Les
travailleurs doivent riposter à la guerre... que le patronat leur mène
Pendant
que l’armée française est en guerre au Mali, on parle moins d’une autre guerre,
elle aussi appuyée par le gouvernement, mais engagée ici-même en France :
il s’agit de l’offensive menée par le patronat dans son ensemble contre les
emplois, les salaires, les conditions de travail et les droits des
travailleurs. Et c’est bien une guerre.
Les travailleurs de l’usine PSA
d’Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, sont en grève depuis le 16 janvier
contre un patron qui veut fermer leur usine et supprimer 11 200 emplois sur
l’ensemble du groupe. PSA, riche à milliards, vient d’obtenir du gouvernement
une aide de sept milliards d’euros et a l’audace de dire que tout cela est
nécessaire pour sa “compétitivité” ! Ce groupe voudrait forcer les
travailleurs de PSA Aulnay à se plier à ses conditions, quelles que soient les
conséquences pour eux. Ils ont décidé de ne pas se laisser faire.
Il y a quelques jours, c’est aussi
Renault, l’autre grand patron de l’automobile, qui a annoncé 7 500 suppressions
d’emplois pour les années qui viennent. Renault parle de réductions d’effectifs
et dit qu’il n’y aura pas de licenciements. Mais, de toute façon, ce serait des
emplois en moins pour tous ceux qui en cherchent un, et donc encore plus de
chômage.
Cette annonce vient au moment où Renault
voudrait faire signer par les syndicats un accord dit de “compétitivité”,
imposant une augmentation du temps de travail équivalente à plus de dix
journées de travail supplémentaire gratuit par an. Au moment où les patrons de
ce secteur se plaignent de la baisse des ventes de voitures, ils voudraient
obliger leurs ouvriers à travailler plus en étant moins nombreux et en gagnant
moins.
Renault voudrait en même temps imposer la
“mobilité” entre sites. Cela obligerait les ouvriers à aller d’une usine à
l’autre, parfois à 150
kilomètres de distance, au bon vouloir du patron, quitte
à devoir se loger en camping avec une indemnité de déplacement ridicule. Pour
faire passer ce projet, Renault dit que c’est la condition pour qu’il ne ferme
pas d’usine en France. Mais 7 500 suppressions d’emplois, cela revient à fermer
trois usines ! C’est une autre façon de faire comme PSA.
Renault, PSA et les autres grands patrons
sont d’autant plus à l’offensive que le gouvernement Hollande-Ayrault a, de son
côté, fait signer par plusieurs syndicats -sauf la CGT et FO- un accord dit de
“flexi-sécurité”. Celui-ci autoriserait tous les patrons à imposer des horaires
flexibles et des baisses de salaire s’ils l’estiment nécessaire, là encore pour
leur “compétitivité”.
Le gouvernement prétend qu’ainsi les
emplois seraient sauvés tandis que les chômeurs auraient plus de garanties.
C’est un mensonge sur toute la ligne, tout comme lorsqu’on affuble les plans de
licenciements du nom de “plans de sauvegarde de l’emploi”. Si tout cela sert à
sauvegarder quelque chose, ce sont les profits de riches patrons capitalistes
qui veulent pouvoir l’être encore plus. Quand ils parlent de “compétitivité”,
c’est celle de leurs profits et des dividendes de leurs actionnaires.
Le
patronat ne s’attaque pas qu’à ceux de l’automobile. C’est à tous les salariés
qu’il veut imposer un recul de l’emploi, des salaires, des conditions de
travail. Il prend prétexte de la crise et du chômage pour faire du chantage en
leur disant : “c’est cela ou la porte”. Il met à profit la servilité d’un
gouvernement qui devance tous ses désirs et ne fait même pas semblant de
s’opposer aux fermetures d’usines et aux licenciements.
Les travailleurs de PSA Aulnay ont riposté
et ils ont raison, comme tous ceux qui, dans le pays, sont en lutte contre de tels
projets. Il n’y a rien à attendre d’un gouvernement qui se montre ouvertement
complice du patronat. Il n’y aura que la force des travailleurs, s’ils se
mettent en grève, s’ils manifestent, s’ils engagent la lutte de façon
déterminée, qui pourra faire ravaler leur morgue à ces patrons qui se croient
tout permis, et leur faire remballer leurs projets.
Le grand patronat, appuyé par le
gouvernement, a engagé une guerre. Eh bien, il faut qu’il la perde ! Les
travailleurs font tout fonctionner dans l’économie. S’ils refusent de
travailler, rien ne se fait et du même coup la source des profits des
capitalistes se tarit. Ceux de PSA Aulnay, avec d’autres, montrent la voie.
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