Non à la casse des usines par le patronat !
En
2012 en France, 266 usines de plus de 10 salariés ont fermé, une par jour
ouvré. Et cela continue avec PSA Aulnay, Goodyear, les hauts fourneaux
d’Arcelor, Petroplus, Virgin, Sanofi, Candia… La direction de Renault se targue
de ne pas fermer d’usine mais elle veut supprimer plus de 8 000 emplois, l’équivalent
d’une ou deux usines.
Loin de ralentir, le rythme des fermetures
s’accélère. C’est dire l’utilité du ministre du « Redressement
productif » ! C’est dire l’hypocrisie de ce gouvernement qui prétend
avoir comme priorité la bataille pour l’emploi !
Les seuls à se battre pour l’emploi, ce
sont les travailleurs : ceux de PSA Aulnay, qui refusent de voir fermer la
dernière grande usine de Seine-Saint-Denis, département sinistré par le chômage
et par la pauvreté. Ceux de Goodyear qui n’acceptent pas que leur région
devienne un désert industriel. Ceux de Renault et bien d’autres encore. Et le
moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement n’est pas de leur côté.
Montebourg a expliqué que la fermeture de
l’usine PSA Aulnay était inéluctable. « Nous n’avons pas trouvé d’autre
solution », a-t-il déclaré. C’est très exactement ce que dit le patron
de PSA ! Comme si l’on ne pouvait pas demander des comptes à la famille
Peugeot ! Comme si ce n’était pas à elle d’assumer ses responsabilités et
de payer pour les dégâts qu’elle fait.
Dans cette période de crise, il faut
protéger les emplois et les salaires. Il faut interdire les licenciements. Il
en va de la survie des travailleurs et de la société car les fermetures d’usine
mènent à la faillite bien des petites entreprises et ruinent toute l’économie.
Au lieu de cela, Montebourg fait un
travail de sape contre les travailleurs en lutte et Valls, le ministre de
l’Intérieur, prépare ses troupes à les réprimer comme il l’a fait lors de la
manifestation des ArcelorMittal à Strasbourg, où un manifestant a perdu un œil
sous un tir tendu de Flash-Ball.
Valls a laissé entendre que les
travailleurs en lutte sont de dangereux casseurs. Mais qui a décidé de raser
l’usine d’Aulnay ? Qui a décidé de laisser pourrir sur pied les hauts
fourneaux de Florange ? Partout dans le pays, des usines entières sont
mises à la casse alors qu’elles pourraient fonctionner de longues années
encore.
Les casseurs sont du côté patronal. Et
quels casseurs ! Ces dirigeants de multinationales détruisent la vie de
milliers de travailleurs. En une décision, ils remettent en cause le projet
d’une vie, ils démolissent des familles entières. Et ils voudraient que les
travailleurs se laissent faire ?
Le gouvernement ne se contente pas de
prêcher la soumission aux travailleurs, il les attaque, de pair avec le
patronat. La loi de flexibilité que le gouvernement prépare sera une nouvelle
arme pour le patronat. Elle lui donnera la possibilité de licencier plus vite
et moins cher. Elle l’autorisera à baisser les salaires, à imposer la mobilité,
à rallonger le temps de travail. Les travailleurs auront le choix entre
« travailler plus pour gagner moins » ou… être licencié ! C’est
la généralisation et la légalisation du chantage patronal. Et sous prétexte de
sauver l’emploi, ce sont les profits qui seront augmentés.
Les grandes entreprises s’apprêtent à
annoncer leurs résultats 2012. Total ou Renault auront du mal à cacher leurs
profits mais Arcelor et Peugeot ont trouvé un artifice comptable pour présenter
des pertes record : la dépréciation d’actifs.
Avec cette manipulation, Arcelor se paye
le culot d’afficher une perte nette de 3,7 milliards de dollars, alors que son
activité lui a rapporté 2 milliards. Quant à PSA, la direction l’avoue :
c’est un jeu comptable, il n’y a pas à s’affoler. Mais Arcelor comme PSA se
serviront de l’annonce de ces pertes record pour se justifier. L’art de
gouverner étant l’art de mentir, ils mentiront sans vergogne.
Eh bien, que l’on rende publics et
contrôlables par tous les comptes des entreprises ! Qu’on en finisse avec
l’opacité et les manipulations financières ! Que les comptables et les
employés puissent dire tout ce qu’ils savent des vrais comptes de l’entreprise.
Personne n’est mieux placé qu’eux pour dire combien de profits sont réalisés et
combien touchent les actionnaires. Ceux du Cac 40 ont reçu 41 milliards en
2012, eh bien, que l’on sache qui a touché quoi !
Et quand bien même les pertes seraient
réelles, que l’on regarde où sont allés les bénéfices des années précédentes, de
quels actionnaires, de quels propriétaires ils ont fait la fortune.
L’argent existe, il faut le prendre où il
est pour préserver les emplois et les salaires comme les retraites.
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