dimanche 12 avril 2026

Démarches auprès des services publics : Droits en miettes

Des droits non acquis si nous ne les défendons pas

  


Le nouveau rapport annuel de la Défenseure des droits pointe l’aggravation des difficultés rencontrées par la population pour effectuer ses démarches auprès des services publics.

         De moins en moins de guichets ouverts, un accueil physique ou même téléphonique de plus en plus inaccessible, et ce sont des milliers de familles plongées dans la gêne financière ou menacées de voir un titre de séjour non renouvelé au risque d’y perdre emploi et logement.

         Pour reprendre les mots de la Défenseure elle-même, loin de considérer « leurs droits pour acquis », les travailleurs doivent « continuer à les défendre ». Pour ça, rien de tel que la lutte collective.

 

Argenteuil, l’avenir du complexe Jean Vilar sorti du chapeau royal

 

Le complexe Jean Vilar et l’opérette municipale

 

La salle Jean-Vilar en déshérence depuis cinq ans

 

Selon l’hebdomadaire régional La Gazette, le maire d’Argenteuil vient d’annoncer que la salle Jean Vilar sera rasée en vue de construire une salle de spectacle de 2 000 à 2 500 personnes.

         Selon l’hebdomadaire, l’édile d’Argenteuil a déclaré : « Beaucoup d’acteurs ont été écoutés. Le filigrane du projet est quasiment bouclé. On conservera les fondations mais le bâtiment de la salle des fêtes, trop vieillot et avec beaucoup d’amiante, sera détruit. Les fondations serviront de base d’une salle de spectacles qu’on va monter pour 2 000 à 2 500 personnes ».

         L’édile a interprété, l’édile a décidé. Fermez le ban.

         Pourtant, il avait promis que le coût de l’éventuelle réhabilitation du complexe serait étudié. Pourtant, hormis peut-être à lui-même, il n’a jamais annoncé que la concertation sur l’avenir du secteur Héloïse était terminée. Pourtant… mais je me répète, fermez le ban !

         Je comprends mieux l’attrait de la municipalité pour les micro-États façon Monaco ou le Vatican. Argenteuil en est une sorte, à la manière de la Marsovie, la principauté d’opérette de la Veuve joyeuse de France Lehár.

         Bien sûr, l’affaire est à suivre, et cela dès demain. Mais en attendant, rappelons que pour les royaumes, réels ou d’opérette, cela peut se terminer très mal. DM

samedi 11 avril 2026

Titres de séjour : le renouvellement rendu impossible

 Titres de séjour  : le renouvellement rendu impossible

Le ministre de l’Intérieur , Laurent Nuñez, a déclaré samedi 4 avril avoir présenté au Premier ministre Lecornu un plan d’embauche de 500 vacataires dans les préfectures, afin de réduire les délais de traitement des demandes liées aux titres de séjours.

Publié le 08/04/2026

Le problème n’est vraiment pas nouveau. Les délais pour la demande ou le renouvellement d’un titre de séjour, dont les travailleurs étrangers dépendent pour pouvoir continuer à avoir un emploi, vivre et faire vivre leur famille, se sont allongés. Même en s’y prenant des mois à l’avance, il n’y a aucune garantie que l’administration réponde avant l’expiration du titre de séjour précédent. Les préfectures délivrent des « attestations de prolongation d’instruction », qui arrivent elles-mêmes à expiration et qu’il faut donc tenter de renouveler… Par ailleurs ces attestations de prolongation ne permettent pas de sortir du territoire, rendant impossible à ces travailleurs de rendre visite à leur famille ou à leurs amis dans leur pays d’origine, même en cas de problème grave.

Des centaines de milliers de travailleurs étrangers voient donc arriver la date d’expiration de leur titre de séjour d’un, quatre ou même dix ans avec l’angoisse de ne pas arriver à le faire renouveler à temps et de perdre leur emploi. C’est une menace qui pèse sur toute une fraction du monde du travail, et qui se concrétise avec de plus en plus de contrats suspendus voire de licenciements, sous ce prétexte.

Amnesty International avait souligné le problème dans un rapport en novembre, et la CGT a organisé depuis près d’un an des actions pour dénoncer cette situation. Les préfectures font la sourde oreille, et encore, quand il y a des oreilles, car le plus souvent il est de toute façon impossible de les joindre. Les possibilités de rendez-vous physiques ont été réduites au minimum, les lignes téléphoniques également, l’essentiel se passe sur des plateformes internet où le dossier déposé peut rester des mois « en cours d’instruction », voire simplement « déposé », sans qu’il soit possible d’en savoir plus.

Le plan d’embauche de 500 vacataires, dont il n’est même pas dit qu’il sera validé par le Premier ministre, ne suffira pas à inverser la tendance. D’autant que les pouvoirs publics sont en permanence à l’offensive contre l’ensemble du monde du travail, et que s’en prendre aux travailleurs étrangers est de plus en plus à leur agenda.

                                                       Malik Rieux (Lutte ouvrière n°3010

 


Méditerranée : naufrage et décompte macabre

 

Méditerranée : naufrage et décompte macabre

Dimanche 5 avril, une nouvelle embarcation a fait naufrage, au large des côtes libyennes. Sur 105 migrants à bord, seuls 32 ont pu être secourus par des navires marchands et débarqués sur l’île de Lampedusa.

Publié le 08/04/2026

Le rythme des morts en Méditerranée ne cesse de s’accélérer. Selon l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), plus de 500 migrants auraient perdu la vie en seulement 40 jours, du 1er janvier au 10 février 2026. Ces chiffres sont les plus importants depuis dix ans, et ils donnent la mesure du drame : depuis 2014, l’OIM a recensé 6 546 morts dans l’Atlantique – la route des îles Canaries – et 34 266 en Méditerranée. Et encore, l’organisation ne compte que les morts officiellement renseignés. Les estimations des associations d’aide aux migrants sont bien plus élevées.

La Méditerranée est devenue un tombeau pour les opprimés qui tentent d’échapper aux guerres et à la misère. Ils se heurtent aux frontières érigées autour de l’Union européenne à l’aide de barbelés, de murs, de surveillance, de gardes-frontières qui n’hésitent pas à repousser les embarcations, voire à les faire couler, tandis que les navires humanitaires sont criminalisés et empêchés de venir en aide aux migrants. Dans les pays de départ, notamment en Libye et en Tunisie, la répression se renforce contre les exilés venus d’Afrique subsaharienne, sous l’œil complice de l’UE, bien contente de cette sous-traitance.

Tandis que les pays riches laissent mourir devant leur porte ceux qui aspirent à une vie meilleure, ils sont en même temps capables de déployer des moyens humains et matériels considérables pour mener leurs guerres au Moyen-Orient. Révoltant.

                                               Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°3010)

Une grève dans le chocolat : des profits à 80%, des miettes de cacao pour les travailleurs

 Perpignan : Les travailleurs de Cémoi en grève pour les salaires

Publié le 10/04/2026

Le groupe CEMOI rassemble plusieurs entreprises agroalimentaires spécialisées dans la production de chocolat et de confiseries, et possède une quinzaine d’établissements dans le monde, dont 9 usines et deux entrepôts en France.

En 2025, CEMOI a dégagé 192 millions d'euros de bénéfices, en hausse de 35% par rapport à 2024, mais pour la direction il n'était pas question de lâcher autre chose que des miettes aux travailleurs.

Lors des négociations salariales annuelles, la direction a annoncé la couleur : 0,9% d'augmentation générale (moins de 30 euros), des augmentations individuelles selon le bon vouloir des chefs et limitées à 0,4 %, et seulement 150 euros de prime annuelle.

Avec l'augmentation du coût de la vie que chacun peut mesurer, autant dire que le compte n'y était pas du tout.

C'est un sentiment d'indignation que les travailleurs ont ressenti face à l'intransigeance patronale, qui campe sur ses positions et pleure la bouche pleine, les revendications portant notamment sur 1,7 % d’augmentation générale et 1500 euros de prime.

C'est dans ce contexte que l'appel à la grève des syndicats de l'usine de Perpignan (environ 400 salariés) à compter du mardi 07 avril a rencontré un écho favorable auprès des travailleurs de la production, mais aussi ceux du siège social, installé à quelques kilomètres.

Et depuis mardi, la majorité des travailleurs des trois équipes de semaine sont en grève. La détermination est certaine, et les travailleurs discutent en AG de l’organisation de leur mouvement. Un piquet de grève a été mis en place, de même qu’une caisse de grève. La  reconduction de la grève a été voté jeudi pour vendredi.

Budget militaire : toujours plus de sacrifices

Milliards pour la destruction au prix des services utiles à la population

 

 


Le gouvernement veut trouver 36 milliards d'euros supplémentaires pour le budget militaire d'ici 2030. Cette somme s'ajouterait au budget déjà colossal de 413 milliards d'euros prévu initialement par la loi de programmation militaire 2024-2030.

         Le Haut Conseil des Finances Publiques a averti le gouvernement que cette hausse nécessitera « un fort ajustement du reste des finances publiques ». En d'autres termes, ces milliards seront détournés des services utiles à la population, et ce seront les plus pauvres qui paieront fortement cet « ajustement ».