Rythmes
scolaires : Il n'y a que le ministre qui change
D'aucuns avaient peut-être
l'illusion que le changement de ministre de l'Éducation nationale permettait de
remettre à plat la réforme des rythmes scolaires, contre laquelle de nombreux
parents et enseignants s'étaient opposés. Mais avec Benoît Hamon, rien ne
changera. La réforme sera maintenue en l'état à la rentrée : les enfants
travailleront bien quatre jours et demi et termineront les cours aux alentours
de 15 h 30, à charge pour les communes de trouver les moyens de s'en occuper
jusqu'au retour des parents. Seuls quelques aménagements à la marge seraient
acceptés.
Quant au problème principal que posait
cette réforme des rythmes scolaires, celui d'un nouveau transfert de charges de
l'État sur les collectivités territoriales, il est bel et bien maintenu. Des
mairies, des parents et des enseignants opposés au projet ont fait valoir que
ce nouvel aménagement se faisant à moyens constants, le gouvernement se
désengageait de ses responsabilités. Certes les deux premières années, le
gouvernement donne une compensation de 50 euros par enfant, à laquelle il
rajoute 40 euros pour les écoles des zones en difficulté. La Caisse
d'allocations familiales va verser pendant trois ans 53 euros par an et
par enfant. Mais passé ce délai, les communes ne toucheront plus rien et feront
porter les frais de cette réforme sur les familles en facturant les activités,
ou sur les collectivités locales en augmentant les impôts, ce que certaines
font déjà. En plus, l'État va diminuer les dotations aux communes. Ce sont
11 milliards d'euros que l'État veut retirer ainsi aux collectivités territoriales
- dont les communes - pour financer « le pacte de responsabilité »... à l'égard
du patronat.
Il n'est pas étonnant que des maires
continuent de faire de la résistance, plutôt que de devoir faire face aux mêmes
difficultés que leurs collègues qui ont appliqué la réforme dès la rentrée
dernière.
Aline URBAIN
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