mardi 5 mai 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 4 mai 2026

 Profit total pour les uns, sang et larmes pour les autres

4 mai 2026


Le diesel à plus de 2 euros, des pleins hors de prix… C’est le jackpot pour TotalEnergies. Le groupe a réalisé 5,8 milliards de dollars de bénéfices sur les trois premiers mois de 2026, soit 50 % de plus, comparé à l’année dernière.

Comme au lendemain du déclenchement de la guerre en Ukraine, le groupe pétrolier français s’achemine vers une année de profits record. Il fait partie des gros rapaces qui se jettent sur les malheurs du monde pour s’enrichir !

Et que dit le gouvernement ? Qu’il fait confiance à Total pour être responsable et qu’il ne faut pas « stigmatiser ce fleuron de l’économie française ». Le Pen reprend ce refrain en disant qu’il ne faut pas faire du « Total bashing » car c'est « un champion national » dont « on est très fier ». Quelle sinistre blague !

 

Il nous rackette, et il faudrait dire merci ?

TotalEnergies fait partie des responsables de la flambée des prix. Il n’a pas juste profité de l’envolée des cours mondiaux du pétrole sur les marchés, il est de ceux qui les ont poussés à la hausse.

Le PDG de Total est félicité parce qu’en plus de ces profits, il a réalisé un coup spéculatif à un milliard. Mais les prix augmentent précisément à cause de cette spéculation à la hausse.

Dire que cet emballement est de la faute des marchés et de la loi de l’offre et de la demande, c’est noyer le poisson. Ce sont des groupes comme Total qui font le marché et décident des prix auxquels ils vendent.

Avec la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, les capitalistes du pétrole ont saisi l’occasion de se gaver. Chaque seconde, le gang des six plus grandes compagnies pétrolières engrange 3000 dollars de profits.

Et on nous dit qu’il faudrait être reconnaissants parce que Total fait un geste en bloquant les prix à la pompe. En réalité, il nous étrangle, et ce n’est pas parce qu’il serre lentement qu’il faut lui dire merci !

Sa soif de profits va nous coûter très cher. En effet, l’augmentation du prix des carburants se diffuse à tous les secteurs de l’économie, et tous les autres prix sont en train de monter. Et sauf à arracher l’augmentation des salaires et leur indexation sur l’inflation, nous allons nous appauvrir au rythme de l’enrichissement éhonté de Total et de ses semblables.

 

Une rapacité à l’origine de bien les crimes

Derrière les superprofits des trusts pétroliers, il y a aussi et surtout les larmes et le sang des peuples d’Afrique et du Moyen-Orient. Pour eux, le prix de la rapacité de ces trusts, ce sont les guerres incessantes, des dévastations inouïes et des centaines de milliers de morts.

Les Palestiniens, les Libanais et les Iraniens qui vivent aujourd'hui un enfer ne sont pas victimes d’une guerre de religion. Ils sont victimes des guerres impérialistes car ils ont le malheur de vivre dans une région qui regorge de pétrole. Et pour le contrôler, les puissances occidentales n’ont cessé de manœuvrer, diviser et dresser les peuples les uns contre les autres.

Les peuples du Moyen-Orient sont martyrisés pour que l’or noir continue d’enrichir les trusts américains et européens comme ExxonMobil, Chevron TotalEnergies, ENI ou BP.

Dans le passé, c’est au Biafra, au Congo et au Gabon que les morts se sont multipliés afin que l’ancêtre de Total, ElfAquitaine, pille les réserves pétrolières à sa guise. Ces dernières années, c’est la population du Mozambique qu’il a sacrifiée pour exploiter les champs gaziers découverts en mer. Alors, se dire fier de Total est particulièrement cynique.

 

Confiscation des profits de guerre !

Il faut confisquer les profits de guerre de Total. Pour qu’il ne nous enfume pas, en disant qu’il ne fait pas de profits en France, il faut revendiquer la transparence complète sur ses circuits financiers.

Les travailleurs doivent se préparer à imposer ce qu’aucun gouvernement ne veut faire : rendre publics tous les comptes, y compris ceux cachés. Nous verrons alors que Total a toujours fait des superprofits, car vendre du pétrole à un prix dépassant de loin ce qu’il coûte à produire, c’est déjà faire un superprofit.

Cela finira de convaincre la grande masse des travailleurs de la nécessité d’exproprier, sans indemnités ni rachats les grands actionnaires de TotalEnergies. Avant de passer aux autres…

                                                                                    Nathalie Arthaud

Morts au travail : propositions honteuses du ministre

 

Mépris et cynisme

 

 

Le 17 avril, un intérimaire de 22 ans travaillant chez Lustucru est mort, après être tombé dans un laminoir. Le même jour un collégien de 15 ans mourrait durant son stage d'observation, écrasé par un chariot élévateur. À la suite de ces drames, Farandou, ministre du Travail, s'est senti obligé de réagir, mais sans égratigner le patronat : il propose de mettre un signe distinctif sur le casque des stagiaires, intérimaires ou apprentis.

L'exploitation des travailleurs se fait dans le sang et la sueur. En 2024, 1297 d'entre eux ont perdu la vie au travail. Des dizaines de milliers restent handicapés ou malades suite aux accidents du travail. Qu’est-ce un « A » sur le casque aurait changé ? Farandou n'a que mépris pour les victimes de l'exploitation patronale.

La guerre : un gigantesque gâchis capitaliste

 

Combien d’hôpitaux, combien d’écoles, avec tout cet argent ?

  


En deux mois, la guerre en Iran à laquelle Macron prétend pourtant ne pas participer a déjà coûté 1 milliard d'euros pour les opérations de l'armée française. Il faut dire qu'à 20 000 euros l'heure de vol de Rafale, et 600 000 euros le missile envoyé pour détruire ceux de l’Iran, la facture augmente vite.

Les États-Unis, eux, ont déjà dépensé 25 milliards de dollars dans cette guerre. Le coût pour l'Iran et le Liban, est bien plus grand encore car des infrastructures vitales et de nombreux immeubles, ont été détruites. Cette guerre illustre la faillite du capitalisme ; d'abord par les morts et les souffrances qu'elle cause mais aussi par le gâchis de richesse qu'elle engendre.

Des crèches à la pointe de la montée de la militarisation en Aude - Ariège : Alertez les bébés !

 

Ils en tiennent vraiment, eux, une couche !

 

 

Eux aussi furent des bambins

Les crèches du groupe MiniPouces de Pamiers, Castelnaudary et Carcassonne viennent de signer début mars une convention avec la Garde Nationale, qui regroupe les réservistes du ministère des Armées et de l’Intérieur. Il s’agit de faciliter l’engagement de ces salariés dans la réserve opérationnelle, afin de « se préparer à un conflit de haute intensité ».
"En favorisant l’engagement civique, cette initiative ouvre la voie à un partenariat intéressant, à la croisée des enjeux familiaux et de la sécurité." La fondatrice des crèches Minipouces est aussi la presidente du Medef de l'Aude. 

Aucun secteur n'échappe à ceux qui veulent préparer les esprits aux "sacrifices ultimes" pour défendre les intérêts de nos capitalistes. Comme quoi dans les crèches ceux qui en tiennent une couche ne sont pas forcément ceux qu'on croit.