mardi 29 avril 2025

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 28 avril 2025

 Le 1er mai vive la lutte internationale des travailleurs pour changer la société !

 


Publié le 28/04/2025

Qui sait, aujourd'hui, que le 1er mai tire son origine d’une manifestation ouvrière noyée dans le sang à Chicago en 1886 ? Qu’en mémoire de ce massacre, les dirigeants des partis ouvriers des différents pays, rassemblés dans une Internationale, en firent une journée de lutte et de solidarité des travailleurs par-delà les frontières ?

Chaque 1er mai, tous les ouvriers du monde étaient appelés à faire grève et manifester avec une revendication commune, la journée de huit heures, afin que « l’ouvrier cesse d’être un simple instrument de travail et commence à devenir un homme ».

Pendant des décennies, le 1er mai fut une journée où il fallait braver la répression patronale et la mobilisation policière. Il le reste dans de nombreux pays. Mais, en France, pour lui enlever son caractère combatif, le régime très réactionnaire de Vichy, dirigé par Pétain, transforma cette journée de lutte en innocente « Fête du Travail ». Depuis, le 1er mai est un jour férié, chômé et payé.

Cela fait donc longtemps qu’ici, les défilés du 1er mai n'inquiètent plus la bourgeoisie ni les dirigeants politiques. Et c’est bien le problème ! En l’absence de luttes et d’organisations ouvrières dignes de ce nom, le grand patronat et le gouvernement font ce qu’ils veulent.

Ici, les capitalistes attaquent méticuleusement nos conditions de travail et de vie. Cette semaine, ArcelorMittal, malgré plus d’un milliard de bénéfices et 300 millions d’aide de l’État, vient encore d’annoncer le licenciement de 600 personnes. De son côté, le gouvernement peaufine une nouvelle attaque à 40 milliards.

Tandis qu’il arrose la bourgeoisie et les grandes entreprises de milliards de cadeaux fiscaux et creuse les déficits, il jure que la dette est insoutenable et qu’il faut d’urgence réduire les dépenses utiles à la population. Et, bien que nous soyons des millions à nous tuer à la tâche pour un salaire de misère, le gouvernement estime que nous ne travaillons pas assez !  

À l’échelle internationale, les dirigeants de la bourgeoisie font preuve d’un cynisme plus glaçant encore. Après avoir fait croire que les États-Unis aideraient l’Ukraine à se libérer, Trump s’acoquine avec Poutine pour se partager les principales ressources du pays. Il ne cache ni ses visées impérialistes sur le Groenland et le Canada, ni la préparation d’une guerre avec la Chine. Et il laisse Netanyahou exterminer les Palestiniens de Gaza, où il envisage de réaliser une Riviera.

Les Trump, Poutine, Xi Jinping ou Macron, comme les capitalistes, savent que pour dominer, ils doivent écraser les travailleurs et piétiner les peuples. Et ils savent que leur règne ne tient que par leur art de dresser les opprimés les uns contre les autres, de les diviser en usant du racisme et du nationalisme.

Tant que nous les laisserons nous diriger et nous commander, nous nous enfoncerons dans les inégalités, la misère, les divisions, les haines et la barbarie. Nous serons condamnés à servir de chair à profits ou de chair à canon.

Une autre voie est possible : celle de la solidarité internationale des travailleurs et de leur lutte pour le pouvoir !

La classe capitaliste n’est forte que de notre faible combativité et de notre manque de conscience. Nous nous laissons commander par une bande de rapaces qui sont incapables de faire tourner la société par eux-mêmes. Nous nous plions au diktat d’une classe de parasites incapables de produire leurs profits et leurs capitaux sans nous. Incapables, même, de garder leurs enfants, de se faire à manger et de se déplacer sans le travail d’une armada de serviteurs !

Prenons conscience du pouvoir que nous avons, collectivement, entre les mains ! Non seulement pour nous défendre et nous faire respecter, mais aussi pour faire fonctionner la société et donc pour l’organiser et la diriger nous-mêmes.

C’est aussi cette conscience que portait le 1er mai. Car les travailleurs affirmaient aussi la nécessité d’en finir avec l’exploitation de l’homme par l’homme, c’est-à-dire avec le capitalisme. Ils s’affirmaient comme une classe sociale qui disputait le pouvoir à la bourgeoisie pour construire le socialisme à l’échelle internationale.

Au moment où la bourgeoisie brise des millions de vies, détruit la planète et nous mène vers une troisième guerre mondiale, c’est cette conscience qu’il faut retrouver et diffuser. C’est avec cet objectif que le cortège de Lutte ouvrière manifestera ce jeudi 1er mai. Soyons nombreux à le rejoindre !  

Abattement de 10 % et les retraités : si c’est le cas, les retraités doivent se rebiffer

La paille et la poutre

 

 

Pour économiser 4,5 milliards d’euros, le gouvernement envisage de supprimer l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. Cela augmenterait l’impôt sur le revenu de ceux qui le paient déjà et rendrait imposables davantage de retraités.

         « Ce n’est pas votre âge qui doit définir votre contribution, mais aussi les moyens dont vous disposez », a justifié la ministre des comptes publics. Bizarre : ce raisonnement ne s’applique pas aux patrons de tous âges, qui ont bénéficié de 75 milliards d’exonérations de cotisations sociales en 2024.

 

Emplois : Leur guerre commerciale n’est pas la nôtre

Nos ennemis sont bien ici, et ce sont eux qui nous jettent à la rue.

 

 

119 sites industriels auraient fermé en France en 2024, et près de 300 000 emplois seraient menacés par les plans sociaux. Les capitalistes et leurs défenseurs en rendent responsables la concurrence étrangère en général et celle de la Chine en particulier. Tous appellent les travailleurs à faire bloc derrière eux et à accepter des sacrifices pour défendre « l’industrie française » et « notre souveraineté. »

         Comme si les profits des capitalistes d’ici avaient subitement disparu, alors qu’ils nous mènent justement une guerre pour les maintenir.

         Ne marchons pas dans la combine ! Nos ennemis sont bien ici, et ce sont eux qui nous jettent à la rue.

 

Restructurations : La Redoute Quai 30 : Ils ont « externalisé » leur colère à Paris

 

Une contre-publicité réussie

 

Devant les Galeries Lafayette

Une quarantaine de salariés de La Redoute Quai 30 se sont déplacés à Paris vendredi 25 avril pour contester leur externalisation et le vol par leur nouveau patron Houzé, propriétaire des Galeries Lafayette, des 44,5 millions d'euros du reste de la Fiducie, somme gagnée sur Pinault lors des licenciements de 2014.

         Ça a été une belle réussite. Ils ont diffusé plus d'un millier de tracts aux salariés des Galeries Lafayette, ont eu de nombreuses discussions et du soutien. Certains ont même pris des paquets de tracts pour les donner à leurs collègues.

         Ils sont ensuite allés devant les entrées des grands magasins Galeries Lafayette sur le boulevard Haussmann. La direction des Galeries avait décidé de tirer les rideaux pour les empêcher d'entrer. Ils se sont donc déplacés devant toutes les entrées pendant deux heures en manifestant bruyamment. Avec à chaque fois les rideaux de fer qui se fermaient, les vigiles qui avaient l’ordre de suivre sur les nerfs et les clients empêchés d'entrer ou de sortir. Sans compter les manifestations sur les trottoirs. Un bonne contre publicité pour le patron Houzé. 

         Tous les présents étaient très contents de l'avoir fait. Déterminés à continuer la lutte.