Détroit d’Ormuz : une
guerre qui menace le monde
Moins de 24 heures après le début des
négociations entre les États- Unis et l’Iran, la délégation américaine a claqué
la porte parce que que les Iraniens refusaient de se soumettre à ses exigences.
Aussitôt, Trump annonçait un blocus naval des ports de l’Iran, fermant un peu
plus le détroit d’Ormuz.
Publié le 15/04/2026
Dépité que le régime iranien ne se soit pas
effondré malgré 40 jours de bombardements massifs sur les infrastructures du
pays, confronté aux conséquences économiques mondiales majeures de la guerre
qu’il a déclenchée, Trump avait accepté un cessez-le-feu et l’ouverture de
discussions au Pakistan. Mais en guise de négociations, il a d’emblée affirmé «
je ne veux pas 90 %, ni 95 %, je veux tout ». Il exigeait ainsi la
réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, contrôlé depuis le 28 février
par les Pasdarans qui ne laissent passer que les navires validés par l’Iran, le
renoncement de ce pays à tout programme nucléaire et la remise de son stock
d’uranium enrichi, le tout sans contreparties, ni la levée de l’embargo
économique qui asphyxie le pays, ni le dégel des fonds iraniens bloqués au
Qatar ou ailleurs.
Les dirigeants iraniens n’ont pas cédé à ce
diktat. Trump a beau répéter « l’Iran veut à tout prix un accord » ou «
ils n’ont aucune carte en main », il ne suffit pas d’être le chef suprême
de l’impérialisme pour que tous les peuples et tous les régimes se plient.
Malgré son caractère dictatorial et réactionnaire, malgré les révoltes
successives qui l’ont contesté depuis plusieurs années, le régime iranien a
gardé une base sociale. En dépit de l’élimination de ses principaux dirigeants,
il a été renforcé par l’agression israélo-américaine dont la brutalité aveugle
ne peut qu’alimenter le sentiment anti-impérialiste de la population.
Pour l’instant, face à la détermination iranienne,
Trump n’a pas repris les bombardements qui ont coûté quelque 500 millions
de dollars par jour et ont fait fondre les stocks de munitions de son armée.
Mais depuis le 13 avril, celle-ci affirme qu’elle interceptera, voire
coulera, tout navire qui quittera ou se dirigera vers un port iranien.
Ce blocus vise à empêcher l’Iran d’exporter son
pétrole et à le priver ainsi de son principal revenu. Trump espère que la
Chine, principal pays importateur des hydrocarbures d’Iran, fera pression sur
les dirigeants iraniens pour les pousser à revenir négocier. Mais cette
décision est une nouvelle fuite en avant, lourde de dangers. Outre qu’elle
prolonge la crise pétrolière et aggrave la crise de l’économie mondiale, elle
pourrait étendre encore la guerre. Quelle sera la réaction de l’Iran ou de ses
alliés, en particulier les Houthis du Yémen capables de perturber la voie maritime
vers le canal de Suez, face à un blocus prolongé et efficace ? Que se
passera-t-il si un navire chinois ou d’une autre nationalité est coulé dans le
détroit d’Ormuz ?
Depuis le début de la guerre américano-israélienne
contre l’Iran, les dirigeants chinois essaient d’éviter de s’engager dans une
escalade. Il en est de même des princes et émirs du Golfe alliés des
États-Unis, impliqués malgré eux dans une guerre qui sape leur prospérité. Les
pays impérialistes de second rang, même s’ils estiment n’avoir d’autre choix
que de rester dans le sillage américain, ne suivent le chef de bande qu’à
reculons. De son côté, l’impérialisme américain lui-même n’est en fait pas prêt
militairement à s’engager dans une guerre tous azimuts.
C’est une politique du gros bâton qui a été
engagée par Trump, avec le soutien de la bourgeoisie américaine, pour éliminer
ou affaiblir les régimes qui refusent de se soumettre à ses intérêts et qui lui
résistent. Cette politique a sa propre logique, et celle-ci enfonce déjà la
planète dans le chaos.
Xavier
Lachau (Lutte ouvrière n°3011)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil
:
-vendredi 17 avril, de 15
heures à 15 heures 45, marché du Val-Nord,
Et de 17 h.15 à 18 heures
15, carrefour Babou :
-samedi 18 avril, de 10
heures à 10 h.30 marché des Coteaux ;
-de 10 h.30 à 12 h. centre
commercial cité Joliot-Curie ;
-de 11h. à midi marché de
la Colonie ;
-dimanche 19 mars :
-de 10 h.15 à 10 h.55
Intermarché du Centre ;
- et de 11 h. à midi
marché Héloïse.