samedi 28 mars 2026

Gauche : éclatée façon puzzle

Gauche : éclatée façon puzzle

À peine les urnes rangées, le petit monde politique et médiatique s’est relayé pour expliquer que les accords conclus entre des listes de gauche et LFI avaient conduit à l’échec et même repoussé un électorat hostile au « radicalisme » de La France insoumise.

Publié le 25/03/2026

 

Depuis des mois, la droite au sens large, du gouvernement à Retailleau en passant bien évidemment par le RN, fait campagne pour mettre à l’index LFI, accusée d’encourager la violence politique et d’être antisémite. Cela lui a permis de réintégrer le RN dans la « grande famille des droites » et de diviser la gauche, bien sûr dans le sens de ses intérêts électoraux.

Les dirigeants du PS ne se sont pas fait prier pour emboîter le pas à la droite et stigmatiser LFI, même si l’entre-deux-tours a contraint Olivier Faure à quelques contorsions, refusant tout accord national mais acceptant en fait des accords locaux et des fusions « techniques » avec un parti qu’il qualifie d’antisémite. Retailleau a pu alors dénoncer des « accords de la honte » et Bardella s’est payé le luxe d’appeler, depuis « l’arc républicain », à faire « barrage à la gauche, alliée de l’extrême gauche ».

Au lendemain du deuxième tour, qui a vu de grandes métropoles rester aux mains de la gauche mais plusieurs villes importantes, comme Brest ou Clermont- Ferrand, basculer à droite, la cacophonie règne chez les dirigeants de gauche. Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, a affirmé : « La France insoumise nous a fait perdre », tandis que le secrétaire du PS, Olivier Faure, accusait LFI d’être le « boulet de la gauche ». Quelques voix timides s’élèvent pour faire remarquer que, s’il faut avoir la peau de LFI, il faudrait quand même réussir à attirer ses électeurs en vue de la présidentielle de 2027. Or LFI a effectivement attiré des électeurs dans les quartiers populaires et séduit une partie de la jeunesse touchée par les injustices et la montée du racisme et révoltée par le sort des Palestiniens.

Mélenchon n’est pourtant pas un révolutionnaire et son parti se défend d’être d’extrême gauche. Il vient d’ailleurs de saluer en Jospin « l’homme de l’alliance rouge, rose, vert ». Le fait que la droite parvienne à faire de LFI, qui revendique son réformisme, un épouvantail révolutionnaire que les notables du PS considèrent avec effroi, marque l’évolution droitière de tout un personnel politique au service du patronat grand et petit. Ce dernier, par la voix de représentants locaux du Medef, a d’ailleurs pris position, à Toulouse, Poitiers ou Limoges, contre les listes de gauche fusionnées avec LFI, expliquant qu’il craignait la mise en place de « laboratoires de décroissance » et une « explosion de la fiscalité ».

Pour le patronat, il n’est pas question de laisser, même un mitterrandien revendiqué comme Mélenchon, dire qu’une miette d’argent public pourrait être consacrée à autre chose qu’aux « projets structurants », c’est-à-dire aux dépenses pouvant lui profiter. Il y a là de quoi déboussoler un Parti socialiste fort attentif à son image de parti de gouvernement soucieux de bien servir la bourgeoisie, y compris en y sacrifiant ses intérêts électoraux.

                                                 Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3008)

 

Jeux vidéos : des patrons pas du tout virtuels

Et la soif de profit n’est vraiment pas un jeu

 

 

Epic Games, le créateur des jeux vidéo en ligne Fortnite, a annoncé la suppression de 1 000 postes. Il en avait déjà annoncé 830 en 2023. Au total, c’est un tiers des effectifs de l’entreprise qui sont supprimés en trois ans. Ce plan fait suite à ceux annoncés chez Ubisoft, Electronic Arts ou Microsoft.

         Les patrons du secteur du jeu vidéo pleurent sur les ventes en berne et surtout les profits en baisse. Pourtant, rien que Fortnite aurait généré plus de 35 milliards de dollars de revenus depuis sa sortie en 2017.

         Tous les profits accumulés pendant des années dans ce secteur très lucratif doivent servir à maintenir les emplois !

 

Argenteuil, municipalité, intronisation, les mêmes et on recommence tranquillement ? Pas sûr

Leurs couronnes sont de papier mâché

 

 

La nouvelle municipalité s’installe aujourd’hui. On ne sait pas si elle sera toujours de vert vêtue, mais à n’en pas douter, contente d’elle-même.          

         En revanche, certains habitants auront un peu le cœur serré. Parmi eux, quelques-uns, pour les postes de petits notables qui leur sont passés sous le nez. D’autres, bien plus nombreux, pour voir les mêmes toujours là, responsables pourtant de décisions et d’attitudes inacceptables dans le passé récent. Ce sont ceux-là qui nous intéressent.

         Certes, comment dans une ville populaire en est-on arrivé là pour qu’une liste « à droite toute » l’emporte, malgré les gamelles du mandat précédent, contre les personnes sans abri, contre la vie associative et certaines associations, parmi d'autres mauvais coups ?

         Certes, lors de ces élections 2026, les micro appareils politiques locaux ont cumulé : un revenant, une erreur de casting, et des manœuvres qui n’auront mené à rien, pour aboutir aujourd’hui aux mêmes têtes couronnées, une situation à laquelle il faut ajouter à la base un désenchantement des milieux populaires qui vient de loin.

         Le jeu politicien l’emporte tant que les habitants ne se remettent pas à peser, c’est-à-dire à faire leur vraie politique, en exprimant leur nombre et leur force.

         Face à la politique municipale de régression de cette dernière décennie, seules de petites minorités ont pris la parole et agi, et continuent à le faire contre les méfaits locaux. Signer une pétition ne sert ainsi à rien tant que nous ne montrons cette force et ce nombre dans la rue.

         Notre espérance est que cela change. Alors ces édiles tout contents aujourd’hui seront alors verts… de crainte de voir leurs petits postes emportés. Ces élections 2026 ne seront plus alors qu’un très lointain souvenir dérisoire. DM