercredi à l’hôpital d’Argenteuil où elle avait été conduite le jour même. Ces temps derniers, elle s’inquiétait sans trop s’inquiéter de son cœur. Le cœur a lâché.

         Je ne reviendrai pas ici longuement sur son histoire. Ses parents, juifs hongrois naturalisés français furent exterminés à Auschwitz, victimes de l’horreur de la « Solution finale » des nazis d’extermination des juifs d’Europe.

         Voilà notre Liliane seule à 13 ans.

         Installée à Argenteuil il y a une trentaine d’années, elle a marqué la vie militante de la Ville.

         Elle fut une militante d’un Comité des Sans-papier qui aujourd’hui encore marque la solidarité entre les travailleurs, quelque que soient leurs « papiers » ou pas.

         Elle fut également une militante de la mémoire, allant dans les établissements scolaires échanger sur ces Années noires. Il y a quelques semaines encore, pour cela, elle était à l’école Saint-Martin-de-France de Pontoise.

         Elle affirma jusqu’à la fin l’espoir d’une union dans l’égalité en Palestine-Israël.

         Son histoire l’avait conduite à rejoindre le PCF, le parti de ses parents disparus, avec lequel elle avait pris ses distances, mais en gardant un lien moral d’affection avec celui-ci. Cela dit, dernièrement, elle m’avait dit qu’au moment de l’insurrection ouvrière de Budapest d’octobre 1956, elle avait rendu sa carte. « Lorsque je téléphonais à ma famille restée sur place, et que j’entendais le bruit des armes, je ne pouvais tout de même pas faire autrement ».

         Liliane et moi, nous nous sommes connus dès les premiers temps de son arrivée à Argenteuil.

         Elle fut avec deux autres camarades du PCF d’Argenteuil, Marcel Collet et le camarade Aguiton, la première à briser l’ostracisme de son parti à l’égard des communistes révolutionnaires, trotskystes, de Lutte ouvrière, en venant à la fête de Presles et à notre banquet local que nous développions alors.

         Elle tenait à répéter qu’elle n’était pas trotskyste, mais cela ne l’empêchait pas de se reconnaître sur bien des points dans ce que nous faisions, notre engagement militant, la volonté de reconstruire, la fraternité que nous essayons de partager.

         Elle pouvait être grognon, mais d’année en année, elle continuait même à s’améliorer sur ce plan. Mais quel intérêt pour les autres ! pour l’humanité de chacun ! qui fait que nous sommes nombreux à être très tristes, au-delà de nos opinions, de nos petits groupes, de nos croyances ou pas.

         Ces derniers mois, nous avons continué à faire de belles choses avec Liliane. En novembre, nous étions ensemble pour aller voir la troupe Joli Môme. En décembre, couscous de noël ! Et puis, ce dimanche, nous avions repris nos habitudes dominicales, autour de la table de Dominique au marché Héloïse. Liliane, Dominique, Thierry, Isabelle, Nordine, Florian, Julie, Léna, le passé et l’avenir ensemble. Nordine est parti chercher les cafés…

         Et puis, une semaine plus tôt, il y avait eu le magnifique Salon du Livre de Sous les couvertures. Liliane en était la vedette, comme une semaine plus tôt lors de la soirée avec Romain Slocombe. Elle dédicaçait son beau Livre au titre tellement juste « Une ombre entre deux étoiles », réédité par l’association comme un remerciement pour Liliane. Elle était rayonnante ces deux jours-là, comme dimanche, …

         Il y aura dans notre souvenir une troisième étoile, Liliane.

                                                                                                  Dominique

2 commentaires:

s a dit…

Bonsoir le blog de lutte ouvrière Argenteuil ,

c'est avec beaucoup de tristesse que je viens d'apprendre le décès de Liliane.

Elle va beaucoup me manquer ! J'aimé tellement la taquiné !!
Elle était toujours assise sur son déambulateur pour faire la cosette !!

Je transmets mes sincères condoléances a ses proches

SELVA

Metezeau a dit…

Bonjour.
Beaucoup de choses nous séparent, Dominique Mariette, mais vous avez très bien exprimé ce que je pense concernant Liliane. Je ne vais donc pas vous paraphraser.
Merci pour cet hommage si juste !

Enregistrer un commentaire