Édition :
Bolloré impose sa loi
Prétextant un différend sur la
date de sortie du prochain livre de Boualem Sansal, Vincent Bolloré, qui
possède Hachette et sa filiale Grasset, a décidé de licencier le directeur de
celle-ci, Olivier Nora, en poste depuis vingt-six ans.
Publié le 22/04/2026
Bolloré contrôle déjà les chaînes
du Groupe Canal+ (C8, Canal+, CNews, CStar), l’éditeur Editis, les radios
Europe 1 et RFM, ou encore Télé-Loisirs, Geo, Gala, Voici,
Femme actuelle, Capital, et Le Journal du dimanche.
Certains de ces médias sont déjà des porte-voix des idées d’extrême droite et
Bolloré n’a pas hésité à limoger ceux qui n’étaient pas assez dociles à son
gré. Les journalistes du JDD avaient fait grève pendant 40 jours
pour refuser la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du journal, ce dernier
ayant été condamné pour injure raciste peu de temps auparavant.
L’éviction d’Olivier Nora a
suscité la colère de nombre d’écrivains édités par Grasset : 170 d’entre eux
ont affirmé vouloir quitter la maison d’édition. Si certains de ces écrivains
sont connus pour leurs opinions hostiles à l’extrême droite, on peut
raisonnablement sourire de la rébellion d’autres comme Bernard Henri Lévy et
Alain Minc. Mais Grasset va certainement perdre des plumes au propre comme au
figuré, parce que ces écrivains sont connus.
Bolloré traite ces départs avec
mépris, dénonçant « une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de
tous et qui se coopte et se soutient » comme s’il appartenait au bas
peuple. Le fait que le chiffre d’affaires de sa maison d’édition risque de
baisser n’est pas un problème pour ce milliardaire. À travers ses médias, comme
sa maison d’édition, il tient à promouvoir un certain nombre d’idées : la
littérature est le cadet de ses soucis et il éditera certainement le prochain
livre de Bardella ou de Sarkozy.
La réaction des écrivains qui
refusent d’être sous le contrôle de cet homme d’extrême droite est
compréhensible, mais cela ne règlera pas le problème de la mainmise du
milliardaire sur les médias ou l’édition. Il faut prendre le mal à la racine :
que Bolloré, Arnault, Bouygues, Saadé soient les propriétaires de ces médias,
leur donne le pouvoir de décider de tout, en particulier celui de promouvoir la
montée des idées d’extrême droite.
Combattre l’extrême droite, c’est
aussi combattre la mainmise des capitalistes sur la société et l’exploitation
qu’elle entraîne.
Aline Urbain (Lutte ouvrière
n°3012)
Les prochaines permanences et rendez-vous
prévus à Argenteuil :
-vendredi
24 avril, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou :
-samedi
25 avril, de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;
-de 11h.
à midi marché de la Colonie ;
-dimanche
26 avril : et de 11 h. à midi
marché Héloïse.