Jouyet-Fillon,
Hollande-Sarkozy : bonnet blanc et blanc bonnet
Nouvelle tuile pour Hollande :
Jouyet, son bras droit et grand ami, qui était censé mettre de l’ordre à
l’Elysée, vient d’être pris en flagrant délit de mensonge. Finalement, il
confirme que, oui, Fillon lui a bien demandé d’interférer pour que la justice
accélère la procédure des affaires contre Sarkozy.
Saura-t-on
le fin mot de l’histoire ? Fillon a-t-il voulu enfoncer Sarkozy ou est-ce
Jouyet qui a voulu piéger Fillon ? Quelqu’un est-t-il effectivement intervenu
pour accélérer le traitement judiciaire de certaines affaires contre Sarkozy ?
Tout est possible. Mais il n’est pas nécessaire de connaître la vérité pour
être écœuré par ces boules puantes.
La
politique se résume de plus en plus en un panier de crabes où il est impossible
de distinguer les crabes de gauche et les crabes de droite, les amis de ses
ennemis.
Il n’y
a pas à être surpris par le déjeuner intime entre Jouyet, actuel secrétaire
général de l’Elysée, et Fillon, ennemi revendiqué de la politique de Hollande.
Ces deux messieurs se connaissent bien, ils se sont fréquentés de près puisque
Jouyet fut ministre de Fillon sous Sarkozy.
Tous
ces politiciens forment un petit monde qui, au-delà des étiquettes politiques,
se côtoie en permanence, se partage les responsabilités, connaît tout des
rouages et des hommes qui font fonctionner l’appareil d’Etat et l’influencent
au quotidien.
Ce ne
sont ni les valeurs ni les idées politiques qui séparent ces hommes dits de «
droite » de ceux dits de « gauche », c’est leur carrière et la concurrence à
laquelle ils se livrent lors de chaque élection pour occuper les premières
places et se répartir le pouvoir. Alors oui, que ce soit Sarkozy ou Hollande,
pour les travailleurs, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
Sarkozy
a fait passer l’âge de départ à la retraite à 62 ans ? Hollande s’est chargé
d’augmenter la durée de cotisation ! Sarkozy a commencé à défaire les 35 heures
en autorisant la multiplication des heures supplémentaires ? Hollande s’est
chargé de légaliser la flexibilité !
Augmentation
de la TVA, non-remplacement des fonctionnaires, cadeaux au patronat, fermetures
des services hospitaliers, coupes dans les prestations sociales, gel des
pensions, la gauche n’a fait que prendre le relais de la droite. Même face aux
chômeurs, de plus en plus nombreux, le gouvernement Hollande copie celui de
Sarkozy en prônant le contrôle des chômeurs !
Tour à
tour au pouvoir, droite et gauche mènent une politique anti ouvrière.
Dans
cet éternel recommencement politicien, l’extrême droite se présente comme
vierge de toute affaire et de toute responsabilité et se pose en dernier
recours. Mais le fait même que Marine Le Pen se dise prête à devenir Premier
ministre de Hollande en cas de dissolution de l’Assemblée montre qu’elle ne
cherche qu’à s’intégrer au pouvoir existant. La vieille famille bourgeoise et
politicienne que représente la famille Le Pen ne déparera d’ailleurs pas dans
le décor !
Le Pen
dénonce l’UMPS, mais elle rêve de mettre en place un système UMPS-FN. Elle rêve
comme les autres d’occuper le devant de la scène sans rien changer à cet ordre
capitaliste où une seule famille bourgeoise à la tête d’une entreprise peut
disposer de la vie de centaines de milliers de travailleurs. Sans rien changer
à ce système où l’argent et l’exploitation règnent en maître car, évidemment,
Madame Le Pen défend la propriété capitaliste, les inégalités et les injustices
qui vont avec.
Tous
ceux qui prétendent aider les travailleurs mais sans vouloir faire payer la
bourgeoisie, sans s’en prendre aux profits, sont des menteurs, les Le Pen comme
Hollande et Sarkozy.
Le Pen
le dit elle-même, si elle arrive au pouvoir, une de ses priorités sera de s’en
prendre aux étrangers, c’est-à-dire à des pauvres, à des travailleurs qui ont
le malheur d’être nés dans un pays où ils n’arrivaient pas à vivre de leur
travail. Rien que cela - désigner à la vindicte une fraction des travailleurs -
montre que Le Pen ne prépare rien d’autre qu’une politique anti-ouvrière, et la
pire qui soit.
Les
politiciens de droite, de gauche et d’extrême droite sont à mettre dans le même
sac, ils postulent tous à servir le patronat. Leurs combats et leurs manœuvres
sont étrangers aux intérêts des travailleurs, et il serait vain de chercher un
sauveur parmi eux.
Si les
travailleurs laissent la vie politique dans les mains de ces gens là, la
condition ouvrière reculera. Mais si les travailleurs relèvent la tête,
contestent, s’organisent pour défendre leurs intérêts, ils peuvent inverser le
cours de la vie politique.
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